Le Parisien Economie n°219S 19 fév 2018
Le Parisien Economie n°219S 19 fév 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°219S de 19 fév 2018

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Le Parisien Libéré

  • Format : (280 x 360) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 11,7 Mo

  • Dans ce numéro : Jacques Attali face aux entrepreneurs.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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twipe_ftp LE PARISIEN LUNDI 19 FÉVRIER 2018 ÉCO 10 DÉVELOPPEMENT @LeParisien_Eco Le compte courant d’associé  : bien pratique pour se financer CONSEIL D’EXPERT Qu’est-ce que le compte courant d’associé, comment fonctionne-t-il et quels sont ses avantages ? Les éclaircissements de Luc Abitbol, expert-comptable à Paris chez ACE Audit. PAR RÉGIS DELANOË Comment fonctionne le compte courant d’associé ? Pour faire face à un besoin de trésorerie ou à un financement à court terme sans recourir à un emprunt ou un apport en numéraire (somme d’argent apportée par les associés dans le capital social), un dirigeant ou des actionnaires peuvent avoir recours au système de compte courant d’associé. Dans ce cas, un ou plusieurs associés peuvent réaliser des avances de fonds, couramment appelées apports en compte courant. Ces avances sont alors assimilées à des prêts qui peuvent donner lieu à une rémunération. Concrètement, cela fonctionne comme un compte bancaire personnel  : l’associé — qui peut être un individu (personne physique) ou une société DR 100 PHOTOS POUR 1_, LJL (personne morale) — décide de déposer sur le compte bancaire d’une entreprise une certaine somme d’argent. Il passe alors un accord, appelé convention de trésorerie, qui REPORTERS SANS FRONTIÈRES porte sur les conditions de rémunération de ce compte pour une période déterminée. Au terme du délai de dépôt de l’argent, l’associé peut récupérer la somme si l’entreprise tient ses engagements et si elle se porte bien. Quelle est l’utilité ? Ces comptes courants d’associés servent le plus souvent lors de phases de création ou de difficultés de la société. Avec les capitaux propres, ils sont généralement les seuls moyens de financement durant ces périodes. C’est une prise de risque à tenter dans le cas où les banques ne « suivent » pas l’entreprise ou demandent des sûretés que les actionnaires ne souhaitent pas donner sur leurs biens propres. Une prise de risque temporaire néanmoins  : idéalement, dès que l’entreprise affiche de bons résultats, les actionnaires peuvent décider de recher- cher des emprunts bancaires à moyen terme — 3 à 5 ans — afin de remplacer ces comptes courants. Est-ce un montage avantageux ? Oui, dans le sens où les intérêts versés par la société qui bénéficie de ces avances constituent des charges financières déductibles de ses résultats, dans la limite d’un taux plafonné qui fluctue avec le temps. Pour le troisième trimestre 2017, ce taux était plafonné à 1,59%. Le compte courant d’associé s’avère également plus avantageux que les capitaux propres d’une entreprise, car il permet un remboursement sans formalité juridique et sans fiscalité, au terme de la période de blocage des fonds. Les intérêts perçus seront en revanche imposables selon les tranches d’imposition ou selon la « flat tax », prélèvement forfaitaire unique instauré dans la loi de finances 2018. La bourse du crowdfunding% le buzz Le jeu qu’on s’arrache déjà C’est un succès  : les trois créateurs de Krom, un jeu de société dans un univers déjanté inspiré de la préhistoire, ont récolté plus de 10 000 € sur un objectif de 7 000 € . La collecte de fonds et les précommandes sont ouvertes jusqu’au 7 mars sur Kiss Kiss Bank Bank pour lancer la fabrication. Y le coup de cœur Investissez dans une start-up à but social LearnEnjoy est une start-up qui développe depuis 2012 pour tous les enfants, y compris ceux atteints d’autisme, des applications mobiles sur tablettes. Reconnues par l’Education nationale, elles se situent à l’intersection de l’éducatif, du médico-social et de la santé. L’entreprise cherche à lever 250 000  € via la plate-forme Lita. Pour les contributeurs, l’investissement prend la forme d’actions et assure une déduction fiscale de 25%. LearnEnjoy comprend déjà 9 employés, dont une personne autiste, et l’équipe passera à 20 dès 2018. www.lita.co L’IMPORTANT, C’EST DE PARTICIPER. NOUVEL ALBUM DISPONIBLE CHEZ VOTRE MARCHAND DE JOURNAUX ET VOTRE LIBRAIRE. REPORTERS SANS FRONTIERES POUR LA LIBERTE DE L'INFORMATION.
LUNDI 19 FÉVRIER 2018 LE PARISIEN 11 www.leparisien.fr/ecoBUSINESS PROSPECTIVE ÉCO Déléguer est souvent plus émotionnel que rationnel », observe le psychologue Filip Vandendriessche, spécialiste de la gestion des conflits en entreprise, dans son ouvrage « Diriger sans imposer » (Eyrolles). En effet, passer le relais et donner sa confiance peuvent soulever des craintes chez les dirigeants. Celles de perdre le pouvoir et le contrôle, de ne pas tout savoir et de dépendre des autres, alors qu’un interventionnisme appuyé serait, au contraire, un bon moyen de prouver qui est le patron… Sans oublier la peur de perdre son temps à expliquer ce qu’il faut faire, au lieu d’agir soimême, puis de devoir mettre en place un suivi des tâches déléguées. Enfin, dernière appréhension  : redouter que le travail soit de moins bonne qualité, en tout cas du point de vue de l’entrepreneur perfectionniste qui estime, forcément, que son expertise et sa méthode sont les meilleures… Pourtant, Gérard Rodach, à la tête de l’organisme de formation et de coaching Dalett et auteur du livre « Faire appliquer ses décisions » (Eyrolles), souligne qu’il y a de grands bénéfices à tirer d’une délégation bien gérée. Celle-ci, en effet, « a une réelle valeur en termes de management et d’applications des décisions. Pour celui qui reçoit la tâche déléguée, cela peut twipe_ftp Déléguer, ça s’apprend ! MANAGEMENT Si vous ne le faites pas par conviction, faites-le par intérêt ! Cadres et chefs d’entreprise ont tout à gagner en se dégageant de certaines tâches pour se concentrer sur leur cœur de métier. «IL FAUT QUE LA PERSONNE RECEVANT SES NOUVELLES MISSIONS BÉNÉFICIE D’UNE CERTAINE AUTORITÉ POUR RÉALISER LE TRAVAIL GÉRARD RODACH, FORMATEUR » être à la fois un signe de reconnaissance et une montée en compétences. Pour celui qui délègue, cela libère du temps pour accomplir pleinement d’autres missions dont il a luimême la charge. » Valoriser les collaborateurs, leur donner confiance, les faire progresser et, en conséquence, se recentrer sur son cœur de métier (la stratégie, les décisions capitales pour l’avenir…), c’est essentiel et fructueux pour un chef d’entreprise qui « dépollue » ainsi son quotidien. D’autant qu’« un patron coûte trop cher pour s’occuper de Déléguer est un bon moyen de donner un signe de reconnaissance au collaborateur et de lui offrir une montée en compétences. « Il faut procéder par étapes » Bertrand Samson, directeur associé d’OasYs Mobilisation, qui accompagne les dirigeants d’entreprises et managers dans la transformation des organisations Y a-t-il des différences entre déléguer dans une grande entreprise et dans une société de petite ou moyenne taille ? Ce n’est pas vécu ni mis en place de la même façon. Dans un grand groupe, c’est beaucoup plus formalisé, tracé par écrit, avec l’élaboration de feuilles de route et un processus de compte-rendu précis… Dans une TPE-PME, être aussi formel est impossible et contre-productif. Quels sont les freins particuliers qui peuvent exister dans les TPE-PME ? C’est le patron qui porte l’ADN de son entreprise et parfois possède l’expertise technique à l’origine de sa création. Il a donc du mal à lâcher JO HÉBRAS prise, il veut tout contrôler. Ou alors l’entrepreneur n’ose pas trop charger la barque de ses employés, se disant  : J’ai créé ma boîte, je travaille beaucoup, c’est normal. Mais je ne peux pas imposer cela aux autres. Quel est l’objectif recherché dans une petite structure ? La finalité de la délégation, c’est la responsabilisation des membres de l’équipe  : les amener à être autonomes, à savoir quand solliciter l’avis d’un supérieur, en ayant confiance dans la hiérarchie. Mais avant cela, il faut procéder par étapes. Comment procéder ? D’abord, évaluer la capacité et le degré d’autonomie du collaborateur  : quels sont ses compétences, son potentiel de progression, son engagement et sa motivation ? Puis, commencer par déléguer des tâches simples, pour observer le fonctionnement de la personne, ses réactions. Est-ce qu’elle vient spontanément rendre compte de ses actes quand c’est nécessaire, ou bien fautil la relancer pour faire le point ? Un texto ou un échange rapide aux moments opportuns peuvent suffire. Et ensuite ? Une fois la confiance établie, on peut donner des missions avec plus d’enjeu. L’avantage, dans une petite structure, c’est que le dirigeant d’entreprise connaît bien ses salariés et, étant plus près de l’action, il peut plus facilement corriger le tir si besoin… l’opérationnel », ironise Filip Vandendriessche. Le chef d’entreprise est en quelque sorte le pilote qui tient le volant, en ayant au préalable fixé le cap et la feuille de route, mais qui ne met pas le nez dans le moteur, ne touche pas à la mécanique, ne vérifie pas sans arrêt la carte, ne fait pas le plein de carburant, etc. Attention, tout de même, déléguer ce n’est ni improviser, ni se débarrasser de tâches faute de temps ou d’envie. Les bases posées doivent être solides et non définies dans l’urgence. Pour Gérard Rodach, une bonne délégation est à la fois « claire et bien définie dans son principe, composée de ressources associées ». EXPLIQUER LA MISSION, LAISSER LE CHOIX DE LA MÉTHODE Enfin, il faut aussi et surtout « que la personne recevant ses nouvelles missions bénéficie d’une certaine autorité pour réaliser le travail », rappelle-til. Faire preuve de pédagogie, donner des moyens, du pouvoir (pas le cœur, juste une partie) et de la liberté (avec un suivi régulier, tout même) constituent les clés de la réussite. Certes, il faut prendre du temps pour expliquer la mission, au début, mais cela évite d’en perdre en permanence en effectuant soi-même la tâche. Il est important aussi de ne pas imposer sa façon de faire, en laissant le choix de la méthode et des solutions pour atteindre les objectifs fixés. Ce qui compte, c’est le résultat, peu importe le chemin pris pour y parvenir. Et il ne faut pas hésiter alors à féliciter les collaborateurs, pour entretenir leur motivation. GETTY IMAGES



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