Le Parisien Economie n°1008S 8 oct 2018
Le Parisien Economie n°1008S 8 oct 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°1008S de 8 oct 2018

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Le Parisien Libéré

  • Format : (280 x 360) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 9,7 Mo

  • Dans ce numéro : les nouveaux métiers l'automobile.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 10 - 11  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
10 11
twipe_ftp LE PARISIEN LUNDI 8 OCTOBRE 2018 ÉCO 10 BUSINESS PROSPECTIVE @LeParisien_Eco SMART HOME Et si vous changiez de complémentaire santé ? ENTREPRISES Depuis 2016, petites et grandes sociétés sont dans l’obligation de proposer à leurs salariés ces assurances. Les dates anniversaires des contrats se profilent et permettent de rectifier le tir si besoin. DOSSIER RÉALISÉ PAR CLAIRE AUBÉ La généralisation de la complémentaire santé obligatoire dans toutes les entreprises, c’était hier, ou presque  : après la signature de l’accord national interprofessionnel (ANI) le 11 janvier 2013, celles-ci avaient jusqu’au 1er janvier 2016 pour proposer à leurs salariés une couverture santé. Les plus concernées étaient les PME et les TPE, les grands groupes ayant pris l’habitude d’offrir cette prestation dans leur package salarial. « L’objectif initial de l’accord a plutôt été atteint », observe Christophe Scherrer, directeur général délégué en charge du développement et du marketing du groupe de protection sociale Malakoff Médéric. D’après une enquête menée par l’Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes), plus d’un établissement sur deux a mis en place ou modifié une couverture existante du fait de l’ANI. En 2017, 84% des établissements regroupant 96% des salariés proposent une mutuelle obligatoire, contre la moitié des établissements avant l’accord. PRISE DE CONSCIENCE TARDIVE Ces très bons chiffres sont pourtant à nuancer, selon Christophe Triquet, fondateur de MeilleureAssurance.com, un comparateur d’assurances sur Internet. « D’abord parce que la réforme a laissé sur le côté les retraités, les travailleurs non-salariés, les sans-emploi, observe-t-il. Ensuite parce que beaucoup de dé- rogations ont été demandées et accordées, en particulier dans les TPE. » La consultation du comparateur n’a ainsi pas connu de baisse sensible malgré la mise en place de l’ANI, ce qui laisse supposer que des salariés continuent à rechercher une couverture individuelle en dehors de leur entreprise… Autre problème  : les employeurs ont parfois pris conscience tardivement de leurs obligations légales. « Une grande majorité d’entre eux se sont organisés dans la douleur  : le sujet ne les intéressait pas et leur apparaissait uniquement comme un coût », note Olivier Pericchi, Directeur général délégué du courtier Henner. Résultat  : un sprint effréné fin 2015, voire début 2016, avec la souscription à la va-vite de contrats pas toujours adaptés au profil de sa main d’œuvre. ÉCHÉANCE AVANT FIN OCTOBRE Entre 25% et un tiers des entreprises se sont contentées du minimum légal — un panier de soins listant les garanties à fournir —, alléchées par les prix très bas proposés par des acteurs agressifs du marché. Or, ces prix ne pouvaient rester à un tel niveau. « Après des pratiques tarifaires de conquête, les acteurs ont commencé à procéder à de fortes augmentations dès le 1er janvier des années suivantes », raconte Christophe Scherrer. Les dates anniversaires de beaucoup de contrats tombent le 1er janvier  : avec les deux mois de préavis, il faut donc résilier avant fin octobre. Et si c’était le moment de se pencher sérieusement sur la question ? LP/JEAN NICHOLAS GUILLO « Le point deux fois par an pour vérifier l’équilibre du contrat » Eric Deligny, directeur financier du groupe Smart Home SPÉCIALISÉE DANS L’HABITAT et le bâtiment « intelligents », Smart Home est une PME implantée en France, en Espagne et en Italie. Elle compte 110 salariés, dont 73 dans l’Hexagone. Comment avez-vous abordé la question de la complémentaire ? ERIC DELIGNY. Nous avions fait le choix d’anticiper les obligations de l’ANI (NDLR  : Accord national interprofessionnel) en proposant dès 2014 une complémentaire santé prévoyance à nos salariés. Les garanties DEPUIS LE 1er JANVIER 2016, toutes les entreprises du privé d’au moins un salarié ont l’obligation de leur proposer une complémentaire santé. Des garanties minimales ont été définies. Les employeurs doivent financer au moins la Les complémentaires santé couvrent tout ou partie des frais qui restent à la charge des patients après le remboursement par la Sécurité sociale. Les sociétés de moins de 5 salariés à la traîne moitié de la cotisation, le reste étant à la charge des salariés. Aujourd’hui, 98% des entreprises de plus de 50 salariés offrent une complémentaire santé, 90% des entreprises de plus de 5 salariés, mais seulement 76% des entreprises entre 1 et 5 salariés. Les transports et l’industrie sont les « bons élèves » (plus de 9 établissements sur dix) tandis que l’enseignement, la santé et l’action sociale sont lanternes rouges. retenues étaient supérieures au panier de soins minimum, le but étant d’en faire un vrai avantage social. Les salariés pouvaient ainsi se dispenser de souscrire une surcomplémentaire. Elle coûtait 35 € par mois et par salarié, dont nous prenions la moitié en charge. Une solution « famille » optionnelle était disponible pour ceux qui le souhaitaient. Avez-vous été aidé pour mener à bien ce chantier ? Nous avons été accompagnés par un cabinet de conseil et le sommes toujours. Le sujet est tellement complexe et chronophage ! Il a fallu procéder à de premiers ajustements au moment de la mise en œuvre du « contrat responsable » (lire ci-dessus). Nous faisons le point deux fois par an pour vérifier l’équilibre du contrat. Quels sont les moyens de piloter ce dispositif ? Nous avons accès à des statistiques de consommation de soins par grandes catégories  : dentaire, hospitalisation, etc. Ces statistiques sont anonymisées, bien sûr, pour respecter la Les couacs du contrat responsable P our participer à la maîtrise des dépenses de santé voulue par le gouvernement, les entreprises ont dû mettre en place des contrats dits « responsables et solidaires », sous peine de se voir retirer des avantages fiscaux. Les garanties ne doivent alors pas dépasser des plafonds définis, par exemple en dentaire, et limitent la prise en charge de dépassements d’honoraires de médecins nonadhérents au contrat d’a c c è s a u x soins. L’objectif était de casser la spirale inflationniste de certains spécialistes. Des mutuelles d’entreprises ont donc révisé leurs garanties… à la baisse. vie privée des salariés. Nous avons eu quelques alertes de surconsommation, essentiellement sur des profils de salariés qui quittaient l’entreprise et pouvaient encore bénéficier de la mutuelle pendant quelques mois. Mais globalement, nous sommes parvenus à maintenir un contrat satisfaisant, dont le montant n’a pas augmenté. C’est un réel avantage pour les salariés, mais qui nécessite pour les dirigeants de passer du temps pour comprendre tous les paramètres du sujet !
LUNDI 8 OCTOBRE 2018 LE PARISIEN www.leparisien.fr/ecoBUSINESS PROSPECTIVE Les clés pour choisir twipe_ftp r 2 mois AVANT LA DATE ANNIVERSAIRE DE LA SIGNATURE, VOUS POUVEZ RÉSILIER r SOURCE  : CHANGER DE MUTUELLE OBLI- GATOIRE peut être classé comme un sujet pas franchement prioritaire pour un dirigeant de PME ou de TPE, déjà investi par ailleurs sur de multiples fronts. Néanmoins, prendre un moment pour y réfléchir permet d’anticiper des évolutions et d’optimiser les coûts. Trois niveaux de protection Remboursement Honoraires médicauxet pharmacie Remboursement Hospitalisation Remboursement Dentaire Remboursement Optique LÉGENDE BR BasedeRemboursement FJH ForfaitJournalierHospitalier RRO RemboursementRégimeObligatoire Maternité Prothèsesauditive COÛTMOYEN parmoisetparsalarié assuméparl’employé etsonentreprise Généralisteet spécialiste Pharmacie Frais deséjour Chambre particulière Priseenchargeàhauteurde : A B C meilleure.COM Le comparateur d'assurance de medleurtaux com Soins Prothèses Orthodontie Monture etverres Lentilles Comment lire ce tableau MEILLEUREASSURANCE.COM a analysé 2 825 contrats de complémentaires. Trois catégories de couverture se dégagent  : minimale à 32,50 € en moyenne par salarié, moyenne (63,70 € ) et optimale CERTAINES ENTREPRISES se contentent des minima légaux. D’autres ont à cœur de proposer des contrats avec des services haut de gamme. I PRÉVENTION L’adage « mieux vaut prévenir que guérir » a été adopté par nombre de mutuelles et d’assurances. Pour les enfants, votre contrat couvre peutêtre le bilan du langage oral, ou le dépistage des troubles de l’audition Renseignez-vous. 32,50 € Couverture minimale 100% duticketmodérateur 100%BR 100%FJH NÉANT 100%BR 125%BR 125%BR 100 € pourlescorrections dites « simples » 150 € pourlescorrections mixtes « simplesetcomplexes » 200 € pourlescorrections dites « complexes » RRO+100 € /an NÉANT 100%BR (102,20 € ). Au sein de chaque catégorie les tarifs peuvent varier légèrement selon la localisation, le secteur et le nombre de salariés de la société. La base de remboursement (BR) I MÉDECINE DOUCE Sophrologie, hypnose, ostéopathie, consultations d iététiques, acupuncture  : certaines mutuelles n’hésitent plus à prendre en charge le bien-être du salarié. D’autres se spécialisent carrément sur ce domaine, avec des forfaits « zen ». Mais attention, c’est généralement sous la forme de surcomplémentaires (donc avec une participation financière supplémentaire du salarié). 1 ANALYSEZ « Commencez par établir le profil type du salarié de votre entreprise en termes d’âge, de sexe, de situation familiale », conseille Julien Gonon, directeur commercial chez Mercer (conseil en ressources humaines). Votre activité a sûrement des spécificités  : un travail régulier sur écran, par exemple, qui nécessite une attention particulière sur l’optique, ou bien le port de charges lourdes, qui entraîne un risque de troubles musculosquelettiques. Interrogez également vos salariés sur leurs priorités en matière de santé. Enfin, ayez conscience des différences de tarifs 63,70 € Couverture moyenne 150% duticketmodérateur 100%BR 100%FJH 60 € /jour 100%BR 125%BR+200 € parprothèse 125%BR+300 € /semestre Priseenchargeàhauteurde : A 300 € pourlescorrections dites « simples » B 350 € pourlescorrections mixtes « simplesetcomplexes » C 400 € pourlescorrections dites « complexes » RRO+200 € /an 150 € /naissance 100%BR+200 € /an est le tarif conventionnel qui sert de référence pour calculer les remboursements des soins (la Sécurité sociale n’en couvre souvent qu’une partie, la mutuelle complète). Le forfait journalier hospitalier (FJH) correspond à la participation du patient aux frais de son Les petits plus de certaines offres I DEUXIÈME AVIS Certaines complémentaires remboursent la consultation en ligne sur des sites comme deuxieme avis.fr, où des spécialistes fournissent une réponse entre 48 heures et 7 jours après examen de votre dossier. I E-SANTÉ Brosse à dents connectée, cardiofréquencemètre  : les objets connectés ont envahi le domaine de la selon les régions d’implantation de l’entreprise. Au besoin, faitesvous aider par un courtier. « Se faire accompagner permet également d’être sûr de mettre en place un contrat conforme aux dispositions réglementaires et de ne pas subir de redressements par les Urssaf », souligne Christophe Triquet, fondateur 102,20 € Couverture optimale Jusqu'à400% duticketmodérateur 100%BR 100%FJH 120 € /jour 100%BR 125%BR+400 € parprothèse 125%BR+600 € /semestre Priseenchargeàhauteurde : A 470 € pourlescorrections dites « simples » B 600 € pourlescorrections mixtes « simplesetcomplexes » C 750 € pourlescorrections dites « complexes » RRO+300 € /an 500 € /naissance 100%BR+600 € /an INFOGRAPHIE:ASKMEDIA hospitalisation (20 € par jour en hôpital ou en clinique au 1er janvier 2018). Le remboursement du régime obligatoire (RRO) dépend de l’affiliation de l’assuré (au régime général, à celui des mineurs et gaziers, de l’Alsace-Moselle…). santé… Reste que leur prix est souvent prohibitif. Des mutuelles les remboursent, à condition qu’ils soient achetés en pharmacie. I L’AUTOMÉDICATION Toux, problèmes intestinaux  : certains médicaments sont vendus en libre-service en pharmacie. Des mutuelles peuvent les rembourser, généralement avec un plafond annuel qui peut aller jusqu’à 150 € . 1 11 ÉCO de MeilleureAssurance.com, un comparateur d’assurances. 2 COMPAREZ Certains assureurs peuvent afficher des prix cassés. Mais avant de se précipiter, mieux vaut prendre le temps de bien lire le contrat, y compris d’éventuelles clauses qui entraîneraient des augmentations, pas toujours justifiées, en cas de dérives de consommation. N’hésitez pas à faire jouer la concurrence. « Il faut solliciter un devis auprès d’au moins trois acteurs différents », conseille Christophe Triquet. Dans le domaine de la complémentaire santé, trois grands types d’intervenants se partagent le marché  : les mutuelles, les instituts de prévoyance et les sociétés d’assurance. D’après l’Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes), les entreprises ayant signé des contrats pour la première fois ont plutôt choisi ces dernières. Vous pouvez demander à votre branche professionnelle l’organisme qu’elle recommande. Les clauses de désignation qui contraignaient les entreprises d’une même branche à souscrire auprès d’un acteur ont été supprimées, mais des clauses de recommandation demeurent. 3 RÉSILIEZ ! C’est l’étape la plus simple. Vous pouvez résilier votre contrat deux mois avant la date anniversaire de la signature. « Il vous suffit d’envoyer une lettre recommandée avec accusé de réception en précisant bien le numéro de contrat, la date d’échéance et toutes vos coordonnées », explique Julien Gonon. La résiliation est aussi possi b l e en c a s de rév i s i on unilatérale des garanties par votre assureur ou d’augmentation non prévue des cotisations. 4 COMMUNIQUEZ C’est l’un des paradoxes de l’accord national interprofessionnel (ANI). Les salariés n’en perçoivent pas forcément les bénéfices. Même s’ils n’ont plus à financer de complémentaire santé individuelle, ils doivent quand même contribuer jusqu’à 50% à ces nouveaux contrats. Ce qui se voit sur la dernière ligne de la fiche de paie… De plus, certaines garanties sont plus basses que celles dont ils disposaient auparavant, notamment à cause du contrat responsable (lire page ci-contre). Il leur faut donc parfois ajouter une surcomplémentaire individuelle à cette mutuelle d’entreprise. Une couche de complexité dont ils se passeraient bien… Pour éviter les récriminations, alors même que la réforme a pu accroître le taux de couverture, il s’agit donc, pour le dirigeant, de faire preuve de pédagogie auprès de ses troupes.



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :