Le Parisien Economie n°522S 22 mai 2018
Le Parisien Economie n°522S 22 mai 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°522S de 22 mai 2018

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Le Parisien Libéré

  • Format : (280 x 360) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 5,7 Mo

  • Dans ce numéro : l'accélérateur de business Viva Tech.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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twipe_ftp LE PARISIEN MARDI 22 MAI 2018 ÉCO 2 SPÉCIAL VIVA TECH @LeParisien_Eco RENCONTREZ L’ENTREPRISE DU FUTUR À VIVA TECH ÉVÉNEMENT Le salon des nouvelles technologies garde son cap  : aider les entreprises, françaises et étrangères, à grandir. PAR VIRGINIE DE KERAUTEM ET CYRIL PETER REUTERS/STEPHEN LAM Mark Zuckerberg, PDG de Facebook. PRATIQUE Mettre en scène son invention, se faire connaître du grand public, séduire des investisseurs, trouv e r de s p a r t en ai r e s … L e s 8 000 start-up (exposantes ou visiteuses) du monde entier attendues à Viva Tech, organisé par les groupes Publicis et les Echos (propriétaire du « Parisien - Aujourd’hui en France ») , ont bien l’intention de profiter du salon des nouvelles technologies pour prendre leur envol… ou continuer tout simplement de grandir. Ainsi Alain Nteff, un entrepreneur camerounais qu’on croisera sur le stand de Sanofi, venu avec l’objectif de « collaborer avec des entreprises pharmaceutiques et d’assurance ». Ou Zora Younsi, jeune diplômée coachée en tête à tête par Emmanuel Macron, alors ministre de l’Economie, lors de la première édition en 2016. Elle sera de retour cette année en toute nouvelle créatrice d’entreprise. Spécialisées dans l’intelligence artificielle, l’Internet des objets ou la réalité augmentée, 18% des 1 112 start-up exposantes sont encore au stade de la conception. Les projets sélectionnés, répartis sur une vingtaine de laboratoires thématiques, auront ainsi un accès privilégié aux plus grandes entreprises, comme Facebook, Microsoft ou Google. ZUCKERBERG TÊTE D’AFFICHE Les dirigeants de ces mastodontes feront même le déplacement. Tête d’affiche 2018, le PDG de Facebook Mark Zuckerberg prendra le micro sur la scène principale pour parler, entre autres, protection des données. Internationalisation oblige, cette troisième édition accordera une place importante à l’Afrique, où la croissance s’est élevée à 3,6% l’an passé. Une centaine de start-up, originaires du Maroc, du Sénégal ou encore du Nigeria, seront à l’honneur à l’espace Afric@Tech. Des responsables politiques seront également de la partie. Parmi eux, Paul Kagame, le président du Rwanda, qui veut renouer avec sa NOTRE SÉLECTION JEUDI 10 h 30. Danser en suivant les instructions d’un robot (zone Discovery). 11 h 20. Assister à une session de pitch (Lab PMU). 14 h 40. Remettre son CV en main propre, à l’occasion d’une session de recrutement (Lab IBM). 17 h 30. Faire un Facebook Live pendant le discours de Mark Zuckerberg (scène principale). VENDREDI 9 heures. Commencer la journée par un cours de yoga (Lab Sanofi). 11 h 30. Comprendre pourquoi l’intelligence artificielle bouleverse l’automobile (Lab Valeo). ADRESSE. Paris Expo Porte de Versailles hall 1, 1, place de la Porte de Versailles, 75015 Paris. Renseignements sur vivatechnology.com. TRANSPORTS. Métro  : ligne 12. Tramway  : T2 et T3a. Bus  : 39 et 80. HORAIRES. Jeudi de 7 h 30 à 19 heures ; vendredi de 8 heures à 19 heures ; samedi de 9 heures à 18 heures. Ouvert au grand public uniquement le samedi. TARIFS GRAND PUBLIC. Plein tarif  : 20  €  ; tarif réduit 10  € (plus de 65 ans, familles nombreuses, étudiants, moins de 18 ans, demandeurs d’emploi avec un justificatif valide sur l’année en cours) ; gratuit pour les moins de 5 ans. DR moyenne de 8% de croissance dans les années 2000. Avec 68 000 visiteurs l’année dernière, Viva Tech revient avec la ferme intention de continuer à contribuer à de nombreux partenariats entre grands groupes et start-up, l’ADN du salon. « C’est à Viva Tech que les choses se passent », déclarait Emmanuel Macron, depuis peu président de la République, l’an dernier. Il est annoncé sur le salon 2018 dès l’ouverture, jeudi matin. Encore plus de participants PARCE QUE LA COOPÉRATION entre grands groupes et start-up est la marque de fabrique de Viva Tech, il est naturel de retrouver cette année encore les Challenges start-up, la plate-forme d’open innovations. L’opération a recueilli plus de 8 000 candidatures, deux fois plus que l’année dernière. Les start-up postulantes ont dû L’agenda 14 heures. Echanger sa carte de visite avec les dirigeants de 60 start-up bordelaises (espace Patio). 16 heures. Poser des questions sur la blockchain et le cloud à des experts (Lab IBM). SAMEDI 9 heures. Se renseigner sur l’intrapreneuriat dans un grand groupe (Lab Accorhotels). 10 h 30. Jouer au football en réalité virtuelle (Lab SAP). 11 h 30. Rencontrer des entrepreneurs solidaires (scène Start-up stage). 14 h 30. S’informer sur le métier de youtubeur, avec le témoignage de deux stars du Net (Lab La Poste). Vous pourrez découvrir au salon Viva Technology cet étrange robot à quatre pattes baptisé Aida. Capable d’enjamber les obstacles, il devrait sillonner les rues des villes pour acheminer les colis. répondre aux problématiques des 20 groupes partenaires dont Airbus, Cisco, EDF, LVMH, RATP Group, Sodexo, Thales… Certaines se sont par exemple positionnées autour du thème « Future of Work » pour Orange ou bien « Enjoy Shopping again » pour SAP. In fine, les projets de 1 112 start-up, dont 50% étrangères, ont été sélectionnés. SAMEDI, le grand public pourra assister à un tournoi de combats de robots imaginés et construits par les participants eux-mêmes, en partenariat avec un fablab de Mulhouse (Haut-Rhin). Tout le monde peut s’inscrire au tournoi et huit équipes de trois personnes maximum s’affronteront dans la Discovery Arena. Les robots, fabriqués la veille, doivent, selon le règlement, peser moins de 21 kg, être contrôlés par un dispositif sans fil, ne contenir ni explosifs, ni armes, ni projectiles ! VENDREDI, 10 HEURES. Elles s’appuient sur les nouvelles technologies pour lutter contre la contrefaçon ou créer des textiles avec des matières renouvelables. Trente jeunes entreprises, françaises et étrangères, ont été sélectionnées par le groupe de luxe LVMH (propriétaire du « Parisien - Aujourd’hui en France ») pour participer à la deuxième édition de son prix de l’innovation, baptisé LVMH Innovation Award. Parmi les finalistes, qui présenteront leur projet à l’occasion de Vivatech, la startup parisienne Aveine dont l’aérateur de vin connecté sera commercialisé en novembre. A l’issue des deux premières éditions, plusieurs « Viva Stories » traduisent une collaboration réussie, à l’instar de celle entre la multinationale française de services Sodexo et l’application de covoiturage domicile-travail Klaxit. Un an plus tard, Sodexo est au capital et leur partenariat se poursuit. LE MOBILITY PARK va réunir pendant les trois jours du salon toutes les innovations actuelles et à venir en matière de mobilité urbaine. Visibles en extérieur et en intérieur, il sera possible de découvrir deux prototypes en taille réelle de voitures volantes  : Pop Up (Airbus) et Eva X01 (Aicraft). Les visiteurs pourront aussi tester les véhicules autonomes comme la navette Navya ou s’installer à bord du bateau taxi volant et électrique SeaBubbles (lire p.4). DR EVA
DR twipe_ftp MARDI 22 MAI 2018 LE PARISIEN 3 www.leparisien.fr/ecoSPÉCIAL VIVA TECH ÉCO PAR CYRIL PETER En Afrique, les start-up sauvent des vies ELLE VOLE AU SECOURS des futures mamans jusque dans les zones reculées, voire secouées par les djihadistes de Boko Haram. Fondée à Yaoundé (Cameroun) en 2013, la start-up Gifted Mom (maman douée, en anglais), qui participe à Viva Tech, a développé une application permettant de rappeler aux femmes enceintes et nouvelles mères les dates des vaccins ou des consultations pendant et après la grossesse. Un algorithme permet, en outre, d’envoyer des messages personnalisés, en fonction de l’âge du nourrisson notamment. « Une équipe de 12 personnes à temps plein, 2 médecins et 4 agents de terrain, travaillent avec plus de 30 infirmières dans les hôpitaux du Cameroun », explique Alain Nteff, le fondateur, qui veut lutter contre la mortalité infantile (51 morts pour 1000 naissances, en 2017). Soutenue par un incubateur sud-africain et les Nations unies, plusieurs fois récompensée, son entreprise a accompagné plus de 130 000 femmes. Disponible dans des langues locales, l’appli gratuite a été téléchargée jusqu’au Sénégal et en Ouganda. En quête d’un modèle économique viable, Gifted Mom envisage de facturer des conseils supplémentaires. « Un service spécial auprès des opérateurs de téléphonie mobile a été testé et a démontré que les utilisateurs sont prêts à payer jusqu’à 50 francs CFA (NDLR  : 0,08  € ) par semaine », assure Alain Nteff. Sélectionnées par la multinationale Sanofi, partenaire de Viva Tech, d’autres sociétés luttant contre les déserts médicaux en Afrique se financent grâce aux prix glanés à travers le monde. La start-up sud-africaine Vula Mobile en a remporté une dizaine depuis sa création en 2014. Son application met en relation des agents de santé, intervenant en zone L’environnement, l’autre vecteur de croissance SI LA SANTÉ inspire de nombreux entrepreneurs africains, l’environnement est un autre secteur clé du continent. En témoigne la fibre écolo d’une huitaine d’entreprises africaines participant à Viva Tech, à l’image d’Eko Geste Dari. Cette jeune société casablancaise a développé une application pour aider les particuliers à se lancer dans le tri sélectif. Avec la possibilité de commander le passage d’un de ses agents qui collecte les ordures. En parallèle, elle a créé une appli permettant aux hôteliers et restaurateurs de mieux gérer leurs déchets, notamment les huiles Basée à Yaoundé (Cameroun), Gifted Mom compte douze salariés. alimentaires usagées. De son côté, Lono, entreprise basée à Abidjan (Côte d’Ivoire), fabrique engrais et biogaz à partir des déchets organiques des habitants et des industriels. L’un des objectifs est d’augmenter les rendements des agriculteurs. Récemment récompensée par EDF, la start-up Coachée par Emmanuel Macron pendant le salon Pour Zora Younsi, la première édition de Viva Tech en 2016 a été un tremplin. S’en sont suivies deux années denses, entre un emploi salarié et la création de son entreprise. PAR VIRGINIE DE KERAUTEM INSPIRÉE par ses 3 frères entrepreneurs, Zora Younsi attrape elle aussi le virus assez tôt. Bonne élève, bonnes études — Master de Biologie santé à Toulouse et MBA de commerce international et marketing à Paris — elle n’a en revanche pas de réseau. « Je n’osais pas me lancer et préférais d’abord avoir une expérience en entreprise ». Pendant son MBA, Engie la recrute en alternance et à l’issue de son contrat, malgré sa valise pleine de diplômes, elle ne parvient pas décrocher un premier emploi. Elle décide alors d’intégrer Talent Connect en 2016, un dispositif de recrutement pour les entreprises partenaires de Viva Tech, sous la houlette de Manpower. Le programme intègre notamment une partie de coaching pour valoriser ses compétences. « A ma grande surprise, raconte-t-elle, j’apprends que j’ai été choisie pour être coachée par Emmanuel Macron pendant le salon. J’ai trouvé ça génial et positif ». Le ministre de l’Economie d’alors souligne sa ténacité, son dynamisme et sa fibre d’entrepreneuse. La rencontre dure environ 30 minutes, au milieu d’un fort brouhaha. « Il ne comprenait pas pourquoi je ne trouvais pas d’emploi », se souvient Zora. Regonflée à bloc, elle ajoute cette expérience à son CV et trouve vite un travail… qui ne lui plaît pas. UN CADENAS BIOMÉTRIQUE POUR LA MAROQUINERIE Elle se tourne alors vers ce qui l’intéresse, découvre l’écosystème des start-up, rencontre du monde et lance LockNTouch, son projet d’objets connectés pour le luxe. Soutenue par Orange et LVMH, Viva Tech 2 017 est l’occasion de présenter son cadenas biométrique destiné à la maroquinerie. Puis tout s’enchaîne ! EDF l’embauche au même moment, comme chef de projet pour digitaliser les services commerciaux... Zora ne renonce pas pour autant à son projet LockNTouch. « Depuis janvier, je suis incubée à Station F, mon entreprise est en cours de création et je dois quitter mon emploi le 1er août », raconte-t-elle, enthousiaste. « Plus rien ne peut m’arrêter. Je ne crains pas l’échec, c’est plutôt le fait de ne pas essayer qui me dérange », souligne l’entrepreneuse de 31 ans qui garde dans un coin de sa tête la volonté de créer une autre entreprise dans la santé, son domaine de prédilection. LA DIGITAL ROOM n’est ni une cabine téléphonique, ni un photomaton futuriste mais un espace individuel pour passer un entretien d’embauche avec Zara, un avatar doté d’intelligence artificielle. Les volontaires pourront le tester lors de leur passage sur le Lab #FutureofWork de ManpowerGroup, partenaire RH pour la 3 e année consécutive. Développée par sa filiale Experis, cette bulle, désormais commercialisable, présentée à Davos en janvier, permet de faciliter la présélection de candidats pour dirigée par un Ivoirien et une Néerlandaise sera présente dans la zone Discovery. Quant au fournisseur d’énergie Rensource, qui pilote des microcentrales solaires au Nigeria, il fait partie des 7 sociétés innovantes choisies par Vinci Energies et Total.C.P. Passer un entretien d’embauche avec un avatar des entreprises de plus de 1000 personnes selon certains critères objectifs  : tempérament, aptitude à savoir lire, parler anglais… Une fois assis dans la Digital Room, Zara apparaît à l’écran, demande au candidat — technicien, installateur ou commercial — de s’enregistrer avant de passer aux choses sérieuses. Après deux séries de questions variées, l’avatar peut, grâce à un algorithme, analyser son attitude, sa connaissance du métier, sa capacité d’adaptation. A l’issue de DR rurale, et des médecins spécialistes, basés en ville. Par exemple, un ophtalmologue de Johannesburg reçoit les informations sur un patient du fin fond du Swaziland puis livre ses conseils, sans se déplacer. La jeune entreprise ghanéenne Bisa a aussi misé sur l’essor du smartphone en Afrique. Son appli permet d’interagir avec le personnel d’un hôpital, bien que situé à deux heures de route. S’EXPORTER JUSQU’EN INDE D’autres start-up africaines, présentes cette semaine à Paris, assurent sauver des vies. C’est le cas de SOS Santé, jeune pousse de 5 salariés basée à Casablanca (Maroc). Branché à l’allume-cigare d’une voiture, son boîtier alerte par SMS les services de secours les plus proches en cas d’accident. « Des algorithmes de machine learning (NDLR  : apprentissage automatique) permettent notamment de prévenir des accidents », assure Khalid Machchate, le cofondateur de 26 ans. Et de confier  : « J’ai étudié les failles des appels d’urgence quand un membre de ma famille a dû attendre deux heures après un accident de la route. » Des assureurs achètent ce système connecté entre 250  € et 340  € pour leurs clients particuliers. « Des entreprises l’utilisent aussi pour suivre leur flotte de véhicules », précise l’ingénieur. SOS Santé, qui a déjà commercialisé 200 boîtiers, prévoit d’en vendre 10 000 d’ici mi-2019, au Maroc, en Afrique du Sud, au Nigeria et en Inde. Porte de Versailles, Paris (XV e) , le 2 juillet 2016. Regonflée à bloc par cette séance de coaching avec Emmanuel Macron, alors ministre de l’Economie, Zora Younsi a vu sa carrière décoller après cet échange. cet entretien, ce dernier récupère l’intégralité de son échange et connaît son résultat par rapport au niveau d’aptitude observé. De son côté, et selon ce dernier, le recruteur donnera suite ou pas. « La machine peut indiquer combien de fois le candidat a souri, ou détecter les intonations de voix par exemple, explique Raoul Mattei, directeur général d’Experis. Cela peut sembler idiot mais ce sont des critères objectifs qui permettent notamment de mesurer l’enthousiasme », poursuit-il. V.K. DR



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