Le Parisien Economie n°416S 16 avr 2018
Le Parisien Economie n°416S 16 avr 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°416S de 16 avr 2018

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Le Parisien Libéré

  • Format : (280 x 360) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 11,6 Mo

  • Dans ce numéro : Pierre Gattaz face aux entrepreneurs.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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twipe_ftp LE PARISIEN LUNDI 16 AVRIL 2018 I ÉCO 8 DÉVELOPPEMENT e @LeParisien_Eco Dans les Cévennes, ils fabriquent des jeans tricolores MADE IN FRANCE Atelier Tuffery vivotait, jusqu’à ce que l’arrière-petit-fils du fondateur lui fasse prendre un virage numérique. PAR CYRIL PETER Depuis que la quatrième génération en a pris les commandes, Atelier Tuffery, basé dans la commune rurale de Florac (Lozère), se passe d’intermédiaires pour écouler ses jeans. « Le consommateur et le fabricant sont gagnants. On ne se fait plus saigner par un grossiste qui se prend une marge colossale », raconte avec son accent cévenol Julien Tuffery, l’arrière-petit-fils du fondateur. Ingénieurs de formation, le jeune homme et sa compagne, Myriam Julien, se sont donné la mission en 2014 de relancer une entreprise centenaire à bout de souffle. Passée de 60 à 3 salariés dans les années 1980, quand la mondialisation faisait trembler le textile français, la TPE ne fabrique plus que 500 jeans par an. SITE MARCHAND « Le savoir-faire ne s’est pas éteint grâce à mon père et mon oncle, des passionnés qui nous ont laissé la main. Mais en marketing, ils étaient complètement à la rue », explique Julien. Outre la modernisation du site Web qui lui permet aujourd’hui de vendre ses produits en ligne, Julien s’est attelé à faire connaître la marque grâce aux réseaux sociaux. Résultat  : l’entreprise, perdue au milieu des Cévennes, attire de nouveaux clients. Jeunes et plutôt urbains, résidant parfois à l’étranger, ces « consommateurs éthiques », comme il les appelle, sont « prêts à mettre 100  € dans un jean plutôt que d’en acheter trois pour le même prix mais recteur Recherche & Développement. Si 15% des pneus collectés sont revendus d’occasion car en assez bon état, le reste est valorisé. Les fibres de textile qui présentent des traces de caoutchouc servent de combustible dans les cimenteries et les chaufferies industrielles. « Cela leur évite d’acheter du pétrole qui vient de loin », insiste Jean-Philippe Faure. Aciéries et fonderies, elles, achètent le métal des jantes. Quant au caoutchouc de la roue, il est réutilisé à toutes les sauces. GAZON SYNTHÉTIQUE Broyé, on le retrouve sous forme de petits granulats sur les terrains de football synthétiques. Ceux-ci ont fleuri ces dernières années car ils ne nécessitent aucun entretien. Mais des chercheurs accusent ces faux gazons d’être potentiellement toxi- qui sont fabriqués dans des conditions douteuses ». Parmi eux  : barbiers, cavistes et ébénistes adeptes du tablier en jean, « avec des bretelles en cuir aveyronnais », précise l’entrepreneur. Au nom du respect de l’environnement, qui fédère sa clientèle, Atelier Tuffery privilégie les circuits courts. « On a réactivé une filière de tisseurs et filateurs Florac (Lozère). La société a produit 7000 jeans l’année dernière. r 700 000  € DE CHIFFRE D’AFFAIRES EN 2017 ques. « Tous les éléments d’analyse que j’ai n’émettent aucun doute », rassure de son côté Jean-Philippe Faure. L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) doit trancher en juin. En granulats, le caoutchouc peut également servir à fabriquer des plots de signalisation. Sous forme de poudre, il devient roue de brouette ou de conteneur à déchets, après une séance de moulage. Dans la construction navale et l’ameublement, on apprécie « sa résistance au choc et son imperméabilité », explique Jean-Philippe Faure. Des entreprises produisent ainsi des panneaux ou des sièges à partir de vieilles roues. La dernière trouvaille d’Aliapur consiste à marier de la poudre de caoutchouc à des produits végétaux comme des feuilles de bambou, des fibres de coco ou de SAVEZ-VOUS CE QU’UN GARAGE fait des pneus qu’il remplace sur votre voiture ? L’enfouissement étant interdit, il les dépose dans une benne et, une à deux fois par mois, un collecteur vient les récupérer pour les recycler. Ce service est géré par plusieurs spécialistes, dont Aliapur, le numéro un français. Basée à Lyon (Rhône), cette société d’une vingtaine de salariés a été créée par des équipementiers du secteur automobile tels que Goodyear, Michelin et Pirelli pour donner une deuxième vie à leurs produits usagés. L’an passé, 350 000 t ont été récoltées par son réseau de sous-traitants (collecteurs, trieurs et recycleurs). « Nous sommes la tour de contrôle qui coordonne la valorisation de ce déchet composé de caoutchouc, de textile et de métal », résume Jean-Philippe Faure, son didans le Tarn, sans oublier nos partenaires historiques au Pays basque espagnol et dans le nord de l’Italie, où l’activité du tissage du jean ne s’est jamais arrêtée », insiste le patron de 31 ans. La culture du coton, utilisé par les fabricants de jeans, étant très énergivore, Atelier Tuffery planche sur des pantalons composés de matières premières venant de France. Son idée ? Pneus usagés et noix de coco font bon ménage ENVIRONNEMENT La société qui pilote le recyclage des vieux pneus marie le caoutchouc à des produits végétaux. lin pour en faire des chaises et des cloisons de séparation de bureaux. Reste toutefois à trouver des industriels intéressés par ces matériaux composites. Aliapur, qui a une mission de service public, se finance par une écocontribution prélevée sur ATELIER TUFFERY Mélanger son coton, originaire du Brésil, à du lin poussant en Normandie ou à de la laine de moutons élevés en Lozère. Ces modèles écolos seront commercialisés à partir de cet été. Autre marque de fabrique de ce jean tricolore  : sa longévité. « Nos toiles authentiques sont assez épaisses et on n’utilise pas ou peu d’élasthanne, détaille Julien. Il n’est pas inusable mais la couleur, par exemple, tient plus longtemps que sur un Levi’s. » HUIT RECRUTEMENTS EN TROIS ANS Soutenue notamment par la région Occitanie, l’entreprise lozérienne a investi 800 000  € dans de nouveaux locaux, toujours à Florac. Inauguré en novembre dernier, cet atelier « visitable » peut accueillir consommateurs curieux et touristes, afin de « répondre aux nouvelles tendances », autour de la transparence par exemple. Depuis que Julien Tuffery est à sa tête, la société a recruté huit personnes, dont six en atelier. Sous les yeux de Jean-Jacques, le père de Julien qui les forme à couper puis assembler de la toile brute, ces artisans ont produit 7 000 exemplaires en 2017, pour un chiffre d’affaires d’environ 700 000  € . « C’est un modèle économique performant pour nos campagnes », conclut le fils. De nouveaux matériaux composites sont élaborés en mélangeant de la poudre de caoutchouc à des feuilles ou fibres issues des plantes. chaque pneu neuf vendu par ses actionnaires (Goodyear, Michelin…) et ses clients, du garagiste indépendant à l’armée de terre. Elle s’élève à 0,48  € pour un scooter, 1,18  € pour une voiture et 17,10  € pour un avion commercial.C.P. ALIAPUR
LUNDI 16 AVRIL 2018 LE PARISIEN 9 www.leparisien.fr/ecoÎLE-DE-FRANCE ÉCO twipe_ftp Comment doper son business Créer son entreprise, exporter, se digitaliser… La Chambre de Commerce et d’Industrie Paris Ile-de-France peut accompagner, soutenir et guider les entrepreneurs. EN PARTENARIAT AVEC CCI PARIS ILE-DE-FRANCE « Des pistes de réflexion avec des entreprises » Matthieu d’Epenoux, patron du fabricant de jeux Interlude, à Versailles (Yvelines)t. PARC.P. IL NE PENSAIT PAS que sa TPE réaliserait un jour 40% de son chiffre d’affaires de 3,4 M € à l’étranger. Débrouillard, Matthieu d’Epenoux, dirigeant du fabricant de jeux Interlude, à Versailles (Yvelines), a d’abord trouvé des distributeurs en Pologne, en Chine ou au Brésil, en participant à des salons internationaux, comme celui de Nuremberg (Allemagne), une référence pour les industriels du jouet. « Sans formation à l’export », il a ensuite eu l’idée de se rapprocher de la CCI Versailles-Yvelines, dont le « Plato International » regroupe aujourd’hui une quinzaine de sociétés Un parrain bénévole pour « se poser les bonnes questions » Julien Le Goff, créateur de Bo Biclou, société de vente de vélos électriques à Montévrain (Seine-et-Marne) AU SORTIR DE SES ÉTUDES de commerce, Julien Le Goff s’inscrit à Pôle emploi et planche sur un projet d’entreprise de vente de vélos électriques. « Comme tout novice, je regorgeais d’idées, mais je me noyais », reconnaît-il. A l’aise en marketing et en gestion, le Francilien de 22 ans réalise business plan et étude de marché, puis sollicite la CCI à Serris (Seine-et-Marne), près de Montévrain, où sa société Bo Biclou est implantée depuis 2016. L’accompagnement de quatre mois lui permet de rencontrer une conseillère en création d’entreprise, mais aussi des experts financiers et juridiques. L’occasion de bétonner son dossier, notamment sur la protection du logo et des données des clients qui achètent en ligne. « Je voulais me poser les bonnes questions pour que l’entreprise soit pérenne », explique le jeune diplômé, qui peinait à trouver des financements. Dans la foulée, il passe devant un jury de la CCI 77 qui lui accorde un prêt d’honneur à taux zéro de 10 000  € . Ajouté à son apport de 20 000  € , ce coup de pouce est « déterminant », selon lui, pour obtenir un prêt de 70 000  € auprès d’une banque. Enfin, « cerise sur le gâteau », comme il dit  : un patron retraité de l’automobile, parrain bénévole de la CCI, continue de lui distiller des conseils tous les dix jours. « Au début, on se voyait dans un bureau. Aujourd’hui, on se voit au resto. C’est une relation amicale », savoure-t-il. DR GEsciA 9 2 Campus  : Enghi Bo Biclou emploie désormais 4 personnes et a réalisé 1,2 M € de chiffre d’affaires l’an passé. Ses clients sont à 85% des particuliers. Collectivités et entreprises sont également intéressées par son offre de location longue durée. exportatrices. Objectif  : échanger autour de problématiques communes. « Tout le monde s’engage à ne pas partager des informations à l’extérieur. Du coup, on est en confiance totale », apprécie Matthieu d’Epenoux, qui précise  : « On ne sort pas avec des solutions, mais des pistes de réflexion, par exemple sur comment se faire payer. » Les réunions, de 18 h 30 à 22 heures, sont organisées dans les locaux de la CCI ou dans une entreprise participante. « J’y trouve mon compte car ce n’est pas trop prenant », poursuit-il. Ce programme lui coûte 2 000  € et s’étale sur deux ans. rochainmercredidel’apprenssage : arildehhnformaonssurl’alternance osformaonsdeacac Rel etrouetouteslesautresdatessurgesciafrtes 2Campus:Enghien-les-BainsetGonesse et « Auditer notre dispositif digital » Cyrille Pierron, dirigeant d’une PME dans l’immobilier à L’Isle-Adam (Val-d’Oise) DIVERSIFICATION rime avec digitalisation chez CPIM, une PME dans l’immobilier basée à L’Isle- Adam (Val-d’Oise). Son patron, Cyrille Pierron, a créé l’an passé CPIM Invest pour un nouveau créneau  : l’investissement locatif. L’occasion de « faire un audit complet de notre dispositif digital pour attirer de nouveaux clients », explique-t-il. Cette idée lui a été suggérée par une conseillère de la CCI 95 qu’il a rencontrée. A l’issue de l’audit, qui lui coûte 118  € , la CCI l’oriente vers une agence de marketing. Sa mission ? Refonder le site Internet et optimiser son référencement dans les moteurs de recherche. Autre point d’amélioration, la page d’accueil est rendue « plus humaine », observe-t-il. On y voit en effet une famille heureuse à laquelle pourraient s’identifier des primo-accédants. L’agence lui a également conseillé de créer une page Facebook. Résultat ? « Il y a beaucoup de clics », note l’entrepreneur qui constate cependant qu’il n’est pas toujours facile de recruter de futurs investisseurs sur les réseaux sociaux. L’écoledesprofessionnels engesondéeloppementinternaonal Cj CCI PARIS ILE-DE-FRARCE DR DR L’AVIS DE Didier Kling PRÉSIDENT DE LA CCI PARIS IDF « Nous accompagnons 60 000 entreprises » LA CCI PARIS IDF A RÉALISÉ UNE ENQUÊTE AUPRÈS D’ENTREPRISES QU’ELLE A AC- COMPAGNÉES EN 2016 ET 2017. QUEL EN ÉTAIT L’OBJECTIF ? Nous avons engagé, depuis septembre 2017, une démarche de mesure de la performance et de la qualité de nos services. Nous accompagnons chaque année 60 000 entreprises et porteurs de projets dans le développement de leur activité, ce qui fait de nous le premier réseau entrepreneurial de la région. Les équipes d’appui de la CCI Paris Ile-de-France mènent des actions dans les huit départements franciliens. QUELS SONT LES PRINCIPAUX ENSEIGNEMENTS DE CETTE ÉTUDE ? Près d’une entreprise sur deux déclare avoir rencontré des freins dans son développement  : externes — fiscalité et charges à 47%, manque de moyens financiers à 44% — et d’autres, internes, liés particulièrement aux problèmes de recrutement de personnels qualifiés (57%). Néanmoins, la confiance en l’avenir est meilleure  : 85% des entreprises interrogées déclarent que leur état de santé est très bon ou bon par rapport à 2016. Ainsi, 52% ont vu leur chiffre d’affaires augmenter, 53% ont recruté et 48% ont investi. AVEZ-VOUS ÉTÉ SURPRIS DES RÉSULTATS ? En aucun cas car j’ai une conviction  : la confiance envers la CCI Paris IDF est forte. Quand 87% des entreprises sont très satisfaites ou satisfaites de nos actions, je prends acte de notre utilité. ilosreas. L371De ke ; , -. Ofel DR



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