Le Magazine n°9 oct/nov 2010
Le Magazine n°9 oct/nov 2010
  • Prix facial : 3,90 €

  • Parution : n°9 de oct/nov 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 66,7 Mo

  • Dans ce numéro : la vie secrète des riches.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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L’HIS TOIRE Louis-Napoléon Bonaparte, né Charles Louis Napoléon Bonaparte, neveu de Napoléon 1 er, premier et seul président de la Deuxième République française (1848-1852), rêve de transformer Paris, réputé pour son insalubrité et sa surpopulation, en un modèle d’urbanisme (ce mot n’existe pas à l’époque) et d’hygiène comme l’était alors Londres, ville dans laquelle il vécu quelques mois lors de son premier exil. Attiré par les idées de Saint-Simon, tout particulièrement son libéralisme, et les phalanstères de Charles Fourier, il fait financer la construction des premiers logements sociaux, ou affecte de coquettes sommes à l’édification de cités ouvrières. Tout s’accélère lorsque celui qui est devenu Napoléon III (2 décembre 1852, un an après son coup d’État) et qui a restauré l’empire, le Second (1852-1870), nomme Georges Eugène Haussmann, appelé « baronHaussmann »,préfetdela Le saviez-vous ? Lors de l’exposition de 1867, l’empereur n’a pas manqué de présenter « sa » réalisation : un ensemble de 41 pavillons (avenue Daumesnil), conçu, dessiné et suivi tout le temps de la réalisation par lui-même. ■ > Napoléon III remet au baron Haussmannle décret d’annexionàParisdescommunessuburbaines(1860). 92 - Le Magazine D.R. Seine (22 juin 1853). Sa mission ? Aérer, unifier et embellir la capitale, mais aussi l’assainir, ne serait-ce que pour éviter les épidémies de choléra, maladie qui a causé la mort de 25 000 parisiens environ en 1831 et de quelque 20 000 personnes en 1849. Il doit également procurer des logements aux habitants, la ville est surpeuplée, et améliorer la circulation. Derrière cet objectif se cache une arrière-pensée : la répression des émeutes et soulèvements populaires facilitée par de larges voies autorisant le déplacement des troupes et l’utilisation des canons. Un inconditionnel de la ligne droite Alors ? Des kilomètres de grands boulevards et de larges avenues rectilignes (Haussmannest un inconditionnel de la ligne droite) percés avant d’être bordés d’immeubles cossus en pierre de taille àbalconssculptés ; desruesetartères prolongées ou élargies ; des centaines de kilomètres de trottoirs et d’égouts réalisés ; des perspectives et des places ouvertes (l’Étoile et l’Alma) ; des bois (Vincennes et Boulogne), des parcs (Buttes Chaumont et Montsouris), mais aussi des squares, espaces verts, jardins et promenades sont créés ; des arbres sont plantés le long des Pourquoi magazine -52 -Octobre/Novembre2010 1853-1870 : Pariss Sous le Second Empire, un nombre étonnant de très Georges Eugène Haussmann, a été réalisé modernisée,développée, mais quais et des grandes artères ; des milliers d’habitations insalubres sont rasées (dont un grand nombre sur l’île de la Cité), remplacées par des neuves équipées pour recevoir le gaz (création de la Compagnie parisienne de l’éclairage et du chauffage au gaz en 1855) et l’eau courante, grâce à l’installation d’un réseau d’eau potable qui capte les sources en amont de la Seine. Mairies (une par arrondissement), hôpitaux (dont celui de l’Hôtel-Dieu), gares (comme la gare de Lyon et du Nord), banques, ponts, marchés, grands magasins, fontaines (Saint-Michel), théâtres (comme ceux, symétriques du Châtelet), lycées, lieux de cultes (église Saint-Augustin ou de la Trinité), canaux navigables, voies ferrées (dont la petite ceinture), mais aussi mobilier urbain (kiosques, bancs, réverbères et urinoirs), etc., apparaissent. Sans oublier le réaménagement des halles centrales, l’agrandissement de la préfecture de police, ni l’édi- >Début des travaux avenue de l’Opéra. > Une kyrielle de compétences < Pour mener à bien la mission confiée par l’empereur Napoléon III, Charles Eugène Haussmann, préfet de la Seine et grand ordonnateur des grands travaux, a su s’entourer de compétences, dont l’ingénieur Eugène Belgrand. C’est lui qui a conçu pas moins de 600 km d’égouts, et a développé l’approvisionnement de la ville en eau potable grâce à la construction de fontaines, d’aqueducs et de fontaines. Ou encore Jean-Charles Alphand, ingénieur responsable de l’aménagement des bois, parcs squares et jardins, assisté de Jean-Pierre Barillet-Deschamps, jardinier paysagiste. Il y a aussi les architectes Victor Viel, qui a construit avec l’ingénieur Alexis Barrault, le Palais de l’Industrie, emblème de l’exposition universelle de 1855, Gabriel Davioud et ses deux théâtres du Châtelet, Théodore Ballu et l’église de la Trinité, et Jacques Hittorff qui s’est chargé de la gare du Nord. Citons aussi Antoine-Nicolas Bailly, architecte créateur de l’hippodrome de Longchamp, doté de tribunes permanentes. Bien sûr, n’omettons pas Victor Baltard architecte grand amateur de fer et de fonte, qui s’est occupé de l’aménagement des halles centrales, ni Charles Garnier architecte à qui l’on doit l’opéra de Paris, aussi appelé Palais Garnier. Terminons cette courte liste arbitraire avec les trois personnes choisies par Haussmannpour les montages financiers : Victor de Persigny, ministre de l’Intérieur, ainsi que les frères Péreire, Émile et Isaac, banquiers. ■
etlesgrandstravaux grands travaux, voulus par l’empereur Napoléon III, dirigés par le préfet de la Seine, à Paris. Moyennant quoi, la capitale française s’est transformée, aussi assainie et embellie. >Rue de Paris, temps de pluie (1877) de Gustave Caillebotte, musée Art Institute, Chicago. fication de l’opéra Garnier ou la construction de l’hippodrome de Longchamp. Les opposants oppsés àcesprogrammesn’ontpas manqué de dénoncer leur prix >Le parc des Buttes-Chaumont à Paris, inauguré lors de l'Exposition universelle de 1867. D.R. Pourquoi magazine -53 -Octobre/Novembre2010 Des normes sont aussi instaurées : alignement, hauteur et aspect des immeubles, raccordement aux égouts, nivellement des voies, nettoyage des façades des bâtiments par leurs propriétaires… Évidemment ces travaux monumentaux, dirigés par l’État, réalisés par des entrepreneurs privés et financés par l’emprunt, ont coûté beaucoup d’argent : 2,5 milliards de francs sur 17 ans. En 1870, la dette de l’État s’élevait à près de 1,5 milliard de francs. Les opposants -comme Émile Zola, Jules Ferry ou Charles Baudelaire, qui regrettait la disparition des petites rues pittoresques- à ces grands programmes n’ont pas manqué de dénoncer leur prix, la vague de spéculation immobilière avec l’augmentation exagérée des loyers, le refoulement des plus pauvres hors du centre et des quartiers devenus chics pour ceux non rénovés, en particulier de l’est parisien, devenus sinistres, surpeuplés, malsains et peu sûrs. L’empereur veut aussi une grande capitale par la taille. C’est ainsi que « lapetitebanlieue »,composée de communes périphériques - dont Auteuil, les Batignolles, la Villette, ou Charonne-, est annexée (décret du 1er janvier 1860). Le résultat est mathématique, Paris double sa superficie, qui passe de 3300àquelque7100hectares.Organisée alors en vingt arrondissements et quatre-vingts quartiers, la ville compte 2 millions d’habitants en 1870. Les grands travaux font toujours polémique Et Paris remodelé, métamorphosé, développé, modernisé, embellit, peut enfin se mesurer à sa rivale, Londres. Si ce n’est que c’est la capitale anglaise a toujours un coup d’avance. En 1851, elle avait organisé la première exposition universelle (The Great Exhibition of the Works of All Nations), vitrine d’un savoir-faire industriel, technologique et scientifique permettant aux pays de rivaliser, chacun voulant montrer aux autres sa supériorité. L’empereur français, conscient du prestige apporté par une telle manifestation, et tellement désireux de montrer tout le génie français, l’accueillera deux fois, en 1855 et en 1867. Si Napoléon III a bel et bien œuvré pour faire de Paris une capitale mondiale moderne, si le Second Empire est l’une des plus importantes époques de développement et de prospérité que la France a connu au XIX e siècle, on se souvient peut-être bien davantage de la chute de l’un et de l’autre, provoquée par la défaite et >Lesprincipauxaxescréésoutransformésentre 1850 et 1870 dans le centre de Paris. le désastre de Sedan. Déchu, fait prisonnier, puis contraint à l’exil en Angleterre, le monarque mourra à Chislehurst, bourgade située à une vingtaine de kilomètres de Londres, le 9 janvier 1873. Et malgré tout le temps écoulé, les grands travaux font toujours polémique. ■ >La rue de Rivoli en travaux. >L’Arc de Triomphe. >Le quartier de l’Opéra. Le Magazine - 93



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