Le Parisien Economie n°206S 6 fév 2017
Le Parisien Economie n°206S 6 fév 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°206S de 6 fév 2017

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Le Parisien Libéré

  • Format : (280 x 360) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 7,2 Mo

  • Dans ce numéro : tous fous des food trucks.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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twipe_ftp LE PARISIEN LUNDI 6 FÉVRIER 2017 I ÉCO 8 DÉVELOPPEMENT @LeParisien_Eco Les pièces d’occasion valent de l’or ENVIRONNEMENT Depuis le 1er janvier, votre carrossier est obligé de vous proposer une pièce recyclée. Objectif  : favoriser un marché en devenir. PAR CYRIL PETER Son chiffre d’affaires a été multiplié par quatre par rapport à janvier dernier ! Indra Automobile Recycling, le numéro un français du recyclage automobile, se frotte les mains. Depuis cette année, les professionnels de l’entretien et de la réparation automobiles sont obligés, par un décret entré en vigueur au 1er janvier, de proposer aux clients une pièce d’occasion. Et s’ils n’en trouvent pas, ils doivent prouver qu’ils ont cherché. Si le texte a pour but de stimuler l’économie circulaire, il « apporte un éclairage sur ce commerce à une clientèle qui n’a pas d’argent », estime Loïc Bey-Rozet, directeur général de Indra Automobile Recycling, qui a senti le bon filon. « Les particuliers ne savent pas comment se débarasser de leurs vieilles voitures. » Loïc Bey-Rozet, directeur général de Indra Automobile Recycling, est parti de ce constat quand son groupe a lancé Goodbye-car.com, en 2014. La plate-forme de mise en relation 30% MOINS CHER EN MOYENNE Depuis 2014, sa plate-forme de mutualisation recense les pièces d’occasion détenues par les professionnels, grâce à un partenariat signé avec l’Américain Sidexa. La base de données du « Google de la bagnole », dixit Loïc Bey-Rozet, qui a une vision sur 90% du parc roulant mondial, permet de vérifier en deux clics la référence d’une pièce. Car qui dit traçabilité dit confiance des consommateurs, attirés surtout par le prix… Si le particulier paie en moyenne 30% moins cher par rapport à une pièce neuve, le carrossier, lui, peut rogner sur ses marges. La solution ? « Que tous les acteurs s’y retrouvent au niveau du portefeuille », pense Loïc Bey-Rozet. Cela dépend aussi du type de pièces, selon Denis Ledru garagiste à Versailles (Yvelines)  : « Pour la carrosserie neuve, on marge jusqu’à 30%. Pour la mécanique, jusqu’à 50%. » Reste que le client est toujours gagnant avec de l’occasion. Exemple avec une porte avant de Clio 2 recyclée  : le consommateur économise environ 100 € tandis que le professionnel réalise une marge de 40 € à 60 € , selon les conditions de remboursement de l’assureur. Porté par « l’effet décret », le Krys, une vision française de l’industrie MADE IN FRANCE Le leader tricolore de l’optique mise sur son usine francilienne pour se démarquer. PAR CYRIL PETER « UN INCIDENT CLIMATIQUE. » Voilà ce qui a incité Krys Group à relocaliser, en 2012, une partie de sa production de verres, rapelle son directeur général, Jean-Pierre Champion. Jusquelà, ils étaient fabriqués en Thaïlande mais le pays a été frappé par d’importantes inondations fin 2011, entraînant la fermeture de nombreuses usines. Depuis, son site de production de Bazainville (Yvelines) a pris une autre dimension, grâce aux 12 M € investis sur 3 ans, dont un quart provient de la Banque publique d’investissement (Bpi France) et du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE). Avec, à la clé, la création de 60 CDI, essentiellement en logistique et en production, pour répondre à l’accroissement de l’activité  : le groupe fabrique 1,5 million de verres par an, contre 950 000 avant le « rapatriement ». Indra Automobile Recycling est spécialisé dans le recyclage des véhicules hors d’usage. Votre vieille voiture peut vous rapporter de l’argent entre particuliers et casses agréées a pour objectif de lutter contre la filière sauvage, qui alpague les consommateurs « en collant des affiches aux feux tricolores », et pèse un tiers du marché. « Si vous ne remettez pas votre voiture à un centre VHU (NDLR  : véhicules hors d’usage), vous risquez 2 ans de prison et 75 000 € d’amende », rappelle-t-il. Le principe  : le démolisseur a 48 heures pour enlever votre véhicule. « C’est gratuit sauf s’il est au fond d’un lac », précise-t-il. Selon son poids et la présence du moteur notamment, vous récupérez entre MONTÉE EN GAMME L’automatisation du site, avec des machines allemandes et italiennes, permet de produire « 10 fois plus vite et en qualité supérieure », avance Jean-Pierre Champion. Car Made in France rime avec montée en gamme. « Si vous fabriquez des produits délocalisables, vous êtes obligés de trouver d’autres arguments que le prix pour séduire le consommateur, constate le patron de Krys Group. Donc comme en Allemagne, on fait du haut de gamme, sans que le coût de production soit un frein. Pour nous, ça veut dire vendre des verres progressifs, sur-mesure, avec une monture personnalisable. » Résultat  : les usines chinoises, qui reposent sur le travail manuel, « cinq fois moins cher qu’en France », seraient hors course, poursuit-il. REA/GILLES ROLLE groupe isérois prévoit un chiffre d’affaires de 5 M € cette année, contre 1,4 M € en 2016. Mais le chemin est encore long. Aux Etats-Unis, les pièces recyclées représentent 22% du marché. En France, seulement 2%. Selon les experts, ce marché pourrait doubler d’ici 5 ans. De quoi donner bon espoir à Loïc Bey- Rozet, qui rappelle que « la destruction d’une voiture a une empreinte carbone élevée. Le meilleur plan écologique, c’est la réutilisation d’une pièce, car on lui donne une deuxième vie. » 50 € et 200 € , car de nombreuses pièces mécaniques et de carrosserie peuvent être revendues... Tenu par une directive européenne de recycler 95% de sa masse avant de le broyer, le professionnel alimente ainsi l’économie circulaire.C.P. DR. Pour rester compétitif, le groupement coopératif mise aussi sur sa double casquette de producteur-distributeur. Objectif  : maîtriser les coûts, qui restent supérieurs aux produits asiatiques, et « le discours aux clients ». Depuis 2013, ses trois enseignes Krys, Vision Plus et Lynx Optique affichent fièrement le label Origine France Garantie dans les 1 400 points de La bourse du crowdfunding YLe coup de cœur Attention, personne fragile Certaines personnes souffrent d’un handicap non visible qui les empêche dans certaines situations de se débrouiller seules. Cette assistance, elles n’osent parfois pas la demander par pudeur. L’application mobile Lpliz prévoit de les mettre en relation avec d’autres personnes prêtes à les aider quand elles sont sur certains lieux de vie  : restaurants, structures sportives ou touristiques, collectivités. Le projet vient de récolter plus de 15 000 € sur la plateforme KissKissBankBank pour assurer le développement de l’application.% Le buzz Le guidon de vélo connecté veut prendre son envol La start-up nantaise Velco, qui développe un guidon de vélo connecté lancera, à partir du 4 avril une campagne de financement participatif sur la plate-forme Indiegogo. Objectif, proposer son produit en pré-commande aux internautes Elle espère ainsi récolter 50 000 € . La phase d’industrialisation de ce guidon, qui propose aux cyclistes, avec l’appui d’une application mobile, un système de GPS, d’antivol, et d’éclairage, a démarré en octobre. Elle est financée grâce à une levée de fonds que vient de boucler la startup auprès d’investisseurs privés, à hauteur de 250 000 € , complétée par un emprunt de 200 000 € . Krys a investi 12 M € sur 3 ans dans son usine de Bazainville (Yvelines). vente du groupe. « Nos concurrents ont des usines en France et en Asie, observe Jean-Pierre Champion. Nous, on n’a qu’une seule usine, en France. C’est notre marque de fabrique. Et ça explique la confiance des clients. » Une référence au Baromètre des marques qui inspirent confiance (OpinionWay), plaçant Krys Group en tête des opticiens (notre édition du 26 janvier).
LUNDI 6 FÉVRIER 2017 LE PARISIEN 9 www.leparisien.fr/ecoDÉVELOPPEMENT ÉCO twipe_ftp Chez le géant Air Liquide, la transformation numérique se fait avec les petits INNOVATION Le leader des gaz industriels s’appuie sur les petites entreprises pour créer l’usine du futur. A global player in the energy reaolution PAR CYRIL PETER Un pétrolier, client d’Air Liquide, a besoin d’hydrogène pour alléger son carburant. Sauf que ce matin, il lui en faut plus que d’habitude… L’information remonte au centre d’opération de son fournisseur, inauguré le mois dernier à Saint-Priest (Rhône), où trois ingénieurs sont assis devant une dizaine d’écrans. Leur rôle ? Piloter en direct la production des 22 usines françaises du groupe, de Dunkerque (Nord) à Fos-sur- Mer (Bouches-du-Rhône). PAR AYMERIC RENOU ET DAMIEN LICATA CARUSO Ce n’est pas encore le jackpot pour Engie et Enedis mais les dés sont déjà jetés. L’ex-GDF- Suez et l’ex-ERDF ont débarqué début janvier au salon high-tech de Las Vegas avec l’ambition de présenter leur stratégie bienveillante vis-à-vis des jeunes pousses qu’ils chaperonnent. Et de prouver que les entreprises détenues en partie par l’Etat n’ont pas loupé le train de l’innovation. « Nous présentons au CES, via des start-up que nous avons incubées ou dans lesquelles nous avons investi, de nouveaux services avec des technologies de rupture », explique Thierry Lepercq, directeur général adjoint d’Engie en charge de l’innovation. « Nous venons aussi détecter des Les groupes publics aussi jouent la carte start-up Engie était présent au CES, le salon high-tech de Las Vegas. opportunités et des tendances et voir si nous nous transformons assez vite », assure Christian Buchel, le directeur général adjoint en charge du numérique chez Enedis. Les deux mastodontes de l’énergie investissent différemment dans l’écosystème. Engie a lancé Engie New Ventures, un fonds de capital-risque d’une valeur de 115 M € et a investi dans 13 start-up depuis 2014. Après avoir misé en interne sur le big data, Enedis lorgne vers le potentiel des objets connectés pour optimiser ses réseaux. Le distributeur d’électricité compte une cinquantaine d’entreprises innovantes dans son giron mais pas d’incubateur ou de prise de capital. Sa toute première délégation au CES de Las Vegas a quand même emmené sa propre écurie de start-up. Comme un sérieux pari sur l’avenir. DR. Cette prouesse technologique est l’une des étapes d’une transformation amorcée par des ingénieurs maison, qui ont analysé 15 ans de données industrielles. Objectif  : créer un algorithme afin de détecter à l’avance des défaillances et d’optimiser la consommation d’énergie. Ce virage numérique, qui a coûté 20 M € , est aussi le fruit d’une étroite collaboration avec des start-up, comme Imag’ing dont les plans en 3D facilitent les interventions sur site (rénovation ou remplacement d’un appareil). « Si on veut aller vite, il faut s’inspirer de ces gens-là, explique Louis-François Richard, patron des usines en France. Au lieu de c réer des ressources en interne, on fait appel à des start-up car elles sont plus créatives et plus rapides. » UNE VRAIE CHASSE AUX TALENTS Pour les repérer, le spécialiste des gaz industriels va de salon en salon, organise des hackatons, et a créé un fonds d’investissement dédié à la prise de participation minoritaire dans des jeunes pousses. En outre, son laboratoire d’innovation, qui attire des start-up sur des projets ponctuels, permet d’élargir cet « écosystème externe ». C’est par cette porte qu’AMA, fournisseur de lunettes connectées, est entré en 2015. Avant de vendre son premier kit aux alentours de 500 € par mois, la PME rennaise a essayé son produit sur le site de Montoir-de-Bretagne (Loire-Atlantique). « Il y a toujours une période de test, suivie d’une autre de codéveloppement ou d’accompagnement sur le terrain », assure Louis-François Richard. Aujourd’hui, le géant industriel utilise six lunettes pour « rapprocher les distances entre l’opérateur et l’expert », selon Thomas Waendendries, directeur des ventes d’AMA. SERVIR L'AVENIR, AVEC bpiin_lli Le plus grand rassemblement business et sport en France ! Des légendes du sport, plus de 2000 entrepreneurs et 40 clubs ont participé le 18 janvier à Paris à la 3ème édition des Rencontres de la Niaque. Dans une salle comble, tous ont pu partager leur niaque, prospecter, échanger et se rencontrer. « Les clubs font battre le cœur de nos territoires. Ils fédèrent les énergies des entrepreneurs. La niaque est un véritable mouvement humain et social » a expliqué sur scène Patrice Bégay, Directeur Exécutif Communication et Bpifrance Excellence. « La niaque, c’est se donner les moyens de ses ambitions, c’est se relever après être tombé » a ajouté le rugbyman Sébastien Chabal, parrain de l’événement aux côtés de l’icône du volleyball Victoria Ravva. « La niaque c’est croire en vous, savoir que tout est possible et s’en servir Air Liquide a acquis six paires de lunettes connectées auprès d’AMA, une PME rennaise. è 20 M € ONT ÉTÉ INVESTIS PAR AIR LIQUIDE POUR FINANCER SON VIRAGE NUMÉRIQUE L’agence parisienne Wedo Studios, elle, a été recommandée par un client d’Air Liquide. En 6 mois, la TPE, qui travaille avec d’autres mastodontes comme Air France et BNP Paribas, a mis au point une application pour optimiser le parcours des opérateurs qui font des rondes. « Avant, les notes étaient manuscrites et pouvaient se perdre, aujourd’hui, c’est numérisé avec une tablette », se félicite Louis-François Richard. pour grandir. Je suis un entrepreneur aujourd’hui, après avoir été un sportif de haut niveau, je sais donc maintenant que les deux secteurs sont étroitement liés » a précisé pour sa part le champion du monde de football Frank Lebœuf. Un joueur, un dirigeant et une femme entrepreneur de chacun des clubs partenaires sont montés sur scène pour raconter leur expérience. Marc-Olivier Albertini, président de l’US Ivry, a participé aux Rencontres de la Niaque, avec Malika Tabti, directrice de la communication au Secours Populaire – partenaire du club – et Pascal Leandri, directeur général. « Les partenaires sont indispensables pour qu’un club puisse vivre. Nous partageons des valeurs communes avec les entreprises qui nous soutiennent, comme la solidarité. La niaque c’est bien, mais il faut pouvoir « L’intervention d’un acteur extérieur est un plus, car ça permet d’apporter une analyse non biaisée, estime Clarisse Moisand, la fondatrice de Wedo Studios. Surtout dans les grands groupes, où les changements de culture demandent plus de temps. » Autre point fort de cette collaboration ? Air Liquide a sollicité un sociologue et un designer, « des métiers qui n’existent pas chez nous », conclut Louis-François Richard. s’en servir ensemble pour qu’elle soit bénéfique » a précisé Marc-Olivier Albertini. Un événement suivi par 1 250 000 personnes sur internet, à revivre sur bpifrance.fr De gauche à droite, Sabina Cristova, Pascal Léandri, Malika Tabti, Patrice Bégay et Marc-Olivier Albertini. Entrepreneurs, Bpifrance vous soutient en prêt et capital, contactez Bpifrance de votre région  : bpifrance.fr. DR.  : Gilles Petipas



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