Le Parisien Economie n°1120S 20 nov 2017
Le Parisien Economie n°1120S 20 nov 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°1120S de 20 nov 2017

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Le Parisien Libéré

  • Format : (280 x 360) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 8 Mo

  • Dans ce numéro : communication de crise, mode d'emploi.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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twipe_ftp LE PARISIEN LUNDI 20 NOVEMBRE 2017 ÉCO 10 BUSINESS PROSPECTIVE @LeParisien_Eco Comment gérer les télétravailleurs MANAGEMENT Alors que le télétravail concerne aujourd’hui près de 20% des Français, les dirigeants doivent trouver outils et méthodes adaptés à ces collaborateurs à distance. PAR CÉLINE CHAUDEAU devenu tellement habituel que Marc Thiollier a répondu à notre appel de chez C’est lui, une journée où il était justement en télétravail. « Maintenant, 70% de nos collaborateurs profitent d’un à trois jours de télétravail par semaine », précise le secrétaire général d’Accenture pour la zone France, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg. Ce groupe, spécialiste du conseil, se place largement audessus de la moyenne nationale. Selon une étude du cabinet RH Kronos, 16,7% des Français pratiquaient le télétravail en 2016. Chaque année, cette part augmente, obligeant les managers à s’adapter davantage à ces nouvelles relations de travail. « Les temps changent, confirme Matthieu Billette de Villemeur, formateur et animateur du site Teletravail.fr. Qu’ils soient dans une PME ou un grand groupe, les salariés disposent aujourd’hui de tous les outils nécessaires pour bien travailler sans être là. » Il cite ainsi des outils comme le serveur de communication Microsoft Lync, l’agenda partagé de Google ou Dropbox qui permettent déjà de travailler en « cloud » et d’accéder à tous les dossiers nécessaires dans le « nuage ». Chez Accenture, la direction a opté pour la solution « Skype for business » qui permet de collaborer avec «CE N’EST PAS PARCE QUE L’ON EST EN TÉLÉTRAVAIL QUE L’ON VA CHERCHER SES ENFANTS À L’ÉCOLE À 16 H 30 OU QUE L’ON PEUT SE RENDRE CHEZ LE DENTISTE SANS PRÉVENIR » Les cadres doivent fixer au salarié en télétravail une feuille de route très claire. Celle-ci doit rappeler que les missions, les horaires et la disponibilité restent les mêmes qu’en entreprise. qui l’on veut, partout, et sur n’importe quel appareil. « Le plus difficile relève de l’humain, observe Caroline del Torchio, consultante en ressources humaines et en organisation au cabinet de conseil Identité RH. Le télétravail suppose une refonte complète du système de management. Surtout, les managers doivent fixer une feuille de route et ensuite parvenir à favoriser la prise d’initiative. » Pour Marc Thiollier, l’essentiel est en effet de bien cadrer l’enjeu dès le départ et une fois pour toutes. « Il faut juste être bien clair sur le contrat de télétravail en quelque sorte. Les missions et les horaires restent les mêmes, il faut être joignable à tout moment, comme on le serait au bureau, et ce n’est pas parce que l’on est en télétravail que l’on va chercher ses enfants à l’école à 16 h 30 ou que l’on peut se rendre chez le dentiste sans prévenir. » En général, tous les collaborateurs jouent le jeu  : « Quand on y goûte et que l’on économise deux heures de trajet, on a envie que cela se passe bien. » ÊTRE DAVANTAGE À L’ÉCOUTE AU TÉLÉPHONE Seule mise en garde de Caroline del Torchio  : garder de l’humain dans les rapports. « Il faut bien doser les moments où on peut se voir physiquement et en profiter, si besoin, pour échanger sur les questions les plus délicates. » S’il faut recadrer un collaborateur ou émettre une critique sur son travail, mieux vaut le faire en face-à-face et ne pas se contenter d’un e-mail par exemple. « Si le collaborateur est en télétravail toute la semaine, il ne faut pas couper le fil. Avec la distance, on peut perdre une forme de régulation informelle qui s’exerce au quotidien dans les couloirs de l’entreprise. Il faut donc être davantage à l’écoute au téléphone et bien s’assurer régulièrement que tout se passe bien pour les deux parties. » Le business plan, on ne peut pas faire sans INITIATIVES L’élaboration de ce document s’avère un passage obligé pour les entrepreneurs. Zoom sur un outil indispensable à la réussite de son projet. PAR MARC HERVEZ IL S’AGIT D’UN TRAVAIL FASTI- DIEUX. Mais la rédaction d’un business plan est hautement recommandée lors d’une création d’entreprise. « Idéalement, ce document doit faire entre 20 et 30 pages, hors annexes. Il ne faut pas hésiter à inclure des schémas, des tableaux, voire des articles de presse évoquant le marché, estime Catherine Léger- Jarniou, coauteur du livre « Construire son Business Plan » *. Mais audelà du dossier papier, je l’envisage comme une synthèse claire du processus de construction d’entreprise. » Plan de financement, résultats prévisionnels, trésorerie, concurrence, tous les points clés nécessaires à la bonne marche du projet doivent être abordés. Rares étant les lecteurs spontanés d’un tel document, placer en début de dossier un résumé listant les éléments majeurs en deux pages maximum peut être bienvenu. C’est ce qu’on appelle l’executive summary. UNE VRAIE FEUILLE DE ROUTE Contrairement aux idées reçues, le business plan ne sert pas qu’à séduire les banques ou les investisseurs. Même les porteurs de projets qui n’ont pas besoin de fonds ont tout à gagner à en rédiger un  : il s’agit d’un objet de communication qui peut servir à rentrer dans un incubateur ou gagner des bourses à des concours. « J’ai le souvenir d’un maire de banlieue séduit par un projet bien rédigé, qui avait hébergé les bureaux d’un jeune entrepreneur gratuitement », note Catherine Léger-Jarniou. Mais la vraie fonction du Business Plan, c’est d’être garant de la pérennité d’une entreprise, même si les aléas et le facteur chance sont impossibles à anticiper. Plus qu’une présentation, il s’agit d’une feuille de route bien utile pour prendre un peu de recul, même une fois engagé dans l’activité. « Il n’existe pas de chiffre officiel illustrant la corrélation entre Business Plan et succès, mais un projet décrit de manière cohérente décuple les chances. Je conseille d’aller à la rencontre des clients potentiels en amont et de mener des enquêtes de terrain, notamment sur des salons. Un produit qui marche est avant tout une réponse à un marché », appuie Catherine Léger-Jarniou. Un bon business plan permet alors d’éviter l’erreur la plus classique  : avoir la certitude de disposer de l’idée du siècle. Il arrive en effet souvent que, dans l’euphorie de la création, certains porteurs de projet négligent leur Business Plan, estimant arriver sur un secteur où il n’y a pas de concurrence. « Or, il y en a toujours une, même indirecte », prévient Catherine Léger-Jarniou. Mieux vaut alors être vigilant et prévoir, pour ne déchanter ensuite. * « Construire son Business Plan », Catherine Léger-Jarniou et Georges Kalousis. Editions Dunod. 256 pages, 23  € . Construire Business Plan LP/MARJORIE LENHARDT
LUNDI 20 NOVEMBRE 2017 LE PARISIEN 11 www.leparisien.fr/ecoBUSINESS PROSPECTIVE ÉCO DR twipe_ftp Les six objets connectés qui changent la vie au bureau HIGH-TECH Ils font, de plus en plus, leur apparition en entreprise pour faciliter la vie des salariés ou améliorer leur bien-être. Voici quelques exemples de ces outils bien utiles. Un surligneur numérique COPIER-COLLER du texte et des chiffres imprimés provenant de journaux, de factures, ou de tout autre type de document vers votre ordinateur ou votre smartphone, avant de pouvoir les modifier dans un logiciel de traitement de texte  : c’est la promesse de l’IrisPen Air 7. Ce surligneur connecté de 149  € , développé par la société belge Iris, filiale de Canon, intègre également une technologie de synthèse vocale et une fonction de traduction. Le texte numérisé peut ainsi être converti en fichier audio et traduit dans plus de 50 langues. Ces enceintes masquent le bruit EN OPEN SPACE, le bruit est le pire ennemi de la concentration. Pour améliorer le confort des salariés, Orfea Acoustique Développement a élaboré Silent Space. Cette petite box et ses enceintes diffusent un signal qui masque les perturbations sonores, les bruits d’équipements techniques et surtout les conversations. Les enceintes s’installent directement sur les bureaux et émettent une lumière rouge lorsque le niveau sonore est trop important. En France, la société équipe déjà Bouygues Construction et La Banque Postale. Un cadenas pour l’ordinateur PORTER SUR SOI UN PENTAGONE de la taille d’une pièce de 2  € pour sécuriser son ordinateur  : c’est l’idée de la société bordelaise Gablys. Fonctionnant grâce au Bluetooth et à une application, le Lockit verrouille et déverrouille le poste en fonction de la proximité de son utilisateur. Si un intrus cherche à utiliser l’ordinateur, une alerte incluant sa photo est immédiatement envoyée par mail. Son prix ? Moins de 40  € . Gladys équipe aujourd’hui autant les grandes entreprises comme Safran que les PME. L’ASTHME DE SA FILLE a poussé Ramesh Caussy, le fondateur de Partnering Robotics, à s’intéresser à la pollution de l’air intérieur. Sa société a élaboré un robot, Diya OneX, qui mesure la qualité de l’air et capture par un système de filtration les polluants, les allergènes, les bactéries, les virus et les odeurs. « L’environnement intérieur est 10 fois plus pollué que l’extérieur. Une situation qui peut entraîner une baisse de la productivité des salariés ou même de l’absentéisme », souligne Ramesh Caussy. Le robot analyse également d’autres variables comme l’exposition lumineuse ou le niveau sonore. L’abonnement débute à 999  € par mois. Entièrement fabriqué à Cergy (Val-d’Oise), le Diya One X a d’ailleurs obtenu le label Origine « C’est le début d’une révolution » Emmanuel Gavache, directeur général d’Eridanis, société de conseil opérationnel spécialisée dans les objets connectés Un marché des objets connectés à destination des entreprises s’est-il constitué ? Les objets connectés grand public sont apparus en 2005. En entreprises, ils commencent à arriver. Au niveau mondial, nous estimons à 30 milliards le nombre d’objets connectés dans l’industrie en 2020. Le chiffre d’affaires global du secteur des objets connectés B to B devrait atteindre 11 Mds$ par an en 2025. Quels sont les principaux bénéfices pour les entreprises ? Maîtrise des stocks, optimisation de la production, amélioration de la qualité… C’est le début d’une vraie révolution. Les entreprises peuvent également améliorer la fonctionnalité de leurs objets. Par exemple, des cartes de crédit avec des cryptogrammes temporaires qui changent toutes les dix minutes existent à l’état de prototypes. Mais les entreprises ont besoin pour se lancer d’infrastructures de télécommunication, d’un réseau spécifique pour les DR DR objets connectés mais aussi de solutions cloud pour traiter les données. Les grands groupes sont-ils les seuls à investir ? Certains de nos clients sont des PME et des entreprises de taille intermédiaire (ETI). Nous avons notamment mis en place un programme pour le groupe Rougier, spécialisé dans le bois, intégrant l’identification des espèces d’arbres à exploiter par drones mais aussi des procédures de traçabilité et de gestion des stocks. Ce robot purifie l’air Un cube de services DR France Garantie. Il équipe déjà des entreprises telles que les Galeries Lafayette ou la MAIF. Les prochains marchés visés ? Le Moyen-Orient, la Chine et l’Inde. Partnering Robotics est en recherche de fonds pour viser l’international. CONTACTER LE SERVICE INFORMA- TIQUE, appeler un taxi, trouver une salle de réunion... et si toutes ces actions pouvaient se réaliser en tapant sur un cube ? La société Axible, située à Labège (Haute-Garonne), a imaginé le QUB, un dé connecté regroupant différents services en entreprises. La société choisit la fonction qu’elle souhaite assigner à chaque face par une plate-forme en ligne  : faire appel à l’entreprise de nettoyage, livrer des plateaux-repas, commander des cartouches d’encre, etc. En touchant l’objet, un message est immédiatement envoyé aux services concernés. Le cube peut être à usage collectif, en étant assigné à l’accueil ou une salle de réunion, ou individuel. Son utilisateur est alors identifié par un badge. « Notre produit est commercialisé depuis six mois et aujourd’hui plus de 500 QUB sont en circulation. Nous avons une cinquantaine de clients, par exemple Enedis ou le laboratoire Pierre Fabre », annonce Cédric Rosemont, directeur général d’Axible. Le QUB coûte 40  € et fonctionne avec un abonnement de 19,99  € par mois. Les créateurs ont leur cité ACCOMPAGNER les créateurs  : c’est la mission de la Cité de l’Objet Connecté. Ouvert en juin 2015 à Angers (Maine et Loire), cet espace privé a été inspiré par le projet Nouvelle France Industrielle, initié par le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg en 2013. Sur 2 000 m², on peut y trouver un incubateur pour échanger sur les projets, un lieu de prototypages et une usine capable de réaliser jusqu’à 10 000 produits. « Nous conseillons les entreprises, de l’idée de l’objet jusqu’à sa mise sur le marché et sur la phase DR Une box pour animer les réunions MATTHIEU BEUCHER, le fondateur de Klaxoon, faisait partie des personnes qui n’osent pas prendre la parole en réunion. Une situation qui a donné vie à une idée  : créer des outils pour fluidifier et faciliter la prise de décision regroupés dans une box. Les utilisateurs se connectent via leur smartphone ou leur ordinateur directement à son réseau wi-fi et rentrent le code envoyé par l’organisateur de la réunion. Au menu, une trentaine de fonctionnalités  : organisation de vote, création de post-it virtuels pour favoriser l’échange d’idées, utilisation de quiz pour vérifier la compréhension de la stratégie envisagée, envoi d’un récapitulatif. Pour bénéficier du service offert par la société rennaise, ses clients doivent débourser 49  € pour acquérir la box, et 19  € par mois pour l’abonnement. « Nous avons 500 000 utilisateurs dans 120 pays. Si au départ nous équipions surtout des grandes sociétés telles L’Oréal, Décathlon ou PMU, 50% de nos clients sont aujourd’hui des PME comme Sushishop », indique Matthieu Beucher. d’industrialisation », explique Philippe Menard, son directeur. Depuis sa création, 150 projets ont été accompagnés et 40 sont aujourd’hui en développement. Pour 300  € par mois, un créateur peut avoir accès à la Cité et fabriquer lui-même son objet. L’équipe s’occupe également de grands groupes comme Eram. Ensemble, ils ont élaboré une chaussure connectée qui change de couleurs via une application. Preuve de l’intérêt croissant des entreprises  : le chiffre d’affaires de la Cité a été multiplié par trois entre 2016 et 2017. DR



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