Le Parisien Economie n°1130S 30 nov 2015
Le Parisien Economie n°1130S 30 nov 2015
  • Prix facial : 1,20 €

  • Parution : n°1130S de 30 nov 2015

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Le Parisien Libéré

  • Format : (278 x 375) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 9,5 Mo

  • Dans ce numéro : les PME en pointe sur le climat.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 6 - 7  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
6 7
I 06 ÉCONOMIE LA RENCONTRE L’INVITÉ DE LA SEMAINE « Un monde plus chaud de quatre degrés sera impossible à assurer » Enquinzeans,ilafaitd’AXA,quiaréalisé92milliardsd’eurosdechiffred’affairesen2014, le premier groupe d’assurance mondial. Henri de Castries, 61 ans, attend de la COP21 qu’elle définisse une vision d’avenir et des mesures à la hauteur des enjeux climatiques. Le chiffre À RETENIR 3 Mds d’euros C’est le montant des investissements verts qu’AXA s’est engagé à atteindre d’ici 2020. LE PARISIEN ÉCONOMIE I LUNDI 30 NOVEMBRE 2015 milibris_before_rename HENRI DE CASTRIES, PrésidentDirecteurGénérald’AXA (LP/Olivier Corsan.) Comment avez-vous vécu les attentats du 13 novembre ? Comme tous les Français, c’est bien sûr la peine, l’effroi et la colère qui m’ont saisi. Nous avons la chance de ne pas déplorer de victimes parmi nos collaborateurs, mais plusieurs d’entre eux ont perdu des très proches. Je pense bien sûr beaucoup aux victimes et à leurs familles. Je salue aussi les équipes de secours et les forces de l’ordre, qui vont être à nouveau mobilisées pour la conférence sur le climat. Attendez-vous un résultat de la COP21 qui s’ouvre aujourd’hui ? Oui, nous souhaitons qu’elle débouche sur des mesures concrètes. En tant qu’assureur, notre métier est d’éviter les catastrophes en encourageant les changements de comportement, mais aussi de comprendre ce que nos assurés peuvent subir. Les évolutions climatiques sont un enjeu crucial. En effet, une augmentation de deux degrés de la température moyenne dans le monde peut encore être assurable, mais ce qui est certain, c’est qu’une hausse de quatre degrés ne l’est pas. Elle entraînera inévitablementunemontéedesocéans,or80% de la richesse mondiale est concentrée lelongdescôtes. Vous ne partagez pas le scepticisme de certains sur ce sommet ? Pour réussir, il faut un juste équilibre entre fatalisme et triomphalisme. Si les gens pensent que tout est gagné d’avance, ce n’est pas bon. Ces processus multi latéraux sont très compliqués mais je trouve que les autorités françaises ont œuvré avec énergie et obstination pour essayer d’obtenir des avancées significatives. Et je vois plusieurs points d’évolution positifs. Lesquels ? Le premier est qu’aujourd’hui, plus personne n’est dans une posture de dénégation. Il y a une convergence entre l’opinion, la communauté scientifique et les décideurs. Deuxième point, depuis Copenhague(NDLR, la COP15 en 2009), les grands Etats ont évolué, notamment la Chine et les Etats-Unis. Côté américain, le président Obama sait que cela va s’inscrire au bilan de son action et en a fait une priorité, tandisquelaChinefaitfaceàuneopinion publique extrêmement sensible à la question de l’environnement, qui pousse son gouvernement à agir. Comment entraîner les pays en voie de développement ? Nous sommes en train de sortir du débat stérile pays développés contre pays émergents, qui ont longtemps dit  : « Faites les efforts d’abord et nous, nous les ferons quand nous seronsriches ».Làaussi,leschosesbougent. Les Philippines ont ainsi réussi à fédérer vingt Etats définis comme fragiles par la Banque mondiale. Les Etats pauvres ont compris que si rien ne change, leurs populations seront les principales victimes. Enfin, cette fois-ci,ilyauneprisedeconscienceet un engagement véritable du secteur privé. Or dans le monde, c’est essentiellement le secteur privé qui investit. Que fait AXA dans ce domaine ? En tant qu’investisseur, d’une part, nous avons le pouvoir d’arrêter d’investir dans certains secteurs. C’est ce que nous avons fait en annonçant notre décision de sortir du charbon. Si tout le monde adopte la même démarche, cela crée une régulation avec un effet d’entraînement vertueux. Nous nous sommes également engagés à multiplier par trois nos investissements verts. D’autre part, en tant qu’assureur, nous pouvons aider à modifier les comportements. L’aggravation des catastrophes naturelles est très largement liée à des comportements collectifs dont nos clients sont les principales victimes. La France est régulièrement frappée. Quel est le bilan des récentes inondations sur la Côte d’Azur ? Au total, il s’élève à 650 millions d’euros. Notre priorité est de faire redémarrer l’activité économique le plus vite possible. La totalité des expertises a été réalisée début novembre et les premiers règlements et provisions ont aussitôt été débloqués. Cela, concerne le volet réparation, le plus visible. Souvent moins connu, le volet prévention est tout aussi fondamental. L’assureur et son client poursuivent le même but  : ni l’un ni l’autre ne souhaite que le risque survienne. Comment cela influence-t-il votre stratégie ? Le changement de comportement diminuant le risque, la prévention va devenir un outil de modulation de la prime. Il est normal qu’un fumeur paye plus qu’un non-fumeur. La limite de la liberté individuelle c’est le respect de l’équilibre collectif. D’autre part, en matière d’analyse des données et de cartographie des risques,lebigdatanouspermetunemodélisationdeplusenplusfine.Ainsi,il est possible de croiser les relevés météo, sur plusieurs dizaines d’années, avec des fichiers sur la nature des immeubles. C’est un outil prédictif ? Cela nous permet effectivement d’anticiper, en minimisant les risques que l’événement se produise, ou en en mesurant mieux les conséquences. Par ailleurs, le digital nous ouvre des perspectives illimitées en matière de services à nos clients. Un drone à 300 euros pourrait très bien venir photographier votre toit  : plus besoin d’attendre qu’un expert se déplace en cas de dommages. Nous sommes devant une magnifique caisse à outils, qui nous permet de beaucoup mieux appréhender vos risques. Encore faut-il réussir à transformer un groupe de la taille d’AXA ? Etre une entreprise de 161 000 salariés avec un métier établi depuis longtemps peut effectivement être un inconvénient. Tout le monde se dit  : pourquoi changer ce qui marche ? Sans compter les réticences humaines à l’innovation. C’est le rôle des managers de convaincre leurs équipes. Mais être un groupe international permet aussi d’observer ce qui se passe partout dans le monde. En 2014, nousavonsouvertun « AXALab » en Californie, qui nous a fait faire un pas de géant en terme d’intelligence dans le domaine du numérique. Comment cela se traduit-il pour les clients français ? Chez AXA France, nos huit millions d’assurés bénéficient désormais d’applications comme Mon AXA, qui regroupe toutes les informations concernant ses contrats, ou AXA Drive, qui facilite vos déplacements, que vous soyez assuré chez nous ou pas. La questiondebaseesttoujourslamême  : comment améliorer la relation avec notre client ? Au final, c’est toujours lui qui choisit et les entreprises qui se retranchent sur leurs acquis vont disparaître. Une course est engagée entre la vitesse de déploiement de la technologie et la capacité de la distribution traditionnelle à se l’approprier. Les agents généraux qui distribuent vos produits sont-ils prêts pour cette mutation ? Les outils technologiques changent, pas le métier d’agent  : le fonds de notremétierestetresteleconseil.Certains de nos agents sont des représentants de la quatrième génération. Leur arrière-grand-père, leur grand-père, leur père se sont tous adaptés à des « Lebigdatapermet uneanalysedeplusenplusfine des risques » mutations importantes. Dans la Silicon Valley, les agents d’assurance n’ont pas disparu. Ce n’est pas à un robot qu’on confie ses projets de vie. Le digital est une chance pour AXA ? AXA détient 2,8% du marché mondial. Ce que je dis à nos équipes, c’est que cette révolution menace peut-être nos2,8%,maisellenousdonneaussi accès aux 97,2% restant. Partout dans le monde, nos clients veulent être protégéscontrelerisque:c’estlecœurde leur demande. Le numérique est une formidable opportunité, tout comme la COP21 qui doit définir une vision. BÉNÉDICTEALANIOU
milibris_before_rename « 1 »...eeNGie Avec ENGIE, l'énergie est maintenant pleine de créativité. Avec ses nouveaux services à l'énergie, ENGIE permet à chacun de maîtriser sa consommation 1 et ainsi de participer à la transition énergétique. engie.com L'énergie est notre avenir, économisons-la ! ENGIE  : SA AU CAPITAL DE 2 435 285 011 € - RCS NANTERRE 5 42 107 65 1 - Ge tty Images.



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :