Le Parisien Economie n°409S 9 avr 2018
Le Parisien Economie n°409S 9 avr 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°409S de 9 avr 2018

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Le Parisien Libéré

  • Format : (280 x 360) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 8,8 Mo

  • Dans ce numéro : travail, tout ce qui change.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 2 - 3  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
2 3
twipe_ftp LE PARISIEN LUNDI 9 AVRIL 2018 ÉCO 2 À LA UNE @LeParisien_Eco PAR CYRIL PETER qui se confirme sur le front de l’emploi, commence à nous L’embellie, rassurer  : 33% des Français pensent qu’il est facile de retrouver un travail, selon un sondage de l’observatoire Dentsu Aegis Network pour franceinfo* réalisé à l’occasion d’une journée spéciale dédiée à l’emploi, demain (lire ci-contre). Ils étaient 26% en 2012, plancher historique. Ce sentiment que le marché reste ouvert et que les salariés sur le carreau peuvent rebondir est encore plus fort chez les jeunes et les cadres, en particulier en Ile-de- France, révèle le sondage. 1 AU TRAVAIL, C’EST DÉJÀ DEMAIN MUTATIONS. Le monde de l’emploi, dopé à l’innovation et aux nouvelles technologies, offre de nouvelles perspectives. PROPOS RECUEILLIS PAR CYRIL PETER En 2016, vous déclariez que BlaBlaCar créait des métiers. C’est toujours le cas ? Oui, on est dans une dynamique. La moitié de nos métiers n’existait pas il y a cinq ans. Les comportements et les usages, entre les réseaux sociaux et nos habitudes de mobilité, évoluent à une vitesse incroyable… Les cycles industriels durent 10 ou 20 ans au lieu de 40 ou 50 ans auparavant. Donc quand on est tout juste diplômé, il faut être conscient qu’on va forcément changer de métier au cours de sa carrière. Quel est votre nouveau métier en ce moment ? Aujourd’hui, on découvre le data scientist qui analyse des données de masse pour mieux prévoir les choses. Avant, c’était autour du produit. 7 nouveaux mots qu’on entend au boulot La plupart des Français (55%) sont convaincus que la place accordée à la créativité et à l’innovation est importante dans le monde de l’entreprise. Ainsi, dans la « start-up nation », chère à Emmanuel Macron, les nouvelles technologies, qui bouleversent encore des secteurs traditionnels comme l’hôtellerie, sont aussi synonymes d’opportunités. DONNER DU SENS À SA CARRIÈRE « Les Français, essentiellement dans les milieux urbains, ont l’impression qu’il est plus facile de prendre son destin en main, de créer un projet ou son propre job, et de donner du sens à sa carrière », analyse Benjamin Grange, le directeur général délégué de Dentsu. « La robotisation m’a permis de me former, puis de devenir chef d’équipe et formateur », confirme Fabien Vovard, un exopérateur qui a appris à souder avec un bras automatisé (lire cicontre). En parallèle, les dispositifs incitant à la création ou repr i s e d’en t r e pr i s e s e multiplient. Activ’Créa (Pôle emploi) ou Créabiz (missions locales) permettent de sortir du chômage ou tout simplement de tracer sa route. En partenariat avec franceinfo, gros plan sur ce monde du travail en pleine mutation. * La totalité du sondage « C’est mon boulot » sera divulguée ce mardi à 6 h 55 et 10 h 25 sur franceinfo. « La moitié de nos métiers n’existait pas il y a 5 ans » Frédéric Mazzella, cofondateur de BlaBlaCar Millenials Recrutement, management, espaces de travail… Les millenials, ces jeunes adultes du nouveau millénaire, bouleversent le monde de l’entreprise. Parce ce qu’Internet fait partie de leur environnement depuis leur plus jeune âge, les 18-35 ans poussent les sociétés à se convertir au collaboratif. « En quête de sens », ils sont très regardants sur le bien-être en entreprise et les valeurs de la société qu’ils pourraient rejoindre (lire page 10). Montée en compétences Faire « monter en compétences » les chômeurs en les formant aux nouveaux besoins. En clair, adapter leurs connaissances aux attentes des recruteurs... Pôle emploi raisonne moins par métiers que par compétences exigées, du savoir-être à des éléments plus concrets comme le permis poids lourd ou la maîtrise de l’arabe. Exemple  : une couturière au chômage mettra en avant sa dextérité pour apprendre à installer de la fibre. Par exemple, en 2012, on a été les premiers en France à recruter des product managers, qui existaient aux Etats-Unis. Leur rôle est de trouver une solution qui répond aux attentes des clients et à celles des collaborateurs qui conçoivent des offres. Le problème, c’est qu’on manque de gens qui savent faire ce qu’on a besoin de faire. On est dans un marché ultra-tendu. Résultat, les candidats choisissent où ils veulent travailler… Comment y remédier ? Il faut savoir chercher les talents au bon endroit, via les plates-formes comme Monster et les outils de suivi des candidatures (NDLR  : logiciels qui traitent des besoins de recrutement). Les ressources humaines et les community managers notamment doivent construire une image employeur, de manière très proactive, pour attirer les talents. Ces derniers cherchent un travail qui les inspire. La société qui veut embaucher doit faire un effort particulier pour que les candidats perçoivent sa culture. Vous présentez BlaBlaCar comme une entreprise agile. C’est-à-dire ? C’est un état d’esprit. On ne peut jamais se reposer. Cela se traduit par des valeurs internes coconstruites. Les premières datent de 2012. Depuis cette année, on a une deuxième version. « Fail, learn, succeed »  : on échoue, on apprend et ensuite on réussit. Ou encore « Be the member »  : sois le membre (NDLR  : le client), donc rapproche-toi du produit pour l’améliorer. Cela permet de donner une cohérence au projet. Onze ans après sa création, quelle est votre recette pour que votre PME présente dans 22 pays reste agile ? Justement, les valeurs d’innovation nous garantissent d’avoir cet état Les clés pour réussir sur franceinfo COMMENT TRAVAILLER avec les robots ? A quoi sert la réforme du Travail ? Franceinfo, dont « Le Parisien - Aujourd’hui en France » est partenaire pour cette opération, tentera de répondre demain. A l’antenne, témoignages de salariés, d’entrepreneurs et d’experts rythmeront cette journée spéciale dédiée aux mutations du marché de l’emploi. La rédaction accueillera le grand public à 19 h 30 au studio 104 de la Maison de la Métiers en tension d’esprit. De plus, on forme de petites équipes pluridisciplinaires, de trois à dix personnes. Par exemple, pour développer une nouvelle fonctionnalité, il y en aura un qui analyse les Les métiers traditionnels en tension, de la boucherie aux aides-soignants, peinent à embaucher, faute de candidats, car ils sont jugés trop difficiles, peu attractifs... Dans le numérique, le problème vient du manque de formations. Sur fond de « digitalisation » des entreprises, développeurs et data scientists sont des perles rares en position de force pour négocier salaires et autres avantages. En concurrence, les employeurs tentent de les attirer... et les garder. radio à Paris (XVI e) pour l’événement « C’est mon boulot, les nouvelles clés pour réussir ». L’occasion de rencontrer employés, DRH et PDG de tous secteurs. Pôle emploi, La Poste, Orange ou BlaBlaCar se prêteront au jeu, en présence de la ministre du Travail, Muriel Pénicaud. Prix  : 10  € . Inscription  : www.maisondelaradio.fr/evenement/con ference/cest-mon-boulot-les-nouvellescles-pour-reussir E-réputation données, un autre qui fait le produit, un autre qui a des notions en marketing… Dans une grande équipe monolithique de 50 personnes, on ne voit plus la valeur ajoutée de chacun. Que diable vous a-t-il pris de laisser en ligne des commentaires injurieux, publiés sous votre identité il y a longtemps ? Et voilà une énième offre d’emploi qui vous échappe… L’image des candidats sur les réseaux sociaux est scrutée par les employeurs. Tout comme celle des entreprises par les clients. Sur le Web, des sociétés proposent même de « nettoyer » votre e-réputation ou celle d’une marque. Histoire que la perception des internautes s’ameliore. BLABLACAR/GÉRALDINE ARESTEANU
twipe_ftp LUNDI 9 AVRIL 2018 LE PARISIEN www.leparisien.fr/ecoÀ LA UNE Etre « agile » et savoir « monter en compétences » pour relever les défis de la digitalisation des entreprises… Tels sont les nouveaux credo auxquels salariés, cadres et entrepreneurs doivent adhérer dans le monde de travail contemporain. (SE FORIVIE1 SE FORMER LP/NICOLAS RICHOFFER ANCIEN RÉPARATEUR DE VÉLOS, Fabien Vovard, 40 ans, est formé puis embauché en 2011 par Ponticelli comme soudeur manuel. Une année plus tard, le spécialiste des services à l’industrie lui propose de suivre une autre formation. Cette fois en interne, « avec ma supérieure et des ingénieurs », raconte-t-il, pour piloter une machine à souder. « Manier un automate, ça s’apprend vite. Après, il faut toucher à la mécanique pour l’entretien et faire de la théorie pour programmer le robot », explique-t-il. Ce qui change ? « Le bras du soudeur est remplacé par un bras automatique. C’est plus sécurisant et moins fatigant. Cela évite, par exemple, de se retrouver coincé derrière un tube », illustre-t-il. Disruptif CS'ADAPIL'ERD « La robotisation, pour moi, ç’a été une opportunité » Fabien Vovard, ex-soudeur manuel qui a appris à piloter une machine à souder Au départ, le terme « disruptif » s’employait pour évoquer une décharge électrique qui s’accompagne d’une étincelle. Jusqu’au jour où de jeunes entreprises transformèrent plusieurs marchés grâce aux technologies numériques. Airbnb pour l’hôtellerie, Netflix S’ADAPTER À VERQUIN, PRÈS DE BÉTHUNE (Pas-de-Calais), Cathy Duquesne, une maman de 34 ans, travaille pour Eiffage Energie. Son poste consiste à câbler des armoires électriques utilisées par des industriels, dans l’agroalimentaire notamment. « On peut nous proposer d’aller chez le client, en France ou en Afrique », raconte-t-elle avec son accent ch’ti. A l’aise avec ses mains, Cathy pensait pourtant évoluer dans la mode, en tant que couturière. Une profession qu’elle a apprise à l’école mais qu’elle n’a jamais pratiquée  : « A 18 ans, je suis diplômée et c’est tout de suite la galère. Les usines de textile fermaient une à une dans la région », se souvient-elle. Après six mois de vaines recherches, la jeune femme frappe à la porte de boîtes d’intérim. Pendant quatre ans, la smicarde « enchaîne les jobs à droite à gauche »  : opératrice dans la plasturgie, préparatrice de commandes… Jusqu’à ce qu’Adecco l’oriente vers le montage électronique, qui requiert des compétences manuelles, comme en couture. Gratuite, la formation de deux mois est organisée par Eiffage Energie. En manque de bras, le groupe français rémunère même les élèves « selon leur dernier taux horaire », Concrètement, Fabien, qui travaille sur le chantier de la centrale nucléaire de Flamanville (Manche), tient dans sa main une télécommande. Reliée par un câble au générateur contrôlant le robot, elle lui permet de « suivre le bain de fusion d’assez prêt sans prendre une posture inconfortable », poursuit-il. Debout, assis ou couché, selon la taille de la pièce en inox ou en acier qu’il observe, l’opérateur peut travailler en binôme. ALLÉGER LA PÉNIBILITÉ Six ans après sa « montée en compétences », comme il dit, Fabien enfile parfois le costume de formateur. « La robotisation, pour moi, ç’a été une opportunité », reconnaît-il. Même si son salaire n’a augmenté précise-t-elle. Parmi eux  : un boucher, un boulanger, un électricien… AUTONOMIE ET RAPIDITÉ Certains camarades abandonnent en cours de route. Cathy, elle, pour sortir du lot, mise sur ses qualités telles que « l’organisation, l’autonomie et la rapidité », énumère-t-elle. Elles lui avaient permis d’obtenir un CAP métier de la mode. Elles lui servent désormais dans l’électronique. A l’issue de la formation, Eiffage Energie lui offre du travail, mais en intérim. « Dans les périodes de trous », poursuit-elle, la mère de trois filles est sollicitée par d’autres employeurs du Béthunois. Elle jonglera pendant neuf ans entre contrats courts et congés maternité avant de signer un CDI chez Eiffage Energie, où elle touche en moyenne 1 500  € net, primes comprises. Quel enseignement tire-t-elle de ce parcours de la combattante ? « Il faut se remettre en question en permanence », affirme Cathy, prête à rechanger de métier. « Je voudrais évoluer au sein de l’entreprise en passant d’autres formations internes, confie-t-elle. Récemment, j’ai fait la demande pour la fibre optique. » Un autre métier manuel, rémunéré à partir de 1,5 fois le smic.C.P. Six ans après sa « montée en compétences », Fabien devient parfois formateur. EDF 1 3 ÉCO Un savoir-faire de couturière au service de l’électronique pour la location de films… Créez donc un concept ou un produit innovant qui bouleverse soudainement, court-circuite, fait disjoncter les acteurs traditionnels du secteur et il sera présenté comme « disruptif ». Voilà pourquoi ce terme, à la mode dans les milieux économiques dès les années 2000, est désormais très branché. Agile L’agilité, c’est ce mode de fonctionnement très tendance, au sein de l’entreprise. Il rime avec flexibilité mais aussi stabilité. Pour une société, cela se traduit notamment par sa capacité d’adaptation aux imprévus pour « apporter des solutions concrètes et personnalisées à ses clients », analyse le cabinet Deloitte. Un salarié agile, lui, fait preuve d’ouverture d’esprit face aux nouvelles technologies par exemple. Autonome, prenant du recul sur son métier, il mise sur la formation pour évoluer dans un environnement de travail en mutation, quitte à être mobile et travailler à distance. Titulaire d’un CAP de couture, Cathy ne s’est pas entêtée à chercher un emploi dans un secteur textile en crise. Elle a mis à profit ses compétences dans un autre domaine, l’équipement électrique, qui a aussi besoin de dextérité. Collaboratif Bureaux, matériels, places de parking, véhicules et même salariés... Après les particuliers, la mode de l'économie collaborative touche aussi les entreprises. Petites et grandes voient dans le partage des ressources, parfois gratuit et de plus en plus organisé, d’une centaine d’euros qu’après sa récente évolution en tant que chef d’équipe. « En atelier, un soudeur manuel gagne entre 1 200  € et 1 400  € net par mois. Un opérateur, lui, touche autant, voire moins, car c’est physiquement moins difficile », avance le Sarthois. Et s’il devait rester dans le nucléaire, un secteur à la pointe des nouvelles technologies, où se verrait-il dans dix ans ? « J’aimerais avoir des outils plus techniques qui pourraient encore alléger la pénibilité, voire l’exposition aux radiations, répond-il sobrement. Au lieu d’être au pied du robot, je pourrais travailler à distance, derrière un écran. » C.P. un moyen de réaliser des économies. Certaines sociétés assurent faire le pari du collaboratif pour renforcer la cohésion de groupe. Décloisonner certains espaces de travail permettrait ainsi de créer une atmosphère propice à l’innovation participative. Tout un programme. LP/SARAH ALCALAY



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :