Le Parisien Economie n°212S 12 fév 2018
Le Parisien Economie n°212S 12 fév 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°212S de 12 fév 2018

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Le Parisien Libéré

  • Format : (280 x 360) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 8,8 Mo

  • Dans ce numéro : au coeur du business chinois en France.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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twipe_ftp LE PARISIEN LUNDI 12 FÉVRIER 2018 ÉCO 2 À LA UNE @LeParisien_Eco Investir en France, les Chinois adorent SAVOIR-FAIRE Grandes fortunes chinoises et descendants d’immigrés ont en commun un goût prononcé pour l’investissement dans de nombreux secteurs, du bar-tabac francilien à l’aéroport toulousain. PAR VIRGINIE DE KERAUTEM ET CYRIL PETER Des vignobles bordelais aux terres céréalières du Berry, en passant par le port du Havre (Seine- Maritime) puis Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), capitale du textile made in China, ou les clubs de foot, entrepreneurs et investisseurs chinois manifestent un fort intérêt pour la France. En deux ans, les fonds placés dans l’Union Européenne par la première puissance économique mondiale ont augmenté de 77% et placé l’Hexagone en deuxième position derrière l’Italie. Les Chinois, qui fêtent cette semaine le nouvel an, s’engagent massivement à l’étranger pour rattraper leur retard. Ces sommes représentent l’équivalent de 10% du PIB du pays, contre 34% pour les Etats-Unis et plus de 50% pour la France. « Les réflexes économiques des Français sont ancrés dans cent ans de capitalisme, tandis que les Chinois ont à peine dix années d’expérience Comment évoluent les investissements chinois en France ? Il y a un changement des activités ciblées qui fait suite à une volonté politique. Après le 19 e Congrès du parti communiste chinois, en octobre 2017, les secteurs à privilégier ont été clarifiés. Parmi eux  : santé, intelligence artificielle, bien-vieillir. On ne voit plus d’entreprise chinoise du BTP mettre des fonds en France dans le sport ou le vin par exemple. C’est la fin des choix plus spéculatifs, des danseuses. Ce qui n’empêche pas les investissements massifs dans les secteurs traditionnels comme l’agroalimentaire, le transport, le tourisme, l’hôtellerie, de se poursuivre. Ils sont conduits par des acteurs de premier plan comme Jin Jiang, qui a jeté son dévolu sur Louvre Hotel Group (Campanile, Kyriad), AccorHotels et Hôtels & Préférences. Le nombre de transactions et les montants sont-ils en hausse ? Il y a eu un coup de frein courant 2017, dans l’attente du Congrès, mais tout a redémarré depuis. Sur d’ouverture », souligne le patron en France d’Alibaba, le géant chinois du commerce en ligne (lire p.4). CONTREPARTIE Lors de sa visite d’Etat le mois dernier, Emmanuel Macron, déterminé à rééquilibrer notre déficit commercial, est reparti avec de juteux contrats pour Airbus et Areva, entre autres. Il a insisté sur sa volonté de faciliter les investissements chinois en France en contrepartie d’un meilleur accès au marché de l’Empire du Milieu. « Sur le modèle d’autres pays européens, la France a mis en place un titre de séjour pour ceux qui investissent au moins 300 000  €  », note Philippe Liu, un entrepreneur chinois dans le tourisme, basé à Paris. L’appétit pour la deuxième économie européenne se traduit à tous les niveaux. A côté des rachats à plusieurs millions, des entrepreneurs, plus modestes mais tout aussi discrets, placent également leurs billes. Le groupe Tang Frères le fait depuis 1976, suivi par d’autres, notamment dans des commerces de proximité. « Il y a un changement des activités ciblées » Guillaume Nataf et Anne Quenedey, avocats chez Baker McKenzie, spécialistes des fusions-acquisitions et de la Chine le montant, certains projets se comptent en milliards comme l’acquisition de SMPC (Sandro, Maje…) pour 1,3 Md € , d’autres sont de quelques millions. La tendance n’est pas à se focaliser uniquement sur des grosses opérations. Les relations d’affaires franco-chinoises sont-elles au beau fixe ? La France continue à maintenir un certain contrôle sur les investissements étrangers. Le leitmotiv de la diplomatie française à l’égard de la Chine est la réciprocité. Côté Chine, des barrières doivent encore tomber. Comment se passent les négociations avec les Chinois ? Il y a un aspect culturel à gérer. Les Chinois ne négocient pas comme des Américains. Ils ont une appréciation différente du rythme des échanges, ils ont le temps. Sans compter qu’il y a un aspect hiérarchique marqué dans les entreprises publiques chinoises, avec un processus décisionnaire plus cranté. Bien sûr, la maîtrise de la langue est primordiale. PROPOS RECUEILLIS PAR V.K. Hôtel InterContinental, Paris (IX e) , le 5 février. Le Chinese business club organise régulièrement des rencontres entre des décideurs politiques et des patrons français et chinois, afin de renforcer les liens économiques entre les deux pays. 2011 te'GDF-Suez (Energie) 2,9 Investisseur,. CHINAINVESTMENTCORPORATION liVeell * 2015 ClubMed (Tourisme) e Investisseur FOSUN milliards d’euros _.) Six exemples d'investissementschinois enFrance 2014 PSA (Automobile) (Transports) 800 Investisseur GROUPE DONGFENG millions d’euros Deuxdomaines L"e â viticolesbordelais Investisseur CONSORTIUM SYMBIOSE reeril ILlie Aéroport Toulouse-Blagnac soit30% dupôle soit 12,9% soit 49,9% explorationproduction ducapitalglobal ducapitalglobal 2016 Baccarat (Cristallerie) Iffr,Investisseur Investisseur 939 millions d’euros 12 millions d’euros 2015 2017 300 millions d’euros t) 89% ducapitalglobal JACK MA ALIBABA FORTUN FOUNTAIN CAPITAL LP/PHILIPPE LAVIEILLE
twipe_ftp LUNDI 12 FÉVRIER 2018 LE PARISIEN www.leparisien.fr/ecoÀ LA UNE Tang Frères, une institution depuis 1976 «L’ENTREPRISE EST UN EMPLOYEUR IMPORTANT ET UNE PASSERELLE D’INTÉGRATION POUR LA COMMUNAUTÉ ASIATIQUE ET IMMIGRÉE» Les bars-tabac ont encore la cote « ON FONCTIONNE beaucoup par le bouche-à-oreille dans notre communauté. On a toujours des membres de la famille et des amis qui sont dans le métier pour échanger sur les normes ou le business. » En France depuis ses 4 ans, Feng Hu emploie trois personnes dans son tabac-presse à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines). Il a quitté son ancien restaurant pour se reconvertir dans cette ville cossue. « Pas pour les affaires, mais pour que mes deux filles fassent de bonnes études », explique ce patron qui a arrêté l’école à 17 ans. « Quand je me suis marié, ma femme était dans l’import-export. On s’est lancé dans une activité qui nous permettait d’être ensemble », raconte l’ex-restaurateur, avant de confier  : « Dans la profession, on travaille 13 heures par jour, pour une moyenne de 6  € de l’heure. » Au nom de l’entraide, Feng a créé Notre Avenir Notre Profession (NANP). L’association, qui regroupe des buralistes asiatiques, estime que près de 45% des 3 000 bureaux de Paris (XIII e) , mercredi. Les fondateurs de la marque, Bou et Bounmy Rattanavan, deux frères sino-laotiens, ont ouvert leur premier supermarché en 1981. tabac franciliens sont tenus par des entrepreneurs originaires de l’ex-Indochine et des Chinois ou Français d’origine chinoise. DE BELLES RÉUSSITES L’attrait de la communauté asiatique pour ces commerces de proximité, du bar-tabac des quartiers de Paris à la brasserie chic de banlieue aisée, se serait un peu estompé en Ile-de- France, selon la Confédération des buralistes de la région. « Un peu moins de 40% de ces commerçants franciliens sont d’origine asiatique », assure tout de même Bernard Gasq, son président. Mais ce dernier a noté récemment une émigration des buralistes asiatiques de la capitale et sa petite couronne vers des zones périurbaines, voire rurales, jusqu’en province. « Et il y a de belles réussites ! », se félicite Bernard Gasq. « Dans la génération née ici et qui parle bien français, on a des repreneurs qui ont étudié et sont de vrais chefs d’entreprise », conclut-il.C.P. LEUR LOGO ROUGE Tang Frères, inscrit en lettres majuscules sur un cercle jaune, s’affiche désormais sur 10 supermarchés et 5 traiteurs de produits traditionnels d’Asie. En 42 ans, l’enseigne incontournable pour la communauté asiatique a dépassé les frontières du XIIIe arrondissement pour élargir sa zone de chalandise dans la capitale et en banlieue. « La clientèle a évolué. On a ouvert des magasins dans le XV e et le XIX e », souligne Christophe Polini, secrétaire général du groupe depuis 25 ans. Ses patrons, les frères Bou et Bounmy Rattanavan, 80 et 65 ans, sont des figures discrètes et s’expriment rarement publiquement. Le succès de leur business est pourtant incontestable. A l’initiative de Bounmy, tout juste diplômé d’une école d’ingénieur, les deux hommes d’origine sino-laotienne créent leur société spécialisée dans l’importation et la distribution de produits alimentaires asiatiques. Ils ouvrent à Paris, en 1981, leur premier supermarché, avenue d’Ivry, dans le XIIIe. L’arrondissement devient le Chinatown parisien en accueillant dans les années 1970 et 1980 une forte vague d’immigration de l’ex-Indochine (Viêt Nam, Laos, Cambodge). Ces nouveaux venus quittent ensuite Paris pour des villes modernes de la banlieue est près de Marne-la-Vallée ou Lognes (Seine-et-Marne)… « Tang Frères a suivi leur déplacement pour choisir ses implantations », explique Christophe Polini. Si son fief reste la région parisienne, le groupe rayonne aujourd’hui bien au-delà. Son activité de grossiste le conduit à travailler avec restaurateurs et traiteurs asiatiques partout en Europe. A partir de 2006, l’entreprise s’est diversifiée dans les médias et distribue, entre autres, des programmes en Chine. Mais en France, son cœur de métier reste l’alimentation. Le groupe s’approvisionne en Asie et à Rungis (Val-de- Marne), ne croit pas au système de « Drive » mais n’exclut pas de se lancer dans la vente en ligne. Son porte-parole, selon lequel aucune nouvelle ouverture n’est programmée à ce jour, fait état d’un chiffre d’affaires de 220 M € , en « croissance régulière » et rentable. De la quinzaine de sociétés importatrices existantes sur ce marché dans les années 1970, seules deux ont tiré leur épingle du jeu  : Tang Frères et Paris Store, créée en 1977 par deux familles chinoises. Tang Frères, dont le siège administratif se trouve à Vitry (Val-de-Marne), compte aujourd’hui 750 personnes  : chauffeurs, manutentionnaires, bouchers, poissonniers… « L’entreprise est un employeur important et une passerelle d’intégration pour la communauté asiatique et immigrée », insiste Christophe Polini. Représentant identifié de la communauté chinoise en France, Bounmy, le DG du groupe, chevalier de la Légion d’honneur, a même accompagné Jacques Chirac lors d’une visite officielle en Chine en 1997. La relève de l’entreprise familiale, elle, semble assurée  : les deux enfants du Président Bou siègent au comité de direction. V.K. A Marseille, le textile chinois voit grand PAR MARC LERAS « NOUS SOMMES FACE au premier port de France, sur un emplacement privilégié entre deux autoroutes, à un quart d’heure de l’aéroport… Marseille est idéalement situé entre l’Italie et l’Espagne, mais aussi face à l’Afrique du Nord qui représente 30% de notre clientèle. La ville peut être le centre des échanges entre la Chine, l’Afrique et l’Europe ». Dingguo Chen, entrepreneur chinois de la région du Wenzhou, contemple la rade de Marseille (Bouches-du-Rhône) au pied du plus grand ensemble architectural en conteneurs du monde qu’il vient d’ériger avec quatre associés, chinois eux aussi. Sur 16 500 m² dans les quartiers Nord, il y propose à ses clients, grossistes et semi-grossistes du textile, 95 showrooms de 170 m² chacun répartis sur quatre conteneurs et deux niveaux. Ce Marseille international fashion center 68 (MIF 68), qui sera inauguré le 19 février en présence de l’ambassadeur de Chine, est désormais le deuxième plus grand centre sinoeuropéen du textile, derrière celui d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). Il veut remplacer le marché de gros du centre-ville, devenu impraticable et qui rebutait les clients. Le nouveau site, fermé au grand public et protégé par des vigiles et un système de vidéosurveillance, permettra livraisons et stockage, mais aussi la réception des clients dans de bonnes conditions. VERS LA ROUTE DE LA SOIE « Avec cet outil, Marseille peut devenir la dernière étape de la nouvelle route de la soie qui, pour l’instant, s’arrête à Venise (Italie) », constate Xavier Giocanti, dirigeant du groupe immobilier Résiliance qui loue le terrain. Il espère également que cet outil va permettre aux entreprises locales d’exporter à leur tour vers l’Empire du Milieu. Des discussions sont entamées avec Alibaba en vue de la construction d’un hangar destiné au stockage avant expédition des productions provençales dont les Chinois raffolent. LP/BENOÎT DURAND a 3 ÉCO Mana Man Man Man MM Man Man nanan agenda De vendredi à dimanche Un concours pour stimuler le tourisme L’Université Perpignan Via Domitia organise un concours d’innovation dans le tourisme et la mobilité. Le but est de créer, en équipe, des supports technologiques et des applications « en lien avec la culture, le tourisme et la mobilité », précise l’organisateur. Outre une dotation financière de 10 000  € , le vainqueur de ce hackathon de 46 heures pourra se faire accompagner par Microsoft, partenaire de l’événement. Du vendredi 16 février, 18 heures, à dimanche 18 février, 19 heures. IAE, chemin Passio Vella, Perpignan (Pyrénées-Orientales). Renseignements  : www.programmemiro.fr. Jusqu’au 28 février Innover pour le confort des personnes âgées Citoyens, entrepreneurs et étudiants sont appelés à participer au « Challenge Santé & Autonomie ». L’événement, organisé par la Fondation Hopale, se tiendra à Berck-sur- Mer (Pas-de-Calais), les 17 et 18 mars. Inscription jusqu’au 28 février sur www.hackathonfondationhopale.fr. Le livre Maîtriser l’art du leadership Clément Pichol- Thievend, consultant en management mais aussi officier de l’armée de terre et diplômé de Saint-Cyr, a bâti à partir de son expérience et de connaissances scientifiques un petit « manuel de combat » pour comprendre et pratiquer le leadership. Définir des objectifs, susciter l’adhésion, prendre des décisions, arbitrer… Autant de compétences que le jeune manager ou le cadre chevronné pourront perfectionner avec ce guide. « Leadership, manuel de combat ». Editions des Presses polytechniques et universitaires romandes. 142 p.19,50  € . Le guide de survie des managers de terrain



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