Le Parisien Economie n°410S 10 avr 2017
Le Parisien Economie n°410S 10 avr 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°410S de 10 avr 2017

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Le Parisien Libéré

  • Format : (280 x 360) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 8,9 Mo

  • Dans ce numéro : retraités et toujours actifs.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 10 - 11  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
10 11
twipe_ftp LE PARISIEN LUNDI 10 AVRIL 2017 ÉCO 10 BUSINESS PROSPECTIVE @LeParisien_Eco Vos secrets comptables sont bien gardés FORMALITÉS Un chef d’entreprise peut compter sur la discrétion des professionnels qui le conseillent, notamment les experts-comptables. Pourtant, elle a ses limites et le secret professionnel peut être levé. PAR MARC HERVEZ Al’instar des avocats, médecins ou encore pharmaciens, l’expertcomptable est soumis au secret professionnel, pour toute information obtenue via l’exercice de son métier. Sauf que celui qui régit la profession a son lot de spécificités. « A la différence des avocats, qui ne sont pas obligés de garder le secret entre eux, la levée du secret entre confrères implique des restrictions », nuance Jean Chenebeau, directeur associé du cabinet ACG et élu au conseil régional de l’ordre des experts-comptables de Toulouse. Il ne s’expose pas seulement professionnellement en cas de violation. Son secret professionnel a un fondement juridique  : son nonrespect prévoit une condamnation au pénal pouvant s’élever à un an d’emprisonnement et 15 000  € d’amende. « On ne peut être libérés du secret professionnel que par la loi, la jurisprudence ou face à la force publique, dans le cadre d’enquêtes judiciaires », révèle Jérôme Willard, associé au cabinet d’expertise comptable Astria, membre du groupement France Défi. Ainsi, la communication de renseignements entre l’expert-compta- FRANCE DEFI experts-et-decideurs.fr ble et le commissaire aux comptes sur demande de ce dernier est autorisée car prévue par la loi. DÉFINIR PAR ÉCRIT LES POINTS QUE L’ON SOUHAITE GARDER CONFIDENTIELS Un chef d’entreprise peut se retourner pénalement contre son expert-comptable s’il estime que ce dernier a divulgué, même involontairement, une information pouvant porter atteinte à son activité. Par exemple, l’expert-comptable n’a pas à informer le directeur administratif et financier que le fondateur d’une entreprise cherche un acquéreur. Mais il n’existe pas pour autant de liste précise des données soumises au secret professionnel. « Il faut comprendre que toute information qui nous est confiée mais qui n’est pas publique rentre dans le champ d’application du principe de secret professionnel  : par exemple, nous ne Les expertscomptables sont tenus au secret professionnel. La violation de ce secret est passible d’une peine d’un an de prison et 15 000  € d’amende. pouvons communiquer la rémunération personnelle d’un dirigeant d’entreprise à un tiers », illustre Jérôme Willard. Pour Jean Chenebeau, c’est simple  : « Je me pose toujours la question avant de transmettre à un tiers une information concernant un client  : Sans moi, aurait-il la possibilité d’accéder à celle-ci ? Si la réponse est non, on est probablement dans le cadre du secret professionnel, donc je protège mon client ». Tout ce qui ne rentre pas dans le champ du secret professionnel stricto-sensu peut être soumis au devoir de confidentialité de l’expert-comptable. Mais il est préférable de convenir par écrit avec celui-ci des points que l’on souhaite garder confidentiels. Aussi, les experts-comptables ont leur propre définition du terme « client » lorsqu’ils travaillent pour une société. Ce qui a son importance dans les cas d’entreprises avec pouvoir décisionnel partagé. L’expertcomptable préfère se blinder juridiquement, quitte à accumuler la paperasse. « Il peut y avoir un président, un associé, un directeur général… Pour moi, le client physique, c’est le mandataire social qui signe ma lettre de mission, avance Jean Chenebeau. Quand un autre interlocuteur me demande de lui transmettre des documents, je préfère en référer au mandataire ou lui demander une confirmation écrite ». Entrepreneurs, bienvenue aux clubs ! CONSEILS Rejoindre un réseau d’entrepreneurs, une opportunité pour le développement de son activité. PAR MURIEL JAOUËN 60% DES JEUNES FRANÇAIS auraient envie d’entreprendre*. Un engouement qui ne doit pas faire oublier qu’entre pression financière, écueils juridiques, tracas managériaux et gestion de son temps, la création d’entreprise engendre son lot de difficultés. Face à ces épreuves, les jeunes entrepreneurs sont heureusement de moins en moins seuls. Clubs, cercles et associations se sont multipliés, qui leur permettent de discuter entre pairs, d’échanger leurs expériences, d’étoffer leur carnet d’adresses, de bénéficier des conseils de mentors, de booster leur business. « Entre les réseaux nationaux à capillarités régionales, les structures locales et les unions commerciales à l’échelle des villes, on compte QUENTIN REYTINAS. EN PARTENARIAT AVEC plus de 10 000 clubs d’entrepreneurs dans toute la France », souligne Alain Bosetti, co-fond a t e u r de P l a c e de s r e - seaux.com et du salon SME (ex- Salon de la micro-entreprise). Centres des jeunes dirigeants (CJD), Association Progrès du management (APM), Réseau Partage d’expérience, conseils, confrontations d’idées… Les clubs d’entrepreneurs organisent régulièrement des rencontres, comme ici lors d’un atelier de l’Association progrès du management (APM). Entreprendre, Les Pionnières, Comité Richelieu, Plato, adossées aux Chambres de commerce et d’industrie (CCI)… Quelles que soient leur ancienneté et leur dimension, toutes ces structures portent une même ambition  : rompre la solitude de l’entrepreneur, lui permettre de confronter ses idées à l’occasion de petits-déjeuners, de séminaires, d’ateliers, de visites d’entreprise, d’études de cas, etc. UN ENGAGEMENT RÉEL Si un réseau comme Businessinternational network (BIN) se positionne sur la recommandation d’affaires, la très grande majorité des structures envisagent les aspects commerciaux comme un bénéfice collatéral. La promesse est avant tout dans le développement des compétences managériales. « L’adhés i on à un c l u b o f f r e a u x entrepreneurs un temps de respiration et une prise de recul, conditions essentielles à la validation des options, à la construction des choix stratégiques pertinents et à l’accélération de leur activité », note Carole Ryckewaert, responsable du pôle réseaux d’entreprises à la CCI Paris Ile-de-France. La démarche exige un réel engagement. Inutile de postuler en mercenaire ou en zappeur opportuniste. Les clubs d’entrepreneurs sont régis par des chartes de bonne conduite, où l’échange a force de loi. Il faut donc jouer le jeu pour gagner la confiance des autres membres et tirer profit de l’effet réseau. La contribution ne tient pas tant au montant des cotisations, souvent très modique - de quelques dizaines à quelques milliers d’euros selon les structures et le profil des membres - que sur le temps dégagé pour les diverses activités proposées. Les jeunes entrepreneurs doivent en effet y consacrer a minima une demi-journée à une journée par mois. Retour sur investissement garanti. * Étude OpinionWay pour l’UAE, publiée en janvier 2017. LP/JEAN-BAPTISTE QUENTIN.
LUNDI 10 AVRIL 2017 LE PARISIEN 11 www.leparisien.fr/ecoBUSINESS PROSPECTIVE ÉCO twipe_ftp Comment vérifier le CV des candidats ? RECRUTEMENT Que ce soit sur leur diplôme ou leur expérience professionnelle, plus d’un tiers des candidats mentiraient sur leur CV. Une bonne raison de prendre quelques précautions avant qu’il ne soit trop tard. PAR CÉLINE CHAUDEAU Achacun sa technique. Jusqu’ici, Rémi Campet a surtout vérifié par lui-même. « Faute de pouvoir payer les services d’un cabinet de recrutement pour chaque poste, je mène ma petite enquête », témoigne le directeur des ressources humaines de la PME Marco et Vasco, spécialiste du voyage sur mesure. D’expérience, il distingue des types de « mensonges »  : certains « embellissements » pas si graves et la tromperie caractérisée. « J’ai vu un jour un candidat parfait sur le papier qui prétendait avoir vécu trois ans en Chine, se souvient-il. Il a suffi que je lui demande quelques mots en mandarin et que je lui pose des questions sur le pays pour que le masque tombe. Selon le poste, il m’arrive aussi de demander des attestations de diplômes et de contrôler certaines références professionnelles. » Il fait bien, apparemment  : selon une étude du cabinet CV Trust, spécialisé dans la vérification de CV, plus d’un tiers des candidatures seraient frauduleuses. Pour y remédier, depuis janvier, le ministère de l’Education nationale a lancé un service d’attestation numérique pour l’ensemble des diplômes nationaux visés par l’État et conférant un grade universitaire. « C’est une démarche intéressante, mais loin d’être la solution à tout, nuance Patricia Rotermund, avocate associée au sein du département Droit social du cabinet Fidal. Ces futures authentifications de diplômes peuvent dissuader certains postulants de mentir, mais plus le candidat avance en expérience et en expertise, plus le diplôme devient accessoire. » UNE PRATIQUE ENCADRÉE PAR LA LOI Face à des soupçons de faux sur un CV, L’employeur doit agir dans un délai raisonnable. Autrement dit, l’enjeu, pour les employeurs, est davantage de s’assurer de la nature des expériences avancées par le candidat dans les limites définies par la loi. Selon l’article L 1221-6 du code du travail, un recruteur ne peut réclamer que les documents pouvant lui « permettre d’évaluer les capacités du salarié à remplir les fonctions qui lui seraient proposées en cas d’embauche ». « Si l’employeur passe par un chasseur de têtes, celui-ci est censé tout examiner, explique Thibaud Chalmin, recruteur chez Elysées Consultants. Il peut demander des attestations de diplômes. Mais n’importe quel employeur peut aussi procéder à un « contrôle de référence », c’est-à-dire appeler les employeurs précédents du candidat, à condition d’avoir son accord. » Patricia Rotermund invite les recruteurs à être vigilants, jurisprudence à l’appui. « L’entreprise doit en effet vérifier certaines informations. Si elle ne le fait pas, elle devra assumer sa responsabilité. Si elle s’aperçoit d’un mensonge au bout de trois ans sans s’être inquiétée plus tôt par exemple, il est trop tard. Il faut que l’entreprise ait fait diligence normale, c’est-à-dire qu’elle ait réagi dans un délai raisonnable. » Difficile, en effet, de réagir « après coup ». Restent toutefois quelques exceptions relevées par la jurisprudence. Dans un récent arrêt, la Chambre Sociale de la Cour de cassation a quand même validé, en 2015, le licenciement pour faute grave d’un directeur des ventes qui s’était inventé une expérience au sein d’une entreprise concurrente. Mais cet employeur avait découvert la supercherie en moins de six mois et réagi très vite… Épargne salariale  : la France peut mieux faire FINANCES 40% des effectifs du privé n’ont pas accès à l’épargne salariale, même si cette part tend à régresser. PAR MURIEL JAOUEN LP/OLIVIER CORSAN. 10 MILLIONS DE SALARIÉS, soit environ 60% des effectifs du secteur privé en France disposent d’une épargne salariale. Créée suite à l’ordonnance du 17 août 1967 sur « la participation des salariés aux fruits de l’expansion des entreprises », elle s’est depuis installée dans les usages. « Au 31 décembre 2016, elle a atteint un niveau historique d’encours de 122,5 Mds € , en progression de 4,3% par rapport à fin 2015 », précise Laure Delahousse, adjointe au délégué général de l’Association française de la gestion financière (AFG). Mais si elle progresse, elle ne représente encore que 2,5% de l’épargne financière en France. La faute à une image de complexité, propre à la plupart des outils financiers. Et pourtant, l’épargne salariale est d’abord un avantage social, que tout employeur privé peut proposer à chacun de ses salariés, en lui versant une part sur les bénéfices (participation) et/ou sur les résultats ou performances (intéressement) de l’entreprise. Si l’intéressement est facultatif, la participation est obligatoire dans toutes les entreprises de Si l’épargne salariale a progressé de 5% entre 2015 et 2016 (122,5Mds  € d’encours), elle ne représente encore que 2,5% du total de l’épargne financière en France. 50 collaborateurs ou plus. Au salarié de choisir entre un reversement direct des sommes redistribuées ou un dépôt sur un plan d’épargne entreprise (PEE) ou un plan d’épargne retraite collectif (Perco). LES PME ET LES TPE S’Y METTENT Les bénéficiaires ne peuvent avoir accès à ces plans que si leur employeur le leur propose. 305 000 entreprises, dont 300 000 de moins de 250 salariés, ont d’ores et déjà intégré cet outil dans leur politique RH. « Le modèle n’est pas réservé aux grandes entreprises. PME et TPE disposent aujourd’hui, avec les plans interentreprises, d’outils partagés au niveau de plusieurs entreprises », note Laure Delahousse. Mais si l’employeur propose, le salarié, et lui seul, dispose. C’est à lui de gérer son épargne et de choisir les supports les plus adaptés à ses projets d’investissement. « L’épargne salariale est un outil beaucoup plus simple qu’on ne le pense et qui offre des supports de placements parmi une large palette de fonds », souligne Xavier Collot, directeur épargne salariale et retraite chez Amundi. Dans les faits, cette variété d’options reste encore pourtant sous-utilisée. Les placements dorment souvent par défaut sur des fonds monétaires certes sans risque, mais qui, faiblesse des taux oblige, ne rapportent quas i men t r i en. D o m m a ge, d’autant plus que le dispositif est intéressant sur le plan fiscal, les plus-values étant exonérées d’impôt dès lors que l’épargne reste bloquée pendant cinq ans. PHOTOPQR/LE TÉLÉGRAMME/FRANÇOIS DESTOC.



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :