Le Parisien Economie n°423S 23 avr 2018
Le Parisien Economie n°423S 23 avr 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°423S de 23 avr 2018

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Le Parisien Libéré

  • Format : (280 x 360) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 5,6 Mo

  • Dans ce numéro : entrepreneurs venus d'ailleurs.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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twipe_ftp LE PARISIEN LUNDI 23 AVRIL 2018 ÉCO 2 À LA UNE @LeParisien_Eco Ces étrangers font grandir leur entreprise en France DEVELOPPEMENT Leurs motivations sont différentes, mais ils sont bien décidés à réussir dans notre pays. Témoignages, entre galères et espoirs. PAR VIRGINIE DE KERAUTEM ET CYRIL PETER Cocorico ! N’en déplaisent aux adeptes du French bashing, la France donne envie de venir y faire du business. Selon l’Insee, 9,4% des créateurs d’entreprise en 2014 étaient étrangers. Comme les Français, la plupart de ces entrepreneurs se lançaient dans le commerce, l’hôtellerie-restauration ou encore la construction. Rien qu’à Paris, d’après le greffe du tribunal de commerce, en 2015, 4 942 étrangers ont immatriculé une entreprise au registre du commerce et des sociétés (RCS), en hausse de 18,5% sur un an. Ces derniers sont à l’origine de 19% des entreprises créées dans la capitale. Parmi eux, 32% d’Africains, 30% de l’Union européenne (hors France) et 21% d’Asiatiques. Pour Legalstart, plate-forme d’aide juridique en ligne, les étrangers hors UE représentent 75% des créateurs d’entreprise qu’ils aident. Dans le secteur des nouvelles technologies, la France déploie ses plus beaux atours. Elle a accueilli l’an passé 70 start-up étrangères à travers le programme d’accompagnement French Tech Ticket. PROCÉDURE ACCÉLÉRÉE POUR LE TITRE DE SÉJOUR A la clé, de multiples avantages  : incubation d’un an, financement de 45 000  € , procédure accélérée pour le titre de séjour… Lequel est renouvelable quatre ans, depuis juin 2017, via le French Tech Visa. A l’heure où les recruteurs disent privilégier les compétences aux diplômes, la mission French Tech songe à ne pas limiter l’accès aux bac + 5 pour bénéficier de cet accompagnement. Si la plupart de ces entrepreneurs, brésiliens, chinois ou italiens, arrivent en France pour développer leur activité, voire créer une filiale, d’autres décident d’y installer leur siège social. C’est le cas de Zify, spécialiste du covoiturage, créé en Inde en 2015. En attendant, tout le monde Neuf mois pour obtenir son titre de séjour commerçant Claire Schaffer, 27 ans, Américaine originaire de Houston (Texas) I SON BUSINESS Même pas 30 ans et déjà deux entreprises co-créées en France. La première, GiroMela, dont elle est directrice générale, fondée avec une Française en 2015, est une agence événementielle autour de la street food (food truck, buffets…). Claire et son équipe conseillent sur-mesure entreprises et particuliers pour organiser des festivités. Le mois prochain, elle entamera par ailleurs la troisième saison de Barapapa, un bar éphémère — sa seconde entreprise — monté chaque été, port de la Rapée à Paris (XII e). Ces deux sociétés confondues réalisent 1 M € de chiffre d’affaires. I POURQUOI LA FRANCE ? « Ma sœur avait choisi d’apprendre l’espagnol. J’ai voulu me distinguer et j’ai choisi français », raconte Claire, sourire en coin. Elle suit une année de cours dans un lycée en Normandie, passe un Bachelor d’études françaises à l’Université de Paris-La Sorbonne, le tout entrecoupé de retours dans son Texas natal, puis finit par s’installer à 21 ans dans la capitale. I SES PREMIERS PAS « Je voulais créer une entreprise, raconte la jeune américaine. J’avais plusieurs idées, mais sans connaissance business, ni réseau en France ». Elle intègre le mastère Innover et Entreprendre à l’ESCP, y rencontre Olivia, une Française avec qui elle se lance pour monter GiroMela. « En attendant d’avoir ma carte de séjour commerçant, Olivia a pu commencer comme auto-entrepreneur pour tester notre idée. J’étais son assistante clandestine ! ». Neuf longs mois s’écoulent entre la première visite à la préfecture de police pour récupérer la liste de documents à déposer et la remise de sa carte de séjour commerçant en juillet 2015. Claire doit notamment fournir le business plan de sa société, ses comptes prévisionnels sur peut tenter sa chance. A des degrés de complexité variable. Ainsi, le ressortissant hors UE devra être le plus patient. En témoi- RESSORTISSANTS DE L’UNION EUROPÉENNE. Les citoyens des Etats membres de l’Union européenne (UE), mais aussi les Islandais, les Norvégiens ou encore les Suisses, ayant prévu de résider en France, doivent s’enregistrer auprès de la mairie de leur commune de résidence, dans les trois mois suivant leur arrivée. Aucun titre de séjour particulier n’est requis. Ensuite, les démarches de création de société sont les mêmes que pour les Français. RESSORTISSANTS HORS UNION EUROPÉENNE. Avant de se lancer dans un projet entrepreneurial, il faut impérativement vérifier si l’on est en droit d’exercer cette activité en France. L’accès à certaines d’entre elles est réservé aux Français, aux ressortissants des Etats membres de gnent les parcours de Claire, une Américaine à la tête de deux sociétés, et de Horst, un entrepreneur allemand vivant à Annecy Guide de survie du nouvel arrivant LP/PHILIPPE LABROSSE trois ans « et pleins d’autres choses ! » Ce titre de séjour, elle doit le renouveler deux années de suite, déposer un extrait Kbis, son dernier avis d’imposition, les déclarations Urssaf de ses salariés, etc. Maintenant Claire est tranquille pour 4 ans. Avec son titre de séjour à jour, la l’Union européenne et de l’Espace économique européen (EEE) ou d’un pays ayant signé avec la France un accord de réciprocité. En outre, certaines activités nécessitent des conditions de diplôme ou d’expérience professionnelle ou une autorisation administrative (renseignements sur www.guichet-qualifications.fr). Une fois assuré du droit d’exercer en France, il faut demander un visa long séjour auprès des instances diplomatiques et consulaires de son pays d’origine en France. C’est auprès de la préfecture de police que le futur entrepreneur pourra obtenir une carte de séjour temporaire commerçant ou artisan étranger (renouvelable) ou un passeport talent. Ce dernier a été créé en 2016 pour simplifier l’installation des étrangers création de Barapapa, en 2016, est allée bien plus vite. (Haute-Savoie). Sans parler de Leen, réfugiée syrienne dont l’agence touristique verra bientôt le jour. (en tant que salariés ou non) qui veulent contribuer à l’attractivité économique de la France, avec un projet innovant par exemple. Ceux ne souhaitant pas résider en France ont pour seule obligation de s’inscrire au registre du commerce et des sociétés ou au répertoire des métiers pour les artisans. A consulter  : www.economie.gouv.fr/entreprises/etranger-comment-creer-votreentreprise-france www.legalstart.fr (plate-forme juridique en ligne pour les entreprises) www.cfe.urssaf.fr (Centre de formalité des entreprises) Pour les réfugiés  : www.mentproject.eu www.singafrance.com La jeune américaine est à la tête de deux entreprises — une agence événementielle et un bar éphémère —, qui génèrent 1 M € de chiffre d’affaires. I PEUT MIEUX FAIRE ? « J’ai eu de la chance d’avoir une associée française et mon programme d’accompagnement à l’ESCP car j’ai appris à construire un business plan. Ça fait gagner du temps pour monter mon dossier », raconte Claire. En revanche, elle ne serait pas contre une simplification des démarches administratives. « On pourrait au moins envoyer tous nos documents en ligne… » V.K..ammlumprr
11111.1111% * 011ems twipe_ftp LUNDI 23 AVRIL 2018 LE PARISIEN www.leparisien.fr/ecoÀ LA UNE Leen Almasri, réfugiée syrienne, est en train de monter sa société de visites touristiques de Paris. « Le plus difficile, c’est de comprendre le système français » Leen Almasri, 36 ans, Syrienne originaire de Damas ISON BUSINESS Architecte de formation, Leen Almasri a travaillé pendant cinq ans dans un cabinet d’urbanisme à Damas avec l’idée de créer sa propre agence. Mais la vie en a décidé autrement. Son mari et elle, militants opposés au régime de Bachar Al-Ass a d, qui t t en t l e u r p a y s en septembre 2011. Aujourd’hui, son mari a un CDI. Leen, en revanche, multiplie les formations et les démarches pour créer son entreprise d’ici la fin de l’année  : une agence touristique autour de la découverte de l’architecture parisienne, avec une brique innovante. Elle n’en dit pas plus de peur de se faire voler son idée. En attendant, elle teste sous le statut d’auto-entrepreneur ses parcours et le contenu de ses visites en arabe et en anglais, par le biais d’Airbnb Experiences, plateforme permettant à chacun de proposer des événements (touristiques ou culinaires) dans sa ville. IPOURQUOI LA FRANCE ? « Nous avons déposé partout des demandes de visa étudiant, plus faciles à obtenir  : à l’ambassade du Liban, de France, d’Australie, de Suède… », explique Leen. Après un premier refus, c’est la France qui leur accorde un visa à tous les deux. Direction Grenoble pour un master de management. Leen enchaîne avec un master d’urbanisme pour se remettre à niveau. En 2013, elle obtient le statut de réfugiée politique. ISES PREMIERS PAS Leen fouille pour trouver tous les contacts susceptibles de l’aider à bâtir son projet. Elle sollicite Pôle emploi qui la dirige vers Activ’Crea, un service permettant d’explorer la piste de la création d’entreprise. Elle rejoint plus tard l’incubateur Makesense, crée son plan stratégique et développe son modèle. Auto-entrepreneur, elle s’emploie actuellement avec un avocat bénévole à trouver le bon statut juridique. Grâce aux programmes Ment spécialement dédiés aux entrepreneurs migrants et réfugiés, au mouvement Singa ou à la start-up Techfugees, Leen peaufine aussi son plan de financement, pense à la conception de son site Web et voit son projet se concrétiser de jour en jour. IPEUT MIEUX FAIRE ? « Le plus difficile, c’est de comprendre le système français, de bien saisir les termes, le fonctionnement de l’administration », livre Leen, qui maîtrise pourtant très bien la langue de son pays d’accueil. Elle aimerait que tous ces programmes d’accompagnement soient mieux connus et plus visibles. « Les réfugiés pensent tout de suite à ouvrir un restaurant mais il faut les aider à aller au-delà avec des projets innovants », insiste la Syrienne. Et d’ajouter « pour nous, c’est difficile de décider de créer un projet parce que nous n’avons pas de revenus, ni droit au chômage comme les Français. Du coup, beaucoup ont besoin de travailler très vite et ne peuvent pas attendre plusieurs mois ou années avant d’avoir leur entreprise ». V.K. « Les réformes fiscales et économiques vont dans le bon sens pour les entreprises » Horst Meyer, 50 ans, Allemand, entrepreneur dans l’hôtellerie I SON BUSINESS Issu d’une famille de restaurateurs allemands, Horst Meyer, 50 ans, a fait ses classes dans l’hôtellerie avant de créer, en juillet 2017, RDHM Solution, une microentreprise de conseil. L’ex-directeur de distribution a utilisé son ancien réseau pour démarcher ses premiers clients, des groupes hôteliers internationaux. Son travail consiste à réaliser des audits sur la gestion des revenus d’un établissement. Il forme également les équipes à la stratégie tarifaire, selon les périodes et la clientèle notamment. Il est en train de créer une société par actions simplifiée (SAS), sur conseil d’un expert-comptable français. « Je n’aurai plus de limite de revenus », se félicite-til. I POURQUOI LA FRANCE ? L’Allemand a rencontré sa femme, une Française, à Paris, quand ils étaient étudiants. Le couple et leurs trois enfants vivent à Annecy (Haute-Savoie) depuis 2010. A l’époque, Monsieur travaillait pourtant à Genève. « Je n’aime pas la Suisse. La France, c’est mon pays de cœur. J’aime sa culture, la qualité de vie, le paysage, le vin et l’importance de la gastronomie », énumère-t-il avec son accent allemand. I SES PREMIERS PAS C’est « dans l’urgence » que l’entrepreneur a sollicité Legal Start, une plate-forme qui accompagne les créateurs d’entreprise. « C’était il y a six semaines, raconte-t-il par téléphone depuis la Chine. Je devais m’envoler pour l’Asie. Le contrat avait été signé depuis longtemps et je ne me voyais pas repousser la création de la SAS. » Ayant souscrit à ce service en ligne pour 600  € , il est sur le point d’obtenir un nouveau numéro Siret, la carte d’identité de sa société. Quant aux affaires, sa casquette d’Allemand l’aide beaucoup. « On a une réputation de rigueur, on est bien vu dans le business », observe-t-il. I PEUT MIEUX FAIRE ? Franco-allemand depuis 2004, Horst ne se plaint pas de la supposée lourdeur administrative de notre pays. « Je n’ai pas encore rencontré d’obstacles, souligne-t-il. Même si ça bloque, je ne quitterai pas la France. Je suis assez optimiste dep u i s l e c h a n g e men t de président. Ses réformes fiscales et économiques vont dans le bon sens pour les entreprises. » Et d’insister sur les conseils avisés de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) d’Annecy  : « Leurs formations sont utiles. » C’est grâce à la CCI qu’il a par exemple appris les subtilités des différents statuts LP/PHILIPPE LABROSSE de société, lors d’une session de cinq jours sur la création d’entreprise, à 300  € . Horst apprécie aussi que l’organisme contin u e de l u i proposer de s formations sur-mesure telles que « Comment démarcher des clients suisses ? ».C.P. Horst Meyer a préféré s’installer en France plutôt qu’en Suisse où il a pourtant travaillé. DR C C 3 ÉCO Mana Man Man MM Man Man nanan agenda Jeudi Créer une société, mode d’emploi Méthodologie pour créer ou reprendre une entreprise, aides financières, statuts juridiques… L’organisme de soutien aux entrepreneurs — Créactifs —, qui affirme en avoir « formé » plus de 3 500 en 7 ans, organise une réunion d’information dans ses locaux parisiens. Jeudi 26 avril, de 9 h 30 à 12 h 30, 24, rue de Turin, Paris (VIII e). Inscription gratuite  : Creactifs.com/createurrepreneur/reunionsdinformation. Jusqu’au 30 avril Imaginer l’alimentation de demain Start-up et PME, vous innovez pour favoriser la consommation de légumineuses ou de protéines végétales ? L’appel à projets de Bpifrance « Prot’eat » est pour vous ! Le concours doit notamment permettre aux entrepreneurs de « consolider leur business plan », précise la banque d’investissement. Outre la dotation de 5 000  € , les lauréats bénéficieront d’un accompagnement de neuf mois pour franchir le cap de l’industrialisation. Jusqu’au 30 avril. Renseignements  : www.bpifrance.fr/A-laune/Appels-a-projetsconcours/Concours-Prot-EAT- 39586. Le livre Râle en entreprise et tu connaîtras la crise Quand une psy devenue DRH et une coach d’entreprise écrivent à quatre mains, ça donne un livre pédagogique avec un titre accrocheur  : « J’arrête de râler au boulot ». L’ouvrage illustré a pour but de vous aider à « identifier vos stresseurs », à savoir quand « lâcher prise ou passer à l’action » … Chapitre après chapitre, le duo guide salariés et dirigeants en quête de bons réflexes à l’image de « la technique du miroir », permettant de repousser les ondes négatives diffusées par le ronchon de service. « J’arrête de râler au boulot », Christine Lewicki et Emmanuelle Nave, Editions Eyrolles, 181 pages, 11,90  € . ClIAISTINE tioncia NAVE DE RÂLER



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