Le Parisien Economie n°403S 3 avr 2017
Le Parisien Economie n°403S 3 avr 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°403S de 3 avr 2017

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Le Parisien Libéré

  • Format : (280 x 360) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 7,3 Mo

  • Dans ce numéro : industrie, les robots, on ne peut plus s'en passer.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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twipe_ftp LE PARISIEN LUNDI 3 AVRIL 2017 ÉCO 10 BUSINESS PROSPECTIVE @LeParisien_Eco Les TPE-PME face au défi de la formation FORMALITÉS La réforme de la formation professionnel a entraîné pour les entreprises l’obligation de préserver l’employabilité de leurs salariés. Le point sur les obligations et les possibilités de financement existantes. PAR MARION PERRIER Former ses salariés, c’est préparer l’avenir. Comme tous les employeurs, les PME sont tenues à des obligations en matière de formation professionnelle, modifiées par une réforme entrée en vigueur en janvier 2015. Le point sur les démarches à entreprendre. IUNE CONTRIBUTION FINANCIÈRE Chaque année, les PME doivent verser une contribution à leur Organisme Paritaire Collecteur Agréé (OPCA), désigné par un accord de branche ou interprofessionnel. Son montant est de 0,55% de la masse salariale brute pour les structures de moins de 11 salariés et 1% audelà. « Mais la convention collective peut prévoir des contributions conventionnelles obligatoires », précise Murielle Di Bin, directrice administrative et financière du cabinet MG, membre de France Défi. IUN PLAN DE FORMATION Le plan de formation recense les besoins et programme les FRANCE DEFI experts-et-decideurs.fr actions de formation. Dans les entreprises de plus de 50 salariés, il doit être présenté au comité d’entreprise. « L’idée est de le construire en adéquation avec la stratégie de l’entreprise, des mutations des métiers et des évolutions technologiques. Il peut prévoir des formations directement liées à l’adaptation au poste des salariés mais aussi des actions permettant l’acquisition de nouvelles compétences », explique Sandrine Champetier, directrice des ressources humaines chez MG. Direction des Ressources Humaines Tous les deux ans, l’entreprise doit réaliser un entretien individuel avec le salarié, qui peut alors exprimer une demande de formation. IDES ENTRETIENS PROFESSIONNELS « Les entretiens professionnels, qui doivent se faire tous les deux ans sont justement l’occasion d’identifier les besoins des salariés en fonction de leur projet professionnel », souligne la spécialiste. Distincts des entretiens d’évaluation, ils font l’objet d’un document d’écrit. Tous les six ans, cet entretien se transforme en bilan du parcours professionnel du salarié pour vérifier qu’il a bien, en plus des entretiens, bénéficié pendant cette période d’au moins deux des trois mesures suivantes  : une action de formation, de validation des acquis de l’expérience ou de certification ou une progression de carrière ou salariale. « Sinon, les entreprises de plus de 50 salariés doivent abonder le compte personnel de formation (CPF) du salarié », prévient Sandrine Champetier. ISOLLICITER LES FINANCEMENTS DE SON OPCA Pour obtenir le financement de ses actions de formations, l’entreprise peut ensuite solliciter son OPCA. « Il prend en charge leurs coûts sur des contenus et selon des critères propres à chaque organisme », précise Ariane Rolland, de Boost’RH. Il importe donc de le contacter avant de programmer ses actions. « En général, l’OPCA prend en charge les frais pédagogiques et les salaires en fonction de plafonds fixés par lui. Il peut éventuellement aider l’entreprise à trouver des fonds supplémentaires », explique Murielle Di Bin. Si le CPF du salarié peut servir à financer des formations certifiantes et qualifiantes, c’est au collaborateur que revient l’initiative de le mobiliser. « Mais cela peut se faire conjointement avec l’entreprise, par exemple lorsqu’un projet a été défini au cours des entretiens professionnels », souligne Sandrine Champetier PME  : objectif transformation digitale NUMÉRIQUE Si la France s’affirme comme un acteur de référence dans l’économie numérique, les TPE et PME de l’Hexagone ont encore des progrès à faire en matière de digitalisation. PAR ANNE-CLAIRE ORDAS « CE N’EST PAS UN HASARD si la France affiche la deuxième représentation au CES - le rendez-vous mondial de la haute technologie qui se tient à Las Vegas (Etats-Unis) tous les ans. Nous avons une des plus belles industries dans ce domaine », lance Guy Mamou-Mani, viceprésident du Conseil national du numérique (CNNum). En France, le secteur emploie certes plus de 500 000 salariés, rien qu’en région parisienne. Et pourtant, au sein de nombreuses entreprises, les technologies de l’information et de la communication (TIC) demeurent quasiment exotiques. Selon une étude de la Direction générale des entreprises (DGE) publiée en janvier dernier, 99% des sociétés de l’Hexagone sont bien connectées à l’Internet à haut débit (100% dans les pays « leadeurs » européens pris en CAIA IMAGE/SCIENCE PHOTO LIBRARY. EN PARTENARIAT AVEC référence), mais seules 67% possèdent un site Web. Et un quart seulement déclare l’envoi ou la réception de factures électroniques. LP/JEAN-BAPTISTE QUENTIN. DES SOLUTIONS EXISTENT Dans le paysage économique, les TPE-PME restent particulièrement à la traîne, souligne le vice-président du Conseil national du numérique Guy Mamou-Mani. « La moitié des patrons de PME pensent encore que la transformation numérique est une mode. Pris dans l’urgence du quotidien, ils n’ont pas le temps d’avoir une vision sur le long terme. Et souvent les aides financières et les offres d’accompagnement se trouvent trop dispersées. » Même observation à la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) du Val-d’Oise, où Eric Donadieu est conseiller 99% des sociétés de l’Hexagone sont bien connectées à l’Internet à haut débit mais seules 67% possèdent un site Web. numérique. « Le domaine reste méconnu pour la grande majorité des PME. Il faut leur montrer le bénéfice d’usage du digital, et notamment le gain de performance commerciale qu’ils peuvent en tirer. » La CCI Paris Ile-de-France a ainsi ouvert dans la capitale un espace baptisé « Les Digiteurs », qui sert à la fois de centre de démonstration et de formation pour les chefs d’entreprise. Dans le Val-d’Oise, Eric Donadieu leur propose d’abord un « diagnostic de maturité numérique ». A partir de ce bilan, il expose les solutions  : formation aux outils du Web, familiarisation aux réseaux sociaux, accompagnement personnalisé, etc. C’est ainsi que le conseiller numérique a aidé le dirigeant de LOF, société spécialisée dans les plateaux-repas en vol commercial, à déterminer son positionnement, puis à sélectionner un prestataire pour refondre son site Web. « Tous les secteurs d’activité sont concernés », affirme Guy Mamou-Mani au Conseil national du numérique, citant le cas de ce boulanger qui a monté une page Facebook et vu son chiffre d’affaires bondir. Le 8 mars, les représentants du CNNum ont remis au ministre de l’Economie Michel Sapin leurs recommandations pour favoriser la transition numérique des entreprises. Parmi les actions envisagées  : la création d’une marque, #croissanceconnectée, associée à un label et à une plate-forme Internet personnalisée, le tout soutenu par un réseau d’accompagnement et des aides à la formation gérées par les régions. « Nous comptons sur une prise de conscience nationale pendant la campagne présidentielle », affirme le vice-président du CNNum. Pour que les TIC ne soient plus considérés comme un investissement superflu alors qu’ils sont essentiels à la compétitivité.
LUNDI 3 AVRIL 2017 LE PARISIEN 11 www.leparisien.fr/ecoBUSINESS PROSPECTIVE ÉCO twipe_ftp Les business angels restent incontournables FINANCEMENT S’ils ont été en partie supplantés par le crowdfunding, les business angels restent toujours aussi actifs dans le financement des start-up. PAR JEAN-MARC ENGELHARD Recueillir des fonds s ou s f o r me de prêts par le biais de plates-formes de crowdfunding semble devenu le nouvel Eldorado pour les entrepreneurs en herbe. Un mode de financement alternatif en plein boom  : selon le baromètre de la finance participative dévoilé le 21 février par KPMG et l’association Financement participatif France (FPF), les prêts collectés par ce biais ont augmenté de 46% entre 2015 et 2016 ! « Le principe, c’est de parier sur l’effet de masse plutôt que de convaincre un ou deux bailleurs de fonds », note Geneviève Bouché, consultante auprès d’investisseurs et de dirigeants d’entreprise. Un moyen de financement si populaire qu’il en ferait presque oublier le rôle spécifique des business angels, ces particuliers investissant leur argent PUBLIC, SE NAT LA MATINALE TÉLÉ DE PUBLIC SÉNAT ET SUD RADIO PRÉSENTÉE PAR CYRIL VIGUIER Canal 13 TNT personnel dans le développement des jeunes pousses. « Il y a un effet de mode », reconnaît Tanguy de la Fouchardière, président de France Angels, fédération regroupant 76 réseaux de business angels en France. C’est un problème ? « Non, assure celui-ci. Comme les prêts d’amorçage de Bpifrance ou les fonds d’investissement régionaux, ils sont complémentaires à l’apport des business angels. » DES DÉFAILLANCES DEUX FOIS MOINS NOMBREUSES Si le crowdfunding est la source de financement du moment, certains entrepreneurs continuent cependant de préférer recourir à des business angels. A cela plusieurs raisons. « Ils proposent un accompagnement étroit, ce qui n’est pas le cas des plates-formes de crowdfunding », pointe Tanguy de la Fouchardière. Les anges veillent au grain, évitant aux du lundi au vendredi de 7h30 à 8h30 Rediffusion 10h30-11h30 jeunes créateurs d’entreprise des erreurs qui peuvent coûter cher et n’hésitent pas à partager leur carnet d’adresses. « Le taux d’échec des entreprises accompagnées par un business angel est deux fois inférieur à celui des sociétés qui ne le sont pas », constate encore Tanguy de la Fouchardière. Reste que le montant de leurs investissements paraît encore modeste  : 41 M € en 2015, pour les 4 500 membres du réseau France Angels. « C’est dix fois inférieur à ce qu’il faudrait pour avoir un tissu entrepreneurial réactif. Aujourd’hui, ce sont les Américains et les Chinois qui ont les moyens de s’emparer des startup les plus prometteuses », analyse Geneviève Bouché. De son côté, Tanguy de la Fouchardière souligne qu’il ne s’agit que de mises destinées à lancer une activité. « Il y a un effet de levier  : l’investissement des business angels entraîne les autres acteurs du financement à faire confiance aux entrepreneurs. » Take & Buy cible les consommateurs dans la rue CONSOMMATION L’entreprise développe une technologie permettant de viser les acheteurs en temps réel. PAR MARC HERVEZ A FORCE DE CONSEILLER des fonds d’investissement spécialisés sur les nouvelles technologies, Jean-Philippe Allocio s’est intéressé aux beacons, ces petits capteurs de la taille d’une pièce de 2 € installés à la base dans les magasins de grande distribution. Leur fonction  : dialoguer avec les smartphones et tablettes situés dans un périmètre proche. Si leur utilité effective restait sous-exploitée, Jean-Philippe Allocio en a tout de suite décelé le potentiel commercial, en ciblant les commerces de proximité. « A part les enseignes de grandes surfaces, personne n’a une application mobile téléchargée en suffisamment grand nombre pour faire de la pub via ce moyen. La technologie fonctionnait mais ne servait pas à grand chose. Mon idée, c’est de faire l’équivalent digital des panneaux JC Decaux que l’on voit dans la rue », relate-t-il. En janvier 2015, il lance sa société, Take & Buy. Il équipe partout en France les vitrines de 20 000 points de vente avec sa technologie, gratuitement, avant de la commercialiser fin 2016. « En échange de quoi, je me sers aussi de ces beacons pour faire de la communication qui n’a rien à voir avec l’activité des magasins en question », explique-t-il. Et voici comment Take & Buy est devenu le seul réseau de communication de proximité capable de cibler les consommateurs et adeptes du lèche-vitrines en temps réel. LE PASSANT REÇOIT DES NOTIFICATIONS SUR SON TÉLÉPHONE Equipé d’un processeur électronique, le beacon permet la transmission de messages promotionnels préalablement définis par les annonceurs ou les magasins (vidéo, coupon de réduction, QR code etc.). A partir du moment où il a téléchargé une ou plusieurs des 40 applis mobiles partenaires de Take & Buy, le passant reçoit une notification sur son téléphone, qu’il s’agisse de celles d’enseignes ou de « bons plans ». Soit un marché de 20 millions de personnes. Depuis son lancement fin 2016, le chiffre d’affaires de Take & Buy double chaque mois, pour atteindre 300 000 € en février 2017. Grâce à des capteurs situés dans les points de vente, Take & Buy peut diffuser des messages promotionnels sur les smartphones. Conscient du potentiel de saturation de ce modèle de communication ciblée - personne n’aime recevoir des dizaines de notifications sur son téléphone, et encore moins avoir la sensation d’être géolocalisé en permanence- Jean-Philippe Allocio tient à rassurer  : « Ce fut un sujet de travail avec les propriétaires d’applis partenaires. Pas question de voir les utilisateurs se sentir harcelés et désinstaller les programmes  : le système est donc limité à une notification par jour et par utilisateur. » GETTY IMAGES/EMMA GRIFFIN. GETTY IMAGES/BETSIE VAN DER MEER.



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