Le Parisien Economie n°220S 20 fév 2017
Le Parisien Economie n°220S 20 fév 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°220S de 20 fév 2017

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Le Parisien Libéré

  • Format : (280 x 360) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 8,3 Mo

  • Dans ce numéro : data centers, voyage au coeur de vos données.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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twipe_ftp LE PARISIEN LUNDI 20 FÉVRIER 2017 ÉCO 8 DÉVELOPPEMENT @LeParisien_Eco L’algue, un marché prometteur ENVIRONNEMENT L’entreprise bretonne Algopack a mis au point deux recettes pour remplacer le plastique — dans le viseur du législateur — par une matière à base d’algues. PAR CYRIL PETER Un sac en plastique met a u m o i n s 100 ans à disparaître. Or, la présence de cette matière dans les océans augmente constamment, à raison de centaines de kilos par seconde… Rémi Lucas, ingénieur plasturgiste, est parti de ce constat alarmant quand il a fondé Algopack, à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine). Son objectif ? Remplacer le plastique, issu du pétrole, par des algues, que ses parents goémoniers ramassaient sur les plages. Six ans après sa création, la TPE, qui s’appuie sur quatre ingénieurs, a développé deux gammes de produits à partir de ces plantes aquatiques récupérées sur les côtes bretonnes ou importées des Caraïbes. La première, Algoblend, est un mélange de particules plastiques et d’algues (40%). La seconde, baptisée Algopack, est garantie 100% végétale  : « 98,5% d’algues et une poudre avec d’autres végétaux, qu’on ne dévoilera pas au nom du secret industriel », avance le président David Coti. Dans ce marché d’avenir, tous les voyants sont au vert, estime le président d’Algopack  : « Depuis la COP 21, les multinationales européennes se sentent plus concernées par l’environnement, cherchent à développer du packaging écoresponsable. Le législateur aussi va dans cette direction. » Depuis l’an passé, les sacs en plastique sont interdits. Suivront les cotons tiges en plastique en 2018 puis la vaisselle jetable en 2020. ÉCONOMIES D’ÉCHELLE Soutenue notamment par la région Bretagne qui lui prête à taux zéro, l’entreprise espère racheter l’usine de Doux, le transformateur de volailles, à Pleucadeuc (Morbihan), liquidé en 2013. Ce qui lui permettrait de passer à la vitesse industrielle pour réaliser des économies d’échelle. Car ce qui freine aujourd’hui l’essor du plastique végétal, c’est son prix, deux fois plus élevé que du plastique classique. En attendant son déménagement dans d’anciens abattoirs, Algopack, qui vise 1 M € de chiffre d’affaires en 2017, collabore avec des industriels. Europlastiques, basée en Mayenne, vend ses gobelets estampillés « Ne pas jeter, à recycler » à des comités d’entreprise (Veolia, Carrefour) et des organisateurs de festivals, comme celui de Marseille (Bouches-du-Rhône). A Nantes (Loire-Atlantique), l’imprimeur Ad’hoc Media fournit des panneaux de signalétique écoresponsables à la SNCF et le lunetier Naoned produit des montures en partie naturelles. Outre les clients des magasins Biocoop, qui manipulent ses jetons de caddies, les cochons mâcheront bientôt du Algopack, annonce David Coti  : « Les porcs jouent avec des boules antistress en plastique. Après un certain temps, ils les mangent. Pour éviter ille d’avoir des bouts de plastique dans notre jambon, il faut des boules 100% naturelles. » Un partenariat avec le Groupe Roullier, spécialiste de la nutrition animale, lui aussi implanté à Saint-Malo, doit permettre leur prochaine commercialisation. Pour rester compétitif, Fournier investit 100 M € MADE IN FRANCE Pour la première fois de son histoire, le deuxième fabricant de cuisines en France s’est endetté. Objectif  : continuer à produire sur ses terres, en Haute-Savoie. Reportage. DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL CYRIL PETER, À THÔNES (HAUTE-SAVOIE) S’ENDETTER pour continuer à exister. C’est la nouvelle stratégie du groupe Fournier, dont la marque la plus connue est Mobalpa. En 110 ans d’existence, jamais le fabricant-distributeur de cuisines, salles de bains et rangements n’avait osé pareille aventure. En bonne santé, il n’a pas eu de mal, l’an passé, à convaincre les banques de lui prêter 90 M € . Une somme qui lui a notamment permis de racheter à un groupe suédois le réseau Hygena, en perte de vitesse. « Il y a des opportunités qui ne se manquent pas », justifie le PDG Bernard Fournier. Le but de cette croissance externe est de faire grandir So- Coo’c, sa plus jeune enseigne, en LP/C.P. Ramassage d’algues brunes à Saint-Malo par des goémoniers, sous-traitants d’Algopack. Si l’usine s’est modernisée, l’intervention humaine reste nécessaire, notamment pour superviser les machines. Ces gobelets, conçus par les ingénieurs de l’entreprise bretonne sont constitués d’un mélange à base d’algues. manque de notoriété. Le spécialiste de la cuisine économique sur-mesure est ainsi passé d’une trentaine de points de vente à 130. Outre le coût des travaux de rénovation, Fournier a également investi dans la formation des ex-employés Hygena. « Ils étaient habitués à vendre des remises, pas des cuisines, observe le directeur général de SoCoo’c, Laurent Marguerettaz. Certains n’ont pas réussi à s’adapter à notre approche, qui est de concevoir la cuisine avec le client. » Pour donner un coup de jeune à cette entreprise centenaire, le PDG a décidé de moderniser les trois usines. Coincé entre les montagnes au milieu des producteurs de reblochon et des PME spécialisées dans le bois, le site principal, à Thônes (Haute- Savoie), s’étend sur 83 000 m² et emploie 650 salariés. DES MÉTIERS QUI ONT DÛ ÉVOLUER Parmi eux  : des opérateurs dont le métier a changé avec l’arrivée de robots franco-suédois, achetés 300 000 € l’unité. Ces engins sont chargés de mettre les pièces dans l’ordre chronologique de montage pour faciliter la tâche aux petites mains humaines, qui touchent les meubles en bout de chaîne. DR. La bourse du crowdfunding% l’actu KPMG s’intéresse au financement participatif Preuve, s’il en fallait une, que le financement participatif s’est imposé comme un phénomène incontournable, le cabinet d’audit et de conseil KPMG France (présent dans 152 pays et qui compte près de 190 000 salariés) s’associe à Financement participatif France, association professionnelle qui regroupe les acteurs du crowdfunding, pour la publication du baromètre de la finance participative en France. Financement, prêts, solidarité… Toutes les grandes tendances du crowdfunding seront dévoilées demain. Yle coup de cœur 10 projets pour rendre Nantes plus verte Dans le cadre du grand débat sur la transition énergétique, la ville de Nantes (Loire- Atlantique) soutient 10 projets environnementaux. Energie solaire, supermarché coopératif, verger en permaculture, composteur de quartier, brevet de formation pour les jeunes jardiniers… Ces « activateurs » ont tous lancé, ou vont lancer, une campagne de financement participatif. Ils organisent une soirée au Centre des expositions le jeudi 2 mars 2017 pour présenter leurs idées. Plus d’infos sur Nantestransitionenergetique.fr. Autre nouvel arrivant  : le P27, une énorme machine de 40 M € fabriquée en Allemagne, qui sera amortie sur 15 ans, selon le PDG. Sa mission ? Faire du sur-mesure en quantité, sous l’œil d’un « superviseur » aidé par l’informatique. Résultat  : le groupe peut suivre la cadence alors que les commandes, portées par un marché immobilier qui repart, sont en légère hausse. Cet investissement industriel (100 M € depuis 4 ans) et le rachat d’Hygena font de Fournier une entreprise « étendue », donc « réactive ». Explication du patron  : « Grâce au numérique, nous maîtrisons toute la chaîne. On peut même dire que notre vendeur, qui valide la commande, pilote l’usine. En un clic, c’est lui qui déclenche la production. » @CyrusleVirus
LUNDI 20 FÉVRIER 2017 LE PARISIEN 9 www.leparisien.fr/ecoBUSINESS PROSPECTIVE ÉCO twipe_ftp Booster son recrutement grâce aux crèches d’entreprise SERVICE Les crèches d’entreprises se développent et ne sont désormais plus l’apanage des grands groupes. Un investissement facilement rentabilisé, au service du bien-être des collaborateurs. PAR MARC HERVEZ Et si la nouvelle tendance en matière de ressources humaines était l’accompagnement du collaborateur dans sa vie de parent, à une époque où les frontières entre vie professionnelle et privée sont de moins en moins marquées ? Concept inexistant il y a encore une douzaine d’années, la crèche d’entreprise s’est démocratisée à mesure que le marché des opérateurs privés de la petite enfance a gagné du terrain  : ce dernier concerne aujourd’hui 10% de l’ensemble des places de crèches en France et croît en moyenne de 20% par an. « Sur les 40 000 places gérées par des entreprises privées, une bonne moitié sont réservées par des employeurs pour le compte de leurs salariés », expose Rodolphe Carle, président de Babilou. Avec 75% de l’activité, Babilou, les Petits chaperons rouges, la Maison bleue et People & baby sont les acteurs principaux du marché. Si à l’origine il s’agissait surtout d’un plus offert par les « poids lourds » à leurs équipes (les trois quarts du CAC 40 proposent des places en crèche), la crèche d’entreprise séduit aujourd’hui de plus en plus de petites structures. 80% des clients de Babilou sont ainsi des PME et TPE. La raison ? Le modèle a évolué. La crèche monoentreprise tend à disparaître au profit de la crèche mutualisée. « Au départ, les très grosses sociétés proposaient un service de garde d’enfant au sein même de leurs locaux, relate Christophe Durieux, président de People & baby. Mais c’est un schéma différent qui a la cote aujourd’hui avec l’explosion du marché  : les employeurs réservent des places en crèches externes, au sein 50% des dépenses engagées déductibles de l’impôt POUR OBTENIR UNE PLACE en crèche d’entreprise pour septembre (80% des entrées en crèche se font à la rentrée), il convient en général de se manifester auprès des organismes privés vers le mois d’avril. En revanche, si une entreprise veut aménager des locaux et internaliser sa propre structure de crèche, mieux vaut compter un délai de neuf ou dix mois. En général, les entrepreneurs confient les négociations à leur direction des ressources humaines. Une fois le pack de places acheté et la durée du contrat établie, les organismes s’occupent ensuite de proposer les places disponibles directement aux salariés concernés qui choisissent eux-mêmes l’emplacement géographique optimal au sein du réseau. Nul besoin d’assurance, l’unique responsabilité civile engagée est celle du gestionnaire de crèche privé. JUSQU’À 500 000 € A noter que cette prestation s’accompagne d’un dispositif fiscal avantageux  : grâce au Crédit d’impôt familles (CIF), les entreprises peuvent déduire 50% des dépenses liées à la mise en place d’une crèche d’entreprise sur leur déclaration, y compris celles qui ne sont pas concernées par l’impôt sur les bénéfices. Son montant est plafonné à 500 000 € par an. Seule obligation  : que ce dispositif soit proposé à tous les employés sans exception, et non qu’à une partie, auquel cas il s’agirait d’un avantage en nature. LA MATINALE TÉLÉ DE PUBLIC SÉNAT ET SUD RADIO PRÉSENTÉE PAR CYRIL VIGUIER Canal 13 TNT du lundi au vendredi de 7h30 à 8h30 Rediffusion 10h30-11h30 liMr1 de notre réseau, le plus près possible du domicile du salarié qui en a besoin. » Pratique, notamment à l’heure où de moins en moins d’employés sont sédentarisés au bureau. UN POIDS FINANCIER MODESTE Pour séduire de plus en plus d’employeurs, reste à les convaincre que le poids financier d’une telle démarche est relativement modeste. « Le coût net pour une entreprise revient entre 180 et 250 € par mois — avant crédit d’impôt — et par place réservée, selon l’emplacement géographique. Quant à celles qui ont une crèche dans leurs murs, le prix doit revenir à celui d’un ticket resto, puisqu’on leur reverse un loyer équivalent au coût de fonctionnement », détaille Christophe Durieux. Difficile en revanche de réellement quantifier financièrement le retour sur investissement. Mais les entreprises disent s’y retrouver largement, notamment en termes d’image et de marque employeur  : « Les DRH sont unanimes, les boîtes qui proposent des places de crèche y gagnent en matière de baisse des absences des salariés, donc en productivité et surtout au niveau de la fidélisation. Plusieurs LEGENDAIRE RAID AVENTURE ET SOLIDAIRE ETUDIAN 4L. R !')R lï Des bambins heureux, ce sont aussi des salariés avec l’esprit tranquille. è De 180 € à 250 € C’EST LE COÛT DE REVIENT MENSUEL D’UNE PLACE EN CRÈCHE, AVANT CRÉDIT D’IMPÔT. de nos clients avouent être confrontés à moins de turnover de la part de leurs équipes », poursuit Christophe Durieux. Ces dernières, se sentant considérées (bien qu’elles doivent toujours s’acquitter du montant de la participation réservée aux familles), sont alors plus enclines à s’impliquer au sein d’une structure qui propose des solutions à leurs problèmes quotidiens. SUIVEZ LES ÉQUIPAGES VIA LA COURSE EN DIR'- WWW.4LTROPHY.COM Une dernière preuve ? « Un de nos clients était en concurrence pour recruter un profil exceptionnel, susceptible d’avoir un gros impact sur le chiffre d’affaires futur de l’entreprise, raconte Rodolphe Carle. Ce qui a fait la différence auprès de cette femme ? Le fait qu’ils lui proposent une place en crèche. Leurs 250 € mensuels vont être vite amortis. » PHOTOPQR/LE TÉLÉGRAMME/FRANCOIS DESTOC.



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