Le Parisien Economie n°1130S 30 nov 2015
Le Parisien Economie n°1130S 30 nov 2015
  • Prix facial : 1,20 €

  • Parution : n°1130S de 30 nov 2015

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Le Parisien Libéré

  • Format : (278 x 375) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 9,5 Mo

  • Dans ce numéro : les PME en pointe sur le climat.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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02 ÉCONOMIE L’éditorial Verte Un pays où le soleil brille mais ne brûle pas, où la pluie arrose mais n’inonde pas et où l’herbe pousse verte et drue... Ce pays existe, c’est notre douce France avec son climat généralement tempéré. Comme tout au long de notre histoire, les choses évoluent et le soleil et la pluie pourraient bien devenir notre pire cauchemar si nous ne faisons rien. Ce qui est formidable, ce sont justement ces cinq mots  : « si nous ne faisons rien ». Nous avons le pouvoir, collectivement, de tout mettre en oeuvre pour corriger les dérèglements nés de nos comportements et qui menacent les équilibres économiques, mais surtout humains. Réussie, cette COP21, qui semble à certains démesurée et inutile, nous permettra d’influer sur le baromètre mondial et de croire à un monde où l’herbe sera — encore — plus verte. BÉNÉDICTE ALANIOU REPÈRES 4 000 m² d’exposition au Grand Palais. 50 000 visiteurs attendus. 200 partenaires. 35 pavillons et espaces d’exposition. 350 conférences et débats. LE PARISIEN ÉCONOMIE I LUNDI 30 NOVEMBRE 2015 milibris_before_rename Solutions COP21  : espérance les PME mobilisées pour le climat Beyond the sea  : un projet de cargo tracté par Kite. (Beyond the sea.) En marge de la Conférence sur le climat, le Grand Palais sera ouvert, du 4 au 10 décembre, à la fois aux décideurs et au grand public. L’occasion pour les PME françaises de participer elles aussi au débat. Des cerfs-volants pour protéger la planète ? Yves Parlier y croit. Pendant une semaine, l’ancien navigateur va voguer entre les stands du Grand Palais pour convaincre les professionnels commelegrandpublicdeporterun regard différent sur le transport en mer. « La marine a utilisé pendant des millénaires les énergies éoliennes pour faire avancer les navires, rappelle-t-il. Depuis la Seconde Guerre mondiale,lavoileaétéabandonnéeau profit des énergies fossiles, parce que le moteur à explosion est devenu fiable. Mais aujourd’hui, pour l’environnement, les alternatives sont limitées. Puisqu’aucune batterie n’aura jamais l’autonomie suffisante pour équiper un bateau, il faut réapprendre à utiliser le vent. » Enjuillet2014,lemarinafondéle consortium Beyond the sea et rassemblé autour de lui un ensemble de laboratoires de recherche et d’industriels pour proposer une solution de traction des navires par cerf-volant. « Ces cerfs-volants sont grands et proportionnels au volume à tracter. Pour un gros cargo, on estime qu’il faut un kite de1600m²,soitenviron400mde long par exemple. » Envie d’en savoir plus ? Cette jeune PME de Bègles (Gironde), comme des dizaines d’autres, compte bien faire le plein de visiteursenmargedelagrandeconférence sur le climat qui débute ce lundi. « LeGrandPalaisseraouvert gratuitement du 4 au 10 décembre,pendantlaCOP21,àla fois aux décideurs et au grand public, explique Gilles Berhault, président du Comité 21 et membre du Comité de pilotage de Solutions COP21. Nous y proposerons des espaces pour découvrir des solutions dans tous les domaines, des animations, des projections, un plateau de télé, des lieux dedébatetdeconférenceetsurtout de rencontres. Il y aura aussi un grand pavillon sur la recherche française et une nuit consacrée à l’innovation. » Et les entreprises seront elles aussi présentes, aux côtés des institutions et des associations, pour présenter leurs solutions. Parce que l’addition est parfois lourde pour la planète, Christian Saguez a décidé, lui, de mettre les mathématiques au service de l’environnement. Depuis deux ans, ses savants calculs permettent ainsi à l’agriculture de limiter sa consommation en engrais azotés et autres fertilisants pas très verts. « L’agriculture est un gros producteur de gazàeffetdeserre,expliquelecofondateur de Cybeletech, une startup d’Orléans (Loiret) spécialisée dans les outils de simulation et d’aideàladécision.Or,grâceànos programmes, on peut facilement baisser ces émissions de 25% à 30%. » En croisant diverses données comme les images satellites, les relevés météorologiques et les informations sur la nature des sols, on pourrait donc prédire le rendement de parcelles agricoles… derrière un ordinateur. « L’enjeu est de remplacer des années d’essais sur des parcelles par une simulation numérique qui permet d’optimiser les coûts, les délais, mais aussi l’utilisation de l’eau et de produits. Au programme, un grand pavillon sur la recherche française et une nuit consacrée à l’innovation A leur façon, les nouvelles technologies de l’information, aussi, sont très fertiles… » Selon une récente étude IFOP pour Solutions COP21, 83% des Français perçoivent la lutte contre le changement climatique comme une
opportunité pour inventer de nouvelles habitudes de vie. Dès lors, à chacun son idée pour limiter le réchauffement climatique. « Nous présenterons une solution de gestion de déchets conforme au développement durable », confie Jean- François Renault, fondateur de la société Eficium à Clichy (Hautsde-Seine) qui œuvre depuis onze ans déjà dans le secteur de la propreté. Cet entrepreneur présente l’événement comme un rendezvous vital pour la planète. « Il y avait eu une belle vague après le Grenelle de l’environnement, arrêtée net par la crise de 2008-2009, se souvient-il. Mais cette fois-ci, le sujet revient avec une prise de conscience plus générale. Personne ne peut plus l’ignorer, y compris dans les entreprises. » « On a déjà des contacts commerciaux, confirme Yves Parlier. On est en discussion avec des bateaux de pêche. Il y a aussi clairement une attente du côté des armateurs dont les dépenses en carburant restent extrêmement importantes et qui subissent une pression législative pour réduire la pollution qu’ils engendrent. » Il y croit et il n’est plus le seul. CÉLINE CHAUDEAU milibris_before_rename ISOLUTIONS COP21 1(4 PARIS 2015 I EN SAVOIR PLUS ÀCONSULTER Le site de la Conférence sur le climat  : www.cop21.gouv.fr. Le Hub des Solutions Climat  : www.plateformesolutionsclim at.org. ÀLIRE « COP21  : quelles solutions au changement climatique ? », éditions La Documentation française, octobre 2015, 64 pages, 4,90 € . « Réussir la Conférence climat Paris 2015 », Broché, du Conseil économique social et environnemental(CESE), éditions La Documentation française, juin 2015, 100pages,14 € . « Climat  : 30 questions pour comprendre la conférence de Paris », dePascalCanfinetPeter Staime, éditions Les Petits Matins, mai2015,195pages,12,25 € . YALLER Au salon Solutions COP 21, ouvert au grand public auGrandPalais(ParisVIII e), du4au10décembre.Le4décembre de12heuresà17heures,les5et6 de10heuresà20heures, du7au10de12heuresà18heures. Entrée libre. Programme complet sur www.solutionscop21.org La galerie des Solutions- Cop 21 est ouverte aux professionnels, au parc des expositions de Paris- Le Bourget(Seine-Saint-Denis), du2au9décembre. www.lagalerie-cop21.com À LA UNE ÉCONOMIE 03 SOLUTIONS Des scarabées pour nourrir le bétail YNSECT à Evry (Essonne) « Pourl’homme,c’estencoreunpeu compliqué, concède Antoine Hubert. Mais pour les animaux, les perspectives sont plus ouvertes. » Au menu, chez Ynsect  : des protéines durables inédites pour nourrir poissons, poulets, et même certains animaux domestiques. « Nous partons d’un constat, poursuit le président de cette startup sélectionnée par l’Inpi(Institut national de la propriété industrielle) pour présenter son projet innovant lors du dispositif Solutions COP21 au Grand Palais. Les hommes mangent de plus en plus de viande et de poisson dans le monde. Or, il faut bien nourrir ces animaux et ces poissons avec des ressources de plus en plus limitées. » Et pour y remédier, Ynsect propose de contribuer à sauver la planète… avec des scarabées et des mouches. Objectif  : proposer une alternative aux farines de poisson qui, pour nourrir du poisson d’élevage, contribuent par leur empreinte carbone à appauvrir nos ressources naturelles. « Nous sommes partis d’une question simple et on s’est demandé (Ynsect.) pourquoilesinsectes,àlabasedurégime alimentaire de nombreuses espèces, étaient omis de l’alimentation d’animaux d’élevage. Notre idée consiste à revenir à une solution naturelle qui a longtemps fait partie intégrante du régime alimentaire de beaucoup d’animaux. La consommation d’insectes invertébrés aquatiques a pu constituer jusqu’aux deux tiers du régime alimentaire d’unetruiteparexemple.Etmêmesi c’est à un degré moindre, les animaux domestiques consomment volontiers certains insectes quand ils sontdanslanature. » Dès lors, la startup au nom évocateur entend commercialiser une farine d’insectes propre à la consommation. Et si Ynsect a choisi le scarabée et la mouche, c’est pour leur capacité de reproduction et de croissance très élevée. « Nous commencerons par axer notre production sur les animaux domestiques l’année prochaine avec l’objectif d’atteindre le marché de l’aquaculture, puis des poulets en 2017 et 2018. » Prometteur ? La technologie d’Ynsect a déjà été saluée depuis sa création par une dizaine de prix au niveau international, dont le prix du public du Cleantech Open Global Forum 2014 à San Francisco. Un générateur d’électricité propre (PowiDian.) PowiDian à Elancourt (Yvelines) « Je suis un jeune entrepreneur de 63 ans », résume-t-il. Pierre Langern’apashésitéàquitterune place confortable chez Airbus pour un projet « passionnant ». Son idée  : concevoir et installer des stations autonomes de production d’électricité, non polluantes et intelligentes, et surtout fournissant une électricité disponible en permanence. « Nous avions commencé à développer cette solution dans le groupe pour résoudre certains soucis de télécommunications dans des sites isolés. Mais Airbus a bien compris que cette technologie pouvait s’adresser à bien d’autres secteurs et problématiques. » En 2014, il propose avec Jean Marie Bourgeais, l’inventeur de la solution, un essaimage. Proposition acceptée  : PowiDian (pour « Power in all meridians ») est née. « Imaginez que vous êtes sur un site isolé et que vous êtes greffé sur un réseau de mauvaise qualité qui tombe régulièrement en panne, ou que vous avez besoin d’une solution mobile fiable pour un grand événement ou en cas de catastrophe naturelle, explique Pierre Langer. Dans ces cas, soit vous n’avez pas de solution car c’est trop compliqué, soit vous vous devez prendre un générateur diesel. » Alternative proposée par PowiDian  : une station d’énergie hybride qui utilise les énergies renouvelables et surtout se montre capable de produire et de stocker sur place de façon quasi illimitée. N’importe quelle source d’énergie renouvelable est gérée et l’énergie excédentaire est stockée sous forme d’hydrogène. « Une première mondiale », soulignent ses concepteurs. Résultat  : une station autonome qui ne consomme pas une goutte de pétrole, avec une seule maintenance par an, une durée de vie de quinze ans et la garantie d’une électricité fiable et propre. Parmi les applications possibles, Pierre Langer site des équipements agricoles isolés, des stations météo, des relais de sécurité publique ou pour les pompiers. « Mais on peut envisager des utilisations plus proches, ajoute l’entrepreneur. J’ai cru comprendre que la ville de Paris voulait interdire le générateur diesel dans la capitale et j’espère qu’Anne Hidalgo sera très intéressée par notre projet… » LE PARISIEN ÉCONOMIE I LUNDI 30 NOVEMBRE 2015



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