Le Parisien Economie n°606S 6 jun 2017
Le Parisien Economie n°606S 6 jun 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°606S de 6 jun 2017

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Le Parisien Libéré

  • Format : (280 x 360) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 9,8 Mo

  • Dans ce numéro : 620 jeunes entrepreneurs, c'est leur tour.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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twipe_ftp LE PARISIEN MARDI 6 JUIN 2017 I ÉCO 2 À LA À LA UNE UNE ti @LeParisien_Eco Un monde plus jeune L’avenir leur appartient. « Le Parisien Eco » a laissé les clés aux étudiants de l’Institut Pratique du Journalisme Paris-Dauphine, qui ont réalisé ce numéro. Nous les avons accompagnés et cela nous rend plutôt fiers parce qu’ils portent les lendemains de notre profession. Mais au-delà de notre cas particulier, une réalité s’impose  : l’économie, pour ne parler que du sujet qui nous occupe, ne peut plus se passer des jeunes. Les grands groupes l’ont bien compris. Ils créent désormais des conseils en interne pour les faire plancher sur l’innovation ou font appel aux start-up. « Le numérique n’est pas un sujet pour eux, c’est l’air qu’ils respirent », peut-on lire dans un sondage que nous évoquons à la veille du G20 des jeunes entrepreneurs. Tout est dit, ou presque. Car il serait réducteur de résumer cette génération à une « bande de geeks ». Les choix des étudiants pour les sujets de ce numéro renvoient à des enjeux fondamentaux d’aujourd’hui  : la tolérance, le décloisonnement, l’environnement… Ces jeunes ont beaucoup à apprendre de leurs aînés, mais la réciproque est vraie. L’ÉDITO DR A DE JEAN-LOUIS PICOT Un G20 peut en cacher un autre évènement Ils ont entre 20 et 45 ans et sont les entrepreneurs de demain. La 9 e édition du G20 des jeunes entrepreneurs (G20 YEA) se tiendra à Berlin du 15 au 17 juin prochain. 33 ENTREPRENEURS FRANÇAIS DÉFENDRONT LEURS IDÉES LORS DES DISCUSSIONS DU G20 YEA À BERLIN DU 15 AU 17 JUIN PROCHAIN PAR OCTAVE ODOLA vingt délégations, 400 entrepreneurs, 33 représentants français, 3 jours de discussions… Bienvenue au G20 des jeunes acteurs économiques mondiaux. UN SOMMET POUR INFLUENCER LA POLITIQUE L’objectif est de proposer des recommandations économiques pour les chefs d’Etat Une réunion au programme chargé Les jeunes entrepreneurs plancheront sur quatre sujets majeurs  : le big data par le prisme de l’intelligence artificielle (IA), les plates-formes digitales, l’Internet des objets (IOT) et la réalité virtuelle/augmentée. Gilles Moyse et Apolline Aigueperse, deux membres de la délégation française, respectivement experts dans les domaines de l’IA et de l’IOT, seront amenés à « L’occasion de lier amitié et business » JONATHAN VIDOR, 36 ANS, FONDATEUR DE L’AGENCE JVWEB, SPÉCIALISÉE DANS LE E-MARKETING Jonathan Vidor à son premier G20 YEA à Sydney (Australie) en 2014. La délégation française s’est réunie dans les locaux de la BNP Paribas à Paris le 15 mai pour préparer le sommet international. intervenir sur ces sujets. Les 400 participants assisteront également à l’allocution de Brigitte Zypries, ministre allemande de l’Economie. Répartis en groupes spécialisés autour des quatre thématiques, leurs discussions devront déboucher sur des recommandations communes, destinées aux leadeurs du G20 politique de juillet à Hambourg. PROPOS RECUEILLIS PAR MATHILDE BÉNÉZET Vous assistez à votre 4 e G20 YEA (Young Entrepreneurs’Alliance). Pourquoi vous êtes-vous lancé dans cette aventure ? JONATHAN VIDOR A Sydney, en 2014, j’avais deux grosses attentes  : voir comment les entrepreneurs français géraient leur société, notamment à l’international, mais aussi observer comment les étrangers travaillaient. J’ai appris énormément. C’est l’occasion de parler avec de nombreux et de gouvernement qui participeront au G20 politique à Hambourg (Allemagne), les 7 et 8 juillet prochains. « La quasi-totalité des dirigeants politiques n’est pas passée par le monde de l’entreprise. Il faut leur faire entendre la voix des entrepreneurs », explique Grégoire Senthiles, cofondateur du G20 YEA en 2010 et dirigeant de la société de gestion NextStage AM. De Nice (Alpes-Maritimes) à Sydney (Australie) en passant par Pékin (Chine), l’an dernier, le sommet des jeunes entrepreneurs a gagné en légitimité et obtenu satisfaction sur certains points. Des preuves ? En France, la loi PME innovation, pour le financement des jeunes pousses, et l’introduction du codage dans les programmes scolaires (2016) répondent à des problématiques soulevées en leur temps par des jeunes entrepreneurs lors d’un précédent G20. entrepreneurs, qui partagent mes problématiques et de se donner des conseils. C’était un peu comme une colonie de vacances. Je me suis fait un petit groupe et l’on se revoit régulièrement pour échanger des tuyaux. Avec le G20, on a lié amitié et business. Quelles ont été les retombées économiques pour votre agence JVWeb ? C’est le sommet de Pékin qui m’a le plus apporté en m’ouvrant les portes du marché local. J’y ai rencontré le responsable clients e-commerce de UNE OPPORTUNITÉ DE SIGNER DES CONTRATS Cette année, le sommet se tient à Berlin, les acteurs économiques français comptent en profiter pour renforcer leurs relations avec leurs homologues allemands et resserrer les liens avec le premier partenaire commercial de la France. « La collaboration France-Allemagne doit être forte pour permettre aux entrepreneurs de faire grandir l’Europe », explique Grégoire Sentilhes, également ancien vice-président marketing du groupe de média allemand Bertelsmann. Avant le sommet, la délégation française et les allemands se réuniront pour parler affaires. « Les Allemands sont fidèles mais prudents, ils mettent du temps à s’engager. Il est important de pouvoir en rencontrer sur place pour signer des partenariats », précise Ronan Pelloux, qui représentera la délégation française pour la troisième fois. Google Chine. Les Chinois utilisent très peu Google car ils ont d’autres moteurs de recherche. Du fait de mon expertise sur le e-commerce, on m’a proposé de donner une conférence à Shenzhen pour familiariser les exportateurs chinois avec les services proposés par Google. J’ai pu, à cette occasion, récupérer certains des participants comme clients pour les aider à utiliser ces services. Cinq mois après, j’ouvrais un bureau à Shanghai. Vous avez gagné beaucoup, mais l’enjeu du G20 YEA n’est-il pas plus global en permettant d’influencer les politiques économiques ? On arrive totalement à mêler les deux. Pendant les conférences et les ateliers, on parle des politiques nationales et pendant les soirées ou dans les transports, on LP/JEAN NICHOLAS GUILLO DES RECOMMANDATIONS REMISES À BERCY Les jeunes entrepreneurs transmettent ensuite des recommandations à leur ministre de l’Economie pour influer sur la politique nationale. En 2015, Ronan Pelloux, fondateur de la plate-forme graphique en ligne CREADS, s’était ainsi entretenu avec Emmanuel Macron, alors en poste à Bercy. « Notre cheval de bataille, c’est le financement des petites entreprises. Elles n’ont pas toujours la confiance des banques », déplore-t-il. Le jeune homme salue néanmoins le prêt d’argent interentreprises issu de la loi Macron, « une avancée » qui permet à des sociétés de prêter directement des fonds à des PME. « Il faut faire plus », conclut Ronan Pelloux. Et la France est sur la bonne voie  : d’après un rapport du cabinet d’audit EY, elle est la championne européenne du financement de start-up au premier semestre 2016. discute avec d’autres entrepreneurs. On pense au global et au perso. Nous formulons des propositions, à la fois pour développer nos entreprises et pour essayer de changer les choses au niveau de l’emploi, de l’entrepreneuriat… A Sydney, on s’était battus pour qu’il y ait des cours de codage à l’école, et la mesure a été mise en place en France en 2016. Et cette année, quelles mesures défendrez-vous ? Il faudrait inviter des professionnels beaucoup plus tôt dans le cursus scolaire pour aider les jeunes dans leur orientation. Il faudrait également les sensibiliser aux nouveaux métiers du numérique qui sont encore très peu connus et pourtant plein d’avenir.
twipe_ftp MARDI 6 JUIN 2017 LE PARISIEN www.leparisien.fr/ecoÀ À LA LA UNE UNE Laurence Lascary, de l’autre côté de la caméra Cheffe d’entreprise, productrice de cinéma, elle sera membre de la délégation française du G20 des jeunes entrepreneurs. PAR JEANNE CASSARD « À L’ÉCOLE PRIMAIRE, un camarade de classe m’a dit que son père était chef d’entreprise. J’aimais bien le mot chef. Le terme m’avait plu et intriguée. Ça a été le point de départ de mon cheminement. » A 27 ans, Laurence Lascary réussit son pari  : elle crée, en 2008, De l’autre côté du périph’(DACP), société de production audiovisuelle. Originaire de Bobigny (Seine-Saint-Denis), la cheffe d’entreprise combat les stéréotypes sur son département à travers ses productions. Elle a connu le sommet en début d’année avec « L’Ascension », son premier long-métrage  : 1,2 million d’entrées et deux prix au Festival international du fi lm de comédie de l’Alpe d’Huez (Isère). OÙ SONT LES FEMMES ? Avec six autres femmes, Laurence Lascary va rejoindre la délégation de 33 entrepreneurs triés sur le volet pour porter les couleurs de la France à Berlin au G20 YEA. Un panel loin de respecter la parité, « malheureusement à l’image de la réalité », regrette Laurence Lascary. Voire en deçà, puisque les femmes représentaient, en 2015, 40% des créateurs d’entreprises selon le ministère de l’Économie. D’après la productrice, l’explication est culturelle mais pas seulement. « On encourage moins les femmes à aller de l’avant. Encore aujourd’hui, filles et garçons ne sont pas éduqués de la même manière », déplore-t-elle. ILS REPRÉSENTENT près d’un quart de la population française. Plus de la moitié d’entre eux sont actifs. Leurs modes d’action et vision du travail ont bouleversé l’entreprise ces dernières années. Les millennials, ces jeunes nés à la croisée des XX e et XXI e siècles, ont aujourd’hui entre 18 et 34 ans. Une étude réalisée par Odoxa pour Dentsu Consulting* esquisse leurs aspirations. TOURNÉS VERS L’INNOVATION Ces jeunes ont grandi avec les nouvelles technologies et n’ont plus la même vision du monde La production audiovisuelle n’est pas épargnée  : seuls 21% des dirigeants d’entreprise du secteur sont des femmes, selon une étude de 2014 du Centre national du cinéma (CNC). LE GRAND BOND Pourtant, Laurence Lascary n’a pas hésité à se lancer pour créer son entreprise. C’est à New York que cette diplômée en marketing et distribution dans l’industrie audiovisuelle a le déclic. « Relever des défis dans un pays inconnu m’a fait réaliser que j’étais capable d’accomplir des choses que je ne soupçonnais pas », poursuit la trentenaire. De retour en France, elle se heurte rapidement à la réalité  : « Je lisais souvent l’inquiétude dans le regard de mes interlocuteurs, raconte-t-elle. Ici, l’entrepreneur est perçu comme celui qui se met en danger. Il y a encore du travail pour valoriser ce statut. N’oublions pas que du travail. Ils désirent plus de flexibilité, moins de hiérarchie et fonctionnent en réseau. Tournés vers l’innovation sans dénigrer les anciennes méthodes, ils proposent des alternatives aux modèles économiques traditionnels. Applications et plates-formes numériques bousculent les codes établis. « Pour cette génération, le numérique n’est pas un sujet, c’est l’air qu’ils respirent », selon Dentsu Consulting. Fini la journée de 9 heures à 17 heures et sa pause déjeuner. Le millenial préfère un temps d’activité rallongé mais avec plus de pauses. pour créer des emplois, il faut aussi prendre des risques. » Soutenue par l’Agence pour la création d’entreprise (APCE) pendant un an, elle élabore son business plan. Le plus dur reste à faire  : convaincre les réalisateurs d’embarquer avec elle dans l’aventure. « Trouver des gens qui vous font confiance fait partie des aptitudes requises pour être entrepreneur  : il faut être à la fois tenace et patient », explique-t-elle. Et son acharnement paye. DACP a déjà produit une quinzaine de courts métrages, plusieurs documentaires et un long métrage. Un nouveau film sur le reggae sortira l’année prochaine. Que lui souhaiter de plus ? « Encore plus de films, de rencontres et de passion. » EN VIDÉO www.leparisien.fr Retrouvez d’autres portraits de jeunes entrepreneurs EN QUÊTE DE FLEXIBILITÉ ET DE MOBILITÉ Les grands groupes n’ont pas la cote chez les millennials. Les jeunes plébiscitent l’agilité dans leur travail et la mobilité au fil de leur carrière. Start-up et PME sont privilégiées par plus de la moitié des sondés, pour leur souplesse et des codes moins figés. Seuls 12% des 18-34 ans préféreraient déposer leur CV dans une très grande entreprise de plus de 2 000 personnes. LES GRANDS PATRONS QU’ILS CONNAISSENT Une « analyse des citations et discussions sur les réseaux Laurence Lascary a reçu le prix Talents des cités en 2008 et le prix spécial du jury du concours Créatrice d’avenir en 2015. YANN MAMBERT sociaux » a fait ressortir le nom de dix chefs d’entreprise du CAC 40. Bilan  : les dirigeants français sont majoritairement peu connus et pas très populaires auprès des jeunes. Ces derniers, comme les 35 ans et plus, ont une mauvaise opinion des dirigeants des grandes entreprises françaises (52% pour les 35 ans et plus contre 40% pour les millenials). Le patron de LVMH, Bernard Arnault (également propriétaire du « Parisien » - « Aujourd’hui en France ») , détient la plus forte notoriété, suivi de Carlos Ghosn (Renault Nissan) et Guillaume Pepy (SNCF). « L’entrepreneuriat, un outil de liberté » Soazig Barthélémy, entrepreneure sociale et fondatrice d’Empow’Her. Soazig Barthélémy a été nommée dans la liste Forbes 2017 des 30 jeunes entrepreneurs sociaux les plus influents d’Europe. PROPOS RECUEILLIS PAR MARIE BAIL Pourquoi avoir lancé Empow’Her, entreprise sociale qui accompagne les femmes à devenir entrepreneures ? Le projet est né après une mission humanitaire en Asie et en Amérique latine. J’ai rencontré à cette occasion des femmes capables de produire de la valeur économique et de créer des emplois. Pourtant, les barrières sociales et les inégalités qu’elles rencontrent dès leur enfance les empêchent d’être indépendantes. Leur travail est souvent informel, elles ne gagnent pas grand-chose et sont en situation de précarité. Depuis 2011, nous avons accompagné 650 femmes. Notamment 50 agricultrices au Pérou, pour améliorer leurs compétences en gestion financière. Et d’autres au Burkina Faso, dans la commercialisation de kits solaires pour apporter de l’électricité à tous. L’entrepreneuriat est un outil de liberté et d’émancipation leur permettant d’avoir plus de poids dans leurs communautés. Les 18-34 ans préfèrent les PME et les start-up «POUR CETTE GÉNÉRATION, LE NUMÉRIQUE N’EST PAS UN SUJET, C’EST L’AIR QU’ILS RESPIRENT » DENTSU CONSULTING 3 ÉCO Quels sont vos conseils aux futures entrepreneures ? D’abord, savoir s’entourer. C’est important de pouvoir compter sur une équipe, des mentors et des amis. Il faut aussi apprendre à déléguer. J’ai des amies entrepreneures avec qui nous partageons nos erreurs et nos réussites. Elles m’inspirent et me donnent envie d’avancer. Je les admire pour leur capacité de résilience. Aussi, il ne faut pas se censurer. Souvent, on se pense incapable de se lancer et on se bloque. Je pense beaucoup à cette phrase  : « Qu’est-ce que je ferais si je n’avais peur de rien ? » Quelles recommandations porterez-vous au G20 ? L’Etat devrait davantage soutenir financièrement les incubateurs et renforcer ce qui se fait déjà. Entre le privé, les associations et l’Etat, il faut allier nos forces. Cela passe par le renouvellement des visages dans l’entrepreneuriat. Il faut montrer que les femmes ont leur place. Que d’autres puissent se dire  : « Si elles l’ont fait, pourquoi pas moi ? » Des résultats relatifs  : Bernard Arnault n’est connu que par trois jeunes sur dix. Question popularité, sur les dix patrons testés, seulement quatre d’entre eux — le trio de tête plus Patrick Pouyanné (Total) — recueillent une majorité d’opinions positives auprès des jeunes affirmant les connaître. M. B. * Enquête réalisée par Odoxa pour Dentsu Consulting auprès d’un échantillon de 1 009 personnes représentatif de la population française âgée de 18 à 34 ans par Internet en décembre 2016. EMPOW’HER



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