Le Parisien Economie n°1127S 27 nov 2017
Le Parisien Economie n°1127S 27 nov 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°1127S de 27 nov 2017

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Le Parisien Libéré

  • Format : (280 x 360) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 7,7 Mo

  • Dans ce numéro : les PME mettent le cap sur l'export.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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twipe_ftp LE PARISIEN LUNDI 27 NOVEMBRE 2017 ÉCO 8 DÉVELOPPEMENT @LeParisien_Eco Des étiquettes autocollantes pour vêtements vendues jusqu’au Qatar MADE IN FRANCE Les étiquettes personnalisées pour enfants de la PME Ludilabel séduisent les mamans vivant dans les grandes villes, en France et à l’étranger. PAR CYRIL PETER Gagner du temps au lieu de sortir la boîte à couture. » Sandrine Jullien- Rouquié, fondatrice de Ludilabel, veut faciliter la vie des parents à la veille de la rentrée scolaire ou d’un départ en classe de neige. Basée à Toulouse (Haute-Garonne), sa PME conçoit et fabrique des étiquettes autocollantes pour enfants. « Les gants et les bonnets, ça peut se perdre, avertit la maman de 39 ans. À partir du CP, il y a aussi les fournitures. Entre le cartable, les cahiers et les crayons, ça fait 60 produits à marquer par an. » Concrètement, le client personnalise le produit via le site Internet de Ludilabel. Pour le visuel, il a par exemple le choix entre Spider Man de Marvel et Minnie de Disney. Il indique ensuite le prénom et le nom de son enfant, voire les numéros de téléphone des parents, puis valide sa commande. Dans la foulée, l’étiquette est imprimée numériquement, plastifiée «SI LA COMMANDE SE FAIT AVANT 14 HEURES, C’EST FABRIQUÉ LE JOUR MÊME ET VOUS ÊTES LIVRÉ LE LENDEMAIN » PAR MURIEL JAOUEN LA PUISSANCE ÉVOCATRICE du « made in France » est bien connue dans les secteurs du luxe, de l’alimentaire ou de l’art de vivre. Depuis quelques années, le critère « pays de production » prend de plus en plus de choix dans les arbitrages de consommation des Français euxmêmes. Selon l’Ifop, nous sommes même 29% à accepter de payer un produit 5% à 10% plus cher s’il est fait dans l’Hexagone. Le « made in France » a incontestablement le vent en poupe, comme en témoigne le succès du salon MIF Expo, chaque année en novembre à Paris, où se côtoient de belles histoires entrepreneuriales, comme les cosmétiques Le Petit Olivier, les Jeans 1083, les confitures Les Petites Parisiennes. Autre success story, Le Slip Français  : 56 salariés, 53 fournisseurs, de l’emploi indirect pour cent équivalents temps plein, un chiffre d’affaires de 14 M € , une croissance jamais Fini la galère du bonnet perdu à l’école et qui attend son propriétaire quelque part dans un tas de vêtements en vrac ! Ces étiquettes autocollantes permettent d’apposer en 2 secondes le nom de son enfant sur les tissus et fournitures. puis découpée, par des machines pouvant coûter chacune jusqu’à 80 000  € . Elle passe ensuite entre les mains d’un opérateur qui le met sous enveloppe, avant de le confier à une machine à affranchir. « Si la commande se fait avant 14 heures, c’est fabriqué le jour même et vous êtes livré le lendemain, assure la patronne. On ne peut pas se permettre de fabriquer des produits personnalisés en Chine. On a l’impératif de les expédier rapidement. » Si Ludilabel s’adresse avant tout à « la maman urbaine, active et connectée », l’entreprise commercialise aussi un « pack seniors » d’une centaine d’étiquettes à 32,50  € , dédié aux maisons de retraite pour les habits et objets de leurs locataires. Le « made in France », un plus pour les PME démentie. Tout ça en France. « Sous l’estampille produit en France, les consommateurs recherchent certaines valeurs  : circuits courts, valorisation des savoir-faire patrimoniaux, respect des règles sociales. Et, plus que tout, de la transparence », souligne Richard Préau, fondateur de Mode Made in France, plateforme d’accompagnement des entreprises du secteur de l’habillement. LE LABEL NE FAIT PAS TOUT Rien d’étonnant dès lors à voir de plus en plus d’entreprises vanter l’origine française de leurs produits, sur fond de pastilles tricolores  : « Origine France Garantie », « Fabriqué en France », « Produit de France ». Des mentions et autres « certifications » qu’il faut considérer avec discernement. « Seul le label Origine France Garantie, délivré par des organismes de certification indépendants, acte qu’au moins 50% du prix de revient du produit est français », prévient Charles Huet, consultant expert Made in France. Le label ne fait donc pas tout. Et si de nombreuses PME se battent pour conserver leur production en France, ce n’est pas seulement pour une question d’image. Compréhension culturelle, gain de temps, maîtrise des processus de fabrication, assurance contre le risque de malfaçon… Produire en France, c’est avant tout s’épargner l’inconvénient majeur lié à toute délocalisation, à savoir une perte de contrôle sur ses activités. LES RÉSEAUX SOCIAUX ASSURENT LA TRANSPARENCE Mais lorsqu’il s’agit d’intégrer le coût de la main-d’œuvre dans la balance l’argument tient-il encore ? Pour Guillaume Gibault, président du Slip Français, tout est question d’équation. « Quand j’ai lancé il y a six ans le pari un peu fou de fabriquer des slips en France, je savais pertinemment que cela coûterait trois à quatre fois plus cher qu’au Maroc et dix fois plus qu’en Chine ou au Bangladesh. » La parade est toute trouvée  : les économies se feront sur le poste distribution, en privilégiant la vente en ligne. « Internet et les réseaux sociaux sont les alliés naturels du made in France. Les outils digitaux LUDILABEL e Sa marque déposée de Ludisticks, fixables « en 2 secondes » et capables de passer le cap des 50 passages en machine à laver à 60 degrés, lui permet de communiquer sur son côté « innovant ». Pour les parents préférant utiliser le bon vieux fer à repasser, le fabricant propose des étiquettes « thermocollantes » qui « se fondent dans la maille du vêtement », affirme Sandrine Jullien-Rouquié. Lancé il y a 6 ans en fonds propres, pour « quelques dizaines de milliers d’euros », Ludilabel pèse aujourd’hui 2,3 M € de chiffre d’affaires annuel. L’obtention en 2016 du label national Pass French Tech, délivré aux start-up en hypercroissance, lui a offert de la visibilité à l’étranger. Ludilabel a ouvert cet été une filiale à Milan, notamment pour « réduire le délai de livraison » dans un marché italien qui pèse 15% de son activité. Avec son site marchand traduit en anglais et en espagnol, Ludilabel a enregistré cette année près de 100 000 commandes auprès de 80 000 clients, à 95% des femmes, jusqu’au Canada et au Qatar. La PME, qui réalise 70% de son chiffre d’affaires en France, compte s’implanter prochainement en Espagne, son deuxième marché à l’international. « Avec l’actualité, on pourrait choisir Madrid, même si on pensait au départ à Barcelone car c’est là qu’on a le plus de clients », confie-telle. permettent de relayer en direct, via la vidéo, comment se fabriquent les produits, de raconter la vie de l’entreprise au quotidien, bref, de jouer à fond la carte de la transparence », avance Richard Préau. Fabriquer en France n’est pas qu’une question de mode. Cela permet aussi aux entreprises de garder le contrôle de leur processus de production. LP/JEAN-BAPTISTE QUENTIN
LUNDI 27 NOVEMBRE 2017 LE PARISIEN 9 www.leparisien.fr/ecoDÉVELOPPEMENT ÉCO twipe_ftp Le bon filon des matériaux de construction recyclés ENVIRONNEMENT La plate-forme Batiphoenix met en relation grands groupes du BTP et artisans. Les entrepreneurs peuvent acheter à prix cassés du matériel d’occasion qui finirait à la benne. PAR CYRIL PETER Dalles de faux plancher, laine de verre, boîte aux lettres collectives… La plate-forme batiphoenix.com met en relation les professionnels du bâtiment qui veulent se débarrasser de leurs déchets sur les chantiers et ceux qui souhaitent se ravitailler pour rénover une cuisine ou bâtir une maison. Côté vendeurs, on trouve des grands groupes comme Vinci Construction et des PME ayant par exemple des surplus dans leurs entrepôts. Côté acheteurs, la start-up parisienne attire essentiellement des artisans. « Ils font face à des problèmes de trésorerie, observe Lucile Hamon, la cofondatrice de 25 ans. Du coup, ils sont toujours à la recherche de la bonne affaire. » «L’ARTISAN QUI SE FOURNIT EN GRANDE QUANTITÉ ÉCONOMISE JUSQU’À 70% DU PRIX POUR DU NEUF » Objets connectés  : success story dans le Loiret DOMOTIQUE Contrôler à distance la lumière, le chauffage et l’alarme d’un domicile, c’est désormais possible grâce aux objets connectés. Un secteur dont l’une des têtes de pont est la start-up ID-RF. ELLE REGROUPE l’ensemble des techniques qui intègrent à l’habitat tous les automatismes en matière de sécurité, de gestion d’énergie et de communication. Concrètement, la domotique sert à contrôler la lumière de sa maison, son chauffage, son alarme ou n’importe quel appareil électrique à distance, même en étant à des milliers de kilomètres de chez soi. Une révolution à laquelle participe pleinement l’entreprise du Loiret ID-RF, comme l’explique sa responsable communication, Coralie Feillault  : « Nous nous sommes fixés comme objectif de rendre l’univers de la domotique et des objets connectés accessible à tous et à des prix raisonnables ». Fondée en 2013 par Thomas Gauthier, qui en est encore aujourd’hui le PDG, Yanis Cottard, président du groupe Altyor (spécialiste français de la Le principe de la plate-forme ? Batiphoenix identifie le matériel à récupérer (pour l’instant, uniquement en Ile-de- France) et l’acheteur va lui-même le chercher sur site. « Les sous-traitance industrielle pour les objets connectés) et Yannis Brun, partenaire fondateur, ID-RF a développé sa propre marque d’objets connectés, baptisée NodOn. « Nous développons une gamme de contrôleurs, d’actionneurs et de capteurs permettant de piloter simplement une chaudière, une porte de garage ou la lumière d’un domicile », poursuit Coralie Feillault. Le produit d’appel de NodOn se nomme NIU  : un bouton connecté grand public fonctionnant en Bluetooth depuis un smartphone, disponible à moins de 30  € dans des grandes surfaces spécialisées comme Boulanger, sur Amazon et sur des sites tels que Domadoo ou MyDomotique. ID-RF a installé son siège social à Saint-Cyr-en-Val (Loiret), près d’Orléans, et dispose d’un second site à Shanghai, en Chine, pour la partie ingénierie artisans sont très mobiles et s’approvisionnent au jour le jour. On leur propose une solution clé en main pour répondre aux nouvelles exigences écologiques et économiques », affir- «LES PERSPECTIVES D’AVENIR ET D’ACCROISSEMENT SONT TRÈS POSITIVES POUR NOTRE SOCIÉTÉ LABELLISÉE FRENCH TECH» et recherche et développement. « Nous sommes actuellement vingt salariés au total, dont cinq en France, pour un chiffre d’affaires d’un million d’euros, précise Coralie Feillault. Les persp e c t i v e s d’a v en i r et d’accroissement sont très positives pour notre start-up labellisée French Tech, un gage de qualité dans un secteur d’activité qui se développe rapidement. » Quand une révolution se prépare, le mieux est encore de figurer en première ligne  : un credo qu’ID-RF a fait sien. Lucile Hamon (à gauche) et Késia Vasconcelos n’ont pas hésité à lancer leur start-up dans le monde très masculin du BTP. La société ID-RF commercialise sous la marque NodOn une gamme d’appareils qui permettent de piloter à distance les équipements de la maison. ERIC MANAS me cette diplômée d’HEC. Avec son associée Késia Vasconcelos, ingénieur en bâtiment de 24 ans, Lucile Hamon assure casser les prix  : « L’artisan qui se fournit en grande quantité économise jusqu’à 70% du prix pour du neuf ». Et d’ajouter que le vendeur trouve son compte  : « Il gagne de l’argent en cédant ses matériaux et supprime ses dépenses liées au traitement et au transport des déchets ». Les jeunes femmes, sujettes à des remarques « infantilisantes » dans ce monde très masculin, sont certaines de leur coup. « Le secteur du BTP est le plus gros producteur de déchets en France, avec 240 millions de tonnes de matériaux de construction qui partent à la benne chaque année, soit 500 M € . La loi de transition énergétique oblige les constructeurs à recycler 70% des déchets (NDLR  : d’ici 2020). Or, aujourd’hui, on est seulement à 35% », pointe Lucile Hamon, lauréate du Prix Entrepreneure Responsable 2017. Quatre mois après son lancement, le site Internet propose surtout des matériaux d’occasion dédiés au second œuvre  : fenêtres, portes, baignoires… À terme, la jeune pousse, qui se rémunère via des commissions au cas par cas, espère attirer des clients souhaitant se séparer de matériaux en cuivre ou en métal utilisés pour le gros œuvre. NODON



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