Le Parisien Economie n°1030S 30 oct 2017
Le Parisien Economie n°1030S 30 oct 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°1030S de 30 oct 2017

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Le Parisien Libéré

  • Format : (280 x 360) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 8,3 Mo

  • Dans ce numéro : Mounir Mahjoubi face aux entrepreneurs.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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twipe_ftp LE PARISIEN LUNDI 30 OCTOBRE 2017 ÉCO 10 BUSINESS PROSPECTIVE @LeParisien_Eco Rupture conventionnelle  : tout le monde y a trouvé son compte RESSOURCES HUMAINES Solution amiable pour mettre fin à un contrat de travail, la rupture conventionnelle a été bien adoptée par les entreprises et les salariés. PAR MARC HERVEZ prochain, la rupture conventionnelle atteindra ses dix ans d’existence. Le nombre L’été d’actes recensés aura alors largement dépassé les 3 millions. Instaurée pour apaiser les ruptures de contrat de travail entre employeurs et salariés, cette solution à l’amiable « connaît un énorme succès, selon Alice Fages, coauteur du livre « La rupture conventionnelle  : guide pratique ». « Elle répond à une attente des deux parties, fait diminuer drastiquement le nombre de contentieux et désengorge les tribunaux », résume-t-elle. Pas moins de 35 000 cas de rupture conventionnelle ont été homologués rien que pour le mois d’août dernier. Ce dispositif doit sa constante progression aux assouplissements apportés par les décisions de la Cour de cassation  : possibilité de rupture conventionnelle avec un salarié en arrêt maladie, victime d’accident du travail, en congé parental ou sans solde. À noter toutefois qu’il ne peut s’appliquer aux CDD et est exclusivement réservé au secteur privé. «L’INITIATIVE PROVIENT DU COLLABORATEUR DANS PLUS DE 60% DES CAS» r 35 000 ruptures conventionnelles ont été homologuées en août dernier. La rupture conventionnelle assure au salarié le droit à l’assurance chômage et à une indemnité. Négociée avec l’employeur, non imposable, cette dernière ne peut être inférieure à l’indemnité légale de licenciement. Lorsque la volonté émane du chef d’entreprise, il devient alors plus aisé de se séparer d’un membre du personnel en lui La rupture conventoonnene Le dispositif de la rupture conventionnelle qui aura 10 ans l’été prochain permet à un employeur et un de ses salariés de se séparer à l’amiable. Le collaborateur a droit dans ces conditions à l’assurance chômage et à une indemnité. À l’origine, seuls le licenciement et la démission permettaient de mettre fin à un contrat de travail. La première solution est une source de conflits et d’ennuis juridiques pour l’employeur, tandis que la seconde ne donne droit à aucune allocation-chômage pour le salarié. Or, dans le monde du travail, les cas où au moins l’une des deux SUR LE PAPIER, la mesure a tout pour plaire. La légalisation du prêt d’une entreprise à une autre sans passer par les banques, prévue par la loi Macron, est entrée en application par décret en avril 2016. La disposition est destinée à répondre à une certaine frilosité des banques en matière de prêt aux petits acteurs du privé. Pourtant, une entreprise sur deux anticipe une croissance de son activité selon le cabinet ARC, spécialisé dans le recouvrement de créances. « 54% des entreprises font part d’un désengagement des banques vis-à-vis des PME en matière de crédit de trésorerie », note son président Denis Le Bossé. Place alors à la solidarité entre les entreprises ! « Partant du constat que beaucoup de sociétés font faillite, non pas à cause d’un carnet de commandes vide, mais faute de trésorerie, le prêt interentreprises doit permettre de répondre aux besoins de fonds propres des PME », expose Arnaud Dieumegard, associé au cabinet Exco Paris Ace. Afin d’éviter toute dérive, le prêt interentreprises est toutefois soumis parties souhaite un départ sont légion. « Beaucoup d’employeurs pensent que lorsqu’un salarié veut partir, il vaut mieux qu’il le fasse, appuie Alice Fages. Dans le cas contraire, il sera moins performant au travail et la situation va se dégrader. Mais avant 2008, on pouvait comprendre que les salariés hésitaient à démissionner. » à un encadrement juridique strict. Qui peut prêter ? Les sociétés par actions ou celles à responsabilité limitée dont les comptes font l’objet d’une certification par un commissaire aux comptes. PAS PLUS DE DEUX ANS « Elles peuvent prêter, sous la forme d’un contrat, l’excédent de leur propre trésorerie. Et cela à titre accessoire de leur activité principale », prévient Arnaud Dieumegard. Par ai l l e u rs, s e u l e s l e s m i c ro - entreprises, les petites et moyennes entreprises (PME) ou les entreprises de taille intermédiaire (ETI) peuvent bénéficier du prêt, dont la durée ne peut excéder deux ans. Surtout, il est également obligatoire que l’emprunteur et l’entreprise créancière entretiennent un lien économique avéré. Au choix, sous la forme d’une relation de client-fournisseur ou par de la sous-traitance. Elles peuvent également faire partie d’un même groupement d’intérêt économique ou d’un même groupement attributaire d’un marché public ou d’un contrat privé. Alors que la période de reprise ALTOPRESS/ERIC AUDRAS. proposant cette solution. Même en comptant l’indemnité, la rupture conventionnelle coûte moins cher qu’un licenciement légal  : 6 600  € en moyenne selon la direction de l’animation, de la recherche, des études et des statistiques (DARES). « D’autant qu’il n’y a pas toujours de motif et que les conditions pour un licenciement économique sont très strictes, note Xavier Berjot, associé du cabinet spécialisé sur les questions de droit social Océan Avocats. Toutefois, selon mon expérience, l’initiative provient du collaborateur dans plus de 60% des cas. Ce n’est pas forcément le fruit d’un conflit  : il peut vouloir faire le tour du monde, s’occuper de ses enfants, etc. » La pratique est davantage répandue dans les petites structures. Elle représente plus d’une rupture du contrat de travail sur cinq dans les entreprises de moins de 10 salariés, mais seulement 3,8% chez celles de plus de 250 salariés. Ces chiffres sont peut-être amenés à évoluer  : le gouvernement prévoit d’intégrer les ruptures conventionnelles collectives dans sa réforme du code du travail. Un dispositif qui pourrait remplacer « à terme les plans de départ volontaires » selon Alice Fages. « La rupture conventionnelle  : guide pratique », Alice Fages, Nicolas Gallissot. Éditions Expert comptable média. 134 pages. 12 € . Le prêt interentreprises, un moyen de répondre vite aux besoins de fonds propres FINANCES Lancé il y a dix-huit mois, ce nouveau type de prêt se présente comme une alternative au financement des PME par les banques. BUide pfatrque économique s’amorce, les pouvoirs publics parient que les entreprises à la recherche de financements pour leur développement apprécieront les perspectives offertes par cette mesure en matière d’investissement rapide. « La solidarité économique entre entreprises n’est pas un mythe », remarque Denis Le Bossé, président du cabinet ARC. Une alternative possible au crowdfunding et aux levées de fonds parfois complexes, pour peu que ce dispositif soit mieux connu des entrepreneurs. M.H.
LUNDI 30 OCTOBRE 2017 LE PARISIEN www.leparisien.fr/ecoBUSINESS PROSPECTIVE twipe_ftp PAR CORALIE BAUMARD Les magasins éphémères ne sont plus un phénomène de mode. Apparus au début des années 2000 aux Etats-Unis, ces lieux de vente à durée de vie limitée fleurissent dans les gares, les centres commerciaux, les aéroports, des lieux atypiques, sous forme de kiosques ou de boutiques physiques. « La boutique éphémère est une réalité du commerce. C’est plus de 16% de croissance par an depuis 2009 en termes de part de chiffres d’affaires », souligne Delphine Beer-Gabel, directrice New Business de Klépierre, un des spécialistes européens de l’immobilier de centres commerciaux. Le groupe accueille 400 magasins éphémères par an dans ces 60 centres français. «NOUS VOULIONS CRÉER DE LA PROXIMITÉ AVEC NOS UTILISATEURS, ANIMER LA MARQUE DANS LE ANNE QUEMIN, RÉEL» LE BON COIN Les magasins éphémères, phénomène qui dure COMMERCE Ces enseignes à durée limitée se sont bel et bien intégrées dans la stratégie marketing des marques. ment, la visibilité et l’expression de la marque, le bon timing et l’accompagnement par un environnement digital pour prolonger la relation avec le consommateur. Nos pop-up stores sont connectés et permettent à nos clients de récolter des bases de données clients. » Un pari qui peut s’avérer gagnant mais qui nécessite un investissement. « La création d’un magasin éphémère clé en main durant un mois coûte en moyenne 50 000  €  », évalue Thierry Bisseliches, directeur associé de My Pop Up Store, une entreprise spécialisée dans la création de magasins éphémères. La société, créée en 2009, en développe entre 100 et 150 par an. Un concept qui séduit toujours plus pour capter rapidement une nouvelle clientèle. Magasin éphémère mais idée pérenne, le « pop-up store » a de beaux jours devant lui. PAR MATHIAS LEBOEUF Outil de notoriété, ces boutiques sont un moyen d’accéder directement aux consommateurs. Un avantage qui intéresse notamment les acteurs du numérique. Le Bon Coin en a lancé deux à Paris en 2016, avant d’en ouvrir une dizaine durant deux semaines en septembre dans des centres commerciaux des Hauts-de-France. « Nous voulions créer de la proximité avec nos utilisateurs, animer la marque dans le réel », explique Anne Quemin, la directrice de la communication. Faire vivre une expérience à ses clients, une ambition que partage Joel Thivet, le directeur marketing de Weight Watchers France  : « Notre magasin éphémère ouvert en septembre à Paris permettait de tester notre offre à 360 degrés  : rencontre avec nos coachs, cours de fitness et expérimentation de notre nouvelle gamme de plats végétariens. » Mais ces boutiques sont également des outils de vente. Ils permettent à des marques installées ou émergentes de tester des emplacements ou peuvent renforcer les points de vente existants durant une activité saisonnière importante, par exemple Noël pour les enseignes de jouets. Les magasins DIGITALISATION, nouvelles expériences clients, complexification des organisations, multiplication des interactions entre les acteurs économiques, mais aussi nouveau type de management… Les entreprises doivent faire face à des transformations aussi nombreuses que profondes et rapides. Pour rester compétitives, elles doivent perpétuellement s’adapter. « Il est loin le temps où les cycles de changement étaient longs. Il devient très difficile de prévoir et de déployer un plan stratégique ne serait-ce que sur 5 ans sans prendre en compte en permanence les ajustements nécessaires », explique Marine Allein, consultante chez Alternatives, cabinet de conseil dans l’accompagnement des entreprises au cours de leurs projets de transformation. Car ces changements ne vont pas forcément de soi. C’est pourquoi les sociétés font souvent appel à des cabinets spécialisés  : parce que le dirigeant ou le manageur doit gérer et piloter l’activité au quotidien, il n’a pas forcément ni le temps ni la visibilité pour identifier et mettre en place des modifications structurelles. éphémères séduisent dans tous les secteurs et jusqu’aux marques de luxe. Easymalls développe notamment des boutiques éphémères pour des clients aussi variés qu’Engie, Renault, Maille, Havaianas. « En 2017, nous avons multiplié par trois notre portefeuille de clients », souligne Gauthier Pimont, son directeur général. Pour ce dernier, la réussite d’une boutique éphémère repose sur plusieurs critères  : « L’emplace- APPORTER UN REGARD NEUTRE ET OBJECTIF « Comme toutes les organisations, les entreprises ont des points aveugles. Il n’est pas aisé de prendre de la distance et de la hauteur pour s’observer de façon neutre et objective explique Boris Sirbey, cofondateur du Lab RH. Un regard externe apporte tout d’abord une prise de conscience sur les modes de fonctionnement à changer ». En quoi consiste la mission de ces prestataires ? L’accompagnement est dans un premier temps de l’ordre de l’expertise et de la méthode. « Nous identifions les freins, les leviers, les I 11 ÉCO Centre commercial Odysseum, Montpellier (Hérault). Les boutiques temporaires sont des lieux de vente qui peuvent renforcer l’offre lors de pics saisonniers mais aussi des outils de notoriété. Ces cabinets qui aident les entreprises à changer MANAGEMENT Confrontées à des mutations de plus en plus fréquentes, les entreprises doivent s’adapter en permanence. Pour faire face, des consultants spécialisés les accompagnent. ALTO PRESS/ERIC AUDRAS. En étant extérieurs à l’entreprise, les experts permettent d’identifier les freins, les risques mais aussi les opportunités et les leviers. risques récurrents ou les opportunités à partir desquels nous allons établir une méthodologie de travail pour mettre en place les changements nécessaires. Faire appel à un acteur externe, avec une visibilité sur ce qui se fait ailleurs, permet aussi d’apporter un regard challengeant et bienveillant », détaille Marine Allein. Restera ensuite à mettre en place le support pratique adapté qui va faire la traduction concrète entre le stratégique et l’opérationnel. « Tous ces changements auxquels sont confrontées les entreprises ont des impacts sur la façon de travailler, la manière de produire de la valeur mais aussi sur les façons de décider et de manager résume la consultante d’Alternatives. C’est l’identité même des sociétés qui est en jeu. » Le coût de la prestation dépend de l’ampleur de l’accompagnement et varie fortement selon les cabinets. Mais, pour une première séance de travail d’une demi-journée avec un comité de direction par exemple, il faut compter entre 800 et 1 500  € . DR.



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