Le Parisien Economie n°313S 13 mar 2017
Le Parisien Economie n°313S 13 mar 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°313S de 13 mar 2017

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Le Parisien Libéré

  • Format : (280 x 360) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 9 Mo

  • Dans ce numéro : produits monastiques, sacré business !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 4 - 5  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
4 5
twipe_ftp LE PARISIEN LUNDI 13 MARS 2017 I ÉCO 4 L'INVITÉ DE LA SEMAINE @LeParisien_Eco YVES BAROU, PRÉSIDENT DE L’AFPA « im. LP/YANN FOREIX. Chômage élevé, reconversions, métiers transformés, en pénurie… Autant de problématiques de l’emploi qui convergent vers la formation professionnelle. Yves Barou, président de l’Afpa, en décode les enjeux. PROPOS RECUEILLIS PAR VIRGINIE DE KERAUTEM Si vous deviez définir l’Afpa ? L’Association pour la formation professionnelle des adultes (Afpa) est un établissement public qui existe depuis 1949. C’est le plus gros organisme de formation professionnelle en France avec 735 M € de chiffre d’affaires — dont 110 M € de l’Etat— 4 0 0 0 f o r m a t e u r s et 150 000 apprenants dont deux tiers de demandeurs d’emploi, un tiers de salariés. Elle forme à environ 250 métiers  : ouvriers, employés ou techniciens partout en France. Dans votre livre « Apprendre pour demain » — qui sera publié demain — vous reprochez à la formation professionnelle de faire l’objet d’un consensus mou… Entre un chômage de masse, des tensions sur le marché du travail et des métiers bouleversés, la formation doit être la Et si demain on apprenait en dormant ? Outre les problèmes de structure et de financement, la formation est confrontée à des enjeux pédagogiques. Depuis deux ans, l’Afpa a créé un réseau avec une dizaine de start-up, chacune spécialisée dans un domaine. Ce réseau ou « lab » doit inventer la pédagogie de demain. « Une start-up peut avoir une intuition plus géniale, explique Yves Barou, président de l’Afpa. Nous développons notamment avec elles des outils de serious games ou des applications inspirées de l’univers des jeux vidéo, ou grande cause nationale, pensée dans une logique économique. Pour convaincre un employeur, il faut une qualification. La formation est un passeport pour l’emploi. Tout le monde est d’accord mais personne n’en parle. Que suggérez-vous ? Comme dans les jeux vidéo, on a droit à plusieurs vies professionnelles. Chacun devrait, une fois dans son existence, bénéficier d’un congé sabbatique de formation de 6 mois. A condition d’être accompagné. Beaucoup sont prêts à le faire, en ressentent le besoin. Il faut que l’appareil de formation suive. Et le rôle des entreprises dans tout cela ? Les entreprises font déjà beaucoup de choses dans le cadre de l’évolution de leurs métiers. Elles pourraient faire davantage, notamment dès qu’il y a des plans sociaux ou des mutations. Dans les plans sociaux, donner les moyens de suivre une formation qualifiante est le meilleur passeport car cela donne la chance de rebondir. C’est mieux qu’un chèque. Le compte personnel de formation (CPF), instauré par la loi Travail, est-il un signal positif ? C’est une bonne chose car il est universel et chacun le gardera toute sa vie. Chacun est acteur de son parcours de formation. Encore doit-il être suffisamment alimenté. Le financement est donc un point crucial. A combien s’élève le budget alloué à la formation ? Le budget global s’élève à 32 Mds € . Ce montant varie peu alors que le chômage augmente et que les métiers changent. Il faudrait plusieurs milliards injectés de manière régulière. L’arrivée du numérique fait émerger des systèmes alternatifs, comme les Mooc, les formations en ligne… Est-ce un outil efficace ? Pour le perfectionnement, des outils comme les Mooc sont très bien. Mais quand on veut vraiment changer de métier, cela ne encore des outils plus immersifs de réalité augmentée. Nous mettons ainsi en commun nos compétences pour bâtir des outils de formation innovants. Le numérique ouvre le jeu et les recherches en neuroscience également. » « Il faudrait un Erasmus de la formation professionnelle » r 735 M € DE CHIFFRE D’AFFAIRES POUR L’AFPA EN 2016, DONT 110 M € DE SUBVENTIONS D’ÉTAT, 180 M € DES ENTREPRISES ET 400 M € REMPORTÉS VIA LES APPELS D’OFFRES DE PÔLE EMPLOI ET DES CONSEILS RÉGIONAUX » Dans son livre, il écrit que ces dernières ouvriront peut-être après-demain la porte à des programmes permettant, grâce à des stimulations sensorielles, d’avoir un sommeil apprenant. On consoliderait la nuit les compétences acquises le jour. suffit pas. Il faut un mix entre des périodes en entreprise, en présentiel et à distance en fonction du métier, de la personne, de sa disponibilité. Le numérique va notamment permettre de personnaliser la formation avec une plus grande souplesse. Comment dynamiser et moderniser la formation ? Il faut muscler l’orientation pour le choix de la formation et l’accompagnement vers l’emploi. D’ailleurs, les organismes de formation devraient n’être payés qu’au résultat, quand les personnes sans emploi qui les sollicitent en retrouvent un. Nos plates-formes de découverte permettent de mieux comprendre les métiers en passant une journée dans un atelier de menuiserie par exemple, pour découvrir les machines, l’ambiance. C’est plus concret qu’une brochure. Nous travaillons aussi avec des start-up pour créer des formations et des outils innovants, qui s’appuient sur le jeu vidéo entre autres. Comment adaptez-vous vos formations à l’évolution des métiers ? L’Afpa a un bureau d’études en contact avec les entreprises et les branches professionnelles, qui change les contenus des formations en permanence. Idem pour les certifications. Nous devons être sûrs que nous formons bien sur les dernières technologies. Nous devons avoir les machines les plus récentes, les mêmes que l’employeur. BIO EXPRESS 1947 Naissance à Châtellerault (Vienne) 1970 Diplômé de l’école Polytechnique 1998-2000 Directeur adjoint du cabinet de Martine Aubry, ministre de l’Emploi et de la Solidarité. Préparation et mise en œuvre de la réforme de la formation professionnelle et des 35 heures 2000-2010 DRH de Rhône- Poulenc et Thalès Depuis 2012 Président de l’Afpa La formation offre-t-elle vraiment à tous une chance de s’en sortir ? C’est l’objectif. Or, elle reproduit le même système que le marché du travail. Si bien que les femmes, les jeunes, les plus âgés, les handicapés, peinent à accéder à des formations. Chez nous, les femmes ont 42% d’espérance d’accès à une formation de moins que les hommes, par exemple. Il y a encore un plafond de verre qu’il faut briser. N’y a-t-il pas trop d’acteurs liés à la formation ? Oui, les acteurs sont nombreux et on pourrait simplifier tout cela. Pour un salarié, c’est plus facile car son entreprise peut le conseiller. Pour un demandeur d’emploi, c’est plus compliqué. Il doit jongler entre plusieurs organismes financeurs. Avant de tout remettre à plat, l’urgence est de fluidifier le système avec plus de financements. C’est difficile en période de croissance lente, de crise des finances publiques, mais tout est une question de priorité. N’est-il pas important de donner une dimension européenne à la formation ? Une des merveilleuses réalisations de l’Europe, c’est Erasmus. Il faudrait faire un Erasmus de la formation professionnelle, ce qui redonnerait des couleurs à l’Europe. Beaucoup de discussions existent déjà à Bruxelles sur cette question mais il faut aller plus loin.
twipe_ftp Vous voudriez envoyer vos produits partout en Europe pour être au sommet. Avec Colissimo Europe, proposez facilement à 300 millions de clients potentiels une livraison en points retrait ou à domicile. 4L colissimo LR POSTE SOLUTIONS BUSINESS 3634 BUSINESS laposteir/colissimo-intemational



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :