Le Parisien Economie n°425S 25 avr 2017
Le Parisien Economie n°425S 25 avr 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°425S de 25 avr 2017

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Le Parisien Libéré

  • Format : (280 x 360) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 9,6 Mo

  • Dans ce numéro : muguet, objectif 1er mai.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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twipe_ftp LE PARISIEN MARDI 25 AVRIL 2017 ÉCO 2 À LA UNE @LeParisien_Eco Si le muguet m’était compté FÊTE DU TRAVAIL Offrir du muguet le 1er mai, c’est une tradition bien française. Un marché dont tout le monde (ou presque) peut profiter. PAR CYRIL PETER PAR VIRGINIE DE KERAUTEM 2017 DEVRAIT ÊTRE UN BON CRU pour le muguet nantais. « Bien qu’un peu précoce, on devrait pouvoir le préserver jusqu’au 1er mai », explique Patrick Verron, conseiller en culture de muguet et légumes au Comité de développement maraîcher de Loire-Atlantique. Cela fait plus de 500 ans que le muguet fleurit sur les terres Symbole du triomphe du printemps sur l’hiver, le muguet parfume les rues de France chaque 1er mai. Seul jour de l’année où les commerces à la sauvette sont autorisés. N’importe qui peut, en effet, vendre son brin, sans payer de taxes ni d’impôts. Contrairement aux fleuristes et jardiniers qui voient s’installer ces commerçants d’un jour à une certaine distance, fixée par la commune, de leurs magasins (lire encadré). UNE OPÉRATION RENTABLE POUR TOUS Du Parti communiste, en quête de nouvelles adhésions au moment de la fête du travail, aux associations, à la recherche de financements, pour tous, la vente de muguets se révèle une opération très rentable. Le brin des maraîchers nantais, premier terreau pour cette fleur porte-bonheur, avec 80% de la production française. Merci le climat tempéré et la nature sablonneuse des sols. « On cueille 60 millions de brins de muguet par an, soit près d’un par habitant », explique Patrick Verron. 7 000 SAISONNIERS Philippe Naulleau est l’un des 20 producteurs de muguet de la région. Entre 5 et 10% de son ex- revendu 1,50 € est négocié trois fois moins cher au marché de Rungis (Val-de-Marne), qui reçoit la fleur à clochettes blanches en botte ou en pot. Son chiffre d’affaires national dépasse les 100 M € . Si le muguet des bois représente environ 10% des ventes, la production se concentre dans deux régions au climat tempéré, autour de Nantes (80%) et Bordeaux (15%). Pour cueillir, trier et conditionner ces quelque 75 millions ploitation sont réservés au muguet, cultivé en pépinières. Celles-ci sont préparées de novembre à fin février. Ensuite, tout s’accélère à partir de la miavril. Cueillette et préparation des bouquets. Ses 22 salariés ne suffisent pas. Chaque année, il recrute près de 90 saisonniers. Etudiants, chômeurs, retraités, étrangers. Ils sont environ 7 000 au total, embauchés par les maraîchers nantais via Pôle emploi ou les agences d’intérim. de brins français, soit un peu plus d’un par habitant, les maraîchers font appel à des saisonniers. En Loire-Atlantique, 7 000 étudiants, retraités et travailleurs occasionnels, dont des étrangers, sont embauchés à partir de mi-avril. Ils ont au maximum quinze jours avant la date fatidique pour répondre à la demande, en perte de vitesse ces dernières années, la tradition du muguet étant boudée par les jeunes. 60 millions de brins dans le pays nantais Saint-Philbert-de-Grand-Lieu (Loire-Atlantique), jeudi. Dans cette exploitation, entre 5% et 10% des surfaces sont réservés à la production de muguet, cultivé en pépinières. LP/SÉBASTIEN SALOM-GOMIS. Une « énorme logistique » pour l’objectif d’une seule journée au final. « Il faut être un peu fou et passionné », souligne Philippe Naulleau. Mais pour certains producteurs, le risque est trop grand. En 20 ans, leur nombre a été divisé par quatre. « Le fils d’un agriculteur ne continue pas forcément la culture du muguet de son père. Heureusement, les pépinières sont récupérées par d’autres et la surface d’exploitation se maintient autour de 150 ha », explique Patrick Verron. 20 M € PAR AN Le jeu en vaut-il la clochette ? Chez les maraîchers nantais, « la filière se porte correctement et s’avère encore un peu rentable ». Chaque année, le muguet rapporte 20 M € environ. Les 50 brins sont vendus 15 € à des grossistes ou des fleuristes. « Ils se tournent vers le marché de Rungis (Val-de-Marne) en dernier recours car ils y maîtrisent moins leur prix », raconte Patrick Verron. En revanche, les maraîchers ne font pas de vente directe. Ils savent toutefois que ce sont les plus de 35 ans qui achètent leur muguet chaque année. « On réfléchit au moyen de sensibiliser les 18- 25 ans sur les réseaux sociaux, envisage Patrick Verron, car ils sont un relais de croissance possible. » LP/OLIVIER BOITET. En vendre… ou pas Le 1er mai, tous les Français peuvent vendre du muguet sur la voie publique. Une tolérance est admise à titre exceptionnel, « conformément à une longue tradition », à condition toutefois de ne vendre que du muguet sauvage au brin et non en bouquet. Encore moins des compositions avec d’autres fleurs. Chaque vendeur, particulier ou association, doit se tenir à une certaine distance des fleuristes professionnels, variable selon les communes, et ne pas installer de table ou de tréteaux. L
twipe_ftp MARDI 25 AVRIL 2017 LE PARISIEN www.leparisien.fr/ecoÀ LA UNE LP/S.S.-G. « LE MUGUET, c’est notre opération la plus importante de l’année. » Sylvie Robert, présidente de Lény pour la vie, est optimiste. Son association, qui organise tournois de pétanque et repas dansants pour venir en aide au garçon de 7 ans atteint de la neurofibromatose de type 1, une maladie qui déforme le visage, a enregistré 600 commandes. Produits dans la région nantaise, les brins seront livrés, samedi 29 avril, dans plusieurs communes près de Saint-Etienne (Loire), comme Villars, dont est originaire la famille de Lény. Des affiches dans les commerces ainsi qu’une annonce sur la page Facebook de « Ça reste un gros rendez-vous » BRUNO, FLEURISTE À PARIS (XI e) « C’EST LA PIRE fête pour nous fleuristes, car le muguet se vend le 1er mai, sur une seule journée, voire deux pour les retardataires. Et comme c’est une fleur fragile, la gestion des stocks est compliquée. Du coup, je fais au plus simple. J’achète tout à Rungis (Val-de-Marne). Je propose surtout du muguet en pot et prépare quelques petites compositions, avec une rose éventuellement. Même si je n’aime pas ce jour, cela reste un gros rendez-vous. Nous gagnons plus qu’au cours d’une journée normale et la vente de muguet représente facilement 70% des plus de 2 000 € récoltés le 1er mai. C’est sûr que les vendeurs à la sauvette sont un manque à gagner pour nous mais c’est une fête nationale et tout le monde a le droit de vendre… Je pourrais arriver tôt le matin, doubler mes stocks et mettre un vendeur dehors à 50 m de mon magasin, certains le font… Il y a trois ans, avant que je devienne gérant, ma responsable et une autre fleuriste du quartier avaient piqué une crise contre des vendeurs ! Si l’un d’eux s’installe en face, oui je le dégagerai mais sinon je fais mon petit truc dans mon coin et voilà. Cette année, ça tombe un lundi et je ne m’attends pas à gagner beaucoup car dans ce quartier bobo, les habitants seront sûrement partis en week-end ! » Un brin pour Lény l’association ont permis d’attirer une centaine de nouveaux acheteurs par rapport à l’an passé. Une première expérience qui avait permis de récolter 1 500 € . FINANCER DES TRAVAUX « L’argent nous servira à aménager une chambre et une salle de bains au rez-de-chaussée de la maison de sa mère, pour qu’il rentre chez lui », précise sa tante Sylvie. L’idée est que Lény quitte, d’ici quelques années, le centre médical infantile de Romagnat (Puyde-Dôme). Les travaux sont estimés à 80 000 € .C.P. 3 ÉCO 1 Le Parti communiste récolte 500 000 € Le Parti communiste français profite des défilés du 1er mai pour vendre du muguet. Les fleuristes se fournissent chez les producteurs ou via les marchés de gros, comme Rungis (Val-de-Marne). CETTE ANNÉE, la Fête du travail tombe pendant l’entre-deuxtours de la présidentielle. Une aubaine saisie par le Parti communiste français (PCF), qui inscrira sa consigne de vote sur un tract accompagnant les bouquets de clochettes blanches. « En période électorale, c’est plus intéressant, politiquement et financièrement. L’opération n ous r apporte a u m oins 500 000 €  », avance le trésorier national, Jean-Louis Le Moing. Ceci est une estimation, car au PCF, les sections locales sont autonomes et fixent elles-mêmes le prix. D’ailleurs, certaines ne pratiquent pas la vente de muguets, faisant des bals, des lotos et des tournois de pétanque leurs principales sources de revenus. A Villejuif (Val-de-Marne), le 1er mai est l’événement le plus rentable de l’année. « On vient de père en fils, de mère en fille. On devrait avoir plus de jeunes qui vont vouloir discuter politique », parie Pierre Garzon, responsable de cette section historique. Dans cette commune populaire au sud de Paris, la tradition existait déjà dans les années 1930, puis s’est généralisée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Contrairement à sa cousine de Blois (Loir-et-Cher), où « des camarades et des amis cultivent le muguet bénévolement », selon Jean-Louis Le Moing, la section villejuifoise se fournit auprès de la fédération du parti, qui sollicite des producteurs. 30 000 € RIEN QU’À PARIS En moyenne, elle investit 10 000 € pour 15 000 € de recettes, soit deux fois moins qu’à Paris. L’argent récolté sert notamment à diffuser des affiches, à s’abonner à « l’Humanité » et à promouvoir le journal, explique Pierre Garzon. Du collage d’affichettes dans les cages d’escalier au conditionnement  : à Villejuif, 200 militants s’activent pendant dix jours pour répondre à la demande de 4 000 clients, accueillis sur 45 points de vente. A la porte de l’hôpital, au pied du métro ou devant la boulangerie. Objectifs  : vendre les trois brins à 2 € et enregistrer de nouvelles adhésions. « Entre 10 et 30 au total », estime Pierre Garzon.C.P. Lény, 7 ans est atteint de la neurofibromatose de type 1, une maladie qui déforme son visage. AFP/LOÏC VENANCE DR. Mannme Mannnanan nanan Mana me Mana Mana agenda 24.04 au 28.04 Un salon de l’emploi dédié Le salon Hello Handicap est un salon de recrutement en ligne. Près de 5 000 offres d’emploi, issues de 60 entreprises de toutes les régions, seront proposées. Deux secteurs principaux seront représentés  : commercial et vente, systèmes d’information et télécoms. Rendez-vous téléphoniques ou par chat entre recruteurs et candidats. De lundi à vendredi. Plus d’infos  : Hello-handicap.fr. 27.04 Conseil pour développer ses ventes La CCI Seine-Saint-Denis organise une rencontre avec des experts du développement commercial. Dédié aux chefs d’entreprise, l’atelier abordera deux thèmes  : l’optimisation du cycle de vente et les réseaux sociaux. De 18 heures à 22 heures, 191, avenue Paul-Vaillant-Couturier, à Bobigny (Seine-Saint-Denis). Plus d’infos  : CCI-paris-idf.fr/informationsterritoriales/seine-saintdenis/agenda/commentdevelopper-ventes-cci93 Ce week-end Conseils aux jeunes pousses Vous voulez devenir un acteur de la green tech ou de l’e-santé ? IMT Starter, l’incubateur de plusieurs écoles d’ingénieurs, dont Télécom SudParis, organise des rencontres avec une vingtaine de coachs, à Evry (Essonne), du vendredi 28 au dimanche 30 avril. Objectif  : vous aider à créer votre start-up. Inscription  : Evry@startupweekend.org. Une start-up aux Champs-Elysées Le Drugstore Publicis accueille chaque week-end des jeunes pousses et leurs créations. DUOO propose un sousvêtement pour homme qui protège des ondes émises par les smartphones. La start-up savoyarde vendra deux boxers  : son « Précieux » (protection intégrale) à 45 € , son « Joyeux » (frontale) à 30 € . Les 28, 29 et 30 avril au 133, avenue des Champs-Elysées (Paris VIII e). Plus d’infos  : Duoohopeful.com. Les vidéos des start-up à découvrir sur LeParisien.fr, en partenariat avec Widoobiz. DR.



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