Le Parisien Economie n°131S 31 jan 2017
Le Parisien Economie n°131S 31 jan 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°131S de 31 jan 2017

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Le Parisien Libéré

  • Format : (280 x 360) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 9,8 Mo

  • Dans ce numéro : les idées des entrepreneurs pour la présidentielle.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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twipe_ftp LE PARISIEN MARDI 31 JANVIER 2017 ÉCO 2 À LA UNE @LeParisien_Eco PAR JEAN-LOUIS PICOT PROPOS RECUEILLIS PAR VIRGINIE DE KERAUTEM Vous faites partie des entrepreneurs qui comptent en France. Cela vous rend-il fier ? Je ne regarde pas souvent dans le rétroviseur mais je me dis que ce n’est pas si mal pour un début. On a réussi la phase 1, la phase 2 est pour la prochaine décennie. BlaBlaCar est une idée simple, accessible et utilisée par tous. Cela permet de se dire que pour créer une belle société, pas besoin d’une idée très compliquée. C’est du bon sens social, écologique et économique. Pensez-vous que l’entrepreneuriat et l’échec s’apprennent ? Vouloir être entrepreneur, cela peut venir à n’importe quel âge. Néanmoins, se lancer dans l’entrepreneuriat sans aucune expérience est dangereux et l’enseignement doit répondre à cela. Ensuite, la meilleure chose à faire est d’aller rejoindre une petite équipe. Comme il faut tout faire dans une start-up, on apprend beaucoup et on est prêt à Ce sera l’un des enjeux majeurs pour le nouveau président de la République dans quelques semaines  : réunir les condit i on s qui p e r met t r on t a u x entreprises françaises d’exploiter à plein régime leur formidable potentiel. Le futur chef de l’Etat et son équipe gouvernementale devront faire preuve d’imagination, d’audace et de savoir-faire. D’écoute aussi… Start-up en devenir, champion du CAC 40, artisan héritier d’une tradition, forces vives des TPE et PME, autoentrepreneur, ou encore porteur de projet, sont incontestablement les mieux placés pour faire remonter les difficultés rencontrées jour après jour. Envisager les réponses à y apporter également. Ils le démontreront cette semaine à Paris pour la 24 e édition du Salon des entrepreneurs, dont le slogan « Créer, réinventer, oser, innover », a de quoi faire rêver un futur locataire de l’Elysée. Les candidats ne s’y sont pas trompés puisqu’une majorité d’entre eux ont déjà annoncé leur venue au Palais des congrès de Paris (XVII e). Partenaire du salon, « Le Parisien Eco » lance à cette occasion une grande consultation en vue de l’élection présidentielle. En créant un nouveau rendez-vous, « Moi, entrepreneur… » (Leparisien.fr/moientrepreneur), nous nous engageons à relayer les doléances auprès des candidats à l’Elysée à qui, le moment venu, il sera proposé de réagir via notre journal (lire ci-dessous). UN PARRAIN DE RENOM Frédéric Mazzella, créateur et patron de BlaBlaCar, a accepté en tant que « parrain » de l’opération de se prêter au jeu pour ce lancement. Michel- Edouard Leclerc, l’entrepreneur qui se glisserait le mieux dans le costume de ministre de l’Economie selon un sondage (voir ci-contre), aussi. Nous avons également rencontré le couple Radigon, à la tête d’une PME savoyarde, un hôtelier francilien et un autoentrepreneur prof de yoga. Ce casting volontairement hétéroclite illustre notre état d’esprit et notre ambition  : qu’elles émanent de personnalités — connues ou pas, quelles que soient leur activité et la taille de leur entreprise — les propositions constructives sont bonnes à partager, a fortiori avec des candidats à la fonction suprême. Sans esprit partisan, nous avons envie de croire que les méthodes appliquées ou les questions posées par les uns peuvent servir aux autres. Les idées au pouvoir ? Chiche ! « Un nouveau modèle de formation » Frédéric Mazzella, fondateur et président de BlaBlaCar créer la sienne. Si on n’y arrive pas, ce n’est pas grave, il faut persévérer. C’est l’une de nos valeurs chez BlaBlaCar. Les Anglais disent « fail » que l’on traduit par échec mais cela renvoie à une notion trop définitive, sans espoir. Plusieurs candidats à la présidentielle sont attendus au Salon des entrepreneurs, quel message aimeriez-vous leur transmettre ? Nous vivons une 3 e révolution industrielle. On a eu la vapeur, l’électricité et maintenant le digital. A chaque fois, il y a un impact sur les métiers et leur apprentissage nécessite un temps d’adaptation. Cette fois, certains métiers vont changer sur une échelle de 20 ans contre 60 ou 80 ans pour les cycles industriels précédents. L’enjeu éducatif est donc d’aider tout le monde à avancer dans son parcours professionnel en se formant régulièrement. C’est une sacrée remise en question. Que suggérez-vous ? Chez BlaBlaCar, par exemple, une majorité de métiers n’existaient pas il y a 5 ans. On est en train de les créer. La connaissance de ces métiers se trouve chez nous, en entreprise. Je prône un modèle d’apprentissage en continu très contemporain. Il faut trouver un moyen d’extraire cette expertise des sociétés et les inciter à partager ce savoir au plus grand nombre. Je souhaite aussi pousser l’utilisation massive des technologies numériques pour la diffusion de la connaissance. Je pense notamment aux systèmes d’enseignement en ligne comme les MOOCs (NDLR  : cours en ligne gratuits) qui font gagner du temps à tout le monde avec beaucoup de flexibilité. › « Chers candidats à l’Elysée... » ÉVÉNEMENT L’édition 2017 du Salon des entrepreneurs s’ouvre en pleine campagne présidentielle. Avec 40 millions de membres dans 22 pays, BlaBlaCar apparaît comme l’un des fleurons de la netéconomie française. GETTY IMAGES/WESTEND 61. LP/OLIVIER CORSAN. A vous la parole ! ès aujourd’hui, « Le Parisien Eco » donne la parole aux D entrepreneurs pour qu’ils évoquent leurs problématiques et les partagent le plus largement possible. A la veille de l’élection présidentielle, un panel de leurs témoignages et propositions sera soumis aux candidats, à qui il sera proposé d’y réagir. Pour participer, quelles que soient la taille de votre entreprise et son activité, ou même si vous êtes simplement porteur d’un projet entrepreneurial, rendez-vous sur notre site Internet  : www.leparisien.fr/moientrepreneur Trois étapes vous sont proposées  : 1. La présentation de votre entreprise ou projet. 2. Partager votre problématique, vos difficultés. 3. La question ou proposition que vous souhaiteriez soumettre aux candidats à la présidentielle. Le maximum de contributions seront mises en ligne dès cette semaine. Une partie de celles-ci seront également publiées dans « Le Parisien Eco », le supplément hebdomadaire du « Parisien-Aujourd’hui en France » et relayées par notre partenaire, France Info. A vous de jouer ! L
twipe_ftp MARDI 31 JANVIER 2017 LE PARISIEN 3 www.leparisien.fr/ecoÀ LA UNE ÉCO « Alléger les procédures » Marie-Hélène Radigon, codirigeante de ESP Groupe, PME savoyarde « LUI, C’EST LE LONG TERME, moi le court terme », résume Marie-Hélène Radigon qui codirige ESP Groupe avec René, son mari. Basé à Annecy (Haute-Savoie), le fabricant de pompes hydrauliques, à destination de l’industrie automobile et des spécialistes du traitement de l’eau, compte 15 salariés. « Pour une petite structure, on a l’avantage d’être deux, commente-t-elle. Mon mari s’occupe de la stratégie de développement, planifie la production. Moi, je passe 70% de mon temps à jongler entre le social et la comptabilité. » René, Les entrepreneurs que les Français nommeraient ministre de l'Economie Qui choisiriez-vous pour défendre les entreprises et relancer la croissance ? 19% Xavier NIEL (Free/Iliad) 21% Michel-Edouard LECLERC (E. Leclerc) (00 22% Ne se prononce pas Source  : Palmarès des Entrepreneurs préférés des Français, réalisé par BVA pour « Les Echos Entrepreneurs » et « Le Parisien Economie » à l'occasion du 24 e Salon des entrepreneurs de Paris. Enquête réalisée auprès d'un échantillon de 1 227 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Marges d'erreur  : 1,8 à 2,5 points. * Propriétaire du « Parisien - Aujourd’hui en France ». 1 2 3 16% Bernard ARNAULT (LVMH)* Marie-Hélène Radigon et son mari René, dirigeants de ESP Groupe. 59 ans, est souvent « freiné par le manque de trésorerie, alors qu’on a des supers opportunités, notamment en Chine ». De « Favoriser les indépendants » Guillaume Stora, professeur de yoga, autoentrepreneur IL A QUITTÉ LE MONDE DE L’ASSURANCE pour donner des cours de yoga en indépendant. Depuis un an, ce Parisien de 33 ans jongle entre cours particuliers, collectifs et en entreprise. « Les gens pensent que le yoga est utile sur le lieu de travail. D’ailleurs, en Ile-de- France, il y a beaucoup d’offres et la concurrence est très forte », constate Guillaume Stora, qui distribue des flyers dans la rue et démarche des comités d’entreprise dans l’espoir de trouver de nouveaux clients. Pour les cours à domicile, le nouveau prof a choisi de se démarquer. Il utilise le dispositif du service à la personne, « pas réservé uniquement au jardinage et aux tâches ménagères ». Objectif  : rendre son offre plus accessible, grâce à la déduction fiscale de 50% pour les clients. Mais pour l’autoentrepreneur, ce sont des dépenses supplémentaires  : « J’ai dû créer une autre structure. Cela m’a obligé à faire un deuxième contrat d’assurance ». S’il a trouvé « facile » la création du statut d’autoentrepreneur, Guillaume dénonce le poids des charges. « Dès qu’on commence à gagner un peu (NDLR  : 20 000 € de chiffre d’affaires annuel), on se retrouve très vite à payer cher  : 22,9% de charges sociales et 14% d’impôt sur le revenu. » Sa solution ? Etaler le prélèvement d’impôt ou créer une niche fiscale pour les indépendants, TPE et PME du secteur culturel.C.P. DR. DR. « Ministre de l’Economie, pourquoi pas ? » Michel-Edouard Leclerc, PDG de l’enseigne E. Leclerc PROPOS RECUEILLIS PARC.P. son côté, la dirigeante de 47 ans suit des formations, en droit notamment, pour « se tenir au courant des évolutions ». Car nistres Pierre Bérégovoy et Michel Rocard. C’étaient plus des allusions que des propositions. Aujourd’hui, je viendrais volontiers. A condition de travailler sur un projet à long terme p our r é a f f i r me r l e leadership de la France en Europe, avec un programme économique axé sur les moteurs de la croissance de demain  : l’énergie, la santé et les grands équipements. Si j’étais ministre, je transformerais Bercy en un DR. son entreprise, qui pèse 3 M € de chiffre d’affaires annuel dont 25% réalisés à l’export, n’a pas les moyens de recruter un temps plein pour « faire face à la charge administrative qui augmente ». Sa crainte ? Le prélèvement à la source, prévu en 2018. « L’entreprise fait le boulot de l’administration », regrette-t-elle. « Etranglée », Marie-Hélène souhaite que le prochain président « allège les procédures de déclarations », c on c e r n a n t l a r et r ai t e et l’Urssaf notamment, pour les entreprises de moins de vingt salariés. CYRIL PETER « Abroger l’état d’urgence » Aldric Duval, hôtelier, à la tête de trois établissements « ON NE PEUT PAS DÉLOCALISER le tourisme, c’est pour ça que c’est précieux. » Aldric Duval, hôtelier depuis quinze ans, est inquiet. Sa PME de 24 salariés, en poste dans trois établissements à Paris et dans le Val-d’Oise, fait face à une baisse de fréquentation de 20% depuis les attentats de janvier 2015. « Les équipes de nuit et de ménage ont une activité partielle et donc moins de revenus », déplore-t-il. Son idée pour attirer les étrangers ? Abroger l’état d’urgence en maintenant le plan Vigipirate. « Les compagnies d’assurance en profitent pour demander une assurance spéciale attentat. Arrêtons de crier qu’on est en guerre ou, au moins, changeons l’appellation. » A ces touristes qui boudent la capitale s’ajoute la concurrence de la plate-forme de location entre particuliers Airbnb. « Soit vous imposez la TVA aux loueurs, soit vous la supprimez pour tous. Mais sans taxes, notre modèle social est menacé. » Alors que « des pans entiers de l’économie basculent dans le noir », le patron suggère la création d’« un ministère de l’anticipation, qui travaille pour le futur président ». Son rôle ? Penser aux métiers de demain, face à l’émergence d’une économie collaborative, voire souterraine. Car si destruction du salariat il y a, « les travailleurs n’auront plus de protection. » C.P. « JE SUIS TOUCHÉ par cette popularité et cette confiance exprimées dans ce sondage (lire ci-contre). Je me sens investi d’une responsabilité collective. Ministre de l’Economie, pourquoi pas ? J’ai déjà été sollicité par René Monory (NDLR  : ministre de l’Industrie, puis de l’Economie à la fin des années 1970), puis par les Premiers migroupe de conseil de l’entrepreneuriat. Je ferais beaucoup plus appel à des entrepreneurs qui ont réussi pour aller, par exemple, renégocier des traités internationaux. Le problème, c’est que Bercy est une citadelle où il y a beaucoup d’inertie. C’est un ministère aux ordres du politique, qui n’est pas en mesure de créer des emplois, contrairement aux entreprises. Chez nous, on a créé 10 000 emplois sur 3 ans. Mais franchement, j’ai l’impression que je suis plus utile et efficace dans mon rôle d’entrepreneur influent. » DR. DR. 1 Erte Sal o ? hreus 5 BONNES RAISONS DE S’Y RENDRE ÉLARGIR SON RÉSEAU « C’est le poumon du salon. Les visiteurs peuvent, sans rendez-vous, présenter leur projet ou leur activité, comme un speed dating, pendant 4 minutes devant un autre entrepreneur. En complément, il est possible de discuter pendant 30 minutes avec plusieurs acteurs d’un même secteur. L’objectif est de repartir avec plein de cartes de visite et trouver des axes de collaborations futures. » Madjid Yahiaoui, coordinateur de l’espace networking du salon, responsable Master Entrepreneuriat à Paris School of Business. 2 RENCONTRER DES STARS « Le salon est un lieu d’échanges avec ses pairs. Pouvoir discuter entre entrepreneurs de toutes les problématiques que l’on rencontre en début ou en milieu de parcours permet de prendre la meilleure voie possible vers le succès sans tout réinventer. L’exemple de BlaBlaCar montre que c’est possible de créer une belle société. Et si parler de mon expérience peut enlever des freins… » Frédéric Mazzella, président-fondateur de BlaBlaCar. 3 FAIRE FRUCTIFIER SON BUSINESS « Le nerf de la guerre pour un entrepreneur est de vendre. Il doit être le premier commercial de son entreprise. Cela s’apprend. Mon animation I love business propose 10 conférences par jour et des exercices pratiques. Grâce à des jeux de rôle, on apprend à vendre son projet, son produit, son service, son business plan… Une centaine de places sont disponibles, sans RDV. » Evelyne Platnic Cohen, fondatrice et dirigeante de Booster academy, centre d’entraînement intensif à la vente. 4 BÉNÉFICIER DE CONSEILS TECHNIQUES « Quel est le statut social le plus approprié à ma future entreprise ? Mon business plan est-il solide ? Les porteurs de projet d’entreprises et les TPE n’ont pas les ressources internes pour résoudre ces questions très techniques. Une quarantaine d’experts comptables se relaient pendant le salon pour échanger et apporter leurs conseils lors d’entretiens individuels. C’est plus facile que de pousser la porte d’un cabinet. » Philippe Arraou, président du Conseil supérieur de l’Ordre des experts-comptables. 5 SE FORMER AU NUMÉRIQUE « Les TPE-PME étant insuffisamment présentes en ligne, il est important de pouvoir les accompagner dans cette démarche. Sans aller jusqu’à la création d’un site Internet, une simple page Facebook, accessible sur mobile, peut suffire à élargir la clientèle d’un boulanger ou d’un serrurier. Les visiteurs ont donc accès à des sessions de formation sur notre stand ainsi qu’à une zone d’apprentissage avec quatre bornes digitales. » Mathieu Laporte, responsable PME chez Facebook.



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