Le Parisien Economie n°1130S 30 nov 2015
Le Parisien Economie n°1130S 30 nov 2015
  • Prix facial : 1,20 €

  • Parution : n°1130S de 30 nov 2015

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Le Parisien Libéré

  • Format : (278 x 375) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 9,5 Mo

  • Dans ce numéro : les PME en pointe sur le climat.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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I 14 BUSINESS PAROLE D'ENTREPRENEUR Frédéric Melki. (DR.) SUCCESS STORY Biotope, le gardien de la biodiversité En 1992, le pharmacien Frédéric Melki lance avec deux amis cette entreprise dédiée à la préservation de la biodiversité. Elle emploie aujourd’hui 250 salariés. Passionné par la biodiversitéengénéraletlesorchidéesetlespoissonsenparticulier, Frédéric Melki, docteur en pharmacie, s’ennuyaitferme,ilyavingtans, derrière le comptoir de son officine. « Noussommesen1992,etle moisdemaivientdeconsacrerla ConférencedeRio,lesommetdela Terrequifaitdelabiodiversitéle cœur des actions à entreprendre en faveur de l’environnement », précise Frédéric Melki. C’estàRioquel’expression « développement durable » est employée pour la première fois. Il n’enfautpasplusaujeunepharmacien pour rendre sa blouse. Avec deuxamis,ThomasMenutetMichel Geniez, qui partagent sa passion pour la nature, il crée Biotope, une entreprise dédiée à la préservation de la biodiversité. « Nous avons vu dans l’expertise écologique un métier d’avenir », explique Frédéric Melki. « Comme nous vendons de la prestation intellectuelle, les investissements de départ n’étaient pas très lourds. » Al’époque,lesecteurdelabiodiversité n’existe pas vraiment et les trois associés, installés à Mèze (Hérault), font le pari de défricher ce marché. « Notre idée est d’accompagner des projets d’aménagementdanslaréductiondeleurimpact sur la nature », précise le président fondateur. « Plus on inter- LE PARISIEN ÉCONOMIE I LUNDI 30 NOVEMBRE 2015 milibris_before_rename vient en amont, plus au final le projet est respectueux de l’environnement. » Silesdixpremièresannées sont assez difficiles, la PME connaît, à partir de 2002, un taux de croissance annuel de près de 30%. Biotope qui ne comptait guère qu’une dizaine employés jusque-là,semetàembaucheràtour debraspouratteindreles250salariés en 2012. « Nous aidons nos clients à répondre aux exigences réglementaires nationales et internationales » Etudes d’impact Elle multiplie les contrats avec les plus grands entreprises du secteur public comme privé. Bouygues, Eiffage, EDF, Vinci, Engie, RéseauferrédeFrance(RFF)ouencore Nexity, autant de société pour qui elle réalise des études d’impact, des expertises naturalistes et des suivis de chantiers Soucieuse de « faire partager la connaissance de la nature au plus grand nombre pour mieux la protéger » et aussi pour répondre au mieux aux attentesdesesclients,laPMEvadiversifier ses activités au fils des ans. Outre son activité de bureau d’étudesquipèsepourplusde60% de son chiffre d’affaires (16 millions d’euros en 2015), Biotope s’est imposé comme un acteur majeur de la recherche écologique etacrééuneagencedecommunication et une maison d’édition. Dès 2008, Frédéric Melki accélère son développement à l’international. « Les collectivités locales ontcommencéàavoirdemoinsen moins de moyens, des grands projets comme la future ligne grande vitesse (LGV) vers Bordeaux ont été stoppés net. Nous nous sommes dit qu’il était urgent d’aller chercher de la croissance hors de France », explique le président de Biotope. Biotope est allée porter la bonne parole environnementale en Chine et en Afrique. « Comme en France, insiste Frédéric Melki, notre objectif est d’aider nos clients étrangers à répondre aux exigences règlementaires internationales et nationales, tout en développant des projets économiquement efficients et respectueux de l’environnement. » LaPMEfrançaiseaouverttroisfiliales, à Madagascar, au Maroc et en Chine. « En Chine, nous assistonsdepuispeuàunevraieprisede conscience écologique et c’est donc un marché très important pour nous. Tout comme l’Afrique subsaharienne où il se passe aussi beaucoup de choses ». L’export qui représente 10% de son chiffre d’affaires devrait passer à 20% d’icilafin2016. SANDRINE BAJOS JE CRÉE Foobot, le détecteur qui mesure la pollution domestique « D ormez tranquilles, les loups sont dehors... Pourquoi parlet-on toujours de pollution atmosphérique et jamais de pollution intérieure alors que cette dernière serévèletroisàhuitfoisplusnocive ? » A52ans,JacquesTouillon, diplômédeSupdeCoParis,passionné d’écologie et d’innovation, adécidédereleverledéfide « l’air sain pour tous ». Ilyadeuxans,ilconvaincInouk Bourgon, ingénieur spécialiste des objets connectés de le rejoindre pour inventer un détecteur de pollution intérieure. La première année, les deux hommes commencent par s’autofinancer pour travailler sur leur dispositif, puis, leur projet plus abouti, ils réussissent à lever 700 000 euros auprès d’un investisseur belge. Si un partenaire suédois les rejoint, aucun investisseur français ne les suit. « Cela reste un échec douloureux », soupire le président fondateur de la société Airboxlab. Après plus de deux ans de recherche et développement, Foobot, « premier objet connecté complet pour mesurer les composés organiques volatiles, particules fines, fumées nocives mais aussi les émanations des produits chimiques qui font partie intégrante de notre quotidien », sort de leur laboratoire en janvier 2015. Vendu199euros « pourêtreaccessibleauplusgrandnombre », essentiellement via le e-commerce, l’objet « audesignépuréestconçu pour scanner la qualité de l’air 24heuressur24,7jourssur7 ».Il apporte l’information « au bon moment » et propose également des solutions aux problèmes existants. « Il vous informe et conseille par l’envoi de notifications », précise Jacques Touillon. Pour l’heure, la TPE qui emploie désormais onze salariésadéjàvendu2500Foobot en moins d’un an. 10 000 commandes fermes ont été reçues, essentiellement de l’étranger. « Notre produitsevenddéjàtrèsbienaux USA et nous visons également le marché chinois », précise l’entrepreneur. Airboxlab table sur un chiffre d’affaires de 3 millions d’euros dès l’année prochaine. Vendre de la technologie Mais l’ambition de la jeune pousse parisienneneselimitepasàdévelopper son seul détecteur à travers lemonde. « L’airnepeutresterle parent pauvre de la construction et de l’habitat », insiste son président. Selonlui,seulel’Europedunorda intégré la qualité de l’air intérieure dans le procesus de construction de ses logements. « Nous avons certes construit un appareil grand public maisnotrecœurdemétierc’estde vendre de la technologie. Et notre objectif est clairement d’amener cette expertise à d’autres domaines d’activité comme la construction, lasantéetdel’assurance. » S. B. Jacques Touillon (à gauche) et Inouk Bourgon, avec le Foobot. (DR.)
SYLVICULTURE Une PME normande défend la forêt amazonienne Concilier souci écologique et performance économique, c’est le pari de SLB qui contrôle 1 800 hectares de plantations d’eucalyptus dans l’Etat du Paraná, au Sud du Brésil. Reportage sur place. dans des herbes hautes, équipé de guêtres pour parer les morsures de serpents, S’enfonçant Stéphane Ledentu vient contrôler ses arbres bien alignés, numérotés, élagués  : le créateur de forêts jubile. « Alors que j’avais 23 ans, mon grand-père me fit couper des arbres auxquels j’étais attaché. A cet instant, je me suis dit qu’un jour, j’en planterai », se rappelle le responsable de SLB do Brasil, filiale de son entreprise familiale d’exploitation forestière, basée dans le Calvados. Sauver le poumon du monde, ce Normand s’y attelle avec ses quinze fermes de plantations. En développant des forêts dites « palliatives » ou « de substitution », il pratique une « écologie réaliste ». « Apartirdumomentoùdesterrains sont acquis, les forêts naturelles sont préservées, explique Stéphane Ledentu. Cela permet de maintenir la biodiversité.Sur ces terres à vaches, des arbres de plus de 30 mètres ont poussé en cinq ans. » Ils répondent aux normes FSC (Forest Stewardship Council), label sous le contrôle de WWF et Greenpeace qui assure que la production respecte la gestion durable des forêts. Une démarche « éconologique » Juarez, en charge du suivi, sort son mètre  : « Avecunchêne,ilfaudrait quarante ans pour arriver à ce diamètre ! » Ingénieur agronome passé par l’université de Curitiba, à quelques encablures, Henrique insiste sur les emplois locaux (forêts, correction des sols, routes…) « Nous freinons l’exode rural et évitons que des gens partent vivre dans les favelas de Sao Paulo, c’est la dimension sociale du développement durable. » Quant à Juliana, diplômée de l’Université du Paraná et passée par l’École Supérieure du Bois de Nantes (Loire-Atlantique), elle renchérit  : « Nous avons créé 400 emplois.Lafilièreduboisestplusporteuse que l’agriculture. » Et d’exprimer sa fierté « de voir ces arbresquiontgrandietpermettentde réduire la pression sur les autres forêts naturelles du monde, dont celle d’Amazonie. » Parlant tous un français impeccable, ces Brésiliens font partie de l’aventure qui a démarré en 2009. L’idée est de racheter des parcelles agricoles mises en vente en respectant les procédures d’acquisition et de les transformer en autant de forêts permettant de combler les besoins locauxenbois,maisaussipourenexporter. Ce bois à croissance rapide milibris_before_rename permet de répondre à la demande mondiale liée à la démographie  : « Un hectare d’eucalyptus, c’est cinq hectares de forêt amazonienne sauvés », affirme le propriétaire. Sa démarche, il la qualifie d’« éconologique ». Derrière ce néologisme, une conviction. « C’est un concept « Partir soigner les caïmant n'est pas au programme. » Daniel, 44 ans, vétérinaire. HAPPY HOURS — D'IMPÔTS + DE RETRAITE LES RDV GAGNANTS venu du Canada qui signifie qu’on ne fera pas progresser la cause écologique en faisant des dons ponctuels, mais en prouvant que derrière les projets environnementaux il y a une véritable raison d’être économique. » Cette approche séduit de plus en Pas la peine de partir pour payer moins d'impôts. Avec AXA, réalisez jusqu'à 45% d'économies d'impôts sur les sommes épargnéesa) et complétez votre retraite). Faites une simulation auprès de votre conseiller ou sur axait/retraite Posez vos questions sur @axavotreservice grj (1) Selon la fiscalité en vigueur au 01/10/2015, susceptible de modifications et pour les versements sur un contrat PERR Madelin ou Madelin agricole  : déduction de ceux-ci dans les limites et conditions de la réglementation. (2) À votre retraite, la rente sera soumise à l'impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux aux taux en vigueur au jour du règlement. BUSINESS 15 Stéphane Ledentu, PDG de SLB do Brasil. (LP/Gilles Trichard.) plus d’investisseurs. « Des co-investisseurs, précise t-il, car nous les associons dans nos sociétés à raison d’unparfermedeplantation » (78% pour l’investisseur, 20% pour SLB, 2% pour les associés brésiliens). SLB leur fournit une méthodologie précise, qui permet de déterminer le nombre d’arbres à planter. Qui sont-elles ? « Exclusivement des personnes privées et averties en quête d’investissement socialement responsable », se félicite l’éconologiste... GILLES TRICHARD Assurance Banque réinventons/notre métier LE PARISIEN ÉCONOMIE I LUNDI 30 NOVEMBRE 2015



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