Le Parisien Economie n°1001S 1er oct 2018
Le Parisien Economie n°1001S 1er oct 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°1001S de 1er oct 2018

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Le Parisien Libéré

  • Format : (280 x 360) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 11,1 Mo

  • Dans ce numéro : l'art du rebond...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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twipe_ftp LE PARISIEN LUNDI 1 ER OCTOBRE 2018 ÉCO 2 À LA UNE @LeParisien_Eco PAR DELPHINE DENUIT ET CYRIL PETER Qui n’a pas vécu, un jour dans sa carrière, une épreuve pénible ? Des récits de galères professionnelles, Emeric Lebreton, directeur général du réseau Orient’action, spécialisé dans la reconversion, en entend tous les jours  : « Le premier message de nos consultants, c’est de dire  : Le licenciement ou le dépôt de bilan va vous servir dans votre vie. On bannit le mot échec. » Si les Anglo-saxons n’hésitent pas à les mentionner dans leur CV, les ratés sont toujours aussi mal vus en France. « Ce n’est pas un hasard si on utilise des anglicismes pour parler d’échec (NDLR  : fail) ou d’épuisement professionnel (NDLR  : burnout)… C’est une manière de s’en distancier, de se protéger », analyse David Ringrave, fondateur du Re.start Awards, un événement consacrant des entrepreneurs qui ont rebondi. « C’est plus dur de se relever en France. Un salarié est vite catalogué par rapport à son diplôme, son âge et son expérience dans un métier, observe Emeric Lebreton. Mais c’est compensé par le soutien des pouvoirs publics en termes de formation, de prise en charge par Pôle LP/OLIVIER LEJEUNE ILS SE SONT PLANTÉS MAIS N’ONT PAS LÂCHÉ CARRIÈRES Rebondir après une sortie de route, c’est possible. La preuve… emploi… » En témoignent les dispositifs d’aide à la création d’entreprise pour les chômeurs-entrepreneurs  : exonération des cotisations sociales, maintien des droits… COUP DE POUCE AU DÉMARRAGE Cruciale pour monter son affaire, l’aide à la reprise et à la création d’entreprise (ARCE) permet de recevoir 45% du montant des allocations-chômage sous forme de capital. Un coup de pouce au démarrage pour l’entrepreneur qui ne peut se verser de salaire. Et ça marche  : 76% des sociétés créées par des chômeurs sont toujours en activité trois ans après la validation du projet par Pôle emploi. Après un échec, tout est possible. En quête de « sens », de nombreux employés de bureau et cadres de la finance ou de l’industrie aspirent à des métiers manuels, « plus concrets ». Et sollicitent des organismes comme l’Association nationale pour la formation professionnelle des adultes (AFPA). Par ailleurs, des associations comme 60 000 rebonds accompagnent des chefs d’entreprise dans leur nouveau projet ou leur reconversion en tant que salariés. C’est le choix de Jean-Noël Lemasson, dont la PME a été liquidée. Dure à assumer, cette image du patron qui a failli ? « On n’est pas des losers », réplique-t-il. Encore un anglicisme… Pensez au bilan de compétences UN SALARIÉ LICENCIÉ, un entrepreneur déboussolé après un long arrêt maladie… Ces profils fragiles, victimes d’une sortie de route affectant leur carrière, peuvent frapper à la porte des quelque 2 000 agences, privées et associatives, spécialisées dans le bilan de compétences. « L’objectif est de redonner la main à la personne sur son projet. On travaille sur la confiance en soi avant d’établir une stratégie professionnelle », explique « Dédramatiser l’échec, voire le positiver » David Ringrave, créateur du prix Re.start En créant les Re-start Awards, David Ringrave met en avant des profils d’entrepreneurs qui ont surmonté un échec ou une épreuve. Schany Taix, à la tête de la Fédération nationale des centres interinstitutionnels de bilan de compétences (FNCIBC). « C’est l’occasion de rebattre les cartes et fixer un nouveau cap. Il faut transformer l’échec en opportunité », avance de son côté Emeric Lebreton, le fondateur du réseau Orient’action. Au programme  : face-à-face avec des experts du rebond (psychologue du travail, ancien manager, ex-DRH), tests de personnalité, simulation GETTY IMAGES/TOM MERTON PROPOS RECUEILLIS PAR D.D. DAVID RINGRAVE est coauteur de Réussites françaises* et cofondateur de My Media, une agence de conseil média. La première édition de ses Re.start Awards, distinguant des profils qui ont su rebondir, vient de s’achever. Les Re.start Awards priment ceux qui ont pris un nouveau départ. Quel est votre objectif ? Les chefs d’entreprise qui réussissent sont devenus nos nouveaux héros romantiques, la société les place sur un piédestal mais pas forcément pour les bonnes raisons. Certains prétendent changer le monde mais ils font le jeu du système en cherchant à s’enrichir. En tant qu’entrepreneur, j’ai ressenti la nécessité de mettre en avant des profils qui ont surmonté un échec ou une épreuve. L’idée des Re.start n’est pas de distinguer le meilleur échec ou le meilleur rebond mais de dédramatiser d’entretien… Cet accompagnement de deux à trois mois coûte entre 1 500 € et 2 000 € . Un salarié peut le financer à 100% via notamment le compte personnel de formation (CPF). Un patron, lui, cotise souvent sans le savoir à un organisme de soutien comme l’Association de gestion du financement de la formation des chefs d’entreprise (Agefice) et le Fonds d’assurance formation des chefs d’entreprises artisanales (Fafcea).C.P. l’échec voire de le positiver en montrant qu’il n’est souvent que temporaire, voire une occasion de changer de direction. Comment rebondir après un échec professionnel ? L’une des clés est de comprendre que la frontière entre réussite et échec est ténue. En préparant notre ouvrage d’entretiens avec des entrepreneurs qui ont réussi, on s’est rendu compte qu’un succès est presque toujours précédé d’un échec. Il faut pouvoir s’autoriser un loupé, ne pas s’emmurer dedans et se faire aider par des associations comme 60 000 Rebonds, Second souffle et bien sûr Pôle emploi. Echouer reste tabou ? Oui, j’ai moi-même fait très tardivement mon « coming out » entrepreneurial, en devenant patron, car je me suis justement beaucoup interrogé et j’ai craint l’échec. En France, on essaie toujours de combler les vides dans son CV. Mais le regard sur l’échec évolue. Avec la multiplication des start-up, on change peu à peu de paradigme. Avant, on devait absolument blinder son modèle économique en amont avec des études de marché. Aujourd’hui, on privilégie au contraire la vitesse d’exécution et la capacité du modèle à s’adapter. C’est ce qu’on appelle le « test, fail, learn » (« tester, rater, apprendre ») , on n’exclut plus l’échec de l’équation. Pensez-vous, comme le dit Emmanuel Macron, qu’on peut « trouver un emploi en traversant la rue » ? Je soutiens l’idée qu’il faut sortir de ses habitudes et prendre des risques pour réussir ou trouver un emploi, j’aime moins le ton. Dans une impasse professionnelle, il ne faut pas hésiter à reculer pour mieux rebondir. Une carrière est rarement linéaire et dépend bien plus qu’on ne le croit des rencontres que l’on fait. * Réussites françaises de David Ringrave et Rémi Raher, Enrick B. Editions, 232 p., 19 € .
Agi, LP/JEAN-BAPTISTE QUENTIN twipe_ftp LUNDI 1 ER OCTOBRE 2018 LE PARISIEN www.leparisien.fr/ecoÀ LA UNE « Quand j’étais patron… » Jean-Noël Lemasson, redevenu salarié après la liquidation de sa PME DES CLIENTS qui ne s’engagent finalement pas, un refus d’autorisation de découvert… Les aléas du chef d’entreprise, Jean- Noël Lemasson, expertcomptable de formation, les connaît bien. De 2002 à 2007, le Nantais dirige la société de 35 salariés dans laquelle il avait évolué en tant que responsable financier. « En retrait, le patron m’avait laissé les clés de l’entreprise. Cela m’avait permis de me révéler sur la partie commerciale en amenant de nouveaux clients, grâce à mon relationnel », raconte-t-il. Au moment du passage de témoin, la PME d’électricité doit rembourser 450 000 € pour un chiffre d’affaires annuel de 2,5 M € . « Je l’ai reprise en connaissance de cause. La société avait du potentiel, ses ouvriers une forte capacité d’adaptation », analyse-t-il. Après des années de bénéfices, la baisse soudaine des commandes et le licenciement d’un cadre affichant 25 ans d’ancienneté fragi- « MON EMPLOYEUR TROUVE QUE JE N’AI PAS PEUR DES OBSTACLES » lisent la trésorerie. Direction le tribunal de commerce. Un repreneur est intéressé par le fonds de commerce et non par le rachat des parts de la société. La liquidation est prononcée. Les emplois des ouvriers sont préservés, les cadres licenciés, Jean-Noël quitte le navire. UNE PERTE DE 200 000 € Privé du filet de sécurité Pôle emploi en tant que chef d’entreprise, la chute est vertigineuse. « Dans l’histoire, je perds 200 000 € que j’avais injectés sur le compte courant de la société », précise-t-il. Une situation délicate que Jean-Noël explique à sa femme, préparatrice en pharmacie. « Il n’y avait pas de tabou. Ma famille m’a rassuré », confie le père de deux filles. Aidé financièrement par ses parents, Jean-Noël doit rapidement trouver un emploi afin de rembourser ses dettes. En parallèle de ses recherches via son réseau professionnel et sur Internet, il se vide la tête. « La course à pied a renforcé ma résilience », assure l’ex-marathonien. Très vite, les entretiens d’embauche s’enchaînent. « Les recruteurs me demandaient comment je faisais pour rester L’ex-patron d’une PME d’électricité est aujourd’hui responsable d’un site de production. debout », se souvient-il. L’ancien patron rejoint finalement une entreprise du BTP, en tant que directeur financier. Son rôle ? « Harmoniser les procédures comptables, aider le dirigeant à se diversifier, à gagner des appels d’offres », détaille-til. L’écriture d’un livre* sur son rebond après l’échec lui permet de « tourner la page définitivement ». Un partage d’expérience qu’il pratique aussi volontiers à travers des conférences sur la résilience, organisées par l’association Second souffle, qui accompagne les entrepreneurs en difficulté. Depuis 2015, Jean-Noël travaille pour une autre PME, cette fois-ci dans l’industrie, séduite par son profil atypique. « Mon actionnaire trouve que je n’ai pas peur des obstacles », assure l’ex-DAF (directeur administratif et financier) devenu… responsable de site. « C’est comme si j’étais patron, sauf que j’ai un directeur général au-dessus », sourit-il. CYRIL PETER * « Une faillite, leçon de vie », Editions Grand Carroi, 232 p., 13. « J’ai osé prendre le risque de faire ce qui me plaît » Christine Naslin, créatrice de mobilier en carton Après un plan de licenciement, Christine a choisi de lancer sa boutique et son école de création de mobilier en carton. APPELEZ-LA KITTY. A 51 ans, Christine Naslin, ancienne cadre supérieure, a fondé un établissement bien particulier  : l’Ecole du carton*. Elle y enseigne les différentes techniques de construction de tout type de mobilier dans ce matériau de récupération. Commodes, armoires, tables, luminaires… Depuis son petit local de la rue de la Villette à Paris (XIX e), elle anime des ateliers pédagogiques pour adultes passionnés mais enseigne aussi à de futurs cartonnistes professionnels. Depuis l’ouverture de son école en 2014, elle a formé plus de 150 personnes dont une vingtaine en reconversion professionnelle. C’est de cet essaimage dont elle est la plus fière. « Contrairement au métier d’ébéniste qui nécessite de longues années de formation, le carton permet une reconversion rapide », précise-t-elle. Christine sait de quoi elle parle, elle en a elle-même bénéficié. Business développeuse dans un grand groupe suisse de télévision numérique, elle vit alors dans la culture de la performance, jonglant entre les avions et les réunions jusqu’au jour où son corps lâche. Elle n’est plus « en phase avec les valeurs de l’entreprise », qui lance au même moment un plan de licenciements. Incapable de reprendre son travail, elle s’y greffe et bénéficie alors du financement de sa formation de cartonniste  : près de 10 000 € sur six mois. UNE ACTIVITÉ MANUELLE SALVATRICE « Au bout de quatre mois, j’avais trouvé le local de mon futur atelier et dès la fin de ma formation, j’ai ouvert ma boutique », résume-t-elle, fière de l’indépendance acquise par son statut de chef d’entreprise. Mais surtout, Kitty, en tant que jeune créatrice de société, continue de percevoir son allocation-chômage. « Ce maintien de droits est crucial, sans lui, je n’aurais jamais pu tenir financièrement les deux premières années », confie-t-elle. Aujourd’hui, l’Ecole du carton réalise un chiffre d’affaires annuel proche de 60 000 € (80% issus de la formation professionnelle, 20% des loisirs) et rémunère Kitty « un peu plus du smic ». Rien à voir avec son niveau de vie passé, mais qu’importe. « La découverte de cette activité manuelle a été salvatrice, conclut-elle. Mon mal-être m’a servi de moteur ; n’ayant plus grand-chose à perdre, j’ai osé prendre le risque de faire ce qui me plaît vraiment ». Mais rien n’est encore gagné pour l’entrepreneuse. Dès octobre, son école ne devrait plus bénéficier des fonds de la formation. « La loi sur l’avenir professionnel, adoptée cet été, n’ouvre au financement que les formations diplômantes. Or, cartonniste est un nouveau métier et n’a donc pas de diplôme ! », s’insurge Kitty. De quoi mettre à mal tout son modèle économique. D.D. * L’Ecole du carton, 47, rue de la Villette, Paris XIXe, www.ecole-du-carton.fr. LP/JEAN-BAPTISTE QUENTIN agenda 3 ÉCO Mana Mana nana nana Lundi et mardi Des solutions pour les startup et TPE C’est le rendezvous des dirigeants de start-up et TPE. La 20 e édition du salon Solutions pour mon entreprise (SME) s’articulera cette année autour de trois thèmes  : le « lundi de la franchise » et la « journée des femmes entrepreneures » le 1er octobre puis la « journée des jeunes entrepreneurs » le 2 octobre. Plus de 1000 experts, en franchise ou en financement, seront à l’écoute des 10 000 visiteurs attendus. Lundi 1er et mardi 2 octobre, de 8 h 30 à 18 h 30, au Palais des Congrès de Paris, Porte Maillot (XVII e). Inscription sur place ou en ligne sur le site Internet www.salonsme.com. Entrée libre. Jeudi et vendredi Doper votre business en régions Entrepreneurs et investisseurs, vous êtes à la recherche de contacts en Alsace ou en Bretagne ? Le salon Parcours France est taillé pour vous  : plus de 100 régions, départements, communautés d’agglomération et villes moyennes seront présents. Elus et patrons, implantés dans ces territoires, vous donneront les clés pour y développer votre business. Jeudi 4 octobre, de 13 heures à 21 heures, et vendredi 5 octobre, de 9 heures à 16 heures, au Palais Brongniart, 16, place de la Bourse à Paris (II e). Renseignements sur www.parcoursfrance.com. Jeudi Coup d’envoi du Mondial de l’auto Une cinquantaine de nouveautés apparaîtront sur les stands du Mondial de l’Auto 2018. A découvrir  : le SUV compact Citroën C3 Aircross, la seconde génération d’Audi A1 ou encore les Monza SP1 et SP2 de Ferrari. Cette 88 e édition mettra en avant les nouvelles technologies qui feront les voitures de demain. Au rayon électrique, les visiteurs pourront admirer le Mercedes EQC et la Tesla Model 3. Paris Expo, Porte de Versailles à Paris (XV e), du jeudi 4 au dimanche 14 octobre, de 10 heures à 20 heures. Nocturnes jusqu’à 22 heures les jeudis 4 et 11, les vendredis 5 et 12 ainsi que le samedi 6 et le mercredi 10 octobre. Prix  : à partir de 9 € . Billetterie  : sur place ou sur tickets.mondial-paris.com/fr.



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