Le Parisien Economie n°1130S 30 nov 2015
Le Parisien Economie n°1130S 30 nov 2015
  • Prix facial : 1,20 €

  • Parution : n°1130S de 30 nov 2015

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Le Parisien Libéré

  • Format : (278 x 375) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 9,5 Mo

  • Dans ce numéro : les PME en pointe sur le climat.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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I 26 CARRIÈRES AU CŒUR DE L'EMPLOI (DR.) STRATÉGIE Ces recruteurs qui veulent protéger la planète Après un développement en dents de scie, le secteur des énergies renouvelables prend un nouveau départ. Les entreprises n’hésitent pas à former elle-mêmes leurs salariés. LE PARISIEN ÉCONOMIE I LUNDI 30 NOVEMBRE 2015 Bern TERREL Directeur associé chez Arthur Hunt Comment se porte l’emploi dans les énergies renouvelables ? Entre 2005 et le Grenelle de l’environnement en 2007, on a évoqué plusieurs centaines de milliers d’emplois potentiels. Des prévisions sans doute trop optimistes, car on n’a jamais atteint ce niveau. Les belles incitations fiscales se sont arrêtées il y a deux ans, certaines entités et startup ont même fermé, et actuellement, on est très en retard par rapport à des voisins européens comme l’Allemagne, les Pays-Bas ou les pays scandinaves. Aujourd’hui cela reste une niche. Mais on observe quand même un vrai frémissement. Officiellement, le but reste d’atteindre en 2020 la production d’un quart de notre énergie grâce aux ressources renouvelables. On n’en est encore loin mais l’objectif est là. Quels sont les métiers porteurs ? Il y a deux secteurs porteurs  : le bâtiment et l’énergie. On recrute notamment des ingénieurs études en énergies renouvelables et efficacité énergétique, et des ingénieurs thermiciens pour optimiser la consommation d’énergie et les intégrer milibris_before_rename L’AVIS DE... « Le bâtiment et l’énergie sont en pointe » dans le bâtiment. On trouvera là de belles opportunités pour les jeunes diplômés qui peuvent être facilement embauchés après un stage, par exemple, sans davantage d’expérience. Ces candidats peuvent faire de belles carrières et devenir manager, et suivre, à terme, des projets de bout en bout, de la conception à la mise en service. Mais on va aussi chercher des chefs de projet ou chargés d’affaires avec trois à cinq ans d’expérience, voire des experts avec dix ans d’expérience. Pour ces profils, les demandes augmentent et on observe des tensions. Quelles sont les formations appréciées ? Elles sont de plus en plus larges, aussi bien dans les écoles d’ingénieurs que dans les universités où l’offre devient intéressante. Le marché est moins discriminant pour les universitaires dans ce domaine-là que dans d’autres. A côté des écoles spécialisées reconnues (Supelec, Ensam, ENISE à Saint-Etienne, INSA de Rouen, polytech Orléans ou Nantes, Ense3 Grenoble), et des école généralistes (Supelec, Ensam), on note une forte montée en puissance des diplômes universitaires avec des Master en énergies nouvelles et renouvelables. A l’embauche, le décalage de rémunération peut être de 15% à 20% mais il se lisse assez vite au bout de trois à cinq ans. (PhotoPQR/Le Télégramme/Sylvain Rigo.) 10 840 emplois dans la filière. (fin 2013,source:Observ’ER) on aura bientôt du pain sur la planche. Beaucoup de travail, « Normalement, suivi de beaucoup d’embauches. » Fabien Kayser reste prudent mais optimiste. Le président d’Ostwind, une entreprise spécialisée dans l’exploitation de l’énergie éolienne, attend les effets de la nouvelle loi sur la transition énergétique votée en août. « On prévoit en général entre sixmoisetunanpourquel’administration s’adapte. On a déjà enregistré une petite croissance cette année. Ensuite, si les déclarations du ministère sont suivies d’effet, on vapasserde10000MWinstallés actuellementà25voire30000en 2023. » « Disons qu’il y a eu comme un vrai-fauxdémarrageilyaunedizaine d’années, observe Alexis Eychenne, consultant au cabinet Hudson. Le « green » était la mode et on a beaucoup embauché dans l’éolien et le photovoltaïque. Mais le marché n’était pas suffisamment préparé ni réceptif. » Alexis Eychenne affirme toutefois que les temps changent. « Aujourd’hui, l’idée est bien ancrée dans l’opinionquec’estunenjeupourla planète et que cette évolution est inéluctable. » Pour autant, les nouveaux profils recrutés ne sont pas toujours forcément ceux que l’on imagine. « Cette révolution va s’appuyer sur une nouvelle façon de consommer l’énergie, témoigne Gilles Roland, fondateur d’Active’Invest, un groupe industriel qui intervient justement dans des projets verts. On va valoriser le ventetlesoleilparexemple.Mais encore faut-il fabriquer ces installationsetlesmettreenplace. » Cet entrepreneur évoque davantage de besoins dans des métiers traditionnels que pour des profils d’ingénieurs ultra-spécialisés. « Pour ma part, j’ai aussi besoin de maçons, de couvreurs ou de soudeurs, qui sont par ailleurs des profils en tensiondanslebâtiment. » Pour faciliter son développement, Ostwind, basée à Amiens (Somme), a signé un partenariat avec la région Picardie pour promouvoir de nouveaux cursus de formation de techniciens en maintenance et exploitation des éoliennes. « Onprendlesdevants. Jusqu’ici, on avait plutôt capté des profils déjà opérationnels dans le milieu de la construction mais nous prenons de plus en plus d’initiatives pour orienter de jeunes diplômés vers nos nouveaux métiers. » « A ce jour, je n’ai pas trouvé de meilleure solution que de choisir des profils motivés et de les former ensuite, ajoute Gilles Roland. Les ingénieurs et techniciens disposent en général d’un socle de formation important, auquel on peut ajouter un complément de formation en fonction de notre activité. Toutes les entreprises du secteur ont des efforts importants à fournir. » « Beaucoup d’entreprises, dans de nombreux secteurs, investissent dans la recherche-développement », résume Alexis Eychenne. Y compris certains acteurs inattendus. « Contre toute attente, le secteur de l’automobile, avec la voiture intelligente, hybride et électrique, prend aussi le relais. Plus qu’un effet de mode, c’est devenu un vrai enjeu économique. » Dans l’ensemble, ce recruteur recherche surtout des profils d’ingénieurs études ou process spécialisés, dans les systèmes thermodynamiques et le traitement du gaz par exemple. « La meilleure solution  : choisir des profils motivés et les former ànosnouveauxmétiers » « Globalement, on enregistre une grosse demande sur des profils de chefs de projet recherche-développement capables de suivre des projets avec une démarche d’innovation forte. Ce sont vraiment des emplois d’avenir. » CÉLINE CHAUDEAU EN SAVOIR PLUS À LIRE « Changeons d’énergies  : Transition, mode d’emploi de l’Association Negawatt », éditions Actes Sud, 2013, 112 pages, 10 € . « Les métiers de l’énergie », collectif, éditions Onisep, 120 pages, 2013, 12 € . À CONSULTER Le dernier baromètre Observ’ER  : www.energies-renouvelables.org La loi sur la transition énergétique pour la croissance verte  : www.developpementdurable.gouv.fr
Des formations prisées à tous les niveaux Malgré la part belle aux ingénieurs, des profils moins diplômés sont très sollicités dans le secteur des énergies renouvelables. (Only France/Thierry Grun.) milibris_before_rename I l décrit naturellement sa filière comme « un gisement d’emplois d’avenir ». Responsable de développement chez WPD Offshore France, Antoine Monteillet travaille actuellement sur un projet de parc éolien en mer au large de l’île d’Oléron (Charente-Maritime). Parmi ses attributions  : l’identification du site après un travail de cartographie maritime, la concertation avec les acteurs du territoire, la coordination des études techniques et environnementales et la structuration d’une dynamique industrielle locale autour du projet. Autant dire que ce « chef d’orchestre » est bien placé pour témoigner des formations variées nécessaires à ce type de projet, du CAP au niveau bac + 5. « Sur les énergies marines renouvelables et l’éolien en mer, les filières d’ingénieurs sont autant prisées que les techniciens de maintenance ou les soudeurs par exemple. » Les candidats n’ont pas forcément besoin de chercher des filières ultra-spécialisées. « Plutôt que de parler de création de nouveaux métiers, je préfère parler de mutations de métiers, précise Stéphane Baly, spécialiste des énergies renouvelables dans plusieurs écoles d’ingénieur dont HEI, l’ISA et l’ISEN à Lille (Nord). Si vous prenez l’éolien par exemple, vous y trouverez un certain nombre de compétences communes à beaucoup de métiers. Que ce soit dans le renouvelable ou pas, les lois physiques restent les mêmes. Un électron dans un câble se comportera toujours de la même façon ! » Interrogé sur ses formations de prédilection, Jean-Louis Juillard ne dit guère autre chose. Cofondateur en 2013 de Coldinnov, une éco-entreprise innovante dans le domaine du froid, cet entrepreneur prévoit près de 70 recrutements à court terme dans le cadre de la construction d’une usine de production dans la région de l’étang de Berre (Bouches-du-Rhône). « On aura besoin de sept ingénieurs, quatre techniciens mais surtout 48 opérateurs qualifiés. » Autrement dit, les CAP de tourneurs, soudeurs, ajusteurs et autres électroniciens instrumentistes sont avant tout les bienvenus. Complémentarité du solaire et de l’éolien « Beaucoup d’employeurs privilégient les profils avec des formations complémentaires, ajoute Anthony Hamon, directeur associé au cabinet Human Energies. Il s’agit donc de profils traditionnels avec une certification en plus ou une expérience dans un domaine « vert ». Certaines écoles, comme l’INSA (Institut national des sciences appliquées), proposent des cours d’efficacité énergétique en complément. C’est une bonne idée pour les étudiants qui ne veulent pas d’une étiquette trop encombrante. » De même, Stéphane Baly encourage volontiers ses étudiants à ne pas s’enfermer dans un « silo ». « Je les invite à ne pas séparer les questions de l’éolien, du solaire ou des performances des bâtiments. Quand on s’intéresse à la compréhension des enjeux climatiques, il est intéressant de maîtriser les complémentarités entre ces différents secteurs. » AU CŒUR DE L'EMPLOI CARRIÈRES 27 TÉMOINS « Une vraie carte à jouer à l’export » (DR.) Olivier CARRÉ Fondateur du Groupe Carré à Gaillac (Tarn) Cette PME de vingt salariés envisage de doubler ses effectifs à court terme. « Nous avons l’ambition de créeruneusined’ici2017 », résume Olivier Carré, le fondateur du groupe Carré, spécialisé dans les énergies renouvelables. Parmi ses Ils RECRUTENT ENGIE recrute plusieurs milliers de techniciens, ingénieurs, commerciaux, etc  : www.engie.com/espace-candidats GroupeCarré va intégrer une vingtaine pe-INSCRIPM° otIV£K1 e  : si‘f AN s'n JUSQU'AU 18 DÉCEMBRE 2015 PLUS D'INFOS SUR WWW.4LTROPHY.COM.com OU ou contac CONTACTeLTROPHY.COM.com OP-1-11'de nouveaux profils (ingénieurs, techniciens), spécialisés dans le photovoltaïque  : groupecarre.com/nousrejoindre Coldinnov prévoit le recrutement de 70 nouveaux collaborateurs à pré-inscriptions ouvertes Édition 2016 produits-phare, la société a conçu « le premier candélabre solaire communiquant au monde ». Le groupe travaille sur les futurs éclairages autonomes des villes connectées. « On est sur le point de faire une levée de fonds, poursuit cet entrepreneur qui a créé sa société en 2008, lorsqu’il était encore étudiant. Même si elle a augmenté lentement, la tendance devient lourde car c’est inévitable d’aller vers ces sujets. » Pour avancer, cette entreprise doit intégrer de nouveaux talents dont elle complète volontiers la formation en interne. Parmi les profils prisés  : des ingénieurs chargés d’affaires et des techniciens opérationnels issus desMastersspécialisésoudeBTSet IUT plus classiques. « Comme ce sont des filières encore jeunes, on aime bien prendre les étudiants en alternance ou en stage de fin d’étude pour leur faire une proposition d’embauchetrèsviteparlasuite. » Olivier Carré invite à ne pas sous-estimer la fibre « citoyenne » de nombreux candidats potentiels. « Pour nous, c’est un gros atout de faire venir des commerciaux qui ont évolué dans des secteurs avec une forte concurrence, comme la vente de cuisines. De leur côté, beaucoup sont heureux de vendre des produits et services plus ancrés dans le développement durable. Et qui, en plus, ont du potentiel. » Lui même attend d’ailleurs beaucoup. « Aujourd’hui, nous avons une vraie carte à jouer à l’export, notamment auprès de l’Afrique et des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) que l’on peut aider à arrêter le charbon. » l’horizon 2018  : www.coldinnov.com Ostwind intègre en moyenne 15 salariés par an pour travailler sur ses projets d’éoliennes offshore  : www.ostwind.fr/notre-entreprise 44, Immo _fflueie piliON 2016 ItefENDAIRE RAID AVENTURE ÉTUDIANT MAR0 (— Av FÉVPEK 2016 LELÉGENDAIRERAIDAVENTUREÉTUDIANT maroc-du18au28février2016 LE PARISIEN ÉCONOMIE I LUNDI 30 NOVEMBRE 2015



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