Le Parisien Economie n°1009S 9 oct 2017
Le Parisien Economie n°1009S 9 oct 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°1009S de 9 oct 2017

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Le Parisien Libéré

  • Format : (280 x 360) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 9,2 Mo

  • Dans ce numéro : dessine-moi un Club Med.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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twipe_ftp LE PARISIEN LUNDI 9 OCTOBRE 2017 ÉCO 2 À LA UNE @LeParisien_Eco DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL À SAMOËNS (HAUTE-SAVOIE), CYRIL PETER Maires, agence gouvernementale, propriétaires privés  : tous salivent à l’idée de voir pousser chez eux un Club Med. Leur idée ? Créer des emplois et attirer la TROUVER DES EMPLACEMENTS en montagne. C’est le travail de Claude Carret, le « Monsieur construction » qui sillonne les Alpes « depuis 35 ans », et de Sophie Barrault, la directrice du développement en France basée à Paris. Le duo est sollicité par des élus locaux qui disposent de terrains à vendre. « À Samoëns, le maire m’a d’abord fait visiter un lieu en centre-ville, mais ça ne collait pas », raconte-t-elle. Le site ne se trouvait pas devant les remontées mécaniques. « Il faut que le client sorte avec les skis aux pieds », explique son collègue savoyard. TESTÉ PAR LE PATRON Avant de donner son feu vert au lancement du projet, Henri Giscard d’Estaing, le président du Club Med, se met dans la peau d’un vacancier. « Henri est un très bon skieur et c’est lui qui a le dernier mot », confie Grégory Lanter, le directeur du développement dans le monde. Aux Arcs (Savoie), où un autre « resort » est en train de sortir de terre, HGE s’est posé en hélicoptère pour tester le domaine skiable. À Samoëns, il « a vu 15 chamois brouter au bord de la piste », savoure Jean-Jacques Grandcollot, le maire. Marc de Jouffroy, lui, a pour mission de dénicher des sites balnéaires en Asie du sud-est. Mais pas n’importe lesquels  : « Une belle plage avec du sable blanc et Quand un Club Med sort de terre TOURISME Du repérage du site à l’ameublement en passant par les premiers coups de pioche, radioscopie de la création du dernier-né des villages du groupe, dans les Alpes. clientèle aisée du groupe hôtelier, présent dans 30 pays. Le 17 décembre, les édiles de Morillon et Samoëns (Haute-Savoie), à quelques cimes du Mont-Blanc, verront le bout du tunnel. Retardé un moment par des recours de riverains, dénonçant notamment une « atteinte à l’environnement », le village à 4 tridents « Grand Massif Samoëns Morillon » ouvrira ses portes. Leur job  : dénicheurs de sites de rêve DR. Ce « resort haut de gamme » de 420 chambres se situe à 1 h 15 de l’aéroport international de Genève (Suisse). Hiver comme été, les vacanciers français, brésiliens ou israéliens jouiront d’un cadre magique  : vue à 360 degrés, proximité des pistes, piscines, spa, restaurants… Dans la vallée, les commerçants espèrent, eux, augmenter leur chif- fre d’affaires… Mais comment meton en route un tel projet ? Des Alpes aux Caraïbes, même chanson  : Club Med repère un terrain à la fois isolé et facile d’accès, négocie son prix, la construction d’une route, demande les autorisations… Répondant à des appels d’offres, entreprises locales et étrangères se partagent le gâteau. En parallèle de ce juteux chantier, des partenariats VOUS VOULEZ UN CLUB MED dans votre commune ? Ne manquez pas la pose de la première pierre de celui qui se construit chez votre voisin ! La dernière a eu lieu début septembre, aux Arcs, la station de la commune de Bourg-Saint-Maurice (Savoie). Son maire Michel Giraudy, un ancien moniteur de ski du Club Med, était évidemment convié. Comme le président de Rossignol, fournisseur « historique » de skis du Club Med, et des directeurs de l’Ecole de ski français, qui mettra à disposition 60 profs pour les 900 clients du nouveau complexe à Samoëns. « Quand le Club Med veut investir, le monde de la montagne se mobilise autour de lui », observe Michel Giraudy. Désormais résolument tourné vers le haut de gamme, le voyagiste a pour objectif d’ouvrir un village par an dans les Alpes. Ce jour-là, il a rassemblé 300 personnes  : investisseurs immobiliers, patrons du BTP, élus français et italiens, dont certains ont déjà décroché le Graal. D’autres, comme le maire de Tignes (Savoie), s’impatientent. « C’est un long chemin  : il faut ménager des riverains, monter un dossier UTN (NDLR  : Unité touristique nouvelle, procédure administrative spécifique aux zones de montagne), lancer une enquête publique », énumère Jean-Christophe Vitale. « DES MAIRES FAISAIENT PRESSION » « En montagne, il faut environ 5 ans entre la découverte du site et l’ouverture. Le processus architectural prend plus de temps que le chantier, qui dure 18 mois », concède le président du Club Med, Henri Giscard d’Estaing, après une série de poignées de main près du buffet proposant saucisses et fromages. Jean-Jacques Grandcollot, le maire de Samoëns, rappelle le contexte de la négociation  : « Des maires qui 1 sont conclus, du boulanger du coin aux gros fournisseurs « positionnés sur tous les continents », explique Pierre Bassac, le directeur des achats. C’est le cas de Coca-Cola, lié par un contrat international de trois ans. Et quand la première pierre est posée ? « C’est comme la naissance d’un enfant », sourit le président, Henri Giscard d’Estaing. Le « long chemin » des négociations de l’eau claire, vous la trouvez dans beaucoup d’endroits. Mais si c’est une baie avec du relief, on apporte plus d’émotions qu’un terrain linéaire et plat. » L’autre condition ? Que le site ne soit « pas trop pentu » pour bâtir un terrain de football, des courts de tennis, attirer les familles et les personnes à mobilité réduite… En Indonésie, le Parisien de 31 ans a dit bingo devant une plage « d’une beauté exceptionnelle » sur l’île de Lombok, près de Bali, qu’une agence gouvernementale lui a fait découvrir en pirogue. Aux Maldives, son dernier « repérage d’atolls » s’est effectué dans les airs, à bord d’un coucou. Avant de débarquer à Singapour, où il vit depuis trois ans, « l’aventurier » a parcouru l’Afrique. Outre « les tours d’hélico », il se souvient d’une plongée sous-marine « pour v o i r c o m men t étaient les fonds » à Zanzibar, en Tanzanie, où « des privés qui spéculent sur des terrains » l’avaient approché. « On cherche toujours à m’en mettre plein les yeux », commentet-il. HAUTE­ SAVOIE Samoëns JURA AIN Annecy 25km SAVOIE SUISSE ITALIE La pose d’une première pierre, comme ici à Samoëns, est l’occasion pour les autres élus de plaider leur dossier auprès du président du Club Med, Henri Giscard d’Estaing (avec la truelle). voulaient absolument récolter le Club faisaient pression. » Il a bataillé contre un collectif qui l’accusait notamment de brader le terrain. Au cours d’une réunion confidentielle, Club Med et opposants ont trouvé un compromis, avec entre autres la majoration du prix des 6 hectares, finalement adjugés à 2,1M € . « On a accepté la renégociation pour ne pas retarder d’un an les travaux. Un conseiller municipal et un promoteur immobilier faisaient blocage », se remémore Sophie Barrault, la directrice du développement en France du groupe. Les discussions ont également porté sur « la destruction de trois télésièges pour en construire un nouveau, qui sera le plus long d’Europe », promet le maire, aujourd’hui soulagé. DR. DR.
LUNDI 9 OCTOBRE 2017 LE PARISIEN www.leparisien.fr/ecoÀ LA UNE LES REPÈRES I FONDÉ EN 1950, Club Med appartient depuis 2015 au conglomérat chinois Fosun. I 1,4 MD € de chiffre d’affaires en 2016. I 67 VILLAGES dans 30 pays, pour des séjours balnéaires ou en montagne. I 23 000 EMPLOYÉS de 110 nationalités différentes. I 68% DES CLIENTS sont étrangers (Chine, Brésil, Etats-Unis, Israël…). twipe_ftp DE NOTRE CORRESPONDANT À SAMOËNS (HAUTE-SAVOIE) AU TOTAL, 350 EMPLOYÉS travailleront sur le site du Club Med « Grand Massif Samoëns Morillon ». Beaucoup ont été recrutés sur d’autres villages du groupe. Mais, comme lors de chaque nouvelle implantation, Club Med a également fait appel à la population locale en proposant 75 postes dans le domaine de la restauration et de l’hôtellerie (serveurs, plongeurs, réceptionnistes, commis de cuisine, femmes de chambre…) Un forum pour l’emploi a été organisé le 16 juin dernier à Samoëns, où 120 à 150 personnes se sont présentées pour passer des entretiens. Parmi elles, Fanny, 22 ans, postule à un emploi de serveuse  : « J’habite avec mon copain un petit village près de Samoëns. Pouvoir travailler juste à côté de chez moi, pour le prestigieux Club Med, c’est vraiment une chance que je ne veux pas laisser passer. » ANGLAIS INDISPENSABLE Première surprise  : tous les postes proposés lors de ce forum n’ont pas été pourvus. « Seuls 50% des candi- dats pouvaient correspondre à nos besoins. Car beaucoup n’étaient pas assez qualifiés. Au Club Med, nous sommes sur des prestations hôtelières haut de gamme. Nous recherchons donc des personnes d’un certain niveau avec un minimum d’expérience. Sur les postes en lien direct avec la clientèle, la pratique de l’anglais est indispensable », précise Magali Aimé, responsable du recrutement pour l’Europe et l’Afrique. « Parmi les candidatures retenues, nous avons aussi à faire à des gens assez exigeants et pointilleux dans leur recherche d’emploi, poursuit la responsable. Ainsi, certains candidats sélectionnés réservent encore leur réponse. » À ce jour il reste donc encore des postes à pourvoir pour le futur Club Med de Samoëns. « Les gens de la région peuvent toujours consulter les offres publiées sur le site Internet dédié (www.clubmedjobs.com). Nous allons continuer notre campagne de recrutement dans les prochaines semaines et même en cours de saison, en fonction de nos besoins et du remplissage », insiste Magali Aimé. « Créer le buzz » pour remplir un nouveau village Les équipes du marketing dévoilent régulièrement sur Facebook des photos du « resort ». Un chantier à 100 M € SIX GRUES, jusqu’à 160 ouvriers de 37 nationalités, des panneaux de signalétique en anglais, polonais et portugais  : bienvenue sur le chantier du Club Med à Samoëns, dont le gros œuvre a été confié à trois PME régionales. « En se regroupant, on concurrence des multinationales », se félicite le patron d’Entreprise Gibello, basée en Savoie. « La mutualisation des moyens permet la réalisation de ces opérations hors-norme », confirme Thierry Botti, son confrère hautsavoyard, à la tête de BP Construction. Le chantier à 100 M € a commencé au printemps 2016, à la fin de la saison de ski. Six mois plus tard, le bâtiment était mis hors d’eau, hors d’air, c’està-dire à l’abri des précipitations, avant le retour de la neige et du grand froid. « À la montagne, les DR. Des entreprises locales et européennes ont bâti ce village de 420 chambres, dont 25 suites. Des embauches locales et des mobilités internes DR. cadences sont saisonnières », note Emmanuel Duret, dirigeant de l’entreprise d’électricité éponyme, pour qui le projet pèse un quart de son chiffre d’affaires. D’autres sociétés, avec lesquelles Club Med a déjà travaillé, se sont ensuite succédé pour poser le carrelage (français), la moquette (allemande), installer les miroirs (polonais), le mobilier (portugais). « On choisit toujours les mieux-disants », souligne Claude Carret, le directeur des constructions en montagne du groupe. Objectif  : que les installations impressionnent les clients, attendus dès Noël. « La décoration est faite pour plaire à toutes les tribus  : les sportifs, les familles et les autochtones », parie Fostine Ferro, l’architecte d’intérieur sélectionnée par Club Med pour ce projet. SERGE PUEYO AVANT CHAQUE OUVERTURE, « il faut créer le buzz, construire une notoriété », assure Armelle Vimont-Laurent, chargée depuis deux ans de piloter le projet à Samoëns. Sur le front digital, une équipe marketing met en scène les avancées du chantier. « Sur la page Facebook dédiée, on est en mode teasing  : voici la pose de la première pierre, on vous dévoile le spa, le chef du village. » Pendant ce temps, les vendeurs en agence sont formés sur ce nouveau produit, des dossiers de presse sont envoyés aux journalistes et des campagnes de mailing ciblent des anciens clients et des prospects. « Si vous avez déjà séjourné à la montagne en hiver, on vous contacte », précise-t-elle. Pour attirer la clientèle internationale, le groupe s’appuie sur ses bureaux à Miami ou Rio. Les prix par adulte d’un séjour d’une semaine tout inclus peuvent aller de 900  € pour une chambre sans balcon en juin à 5 200 € pour une suite en février. 3 ÉCO Mana n ana n ana agenda Mardi Trouver un emploi en province Envie de quitter Paris pour une meilleure qualité de vie ? Plus de 3 000 offres d’emploi, dans l’assurance, l’immobilier ou encore le prêtà-porter, sont à saisir au village « Emploi en régions », à l’occasion du salon Parcours France 2017. Cet espace réunira PME, grands groupes et cabinets de recrutement. Gratuit. Mardi 10 octobre, de 10 heures à 20 heures, Espace Champerret, 6, rue Jean Oestreicher, Paris (XVII e). Renseignements  : www.parcoursfrance.com. Jeudi Dans le numérique, ça recrute ! Développeur, graphiste, chef de projet… Le Jour J, rendez-vous de « networking » pour les métiers du numérique, propose plus de 1000 postes, essentiellement en CDI. Au programme également  : animations en réalité virtuelle et ateliers de codage. Gratuit. Jeudi 12 octobre, de 11 heures à 21 heures, Cité de la Mode et du Design, 34, quai d’Austerlitz, Paris (XIII e). Renseignements  : www.lesjeudis.com. Du 11 au 22.10 La franchise près de chez vous « Entreprendre en franchise, pourquoi pas vous ? » est une manifestation organisée dans 17 villes par la Fédération française de la franchise. L’occasion de rencontrer des franchisés et de découvrir ce modèle qui représente 618 000 emplois directs et indirects. Gratuit. Le 11 octobre à Melun (Seine-et-Marne), le 19 octobre à Lyon (Rhône)… Liste complète des villes et renseignements  : www.entreprendrefranchise.com. Reprends-moi si tu peux ! Frédéric Turbat, expertcomptable et commissaire aux comptes, décrypte en « 50 questions pratiques » la reprise d’entreprise. Du montage juridique à la conduite du changement, l’auteur aborde les aspects financiers et humains de cette opération. « Reprise d’entreprise, 50 clés pour réussir », de Frédéric Turbat, éditions Privat, 331 pages, 15  € . Disponible en version numérique.



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