Le Parisien Economie n°1609S 16 sep 2019
Le Parisien Economie n°1609S 16 sep 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°1609S de 16 sep 2019

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Le Parisien Libéré

  • Format : (280 x 360) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 5,4 Mo

  • Dans ce numéro : le grand retour du transport fluvial.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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twipe_ftp LE LE PARISIEN LUNDI 16 SEPTEMBRE 2019 I ÉCO CAHIER 2 SPÉCIAL 2 À LA UNE @LeParisien_Eco L’économie fluviale portée par la vague verte Le secteur se positionne comme une alternative aux transports routier et ferroviaire. PAR VIRGINIE DE KERAUTEM ET CYRIL PETER La reprise sentie depuis un ou deux ans se confirme », avance prudemment Thierry Guimbaud, directeur général de Voies navigables de France (VNF), l’établissement public qui gère les infrastructures fluviales du pays. La France redécouvre le fort potentiel de ses 6 700 km de fleuves, rivières et canaux, le plus long réseau d’Europe. Du Rhin, le numéro un du continent en termes de tonnes acheminées, à la Gironde, où le tourisme est en plein essor. En déclin depuis les années 1970 au profit de transports plus rapides, le fluvial dispose pourtant d’atouts majeurs. « C’est le mode le plus massif, permettant d’assurer les convois les plus gros », explique-t-on chez VNF. Ils peuvent atteindre 180 m de long avec 4 500 à 5 000 t de marchandises, « l’équivalent de 250 camions ou 4 trains ». Des capacités qui permettent d’écraser les coûts unitaires et de diviser les prix de transport par trois ou quatre, par rapport aux voies routières. Le fluvial est aussi plus sûr. « Il y a beaucoup moins d’accidents isolés sur l’eau et le taux de fiabilité culmine à 98% », insiste Thierry Guimbaud. Un bilan flatteur comparé au transport routier ou au fret ferroviaire en perte de vitesse. En témoigne l’avenir incertain du train des primeurs qui relie Perpignan (Pyrénées-Orientales) au marché de Rungis (Val-de-Marne). LE RÉSEAU N’EST PAS SATURÉ Certes moins rapide que la route, ce mode transport présente plusieurs intérêts  : pour les céréaliers de la Beauce, qui exportent via le port du Havre (Seine-Maritime), pour les entreprises du bâtiment, qui carburent grâce au Grand Paris. D’autres sociétés, notamment dans l’Oise, se frottent les mains à l’idée de voir enfin le projet Canal Seine-Nord se concrétiser. Aménagé pour les grands transporteurs, il doit leur permettre de circuler de l’Ile-de-France aux ports de Dunkerque, d’Anvers (Belgique) ou encore de Rotterdam (Pays-Bas), le plus grand d’Europe. Il fera aussi le lien avec le réseau en direction de la Normandie. Autre avantage  : le fluvial n’est pas saturé. « Il est en capacité d’accueillir un trafic de fret trois à quatre fois plus important qu’aujourd’hui », assure le gestionnaire du réseau. Quant à l’argument environnemental, il pèse fort dans la balance. Oui, les bateaux polluent mais le secteur est mobilisé pour se convertir au modèle décarboné. Objectif  : faire du fluvial un levier incontournable de cette transition écologique. « LES ENTREPRISES MANIFESTENT UN APPÉTIT GRANDISSANT » Casino, avec Franprix, n’est pas la seule société à trouver des vertus au fluvial. « Dans une semaine, annonce Thierry Guimbaud, on va inaugurer Fludis, un nouveau concept avec un acteur du e-commerce. » Celui-ci va effectuer la préparation de ses colis et autres opérations de logistique sur le bateau pendant la durée de l’acheminement, depuis l’entrepôt à Gennevilliers (Hauts-de-Seine) jusqu’à Paris. Une fois à quai, plusieurs triporteurs électriques descendent du bateau, partent livrer les particuliers et reviennent à bord avant de repartir au dépôt sur l’eau. « Les entreprises manifestent un appétit grandissant pour les voies fluviales », confirme VNF. A Lille (Nord), Roquette, fournisseur de produits agricoles et médicaux, a prévu de combiner transport routier et entreprise, membre d’une coopérative dont les clients sont bâtisseurs ou céréaliers, Sébastien emploie une matelote, sa femme. « A deux, on gagne 4 000  € net pour 600 heures par mois », affirme-t-il. Debout à 5 heures transport fluvial. Les marchandises ne sont pas les seules à emprunter les fleuves. Ils sont 18 millions de passagers à s’être promenés ainsi en 2018, en hausse de 5% sur un an, pour voir le pays d’une autre manière. Mais ni les crues ni la sécheresse ne font bon ménage avec le fluvial. « On a dû fermer des canaux faute de « Avant on cherchait du boulot, aujourd’hui on cherche à partir en vacances » Sébastien Neyt, 31 ans, marinier IL PARLE DE SON MÉTIER de marinier avec passion. Sébastien Neyt, un Francilien de 31 ans, a hésité avant de suivre les traces de ses parents et son grand frère. « A la sortie de la 3e, je fais deux ans de CAP puis un an de bac pro, en exploitation terrestre, pour travailler dans un bureau, gérer les affrètements, les facturations, raconte-t-il. Rapidement, je me retourne vers mon métier de cœur  : la navigation. » D’abord comme intérimaire, puis en tant que gérant de sa société T.I.P.S, pour Transport industriel poussage et service. Mais à 20 ans, quelle galère pour trouver des financements… « La septième banque a accepté, se souvient-il, car ils connaissaient le parcours de mes parents et de mon frangin qui a un convoi du même type que le mien. » Composé d’un pousseur de 20 met d’une barge de 80 m pouvant transporter plus de 400t, le mastodonte des fleuves lui a coûté 1 M € . « J’ai encore un an de crédit pour amortir l’achat initial », précise le capitaine depuis sa timonerie, qui s’élève jusqu’à 12 m du niveau de l’eau. 4000  € NET À DEUX Entre les travaux du Grand Paris qui demandent du sable, composant du béton, et la recherche d’alternatives aux camions pollueurs, les affaires tournent à plein régime. « Avant on cherchait du boulot, aujourd’hui on cherche à partir en vacances », insiste le marinier, qui s’est lancé au lendemain de la crise de 2009. Pour faire tourner son Sébastien pilote un pousseur de 20 m équipé d’une barge de 80m. Port de la Bourdonnais, Paris (VII e) , mardi soir. Depuis 2012, les pâtes, conserves et autres produits secs des 300 magasins Franprix de Paris et de sa proche banlieue arrivent par la Seine. pour décharger la marchandise, le couple navigue sur la Seine en moyenne 6 heures par jour pour finalement se poser en début de soirée. Et profiter du jacuzzi ou du barbecue, installés à l’arrière du navire, leur domicile.C.P. profondeur à certains endroits », annonce VNF. Chargé également de gérer la ressource en eau, l’organisme cherche à constituer des réserves et les réinjecter en temps voulu dans le réseau. Les travaux de modernisation sont estimés à 240 M € par an pendant dix ans pour tout remettre à flot  : des barrages aux installations portuaires. LP/DELPHINE GOLDSZTEJN LES CLÉS I 29,7 millions de tonnes transportées par fret fluvial en 2018 (+ 5,2%). Un trafic porté par les bassins Nord, Seine-Oise et Rhône-Saône. I 40 000 ha de domaine public fluvial. I 5 fois moins de CO 2. C’est le bilan carbone du transport par bateau comparé à son équivalent routier. I 17 735 bateaux de tourisme en France (plaisance privée, péniches-hôtels, bateaux promenade sauf en Ile-de- France, bateaux de location et paquebots fluviaux hors Rhin). I 630 M € , c’est ce que rapporte le tourisme fluvial aux territoires qui profitent de ses retombées. Source  : VNF.
twipe_ftp 3 a CAHIER SPÉCIAL LUNDI 16 SEPTEMBRE 2019 LE LE PARISIEN www.leparisien.fr/ecoÀ LA UNE Pour Franprix, « c’est plus lent », mais fiable Outre l’aspect écologique, l’enseigne met en avant la ponctualité du transport fluvial. PAR CYRIL PETER LP/PHILIPPE DE POULPIQUET ACCOSTAGE vers 20 heures, déchargement le lendemain à partir de 5 heures pour une livraison avant 13 heures… Depuis 2012, les produits secs — riz, pâtes, conserves… — des 300 magasins Franprix à Paris et petite couronne arrivent par la Seine. « On peut arroser jus- qu’à 150 points de vente par jour », précise Arthur Caron, directeur des opérations. L’enseigne a embarqué dans cette aventure deux partenaires. SCAT, une coopérative de mariniers, achemine en fin de journée la marchandise, de Bonneuil-sur-Marne (Val-de- Marne) au pied de la tour Eiffel. Sur le quai, coureurs et cyclistes défilent. Sur le fleuve, les bateaux touristiques se succèdent. « C’est dur de s’endormir avant une heure », reconnaît le capitaine, qui loge avec sa famille à l’arrière de ce navire long de 100m. 20% DE CO 2 EN MOINS PAR AN Le déchargement des conteneurs a lieu le lendemain matin, quand le port est fermé au public, sécurité oblige. Il est confié à XPO Logistics dont les camions diesel ou gaz ravitaillent les magasins. Au total, une quinzaine de manutentionnaires et chauffeurs sont mobilisés. « Trois heures de navigation pour faire 20 km, c’est plus lent que la route, concède Arthur Caron. Mais on a moins de congestions. Un camion fait trois, quatre tours par jour. Du coup, on respecte les horaires des livraisons et le personnel en magasin ne se mobilise que trente minutes pour réceptionner la marchandise. » Les trajets routiers étant plus courts, le bilan carbone est meilleur  : - 20% d’émissions de CO 2 par an, estime Franprix. Et d’un point de vue business ? « Les deux, trois premières années, il y a eu un surcoût par rapport au transport routier. On partait d’une feuille blanche. Aujourd’hui, le transport fluvial a le même coût », affirme Arthur Caron. Enfin, l’expérience a permis à Franprix d’anticiper les changements de réglementations  : politique anti-diesel, restriction des accès aux poids lourds… CroisiEurope et l’atout du tourisme C’EST LE CHAMPION européen de la croisière fluviale avec un chiffre d’affaires de 172 M € , qui a grimpé de 32% en quatre ans. Depuis 1999 et le passage de témoin entre le fondateur et ses enfants, l’entreprise familiale CroisiEurope s’est métamorphosée. « On est passé d’un à 56 bateaux en propre dans le monde », illustre Eric Collange, son directeur commercial France. Et la compagnie propose chaque année de nouvelles destinations, très éloignées de sa base située à Strasbourg (Bas-Rhin)  : Namibie, Canada, Chili… En France, le prix moyen par personne est de 780  € la semaine. Ses clients historiques sont des retraités, français ou étrangers, fans du tout inclus (sauf les vins). Mais depuis quelques années, le groupe attire aussi des couples de quadras, des familles… Résultat d’une politique d’investissement dans de nouveaux navires, mode r nes, ave c w i-fi g ratuit, et d’innovations  : excursions à vélo, gratuité pour les moins de 16 ans en juillet et août… « Pour les parents, ce ne sont pas des vacances idiotes », avance-til. Car l’avantage de la croisière fluviale, c’est que le bateau « à taille humaine » de 130 passagers en moyenne accoste dans le centre-ville, près des commerces et musées. Les comités d’entreprise, de Renault à Point P, sont de plus en plus nombreux. « On passe par les agences de voyages, qui ont compris l’intérêt de privatiser nos bateaux », explique-t-il. Et la tendance est de « voyager en tribu ». Coût  : de 20 000 à 30 000 € la semaine, pour les 30 ans de mariage des parents par exemple. Alors, ringarde, la croisière sur le Rhin ? « C’est dans l’air du temps, croit Eric Collange. Pour les cadres et professions libérales, le fleuve, c’est comme le cinéma 3D. A condition d’être un peu contemplatif. » C.P. Port de la Bourdonnais, Paris (VII e) , mercredi matin. Les marchandises sont chargées sur des camions roulant au diesel ou au gaz qui iront approvisionner chaque point de vente de l’enseigne. La compagnie alsacienne a su séduire une nouvelle clientèle avec ses bateaux « à taille humaine » et modernes. CROISIEUROPE LP/DELPHINE GOLDSZTEJN 3 ÉCO Mana Man Man MM MM Man Man nanan agenda Mardi La loi Pacte expliquée aux TPE-PME En quoi la loi Pacte simplifie la vie des entreprises ? C’est le thème du business café organisé dans les locaux de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) des Hauts-de- Seine. Un événement gratuit pour les dirigeants de TPE-PME et entrepreneurs qui auraient besoin d’un éclairage sur la réforme. Mardi 17 septembre, de 8 h 30 à 10 h 30 à la CCI 92, 55, place Nelson-Mandela, Nanterre. Inscription obligatoire sur www.entreprises.cci-parisidf.fr. A partir de jeudi Un vent d’innovation souffle sur les campus Le départ sera donné, ce jeudi, à Grenoble (Isère). Le Deeptech Tour, piloté par Bpifrance, réunit sur les campus universitaires de France les acteurs économiques locaux et les structures d’accompagnement pour inciter à entreprendre dans les nouvelles technologies. L’événement se compose en vingt étapes, soit vingt demijournées. Au programme  : témoignages de chercheursentrepreneurs, ateliers sur les « clés avant d’entreprendre » ou « comment trouver mon marché » … Programme des étapes sur bpifrance.fr. Le livre Rugbymen et collaborateurs, même combat Son équipe a déjoué les pronostics pour devenir champion de France 2018 de rugby. Christophe Urios, entraîneur de Castres, est réputé pour son leadership. Pendant un an, l’ex-talonneur a été accompagné par Frédéric Rey-Millet, expert en innovation managériale et « passeur de compétences » entre le monde du sport et celui de l’entreprise. Conclusion  : l’esprit de conquête, la capacité à se relever après un échec et l’art de la synthèse qui caractérisent Urios sont source d’inspiration pour les managers d’aujourd’hui. « 15 leçons de leadership » par Frédéric Rey-Millet et Christophe Urios, Editions Eyrolles, 208 pages. Prix  : 19,90  € . mrcesouremsfe CHRISTOPHE LIRIOS ebe Ellfeelemlift FICIRSIMEMIte iTH. ; "-L E MEILLEUR NE S'ARRÈTEMMAiF



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