Le Parisien Economie n°403S 3 avr 2017
Le Parisien Economie n°403S 3 avr 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°403S de 3 avr 2017

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Le Parisien Libéré

  • Format : (280 x 360) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 7,3 Mo

  • Dans ce numéro : industrie, les robots, on ne peut plus s'en passer.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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twipe_ftp LE PARISIEN LUNDI 3 AVRIL 2017 ÉCO 6 L'INVITÉ DE LA SEMAINE @LeParisien_Eco STÉPHAN FRANÇAIS, PDG DE THOMSON COMPUTING « LP/ARNAUD DUMONTIER. Depuis 2013, Stéphan Français a fait renaître la branche informatique de Thomson — via le groupe SFIT — stoppée en 1989. La marque française se fraye aujourd’hui un passage parmi les géants, non sans les bousculer. PROPOS RECUEILLIS PAR VIRGINIE DE KERAUTEM Qu’est -ce qui vous a conduit à racheter la branche informatique de Thomson ? Mes dix ans d’expérience chez Surcouf (groupe PPR), pionnier à l’époque dans les produits technologiques, m’ont, entre autres, permis de bien cerner les procédés de fabrication en Asie et me constituer un solide réseau d’usines. Cela m’a donné envie de reprendre la marque française Thomson, dont la branche informatique était arrêtée depuis 1989. J’ai racheté en 2013 sa licence d’exploitation au groupe Technicolor (ex-Thomson), qui en détient le nom, et créé une entreprise, SFIT. Avec cette licence, je conçois et fabrique les produits et reverse des royalties chaque année (lire cidessous). Qu’aviez-vous en tête ? Mon objectif est de recréer une marque française dans l’informatique, présenter des produits très innovants en phase avec le développement technologique du moment et prendre de vitesse les grandes marques asiatiques et américaines comme Acer, Apple, Asus, HP, Lenovo… On n’associe pas forcément le judo et l’informatique. Mais l’annonce de l’entrée du champion Teddy Riner dans le capital de Thomson computing en 2016 apporte un grand coup de projecteur à la marque. « Recréer une marque française dans l’informatique » Le tout à des prix accessibles au grand public. Sur quel créneau de produits ? On est capables de sortir entre 3 et 4 produits par mois. Quand on s’est lancé en 2015 sur le segment du PC, on a tout de suite été récompensés par le prix de l’innovation. Mais on surfe surtout sur le créneau des tablettes-PC ou « 2 en 1 », avec 4 tailles différentes là où les marques des concurrents n’en sortaient qu’une. On se positionne aussi sur le créneau du « 2 e PC » sachant que les consommateurs veulent souvent un deuxième ordinateur moins puissant qui sert juste à naviguer sur Internet. Comment parvenez-vous à être plus rapides que les géants ? Comme nos concurrents américains ou asiatiques, nous profitons des usines et des meilleurs ingénieurs chinois. Mais mon concept est l’inverse de celui de la concurrence, qui produit quelques références sur des volumes très importants en s’appuyant sur de grosses campagnes marketing. J’estime que c’est dépassé car la technologie avance bien trop vite. Pour la suivre, on développe en France certaines technologies. Nous travaillons par exemple avec la La rencontre de Stephan Français et du judoka se fait par l’intermédiaire de la personne chargée des levées de fonds du groupe. En plus d’un contrat de droit à l’image, le dirigeant veut convaincre le sportif préféré des Français Un ambassadeur et actionnaire nommé Teddy Riner d’investir  : « Je lui ai raconté l’histoire du petit gaulois face aux géants américains et asiatiques. Teddy Riner est conquis. Il a dit qu’il croyait au projet et qu’il voulait rentrer dans le capital ». Aujourd’hui, Riner est actionnaire avec 8% r 70 M € DE VENTES RÉALISÉS DEPUIS LE DÉBUT DE L’ANNÉE PAR THOMSON COMPUTING. SOIT UNE CROISSANCE DE 300% PAR RAPPORT À 2016. » de celui-ci. « Il joue le jeu, fait de la représentation commerciale et s’intéresse aux produits. Son arrivée comme ambassadeur et actionnaire est l’ingrédient le plus sympathique du cocktail qui compose notre succès. » société française Technofirst, spécialisée dans les solutions acoustiques et dotée d’un laboratoire de R & D. Avec eux, on compte sortir le PC équipé de la meilleure carte-son du monde. Votre production est-elle 100% chinoise ? Non. Grâce à notre partenariat avec l’Association des Paralysés de France, nous avons une petite ligne de production à Noisy-le- Sec (Seine-Saint-Denis) dans laquelle on arrive à produire et assembler français pour un marché professionnel. L’APF ne travaille pour nous que lorsque nous avons un bon de commande, ce qui nous permet de maîtriser les coûts. En revanche, on oriente le grand public vers les produits de grande consommation fabriqués en Asie pour être compétitifs. Cela fonctionne-t-il ? Voilà quatre ans qu’on évangélise la marque Thomson en France et on commence à avoir des retours sur investissement très importants. Pendant près de deux années, notre croissance se situait autour de 5% avec 12 M € de chiffre d’affaires. Puis, une fois les 3,5 M € levés l’été dernier auprès de quatre fonds d’investissement, nous avons fini 2016 à 20 M € de chiffre d’affaires. Mais le plus impressionnant c’est qu’actuellement, on est sur une tendance à 300% de croissance par rapport à l’année dernière avec des ventes qui s’élèvent à 70 M € . Notre part de marché peut monter selon les semaines à 7 ou 8% sur les « 2 en 1 ». Sur le PC, on est à 4% environ du marché avec un pic enregistré récemment à 9%. On est rentable depuis le début en maîtrisant nos coûts, sans dépenses marketing à outrance. Vos produits sont-ils destinés au marché français ou international ? Mon objectif de départ était de pénétrer le marché français. Pari réussi car on est présents dans l’ensemble des enseignes, y compris des magasins de jouets comme Toys R’Us, La Grande Récré, ou la grande distribution avec Conforama, Carrefour ou Leclerc, les premiers à croire dans le projet. Les sites de e- commerce Cdiscount ou RueduCommerce ont également été moteurs de notre développement. Nous réalisons 98% de notre chiffre d’affaires en France mais cela est amené à évoluer car on se déploie en Belgique, en Suisse, en Espagne. On vise désormais l’Afrique et le Moyen- Orient. Cela suffit-il à faire le poids face aux géants du secteur ? Selon l’institut d’études GfK, on a réussi sur quelques semaines, en début d’année, à figurer, en France, parmi les meilleures ventes sur toute la catégorie PC devant Apple, Asus, HP… toutes enseignes confondues, avec deux produits. C’est exceptionnel. Cela s’accompagne-t-il d’une forte croissance des effectifs ? BIO EXPRESS 1969 Naissance à Puteaux (Hauts-de-Seine) 1998 Doctorat en politique économique 2005 Directeur des achats chez Surcouf (groupe PPR) 2013 Reprise de la marque Thomson et création de Thomson computing 2016 Rentrée de quatre fonds d’investissements et de Teddy Riner dans le capital On a commencé à 10 personnes environ et maintenant on est 22, dont 7 personnes en Asie. On continue de recruter. Et la suite ? On n’oublie pas que l’on est petit dans un marché de plusieurs milliards d’euros en France et en Europe, mais qu’on peut très bien vivre et concurrencer des géants. On va réaliser une deuxième levée de fonds de 3 M € avec l’objectif de rentrer en Bourse dans deux ans pour avoir des moyens de développement encore plus rapides. L’apport financier est la clé, tout en se méfiant de l’ingérence d’institutions financières. Avec 79% des parts, je contrôle pour l’instant mon actionnariat. Les 1 001 vies de Thomson La Compagnie Française Thomson-Houston naît en 1893 à Paris et devient un spécialiste mondial de l’électronique pour le grand public. Nationalisé en 1982 puis coté en Bourse, le groupe frôle la faillite plusieurs fois. En 2010, nouveau départ. Thomson devient Technicolor, fournisseur de services et de technologies pour le cinéma, la télévision, la publicité et les jeux vidéo. L’idée est de replacer la marque sur une large gamme de produits innovants, grâce à un système de licences, 8 au total  : informatique, TV, audiovidéo, petit électroménager & téléphonie mobile, gros électroménager et sécurité/santé.
LUNDI 3 AVRIL 2017 LE PARISIEN 7 www.leparisien.fr/ecoÉLECTION PRÉSIDENTIELLE ÉCO DR. twipe_ftp #MoiEntrepreneur A vous la parole ! « LE PARISIEN ECO », en partenariat avec franceinfo, donne la parole aux entrepreneurs pour qu’ils partagent leurs problématiques avant l’élection présidentielle. D’ici le 1er tour, un panel de leurs témoignages et propositions sera soumis aux candidats, à qui il sera demandé d’y réagir dans « Le Parisien-Aujourd’hui en France ». Pour participer, quelles que soient la taille de votre entreprise et son activité, ou même si vous êtes simplement porteur d’un projet entrepreneurial, rendez-vous sur notre site Internet. INTERACTIF Contribuez sur LeParisien.fr/moientrepreneur Sur Twitter  : #Moientrepreneur Trois étapes vous sont alors proposées  : 1. La présentation de votre entreprise ou votre projet. 2. Partager votre problématique, les difficultés que vous rencontrez. 3. La question ou proposition que vous souhaiteriez soumettre aux candidats. Le maximum de contributions sont mises en ligne et une partie également publiées dans « Le Parisien Eco ». Retrouvez également « Moi entrepreneur » sur franceinfo tous les lundis à 6 h 51 et 10 h 23 dans le « Brief éco » d’Emmanuel Cugny, tableau de bord quotidien des grandes tendances de l’économie et leurs conséquences sur la vie quotidienne. Merci de votre participation et à vous de jouer ! « Remédier au manque de développeurs » Fati Mrani, cofondatrice d’Avekapeti Activité. « Avekapeti est une cantine en ligne collaborative. La start-up, lancée en septembre, permet aux salariés d’entreprises de commander en ligne sur le site Avekapeti.com de bons repas maison préparés par des habitants de son quartier (pères ou mères au foyer, retraités, chômeurs…). Ce sont les cordons bleus eux-mêmes qui livrent en personne leurs plats et en définissent le prix. Nous sommes deux associés, un stagiaire et une personne en freelance. » Thématique. Formation. Problématique. « On a mis un an et demi à lancer notre concept parce qu’on ne trouvait pas de bon développeur Web pour concevoir le site Internet. Nous avons notamment perdu six mois avec un codeur trouvé via une plate-forme, mais il n’avait tout simplement pas les compétences nécessaires. Et lorsqu’on trouve la perle rare, elle est souvent très convoitée et chère. » Question ou proposition. « Les bons développeurs Web et mobile sont des métiers en tension avec une demande bien supérieure à l’offre. Transition numérique oblige, start-up, grands groupes, PME… Toutes les entreprises en ont besoin. Comment comptezvous y remédier ? Comptez-vous modifier le système éducatif en ce sens en formant les jeunes dès le collège ou le lycée, ou bien créer des écoles publiques dédiées au code comme l’Ecole 42 ? » DR. DR. « Mieux vendre l’Europe et ses entreprises dans les universités » Cyril Zimmermann, PDG d’AdUX Activité. « AdUX (ex-HiMedia) est un des leadeurs européens de la publicité digitale. J’ai également lancé HiCab-CityBird, leader français du moto taxi, et j’interviens dans de nombreuses start-up du numérique. Je m’investis par ailleurs dans des projets culturels, des ONG et préside l’Acsel, association pour l’économie numérique. » Thématique. International. Problèmatique. « Si nous voulons que la France et l’Europe se dotent d’entreprises aussi performantes que les icones de la Sillicon Valley, il faut plus de capital risque, mais aussi davantage de capital humain ! La Silicon Valley réunit les talents les plus qualifiés, non pas seulement des Etats-Unis mais du monde entier  : beaucoup de Français, mais surtout des Indiens, des Asiatiques, des Russes, etc. Nous n’arriverons pas seul, au niveau français, à créer une force d’attraction équivalente. Mais nous le pouvons au niveau européen ! » Question ou proposition. « Les délégations de l’UE doivent être plus présentes dans les universités du monde pour « vendre » l’Europe et ses entreprises. Une politique de visas pour les meilleurs talents doit être renforcée. Des parcours d’immigration et de suivi de ces personnes doivent être coordonnés de façon coopérative entre les différents Etats européens pour, par exemple, faciliter la relocalisation d’un étranger non européen très qualifié d’un pays de l’UE à l’autre. » Activité. « La meilleure manière d’aider les gens à gérer leur rendez-vous, c’est de le faire à leur place. C’est pourquoi nous avons commercialisé, en 2015, Julie Desk. Il s’agit d’une assistante virtuelle, basée sur l’intelligence artificielle. Julie organise les rendez-vous des utilisateurs et gère leur agenda. Nous comptons près de 300 clients, essentiellement des dirigeants, en France, aux Etats-Unis, à Singapour ou encore en Allemagne. Chaque utilisateur paie entre 100 et 200 € par mois. L’équipe est constituée de 13 personnes. » Thématique. Recrutement. Problématique. « Comme de nombreuses start-up, notre principal défi, c’est de recruter des talents. Les profils techniques sont très demandés et il est parfois difficile de s’aligner. Quand la denrée est rare, la concurrence est rude et les prix montent. Par exemple, on vient d’embaucher un développeur, après six mois de recherche. Pour se démarquer, nous proposons à tous nos employés des stock-options. C’est un bon argument. » Question ou proposition. « Le candidat socialiste Benoît Hamon propose de taxer les robots. Mais n’est-ce pas mettre des bâtons dans les roues aux entreprises qui parient sur l’automatisation et le numérique ? Nous avons les universités, les sociétés et les compétences pour jouer un rôle majeur. Quel accompagnement proposez-vous pour faire rayonner la France dans l’intelligence artificielle ? » SERVIR L'AVENIR, AVEC bpijhii r=2 Jin  : construire et développer son réseau digital Jin est une agence de relations publiques et d’influence digitale créée il y a plus de 4 ans. 3 associés sont à l’origine de sa fondation  : Alexandre Villeneuve, en charge du référencement naturel, Romain Boudré, spécialiste du développement de projets multimedia et logiciels et enfin Edouard Fillias, background marketing conseil. « Cesont3compétencescomplémentaires les unes des autres pour accompagner au mieux nos clients dans leur stratégie de relations avec leur communauté digitale » juge Edouard Fillias. Pour construire une influence digitale, développer une visibilité, réaliser des ventes, Jin propose tous les services et prestations pour les besoins de leurs clients. La société, basée dans le 2e arrondissement de Paris, compte « Faire rayonner la France dans l’intelligence artificielle » Julien Hobeika, cofondateur de Julie Desk 3 activités différentes  : stratégie de communication, services - la création de contenus, la gestion des relations avec les influenceurs digitaux -, et pôle technologique. « Nous avons élaboré une solution, appelée Plugr, permettant d’identifier les personnes influentes sur les réseaux sociaux. Il vous suffit simplement de vous connecter sur une interface et nous vous proposons des recommandations de lectures d’articles, de sujets ou d’influenceurs. Cette plateforme a été en partie financée par Bpifrance par le biais d’un prêt à l’innovation d’une valeur de 400 000 euros ». Les clients de Jin varient du secteur de la santé, au lifestyle – voyages et loisirs – en passant par la technologie et la restauration. En 2016, la société a réalisé un chiffre d’affaires de 5 millions d’euros dont 50% dédiés au marché européen. « Nous sommes présents à Hambourg, à Londres et comptons également ouvrir un bureau à New York en juin 2017. Nous voulons devenir la porte d’entrée des entreprises en Europe » conclut Edouard Fillias. Degaucheàdroite:RomainBoudré,Edouard Fillias etAlexandre Villeneuve, les3fondateursdeJin. Entrepreneurs, Bpifrance vous finance, vous accompagne et assure votre activité à l’export. Contactez-nous  : bpifrance.fr ou dites « Bpifrance » au 32 20. Crédit photo  : Jin



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