Le Parisien Economie n°212S 12 fév 2018
Le Parisien Economie n°212S 12 fév 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°212S de 12 fév 2018

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Le Parisien Libéré

  • Format : (280 x 360) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 8,8 Mo

  • Dans ce numéro : au coeur du business chinois en France.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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twipe_ftp LE PARISIEN LUNDI 12 FÉVRIER 2018 I ÉCO 4 L'INVITÉ DE LA SEMAINE Wr @LeParisien_Eco SÉBASTIEN BADAULT, DIRECTEUR GÉNÉRAL D’ALIBABA FRANCE « LP/SARAH ANDERSEN PAR VIRGINIE DE KERAUTEM Présentez-nous l’empire Alibaba… La logique, au début, c’était le B to B (NDLR  : business to business) avec le même prisme qu’aujourd’hui, à savoir aider les petites entreprises. Un hôtelier a par exemple besoin de gobelets pour le petit-déjeuner, Alibaba le met en relation avec un fournisseur. Cette plate-forme, Alibaba.com, existe toujours. Puis l’entreprise s’est orientée vers le C to C (NDLR  : du consommateur vers le consommateur) avec le site Taobao, créé en 2013 pour concurrencer eBay en Chine. Quels sont les sites ouverts aux étrangers ? Tmall global permet depuis Le fondateur et président du groupe Alibaba a 53 ans. Du haut de sa fortune, estimée à plus de 38 Mds € , Jack Ma est l’homme le plus riche de Chine. « On est très loin du modèle classique de la Silicon Valley, comme Mark Zuckerberg de Facebook ou Larry Page de Google  : 20 ans, j’arrête mes études, je monte une start-up et je deviens milliardaire », souligne Sébastien Badault, DG d’Alibaba en France, en évoquant le parcours de Jack Ma. Ce professeur d’anglais a 35 ans passés quand il décide de créer, en 1999, le célèbre site d’e-commerce. « En fait, les trois business qu’il a montés avant Alibaba, dont l’équivalent des Pages Jaunes en Chine, se sont cassé la figure », raconte le dirigeant français. Alibaba, il le fonde trois ans à des marques non présentes en Chine de vendre sur le marché chinois sans licence. Il n’y a pas d’équivalent en Europe. La marque a son espace et le gère. Toutes les données liées aux clients sont renvoyées aux marques alors qu’en Europe, on considère qu’elles appartiennent au site. Quant à AliExpress, c’est le site d’e-commerce global, en B toC, grâce auquel des marchands Chinois s’adressent à des consommateurs du monde entier. Il sert une centaine de pays, 100 millions de clients, et son plus gros marché est la France. Alibaba, c’est aussi du cloud, de la logistique, du paiement… Notre structure de cloud nous sert pour nos sites mais aussi pour des partenaires. Notre infrastructure logistique est conséquente car nous devons livrer partout en Chine, y compris dans les zones les plus reculées. Nous avons aussi Ali- Pay, une solution de paiement lancée il y a 8 ans. Enfin, nous sommes présents dans le marketing et la data. Les internautes Chinois commentent et partagent beaucoup de contenus pendant leur shopping en ligne. Ces données facilitent un ciblage précis. Quel est le but de votre partenariat avec Auchan ? Ça fait partie de la stratégie d’Alibaba en Chine. La distribution traditionnelle ne va pas disparaître mais muer de façon profonde. On multiplie les expériences pour tester les commerces du futur. Avec Auchan, l’idée est d’être au service de leurs points de vente existants Plus de 20 milliards d’euros gagnés en une journée avec 16 associés dont plus de la moitié sont encore aujourd’hui de la partie. Il s’agissait d’autres professeurs et d’élèves, mais aucun entrepreneur ni technicien ! Près de vingt ans plus tard, le groupe est un géant du e- commerce qui emploie 60 000 personnes dans le monde et est implanté dans 16 pays, dont 5 en Europe. Rien qu’en une journée, lors du r 250 marques françaises ont créé un espace de vente en ligne sur les plates-formes du groupe Alibaba » Single’s day (NDLR  : la fête des célibataires en Chine, le 11 novembre), le groupe Chinois a annoncé avoir totalisé l’équivalent de plus de 20 Mds € de chiffre d’affaires. Jack Ma touche à tout. Son portefeuille d’activités s’est diversifié, notamment dans le divertissement, avec le rachat de Youku et des parts dans Weibo, les YouTube et Twitter chinois. V. K. en Chine en leur apportant nos technologies. On verra plus tard comment ça impactera la distribution en Europe. Et vous, quelle est votre feuille de route en France ? Les 500 millions de Chinois qui achètent sur nos plates-formes veulent, pour beaucoup, améliorer leur niveau de consommation avec des produits plus haut de gamme. Tout ce qui vient de France est vu comme tel. Si L’Oréal vend déjà sur nos plates-formes, l’objectif est d’aider d’autres entreprises moins connues à vendre en Chine. Il y a aussi la mode, le vin, l’alimentaire, la puériculture… Des domaines où la France est soit leader, soit très bien placée. C’est une super opportunité. Que faites-vous pour les marques françaises ? Depuis deux ans, je fais en sorte que la part des produits français vendus sur nos plates-formes augmente. Jack Ma, le président du groupe, a d’ailleurs dit à Emmanuel Macron (NDLR  : lors de son récent voyage en Chine) que les marques françaises ont enregistré 53% de croissance cette année. Actuellement, la France est dans le top 10 des pays les plus présents en Chine, je vise le top 5. L’idée est également de faciliter le tourisme chinois avec une multitude de services pour BIO EXPRESS 1972 Naissance à Paris 1986-1996 Etudie et travaille aux Etats- Unis 1998 Diplômé de l’Ecole Supérieure de Commerce de Toulouse 2000 Directeur marketing chez Amazon 2004 Directeur commercial Google France 2015 Directeur général d’Alibaba France « Mon objectif  : augmenter la part des produits français sur nos plates-formes » EXPORT Depuis deux ans, le chinois Alibaba a confié à un Français, Sébastien Badault, la mission d’attirer les marques de l’Hexagone sur les sites du groupe pour satisfaire les 500 millions de clients Chinois. améliorer leur autonomie une fois en France, y compris en les aidant à trouver les commerces qui acceptent Alipay. J’ai donc la double casquette de défendre les intérêts d’Alibaba et porter les couleurs de mon pays. Mon équipe compte 20 personnes à Paris. Une quinzaine de plus devraient arriver cette année. Qu’en disent les PME ? 250 marques françaises ont déjà créé leur espace en ligne sur nos plates-formes, dont Caudalie, les montres Zadig & Voltaire… J’aimerais en rajouter au moins une centaine d’ici fin 2018. Pour se lancer sur le marché chinois, un partenaire local est nécessaire pour vous aider à créer du contenu en mandarin, sur la logistique, le serviceclients… Une quinzaine de ces facilitateurs, « Tmallpartners », vient de rencontrer une vingtaine de marques à Paris. Quelle est votre priorité aujourd’hui ? Pour l’instant, je n’ai aucune solution clé en main à donner à des TPE qui vendent seulement du miel ou du savon de Marseille. J’aimerais pouvoir leur dire  : « Mettez-nous du stock à disposition, créez un compte sur telle plate-forme et on vous paiera directement ». Ce serait l’une des façons de combler une petite partie des 30 Mds € de déficit commercial de la France par rapport à la Chine.
LUNDI 12 FÉVRIER 2018 LE PARISIEN 5 www.leparisien.fr/ecoMÉDIAS ET COMMUNICATION ÉCO twipe_ftp Oreo met le paquet avec Owen Wilson ALIMENTATION Jusqu’à maintenant, les publicités pour le biscuit américain étaient mondiales. Cette fois, les Français ont le droit à leur propre campagne. PAR VIRGINIE DE KERAUTEM Parfums, cosmétiques, voitures, café… Les stars américaines sont nombreuses à s’inviter sur nos écrans pendant les pauses publicitaires. Le plus souvent, elles sont la caution glamour de la marque. Mais pas toujours. La publicité Oreo, à la télévision et sur les réseaux sociaux «ON A DÉCIDÉ DE JOUER SUR LES SENTIMENTS PARTAGÉS ENTRE FASCINATION ET AGACEMENT DES FRANÇAIS À L’ÉGARD DES AMÉRICAINS » Dramane, chauffeur avec Uber entre les entraînements. (CS) Retrouvez son histoire sur notre compte Instagram @uberfr depuis début janvier, a préféré l’humour et l’autodérision. Le biscuit a beau être américain (groupe Mondelez), la campagne « a été conçue uniquement pour un public français », explique Matthieu Guignard, responsable marketing pour Oreo. Numéro un dans le monde, le biscuit noir facilement reconnaissable, débarqué en France en 2010, n’est qu’en dixième position sur ce marché avec des ventes stables depuis près de deux ans. Raison suffisante pour mettre les bouchées doubles avec une pub dédiée aux consommateurs de l’Hexagone, conçue par l’agence française Buzzmann. « Pour vendre ce biscuit typiquement américain, on a décidé de jouer sur l’ambivalence de sentiments, partagés entre fascination et agacement, des Français à l’égard des Américains », explique Julien Levilain, DG de l’agence. « Le tout autour d’un personnage central, le comédien Owen Wilson (« Midnight in Paris », « Starsky et Hutch ») que l’on voulait tourner en dérision en le faisant parler français, lui qui ne connaît pas un mot », poursuit Julien Levilain. De quoi provoquer toute une série de quiproquos amusants  : « Bonjour, je présente vous le gâteau Oreo au goût beurre de calculette » … au lieu de cacahuète. « Il est connu mais ce n’est pas Tom Cruise, icône du show-business. Il est drôle, habitué à jouer des comédies et ses films plaisent aux 20-30 ans », justifie le publicitaire. Selon lui, aucune difficulté à convaincre Owen Wilson  : « La négociation de ce contrat de prestation artistique, pour une année, a été facile. On s’est mis d’accord sur la fourchette haute », assure le créatif, muet sur le montant, tout comme Oreo. Néanmoins, Matthieu Guignard ne cache pas l’ambition de la marque de mettre le paquet sur cette publicité, jugée stratégique. Le budget s’élève ainsi à 630 000  € cette année pour trois films TV et trois digitaux, hors cachet d’Owen Wilson… « Le marché français est notre priorité. 2018 est une année importante avec de nouveaux produits », explique le responsable marketing. En mars, l’Oreo noir devra partager la place dans les rayons avec un Oreo doré. L’occasion de découvrir à ce moment-là une nouvelle saynète avec Owen Wilson. Au total, quatre clips ont été tournés à Los Angeles pendant une semaine. « Tout a été très facile, car Owen Wilson connaissait par cœur son texte, raconte Julien Levilain. Il a fait des propositions. Tout a été rapidement mis en boîte ». Le comédien américain a accepté de jouer la carte de l’autodérision en parlant un français laborieux dans ce spot. BUZZMAN



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