Le Parisien Economie n°1016S 16 oct 2017
Le Parisien Economie n°1016S 16 oct 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°1016S de 16 oct 2017

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Le Parisien Libéré

  • Format : (280 x 360) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 9,8 Mo

  • Dans ce numéro : comment assureurs et entreprises font face.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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twipe_ftp LE PARISIEN LUNDI 16 OCTOBRE 2017 ÉCO 2 À LA UNE @LeParisien_Eco DR. Le déchaînement des éléments, comme ici à Saint-Martin, frappée par l’ouragan Irma, impose aux entreprises de se prémunir contre ce risque accru par le dérèglement climatique. PROTECTION Pour minimiser l’exposition des entreprises aux risques liés aux intempéries et aux attaques informatiques, les compagnies agitent le chiffon de la prévention. Inapplicable pour le terrorisme. ADMINISTRATEUR de l’Association pour le Management des Risques et des Assurances de l’Entreprise (AMRAE), Léopold Larios livre son analyse. Catastrophes, cyberattaques, terrorisme  : comment évoluent les contrats d’assurance des entreprises dans ce contexte ? Ces événements étaient historique- fg Budget assurance des entreprises  : attention à la flambée PAR VIRGINIE DE KERAUTEM ET CYRIL PETER Après le choc provoqué par les dégâts humains et matériels subis par les entreprises lors de sinistres de grande envergure, on s’interroge sur la réparation des dommages et son coût pour les assureurs. C’est fréquemment le cas pour les catastrophes liées aux intempéries, à l’instar des ouragans qui ont frappé les Caraïbes en septembre. À ces événements s’ajoutent désormais les attaques terroristes et informatiques, moins prévisibles mais aux coûts tout aussi élevés. Le prix à payer après les cyberattaques dans le monde est actuellement estimé à 400 Mds$. Face à chacun de ces trois risques croissants, assurés et assureurs s’organisent pour évaluer notamment l’exposition de leur portefeuille. Ils ont alors recours aux actuaires pour modéliser la probabilité d’un risque à partir de statistiques. « Ça marche pour les phénomènes climatiques, explique David Dubois, président de l’Institut des actuaires, mais sur la menace terroriste, c’est difficile de prédire en observant simplement les actes passés. » Des scénarios sont alors dessinés à partir de lieux comme La Défense ou le Stade de France et selon les heures auxquelles sans dommages. Très peu d’assureurs couvrent ce risque. Des produits sur-mesure sont en cours de réalisation pour de gros clients. Malheureusement, il n’y a pas d’offre spécifique pour les PME-PMI. Les prix aussi évoluent ? Il n’y a pas d’augmentation pour l’instant car les risques sont bien jugés et les assureurs sélectifs. En clair, ils évitent d’assurer une entreprise non sécurisée en zone inondable pour ne pas remonter les tament réservés aux acteurs de niches. Aujourd’hui, des groupes comme Allianz et AXA rattrapent leur retard. Ils ont le portefeuille pour y répondre. En cybersécurité, par exemple, des solutions sont testées selon les besoins de chaque client. Et pour le client qui voit son chiffre d’affaires chuter après un attentat à proximité de son établissement ? On parle de perte d’exploitation l’impact financier serait le plus fort. Pour David Dubois, « quand le risque évolue fortement, le prix de la couverture de celui-ci augmente. Ce n’est pas seulement pour que l’assureur se fasse plus de marge, mais pour couvrir l’ensemble du sinistre ». LES CLAUSES POURRAIENT ÊTRE MODIFIÉES En plus de la majoration des primes, les assureurs peuvent aussi modifier les clauses des contrats, y compris en intégrant des contraintes de prévention. « C’est la meilleure protection, notamment contre le cyberrisque », insiste-t-il. Or, l’assurance est vue uniquement comme r 400 C’est, en milliards de dollars, le coût mondial des cyberattaques (338,2 Mds € ) rifs des autres clients en cas de sinistre. Comment les entreprises s’adaptent-elles pour anticiper ? Un grand groupe emploie des risks managers. Dans les années 1990, ils étaient une vingtaine. Aujourd’hui, ils sont 1000. Dans les ETI, c’est le rôle du directeur financier ou du secrétaire général. Les petits commerçants, eux, sollicitent un courtier, un expertcomptable, la Chambre de Com- la réparation d’un dommage. Aucun contrat n’oblige encore à prendre des mesures préventives. Ce n’est pas dans la culture française. Certains assureurs y songent. Chez Generali, on envisage des malus et des bonus selon le niveau de sécurité de l’entreprise face aux cybermenaces (antivirus, formation des salariés…). Pour les sociétés exposées aux aléas climatiques, des ingénieurs prévention sont sollicités afin de réaménager, par exemple, son entrepôt. Le terrorisme est à part. Il n’est pas question de prévention. Les entreprises sont protégées par la loi, laquelle oblige les assureurs à les indemniser par le biais de contrats classiques comme l’incendie. « 25% des PME-PMI sont insuffisamment couvertes » Léopold Larios, de l’observatoire des primes et des assurances Mobilisation face au hacking Pas toujours armées pour faire face aux multiples attaques informatiques qui peuvent les affecter directement ou indirectement, TPE-PME et collectivités locales pourront recourir — comme les particuliers et toute entreprise — dès ce mardi à cybermalveillance.gouv.fr. Cette plate-forme les mettra en relation avec des prestataires qui leur proposeront des solutions adaptées sur la base d’un diagnostic. V.K. merce et d’Industrie. On voit de plus en plus d’entreprises qui anticipent les catastrophes naturelles. Elles font un diagnostic des risques, engagent des travaux pour déplacer une partie du stock… Cela profite aux cabinets d’experts qui embauchent des ingénieurs prévention. Une intelligence des risques se développe. Mais il reste du travail. Après sinistre, on constate que 25% des PME-PMI sont insuffisamment assurées.C.P. LP/YANN FOREIX.
twipe_ftp atttIlIZIN a é LUNDI 16 OCTOBRE 2017 LE PARISIEN www.leparisien.fr/ecoÀ LA UNE Cyberattaques  : « Le risque digital va devenir aussi important que le risque incendie » PAR VIRGINIE DE KERAUTEM PETITES OU GRANDES, peu d’entreprises victimes de cyberattaques acceptent de témoigner. « Les offensives sont plus destructrices qu’avant », souligne Thierry Floriani, responsable de la sécurité du système d’information d’Antemeta, une société française spécialisée dans le cloud. Pour certaines, les dommages peuvent conduire à la faillite pure et simple. Ce serait le cas pour Antemata si des pirates mettaient la main sur les données des 70 clients que la société héberge. « Sur une fenêtre de 2 heures, nous avons 100 000 actions de reconnaissances extérieures pour vérifier s’il y a une faille. Et sur ce nombre, nos systèmes de sécurité stoppent systématiquement 15 à 40 attaques », explique-t-il. D’après plusieurs études, huit PME sur dix ont déjà été touchées par les pirates. Outre les importants investissements humains et matériels pour accroître sa sécurité informatique à titre préventif, la société, qui réalise 10 M € de chiffre d’affaires, souscrit un contrat spécial depuis cinq ans auprès de XL Catlin, assureur réassureur anglo-saxon. «À TERME, NOUS DÉFINIRONS LE REMBOURSEMENT SELON LE NIVEAU DE PRÉVENTION» LP/PHILIPPE DE POULPIQUET. En France pourtant, le recours à ce type d’assurance cyberattaques est encore marginal et les assureurs français sont peu présents sur ces offres, surtout pour les PME. Les grandes entreprises, elles, construisent sur-mesure leurs polices d’assurance. À ce jour, seuls Axa et Generali proposent des produits pour les TPE-PME. Depuis 2014, le premier commercialise un contrat « cyber secure » adressé aux PME et ETI. Pour les TPE, il s’agit d’une option au contrat assurance dommages. « On a encore beaucoup de choses à inventer », indique-t-on chez Axa France. Intempéries  : les compagnies incitent à développer la prévention LA FACTURE DES DÉGÂTS assurés dans les îles de Saint-Martin et Saint- Barthélemy, dévastées le mois dernier par l’ouragan Irma, est évaluée à 1,2 Md € par la Caisse centrale de réassurance (CCR). Un nouveau pic pour les assureurs, après les intempéries de 2016 qui ont fait flamber la note à 2,3 Mds € , contre une moyenne annuelle de 1,8 Md € depuis 2008. L’an passé, les crues du printemps avaient coûté 1,3 Md € au secteur, un record depuis 1982. Au total, 300 M € avaient été versés aux entreprises, essentiellement dans les départements les plus touchés  : Seine-et- Marne, Essonne et Loiret. LES COÛTS VONT AUGMENTER DE 90% D’ICI 2040 Une incidence sur les prix des contrats ? « Les bonnes années, comme en 2014 et 2015, les assureurs mettent de côté », tempère une source anonyme de la Fédération française de l’assurance (FFA), précisant que LP/YANN FOREIX. Les assureurs ont déboursé 1,3 Md € après les inondations de 2016. Huit PME françaises sur dix ont déjà été touchées par des attaques menées par des pirates de l’informatique. les tarifs resteront stables tant que les risques seront « maîtrisés ». D’où la nécessité de développer la politique de prévention. Chez AXA France, on mise sur de nouveaux services pour anticiper l’arrivée, par exemple, d’une tempête de grêle. Concrètement, un prestataire notifie par SMS ou mail patrons et collaborateurs des sociétés clientes. « Cela nous aurait évité d’indemniser un concessionnaire du Sud-Est qui n’avait pas bâché ses voitures de luxe », confie Jean-Luc Montané, son directeur des assurances d’entreprise. Outre ce service météo, AXA France envoie des ingénieurs chez ses clients en vue d’éventuels travaux pour déplacer la marchandise dans un entrepôt surélevé. Mais les prévisions de la FFA inquiètent la profession  : les coûts liés aux intempéries vont augmenter de 90% d’ici 2040, en partie à cause du dérèglement climatique (sécheresse, submersion marine…). L’autre raison ? Des permis de construire sont délivrés dans des zones qui pourraient devenir inondables. Et la FFA de conclure, toujours sous couvert d’anonymat  : « Si on a une série de mauvaises années, il faudra augmenter sérieusement les tarifs. » C.P. Avec son contrat cyberrisques lancé mi-mars, Generali « évalue l’exposition au risque de l’entreprise, prévoit une assistance permanente en cas de sinistre et définit le remboursement des dommages selon la taille, l’équipement informatique et, à terme, le niveau de prévention de l’entreprise », expliqu e B e r n a r d D u t e r que, directeur de la souscription des risques spécialisés. Ce contrat, dont la prime moyenne est de 1 200  € par an, a déjà convaincu 110 entreprises et Generali prévoit de multiplier ce nombre par 6 ou 7 « au minimum » en 2018. Un optimisme lié à l’entrée en vigueur en mai prochain du Règlement européen général pour la protection des données personnelles (RGPD). Celui-ci impose, entre autres, de notifier à la Commission nationale informatique et libertés (Cnil) dans les 72 heures toute violation de données à caractère personnel. S’y soustraire engagera la responsabilité pénale du chef d’entreprise. « On va se rendre compte du nombre d’attaques que subissent les entreprises, c’est un levier de croissance pour nous, admet l’assureur. Avec la dématérialisation de l’économie, poursuit-il, s’assurer contre le risque digital va devenir d’ici 10 ans, aussi important que le risque incendie ». Une taxe attentat POUR LES DOMMAGES CORPORELS causés par un acte terroriste, l’Etat intervient via un fonds financé par la taxe attentat. Créée en 1986, elle est prélevée sur les contrats d’assurance auto et habitation. Face à l’augmentation des attaques terroristes, elle est passée en deux ans de 3,30  € à 5,90  € . Les assureurs, eux, sont obligés par la loi de couvrir les dégâts matériels. Un contrat incendie suffit pour se faire indemniser. La prise en charge est mutualisée par les assureurs et les réassureurs. Et si le chiffre d’affaires chute ? Une garantie optionnelle perte d’exploitation permet, notamment, de continuer de verser les salaires. Quid des commerces voisins dont l’activité est ralentie ? « En 2015, à Paris, les assurances ont aidé au cas par cas des clients situés dans une zone dont l’accès avait été bloqué, se souvient Jean-Luc Montané, directeur des assurances d’entreprise pour AXA France. Mais dans ce cas, c’est surtout l’Etat qui aide. » C. P.3 ÉCO Mana Man Man MaMM Man Man nanan agenda Mardi Le rendez-vous emploi des fonctionnaires Contrôleur de gestion, responsable de centre de loisirs, surveillant d’établissement pénitentiaire… Le « Village Emploi Public » s’adresse aux fonctionnaires en recherche de mobilité, aux jeunes diplômés et aux personnes en reconversion qui désirent rebondir dans la fonction publique. Gratuit. Le mardi 17 octobre, de 9 h 30 à 17 h 30, à la Grande Arche de la Défense, à Puteaux (Hauts-de-Seine). Inscription  : www.emploi-pro.fr. Mercredi Nord  : du travail dans la santé ! Agences d’intérim, groupes pharmaceutiques et hôpitaux de la région lilloise recrutent, au « Salon Santé en Nord », des développeurs, des psychologues ou encore des techniciens de laboratoire. Postes  : CDI, CDD, stages. Gratuit. Le mercredi 18 octobre, de 8 h 30 à 17 h 30, au Grand Palais, à Lille (Nord). Inscription  : www.lillegrandpalais.com. Jusqu’au 27.10 Etat cherche talents numériques « Entrepreneur d’intérêt général » est un appel à projets qui vise à accélérer la transition numérique de l’Etat. Les 27 lauréats signeront un CDD de 10 mois pour un salaire net mensuel de 4 000  € . À partir de janvier 2018, ils travailleront dans des administrations « porteuses de défis » comme la Cour des comptes et des ministères. Clôture des candidatures le 27 octobre. Renseignements  : Entrepreneur-interetgeneral.etalab.gouv.fr. Le livre Eviter l’enfer des mails Romain Bisseret, patron devenu coach, se penche sur « la cause principale de la connexion permanente »  : le mail. Organisé en trois chapitres, son livre s’attarde sur les « bonnes pratiques » pour gérer sa boîte de réception, du triage à l’archivage en passant par le message d’absence. Idéal pour éviter le stress au retour des vacances… 60 minutes pour reprendre le contrôle de vos mails, Gereso Edition, 102 pages, 17  € . 60 minute reprendre me : de vos mails 0



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