Le Parisien Economie n°410S 10 avr 2017
Le Parisien Economie n°410S 10 avr 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°410S de 10 avr 2017

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Le Parisien Libéré

  • Format : (280 x 360) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 8,9 Mo

  • Dans ce numéro : retraités et toujours actifs.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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twipe_ftp LE PARISIEN LUNDI 10 AVRIL 2017 ÉCO 2 À LA UNE @LeParisien_Eco DR. CONTINUER À TRAVAILLER, C’EST LEUR CHOIX TENDANCE Si pour certains c’est une nécessité, d’autres sont motivés par le plaisir. Pour eux, c’est aussi un moyen de maintenir leur niveau de vie. LES CLÉS + 58% Le nombre de personnes cumulant une activité — salariée ou indépendante — et retraite, a augmenté de 58% depuis 2008. 67 ans Leur âge moyen est de 67 ans. 60% Parmi les retraités actifs, 60% sont des hommes. 813  € C’est le montant moyen mensuel que touche un(e) cumulant(e) salarié(e), contre 682  € pour un retraité sans activité. Sources  : Cnav, RSI IA consulter  : - Le site de l’assurance retraite  : Lassuranceretraite.fr - Des plate-formes de mise en relation entre retraités et recruteurs  : Jobretraite.fr Seniorsavotreservice.com JULIA GUIGON, AVOCATE AU BARREAU DE LYON (RHÔNE) PAR CYRIL PETER La retraite est un moment charnière qui se prépare en amont et, pour beaucoup de seniors, une transition est nécessaire. Les retraités qui veulent rester actifs ou transmettre leur savoir, parfois les deux, ont donc le choix entre le bénévolat et le travail. La majorité des 529 000 retraités actifs, cumulant travail — salarié ou indépendant — et pension, se retroussent les manches par nécessité. D’autres, en revanche, décident « LE DÉPART À LA RETRAITE des babyboomers crée des carences dans nos industries. Il y a un vrai gâchis », explique Caroline Young, économiste et cofondatrice, il y a douze ans, d’Experconnect, une société consacrée à promouvoir les collaborations post-retraites. Dans des métiers très techniques comme ceux des secteurs du nucléaire, de l’énergie, du ferroviaire ou de l’aéronautique, l’expertise de ceux qui ont exercé le même métier pendant 20, 25 ans ou plus est une mine d’or. Surtout pour les nombreux programmes technologiques qui durent plus longtemps que la carrière des ingénieurs qui les ont conçus, puis maintenus. « C’est le cas pour l’A320 par exemple, dessiné dans les années 1970. Les jeunes ingénieurs préfèrent « Selon la situation, le cumulemploi-retraite peut être plafonné » PROPOS RECUEILLIS PAR VIRGINIE DE KERAUTEM Un retraité veut reprendre une activité professionnelle… que doit-il faire ? Tous les retraités, qu’ils relèvent du régime général, du RSI ou des professions libérales, doivent en principe, sauf dérogations, avoir cessé leur activité professionnelle et liquider leur retraite auprès de l’ensemble des organismes auprès desquels ils ont cotisé. Attention, toute reprise d’activité doit être déclarée auprès des organismes intéressés. En outre, pour les retraites de base liquidées depuis le de ne pas décrocher pour des raisons différentes. Sur les 16 000 « cumulants » proposant leurs services via la plate-forme Job Retraite, « 25% sont des passionnés, en particulier les cadres », assure le directeur Christophe Douge. LEUR DÉSIR, « SE SENTIR UTILES » Pour certains d’entre eux, « leur identité, c’est le boulot », ajoute Caroline Young, à la tête d’une entreprise qui place des retraités comme consultants dans des groupes industriels. « Se sentir utiles et créer du lien social » sont deux autres motifs qui animent travailler sur les nouveaux modèles », détaille Caroline Young. « J’AVAIS L’IMPRESSION D’AVOIR ENCORE PLEIN DE CHOSES À TRANSMETTRE » Et Experconnect de faire notamment l’intermédiaire entre ses 250 clients dont Alstom, Areva, Airbus, SNCF, EDF, Engie… et les 1000 retraités-spécialistes qu’elle remet au boulot chaque année pour des missions de conseil. « On ne les salarie pas », explique-t-elle. Ils deviennent soit micro-entrepreneurs, soit ils montent leur entreprise (lire ci-dessous). « Heureusement, ils prennent en charge cette paperasse », ajoute Jean-Bernard Alemanni. A 64 ans, ce dernier est retraité depuis cinq ans de chez EDF, où 1er janvier 2015 et, sauf exceptions, cette reprise d’activité ne permet plus de se constituer de nouveaux droits à la retraite, ni de droits complémentaires… mais juste à cotiser. Ses revenus seront-ils limités ? Le retraité peut prétendre à un cumulemploi-retraite intégral ou plafonné selon sa situation personnelle. D’où l’importance de consulter bien en amont les organismes intéressés. Pour n’être contraint à aucun plafond entre la pension versée et les revenus de la nouvelle activité, il faut respecter trois conditions cumulatives  : en plus de la liquidation de l’ensemble de ses retraites, il faut avoir atteint l’âge légal 30% des 175 000 candidats de Seniors à votre service, explique sa fondatrice Valérie Gruau. Que le cumulemploi-retraite soit plafonné ou pas, ces travailleurs expérimentés, en majorité des hommes, sont de plus en plus nombreux. Les indépendants (commerçants, artisans…), par exemple, sont passés de 60 000, en 2008, à 169 000 aujourd’hui, dont 67 000 micro-entrepreneurs. Un régime choisi notamment par Géraldine Audiberti, reconvertie assistante administrative pour « atteindre un bien-être satisfaisant » et faire plaisir à ses proches (lire ci-contre). Dans l’industrie, des consultants sur-mesure Parmi les clients d’Expert connect, Airbus, notamment, où les retraités prodiguent leurs conseils. il était directeur des politiques industrielles à la division Ingénierie nucléaire. « Content de partir, j’avais quand même l’impression d’avoir encore plein de choses à transmettre », explique-t-il. de départ et bénéficier d’une retraite à taux plein. Dans le cas contraire, un plafond est appliqué, variable selon la caisse de retraite (régime général, RSI…), la nature du nouvel emploi, etc. Depuis le 1er avril en application d’un décret du 27 mars 2017, il y a un écrêtement de la pension au-delà du plafond. Par exemple, ma pension s’élève à 2 000  € par mois et je touche 2 000  € avec mon nouvel emploi. Si le plafond est à 2 500 € , ma caisse de retraite ne me versera que 500  € , je perdrai 1 500  € . Quel est le statut le plus intéressant ? Il n’y a pas de régime parfait, tout dépend du projet. Si le retraité reprend LP/MATTHIEU DE MARTIGNAC. Depuis, il rempile pour EDF mais différemment. « Je travaille quand j’ai envie, 20 à 30 jours par an. » La moyenne d’Experconnect se situe plutôt autour de 50 jours par an, de quoi reconstituer leur dernier niveau de revenus. « Le plus important est d’aider ces gens ultra-compétents à retrouver une identité, insiste Caroline Young. Un bémol, toutefois, sur « leur niveau d’anglais ! », surtout pour des missions effectuées à l’international… En général, au bout de trois ou quatre ans, les retraités décrochent. « Je me sens moins utile maintenant et mes connaissances sur les savoirs des entreprises et leurs pratiques sont désormais obsolètes », estime Jean-Bernard Alemanni qui « ressent de moins en moins l’envie de travailler ». V.K. un emploi salarié, il est soumis à toutes les règles du droit du travail (durée du travail, salaire…). L’âge ne peut être un motif de licenciement. La rupture conventionnelle reste une possibilité pour mettre fin à un CDI. Ceux qui se tournent plutôt vers une activité en indépendant, sous le régime de la micro-entreprise ou par la création d’une société, ne sont pas soumis au droit du travail, ce qui apporte beaucoup de souplesse dans le rythme des journées. La relation de travail repose alors sur la réalisation d’une prestation et non sur les conditions de travail pour l’accomplir. Ce retraité, même indépendant, est tenu à un devoir de loyauté à l’égard de son ancien employeur et au respect, le cas échéant, de la clause de non-concurrence qui le liait. L
LP/EVELINA LLEWELLYN. twipe_ftp LUNDI 10 AVRIL 2017 LE PARISIEN 3 www.leparisien.fr/ecoÀ LA UNE ÉCO Meylan (Isère), jeudi. A 65 ans, Guy Chartrain travaille comme jardinier de manière ponctuelle. L’an passé, son activité lui a rapporté 1 500  € . « Je double mes revenus » Géraldine Audiberti, 68 ans, assistante administrative « C’EST VALORISANT intellectuellement et ça m’oblige à ne pas me laisser aller. » Géraldine Audiberti, 68 ans, ancienne cheffe de cabinet d’un maire d’arrondissement parisien, savoure sa deuxième tranche de vie professionnelle  : assistante administrative. « Je m’occupe des tâches les moins amusantes, comme les factures et les déclarations fiscales », explique la micro-entrepreneure. Après deux expériences « malheureuses » avec de jeunes diplômés, Céline Moscheni- Tournaire, à la tête d’une agence d’architecture, a été séduite par son profil  : mature, fiable et à bon prix. « Un senior actif coûte trop cher, un alternant aussi, car il faut aussi payer l’école, observe-t-elle. En plus, il manque d’expérience. » Outre cette architecte « désorganisée », qui la sollicite deux heures par semaine pour 60  € , Géraldine compte quatre autres clients. Parmi eux  : des particuliers perdus dans la paperasse ou dépassés par les nouvelles technologies. « Mon âge rassure », remarque-t-elle. Depuis son domicile ou dans un café, la retraitée carbure jusqu’à 30 heures par semaine, samedi inclus. La grand-mère espère « garder [ses] facultés le plus longtemps possible ». Locataire d’un appartement à Paris (VI e) , elle vit chaque mois avec 2 400  € , dont la moitié obtenue en travaillant. Renoncer à ce complément l’obligerait à quitter la capitale. « Si un jour je perds la tête, j’irai en province. » Ce qui la motive aussi, c’est de pouvoir faire plaisir à sa famille. « Récemment, j’ai emmené mes petites-filles en vacances. » Et de penser à son bien-être  : « Je continue d’aller chez le coiffeur, l’esthéticienne. Je sors au restaurant et au cinéma. Mais j’y vais peu, car je travaille énormément. » C.P. LP/SERGE PUEYO. « Créer du lien social, c’est bon pour le moral » Guy Chartrain, 65 ans, jardinier Pour travailler, Géraldine s’installe régulièrement dans ce café du VI e arrondissement de Paris, non loin de son domicile. Avec sa nouvelle entreprise, Michel (à g.) travaille sur des projets de construction et de rénovation des maisons des particuliers dans la région de Fréjus (Var). LA TULIPE EST DE RETOUR, Guy Chartrain aussi. Pour l’ex-agent de maîtrise dans l’imprimerie, l’arrivée du printemps est synonyme de reprise… Depuis quelques semaines, ce retraité de 65 ans s’occupe des jardins de particuliers autour de Grenoble (Isère). « Je crée du lien social, c’est bon pour le moral et ça m’évite de rester enfermé à la maison », résume-t-il. Contacté via le site d’annonces d’emploi Seniorsavotreservice.com, Guy aide, cette année, trois femmes seules. « Je travaille pendant la belle saison, en moyenne six heures par semaine, uniquement le matin, préciset-il. Je me garde les aprèsmidi. » Débrouillard, Guy joue parfois au dépanneur, en réparant une machine à laver ou en débouchant un évier. « JE TRAVAILLE PENDANT LA BELLE SAISON, SIX HEURES PAR SEMAINE » Payé en Chèque emploi service universel (Cesu), dédié à l’aide à domicile, le jardinier-bricoleur propose ses services à 10  € de l’heure  : « Ça me suffit pour tondre un jardin, planter des fleurs. » L’an passé, son activité lui a rapporté 1 500  € . Une sorte de 13 e mois pour ce retraité qui perçoit une « QUAND JE VOIS des cinquantenaires qui ne pensent qu’à leur retraite alors que je ne pense qu’à entreprendre, ça me dépasse », lâche Michel Lagnel, rencontré grâce à notre opération #MoiEntrepreneur (lire page 8). Après 60 ans de vie professionnelle, lui n’a jamais pensé à s’arrêter. Maître d’œuvre, artisan, il touche à tout. A Lillebonne (Seine-Maritime) d’abord, puis à Fréjus (Var) depuis 1968. « Galvanisé par la passion », il enchaîne les projets, les chantiers et les créations d’entreprises, dont la plus récente, Les Bâtisseurs du devoir. Celle-ci va regrouper 21 artisans et 21 PME, avec toutes les professions du bâtiment. « Plus le temps passe, plus mes besoins de loisirs se sont évaporés. Dans ma tête, ça tournicote sans cesse », justifie-t-il à cette « soif de travail ». Une soif pension de 1 800 € par mois. Ce complément, loin d’être alimentaire, lui a permis de « s’acheter des bouquins ou des CD » et de « changer d’air » avec sa femme. Le couple se fait régulièrement plaisir, en séjournant dans des chambres d’hôtes de la région. Après cinq ans de bons et loyaux services, Guy a « un peu perdu la foi ». L’an prochain, quand les chants des rouges-gorges annonceront l’apparition des premières jacinthes, l’artisan polyvalent reprendra son « passe-temps ». Mais à un p et i t r y t h me … P u i s à l’automne, il prendra sa retraite, pour de bon.C.P. « Je cherche un associé plus jeune » Michel Lagnel, 86 ans, maître d’œuvre non liée à l’argent, assure-t-il, pudique sur son niveau de ressources. Pudique aussi sur son épouse, atteinte de la maladie d’Alzheimer. Convaincu par les vertus d’une collaboration intergénérationnelle, Michel Lagnel cherche en ce moment un associé, plus jeune. « J’apporterai mon expérience, lui, son dynamisme. » Un bémol, toutefois, l’informatique. « Ce n’est pas mon truc, admet-il. J’ai fait un mois de stage il y a dix ans mais je n’ai plus envie de me rééduquer. Et en plus, j’ai une jeune femme qui m’aide dans toutes ces tâches. » Tout en reconnaissant être moins patient, l’heure de décrocher n’a pas sonné. Actuellement, il planche sur un concept de nouvelles maisons en bois innovantes, anti-mistral, qu’il espère bien vendre. V.K. DR. agenda Mana Mana nanan nanan 14.04 Start-up aux Champs-Élysées Le Drugstore Publicis accueille chaque week-end des jeunes pousses et leurs créations. Née en 2013, Mr. and Mrs. Cork, la marque de prêt-à-porter qui utilise du liège, exposera ses tenues innovantes comme ce nœud papillon, ou encore un parapluie… A découvrir au Drugstore lab, les 14, 15 et 16 avril au 133, avenue des Champs- Élysées (Paris VIII e). Plus d’infos sur Mrandmrscork.com Jusqu’au 30.04 Un concours pour les entrepreneurs Artisans, commerçants, fondateurs de start-up… Le concours Talents BGE de la création d’entreprise, récompense chaque année 100 créateurs d’entreprises partout en France, sur plus de dix catégories différentes. Tentez votre chance ! Deux conditions  : votre société a été fondée après le 1er janvier 2016 et vous avez sollicité un organisme d’aide à la création d’entreprise, comme BGE. Les dix vainqueurs seront primés en novembre. Inscriptions jusqu’au 30 avril sur  : Concours-talents.com Le livre Rugby et management, même combat ! Comment font les All Blacks, triples champions du monde de rugby, pour gagner ? Leur fonctionnement (management, objectifs, actions) est-il si éloigné de celui des plus grandes entreprises mondiales ? Pas du tout. En tout cas, le consultant James Kerry a trouvé de nombreuses similitudes. Après cinq semaines passées avec cette équipe mythique, il a découvert que leurs méthodes constituent un modèle dont tous les manageurs peuvent s’inspirer, aussi bien dans le sport que dans les entreprises. Parmi les quinze leçons pratiques de leadership, on retiendra  : « C’est quand on est au top qu’il faut tout changer ». « Les secrets des All Blacks, 15 leçons de leadership », paru le 23 mars chez Thierry Souccar éditions. 288 pages, 16  € . DR.



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