Le Parisien Economie n°1130S 30 nov 2015
Le Parisien Economie n°1130S 30 nov 2015
  • Prix facial : 1,20 €

  • Parution : n°1130S de 30 nov 2015

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Le Parisien Libéré

  • Format : (278 x 375) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 9,5 Mo

  • Dans ce numéro : les PME en pointe sur le climat.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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24 ARGENT PATRIMOINE HABITAT Les coups de pouce pour rendre son logement moins énergivore Même si les conditions d’attribution ont été revues à la baisse, il existe toujours des dispositifs d’aide pour réaliser des travaux d’économie d’énergie. Aujourd’hui, près de 25% des gaz à effet de serre émaneraient en France des bâtiments. Et la facture énergétique moyenne des Français s’élève toujours à plus de 1600eurosparanetparfoyer...La planète, comme les propriétaires, ontdonctoutàgagneràl’écorénovation des logements, qui est encouragée par différentes mesures et/ou avantages fiscaux. Eco-prêt à taux zéro, crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE), TVA à 5,5%, programme habiter Mieux de l’Anah (Agence nationale pour l’amélioration de l’habitat)… « Même si les conditions d’attribution et les plafonds ont sensiblement été revus à la baisse depuis 2014, ces dispositifs restent incitatifs et intéressants, explique Maël Ollivro, animateur régional à l’Espace Info Energie des Pays de Loire. Ces aides peuventtoutessecumuleretêtrecomplétées par des subventions locales. » En fonction des villes et des régions, certains particuliers peuvent ainsi voir leurs travaux de rénovation financés à 80% voire 100%, s’ils sont en situation de grande précarité énergétique et sociale. Le seul CITE finance en moyenne 3 000 à 7 000 euros de (DR.) LE PARISIEN ÉCONOMIE I LUNDI 30 NOVEMBRE 2015 travaux par logement rénové. « Depuis son lancement en 2011, 150 000 propriétaires ont bénéficié du programme Habiter Mieux », complète Blanche Guillemot, directrice de l’Anah. Seul bémol à ces multiples dispositifs qui concernent de près ou de loin tous les propriétaires (le CITE est notamment accordé sans condition de ressources)  : ils restent désespérément méconnus et semblent très compliqués à mettre en œuvre pour près de la moitié des particuliers qui entreprennent des travaux selon l’UFC Que Choisir. C’est pourquoi, depuis septembre 2014, les propriétaires peuvent désormais, soit se faire gratuitement conseiller via un numéro unique Rénovation info service (le 0810140240),soitserendredans les 450 points Rénovation info service (Pris) du territoire, sur le site Renovation-info-service.gouv.fr, ou encore dans les espaces info énergie de l’Ademe présents dans tous les départements. Car attention, si les aides sont multiples, elles sont surtout attribuées sur dossier, selon le profil des propriétaires, la nature des travaux envisagés ou encore la réalisation par des artisans reconnus garants de Sébastien BARTH 38 ans, Nantes (Loire-Atlantique) Sébastien Barth est marié et a trois enfants. Il achète en février 2014 avec son épouse une maison ancienne de 175 mètres carrés à Nantes pour un montant de 300 000 euros. « Elle était à rénover entièrement, explique-t-il. Or, j’avais lu dans la presse nationale que les propriétaires avaient droit à des aides s’ils effectuaient des travaux voués à améliorer les performances énergétiques de leur logement. J’ai donc tout de suite contacté le Centre de l’Habitat de Nantes et une conseillère nous a accompagné, dans l’élaboration de notre projet de rénovation puis dans nos dépôts de dossiers auprès de l’Anah, de la région, de la communauté de communes, etc. » Du coup, le couple sait dès le départ qu’il pourra être éligible à 20 000 euros d’aides diverses. « C’était une somme conséquente milibris_before_rename L’AVIS DE... (PhotoPQR/Le Télégramme/François Destoc.) l’environnement(RGE). « L’erreur à ne pas commettre serait ainsi de commencer les travaux avant d’avoir contacté un Pris ou un espace info énergie et d’avoir déposé son dossier auprès de l’Anah, explique Maël Ollivro. Car si les travaux débutent avant l’intervention de ces différentes structures, les aides ne peuvent plus être accordées. Il faut demander conseil avant même de demander les premiers devis, afin d’optimiser le projet de rénovation ». Une mesure qui éviterait bien des bévues énergétiques… La majorité des propriétaires (41%) se précipiterait ainsi systématiquement pour « Nous avons obtenu plus de 20 000 euros d’aides » qui valait le coup qu’on y consacre du temps », explique Sébastien. Une fois les devis récupérés auprès des différents professionnels, et les dossiers déposés notamment auprès de l’Anah, le couple se lance en juin 2014 dans une rénovation d’un montant total de 140 000 euros. « Nous avons attendu que notre dossier soit instruit par l’Anah puis nous nous sommes lancés. Nous avons changé douze fenêtres, remplacé l’ancienne chaudière par une pompe à chaleur, refait toute l’isolation » … Quand il commence ces travaux le couple ne sait pas formellement s’il obtiendra bien l’intégralité des aides demandées. « Nous prenions un risque mais nous devions emménager avant décembre… Nous avons eu la confirmation que nous toucherions 20 000 euros d’aides début 2015 seulement et nous pourrons aussi récupérer 4 000 euros grâce au crédit d’impôt. Toutes ces démarches sont très compliquées et chronophages mais valent vraiment la peine d’être entamées. » La maison, intégralement rénovée, permet aujourd’hui aux Barth de réaliser 70% d’économies d’énergie. changer de fenêtres, alors que la priorité serait plutôt de revoir l’isolation,responsablede70%desdéperditions d’énergie dans les logements ! DOSSIER RÉALISÉ PAR SOPHIE STADLER EN SAVOIR PLUS À CONSULTER Le numéro unique Rénovation info service  : 0 810 140 240 Le site du gouvernement Renovation-info-service.gouv.fr Quelles aides nationales demander ? L’éco prêt à taux zéropermetde bénéficier auprès des banques d’un prêt à taux zéro d’un maximum de 30000euros.Ilestaccessiblesaux propriétaires qui effectuent des bouquetsdetravaux(aumoinsdeux)ou de rénovations qui devront permettre d’atteindre une performance énergétique globale minimale, calculée par un bureau d’études thermiques agréé. Le crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE) permet de déduiredesesimpôts30%dumontant des travaux engagés (sans aucune condition de ressources ni bouquet de travaux obligatoires). La TVA réduite à 5,5% est accordée pour l’achat de matériel, matières premières ou fournitures et les frais de main d’œuvre pour les travaux d’amélioration énergétique de logements réalisés dans une habitation achevée depuis plus de deux ans. Le programme Habiter Mieux de l’Anah, pour les propriétaires occupant obligatoirement leur logement(deplusde15ans)pendant6 ansaprèslafindestravaux.Lestravaux doivent garantir une amélioration énergétique d’au moins 25%. L’aide peut représenter en fonction des ressources déclarées jusqu’à 35% à 50% du montant total des travaux. Une prime d’Etat « investissements d’avenir » peut compléter le dispositif (2 000 euros pour les propriétaires très modestes ou 1 600 euros pour les propriétaires modestes. Exonération de la taxe foncière. Proposée par certaines collectivitéslocalesellepeutallerde50% à100%delataxefoncièresurles propriétés achevées avant 1989 et dont les propriétaires ont réalisé des travaux d’économie d’énergie. Pour bénéficier de cette exonération pour uneduréedecinqans,lesdépenses engagées doivent être d’au moins 10 000 euros. Attention à l’éco-conditionnalité ! Certaines aides (comme l’éco-PTZ ouleCITE),nesontplusaccordées qu’aux propriétaires qui font appel à des entreprises certifiées RGE (reconnues garants de l’environnement). Pour trouver leurs coordonnées,ilfautconsulterlesite  : http://renovation-info-service.gouv.fr/trouvez-un-professionnel.
VIE PROFESSIONNELLE k MANAGEMENT CARRIÈRES 25 Sensibiliser son équipe aux bons gestes Trier les déchets, éteindre les lumières ou imprimer de façon responsable, c’est bien. Mais ces éco-gestes sont mieux accueillis et mis en pratique dans le cadre d’une communication plus globale. dernier, ses collaborateurssesontprêtésàun jeu. « Nous avons organisé un challenge en interne autour des écono- L’an mies d’énergie, rapporte Bertrand Guarinos. A partir du moment où l’on est capable de mesurer la consommation énergétique de chaqueopenspace,onamisaudéfi les plateaux volontaires de baisser leur consommation énergétique, et on a affiché les meilleurs résultats. » Responsable environnement chez Schneider Electric, ce manager gère, selon sa propre expression,un « petitvillage » de2000 salariés,répartissur35000m²au siège social du groupe, dont l’environnement n’est pas forcément la préoccupation première. Dès lors, pas question d’imposer quoiquecesoitdefaçonautocratique. « Une des premières choses quej’aifaitesenarrivantaétéde m’appuyer sur des personnes déjà mobilisées à titre individuel sur la question.Aumêmetitrequel’ona des secouristes ou des pompiers sur un site, nous avons des « greenskeepers » (NDLR, gardiens de l’écologie), qui font remonter des idées et relayent quelques bonnes pratiques sur le terrain. Pour arriver à mobiliser le maximum de collaborateurs,onnepeutpasagirseul. » Les collaborateurs veulent que leurs gestes aient du sens « On observe parfois un décalage entre des salariés qui, par exemple, trient les déchets chez eux mais n’appliquent pas forcément les mêmes gestes dans l’entreprise, constate Mathieu Jahnich, présidentdeSircome,uncabinetderéflexion sur la communication sur l’environnement. Ils ne sont pas contre, à condition cependant que cesgestesaientdusens.Ilfautpour cela que le collaborateur ne se sente pas seul à pratiquer ces éco-gestes et qu’il ait l’impression que ce qu’on lui demande s’inscrive vraiment dans une stratégie globale de l’entreprise. » L’exemple doit venir d’en haut. « Chez nous, l’apprentissage des éco-gestes a suivi un déménagement de l’entreprise dans un bâtiment à énergie positive, c’est-à-dire milibris_before_rename (LP/Philippe Lavieille.) (DR.) L'AVIS DES INTÉRESSÉS Claire COUTURIER Directrice développement durable chez SGS France « Nous avons adopté, en 2014, une campagne qui existait déjà au niveau mondial depuis 2012. Si le sujet de la protection de l’environnement était déjà dans l’air du temps, nous étions soumis à du reporting sur la question et avions un gros effort à fournir sur les consommations énergétiques de nos différents sites. Mais cela n’aurait servi à rien d’imposer une campagne au niveau national car nos sites sont très éclatés géographiquement et pas toujours spécialisés dans les mêmes activités. Nous avons juste fourni de la documentation et du matériel, comme des gobelets réutilisables à l’effigie de l’ours polaire, notre mascotte. L’idée s’est vite imposée de nommer un référent par site en leur laissant leur autonomie. C’est payant  : le premier retour, sur un site, a montré une baisse de la consommation d’énergie de 17% en six mois. » (DR.) Pierre-Yves CORIZZI Collaborateur-référent chez SGS à Aix-en-Provence « Nous avons commencé par distribuer des « éco-cups », des gobelets réutilisables, puis nous nous sommes approprié nos propres thèmes avec les équipes sur place. Nos laboratoires, gros consommateurs d’énergie, nous ont poussé à nous interroger sur l’éclairage. Nous avons commencé à ne plus laisser les salles d’essai éclairées sans raison. Ensuite, nous nous sommes mis d’accord sur une température fixe de la climatisation en été pour éviter les variations et la surconsommation. S’interroger sur la pertinence ou non d’imprimer un document fait qu’aujourd’hui, on ne trouve plus de piles d’impressions abandonnées. Moi-même, j’imprime recto-verso. Ces éco-gestes ont rejailli sur notre vie à l’extérieur. Nous avons ainsi promu le covoiturage avec d’autres entreprises locales sur la même zone d’activité. » iggimanumma qui génère plus d’énergie qu’il n’en consomme, témoigne Patrick Aisenberg, le président de la société Linkbynet. Je voulais faire passer le messagequesitoutlemondes’y mettait,avecunpeudebonnevolonté, on pourrait arriver à faire beaucoup de choses pour l’environnement. » Et pour mieux promouvoir le mouvement, une part importante du budget formation est consacrée à la sensibilisation au développement durable. « Pour qu’une action soit pertinente, elle doit être suivie d’un feed-back probant, ajoute Mathieu Jahnich. L’entreprise doit en effet rendrecomptedeseffetsdecetengagement au niveau de l’entreprise, mais aussi en intégrant les résultats obtenus par les salariés. » 200 MWh économisés l’an dernier Bertrand Guarinos dresse le même constat. Parmi les éco-gestes développéssursonsite:lamiseenplace de poubelles collectives pour faciliterletrietlimiterlesdéchets,l’interruption de l’eau chaude dans les sanitaires entre juin et septembre ou encore des imprimantes à badge pour éviter certaines piles de documents inutiles ou oubliés. « Certaines de ces mesures auraient pu souleverdestolléssionn’enavait pas expliqué le bien-fondé. Or, on parle des résultats dans un langage compréhensible de tous. L’an dernier, nous avons ainsi économisé 200 MWh, soit la consommation de 50 familles françaises pendant un an.Cen’estpasrien. » CÉLINE CHAUDEAU EN SAVOIR PLUS A LIRE « +4°C  : Le climat change... et vous ? », de Xavier Montserrat, éditions Eyrolles, septembre 2015, 214 pages, 16 € . « Comment j’ai sauvé la planète », de Sophie Caillat, éditions du Moment, 2014, 227 pages, 17,95 € . « Impliquez-vous ! 101 actions solidaires et écolos pour un monde meilleur », de Christophe Chenebault, éditions Eyrolles, 2011, 231 pages. 15,10 € . LES MESURES PRATIQUES Envisager et mettre en place une stratégie globale de l’entreprise pour préserver l’environnement et encourager le développement durable. S’appuyer sur des personnes-relais, c’est-à-dire des salariés avec une « fibre » environnementale qui serviront à la fois de force de proposition et de relais sur le terrain. Organiser des actions concrètes, voire ludiques, pour rendre les éco-gestes moins fastidieux et fédérer les équipes autour de la question. Proposer un feedback régulier, tant sur les résultats de l’entreprise que celui, significatif, des salariés, si modeste que soit leur niveau. ÉCONOMIE « Le Parisien libéré » 25, avenue Michelet 93408 Saint-Ouen Cedex Tél. 01.40.10.30.30 Société par actions simplifiée Commission paritaire n°0120C85979 Président  : Francis MOREL Principal associé  : UFIPAR (LVMH) Jean HORNAIN, Directeur de la publication Eric HERTELOUP, DGA et éditeur Stéphane ALBOUY, Directeur des rédactions du « Parisien » et « d’Aujourd’hui en France » RÉDACTION Responsable de la rédaction  : Bénédicte Alaniou balaniou@leparisien.fr Editing et réalisation  : Philippe Bouvier pbouvier@leparisien.fr Rédaction  : Agence Accroche-Press’, Chloé Coursaget, Charlotte Robinet PUBLICITÉ/AMAURY MEDIAS Directeurs généraux adjoints  : Isabelle Weill, 01.41.04.97.61 Philippe Fromantin, 01.40.10.53.02 PUBLICITÉ COMMERCIALE Directeur commercial  : Roland Aouizerate, 01.41.04. 97.78 raouizerate@amaurymedias.fr ANNONCES EMPLOI Directeur de la publicité  : Muriel Petit, 01.40.10.53.22mpetit@amaurymedias.fr IMPRESSION CINP (Mitry-Mory) ABONNEMENT Le Parisien  : 0.811.875.656 (coût d’un appel local) LE PARISIEN ÉCONOMIE I LUNDI 30 NOVEMBRE 2015



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