Le Magazine n°9 oct/nov 2010
Le Magazine n°9 oct/nov 2010
  • Prix facial : 3,90 €

  • Parution : n°9 de oct/nov 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 66,7 Mo

  • Dans ce numéro : la vie secrète des riches.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Aventure de star Je rêvais qu'on me propose de participer au documentaire Adoptée par les Bajaus dès son arrivée à Mandebulu, la sémillante Marianne James raconte son inoubliable voyage et revient sur une aventure humaine palpitante. Pourquoi avez-vous accepté de participer à cette aventure et comment vous êtesvous préparée à l'idée de partir vers une destination inconnue ? Marianne James : Dans la vie, il y a deux catégories d'hommes : ceux qui ont fait Rendez-vous en terre inconnue et ceux qui ne l'ont pas fait ! (Elle rit) Spectatrice ravie des voyages de Muriel Robin, Bruno Solo, Adriana Karembeu, Patrick Timsit…, je rêvais qu'on me propose de participer au documentaire. La décision a été prise immédiatement, j'ai fait taire mes appréhensions et " hop ! En voiture Marianne ", ou plutôt… en avion ! Auparavant, j'ai fait un léger régime, du cardio-training et beaucoup de marche pour me sentir mieux, tonique et ne pas être une " diva " impossible s'il fallait se dépasser au bout du monde ! 78 Spécial Reportages 88 - Le Magazine Quand vous vous retrouvez dans l'archipel des Banggai et que vous découvrez les maisons sur pilotis en pleine mer, quelles sont vos premières impressions ? M. J. : Je découvre le village à 500 mètres, en pirogue, et plus on s'approche, plus le village me paraît petit, c'est incroyable ! De loin, je le trouvais grand et, de près, il me paraît minuscule ; un village en papier ! pas dans le ciel, pas sur terre, et pas sur l'eau non plus, quelque chose de poétique et un peu surréaliste… Quand il faut monter pour la première fois à l'espalier de bambou, imaginez la force qu'il faut dans les bras pour s'extraire de la pirogue, à marée basse. L'autre très forte impression, c'est d'aller, dès l'arrivée, saluer le village entier maison par maison, tenir debout et marcher parfois acrobatiquement sur ces frêles planchers de bambous. Le tout sous les rires et les blagues des Bajaus, respectueux mais quand même très hilares ! Je me disais : " Ils n'ont jamais vu une femme aussi grande, aussi ronde et J'ai laissé couler mes larmes en assistant au plus beau coucher de soleil qu'il m'a été donné de voir de toute ma vie. habillée comme ça, ils doivent se demander de quelle planète je viens ! " Une Bajau doit mesurer dans les 1, 50 met peser 35 kg ! On vous voit partir à la pêche sur une pirogue, participer aux tâches quotidiennes avec enthousiasme, faire de la plongée… Où puisez-vous toute cette énergie ? M. J. : L'énergie est en moi ! C'est dans mon ADN ! Et tout ce qui me caractérise a été dopé vers le haut ! Un peuple aussi bienveillant ne pouvait que m'ouvrir, me pousser au partage, à la découverte ! La bienveillance, et on pas le jugement, était mon état d'esprit avant de partir. Mes craintes de déplaire, de déranger, d'être exclue, se sont envolées à l'instant même où je les ai salués tous, un par un ! Avez-vous douté de vous à un moment en vous disant : " Cela va être trop dur d'être totalement coupée du monde " ? Y a-t-il eu des moments où vous avez craqué ? M. J. : Honnêtement, je n'ai pas douté de moi. À aucun moment, je n'ai senti de fausses bonnes raisons d'être là ! Ces destinations sont préparées soigneusement par Franck (Desplanques), que j'appelle l'ethnologue, un homme intelligent, courageux, avec un savoir immense de ce qu'il faut faire ou ne pas faire ! Un amoureux dingue de ces peuplades. Et Frédéric Lopez sait s'entourer : l'équipe de tournage est extraordinaire, efficace et extrêmement sympathique ! J'ai eu peur une fois, quand il a fallu monter sur un trépied de fortune, je pensais qu'à chaque instant les trois branches allaient rompre. J'ai pleuré, je suis restée plus de deux heures seule sur mon trépied au-dessus de l'eau à marée basse. Défaite, touchée, j'ai laissé couler mes larmes en assistant au plus beau coucher de soleil qu'il m'a été donné de voir de toute ma vie ! Ce moment-là est marqué au fer rouge dans mon âme. Que retenez-vous de cette extraordinaire rencontre avec les Bajaus ? M. J. : Je ne retiens qu'une seule chose : l'art de vivre simplement, solidairement, avec un sourire immense et immuable aux lèvres ! Quand j'ai compris que nous fusionnions à ce point, j'ai aussi réalisé que nos valeurs étaient jumelles. Ils ont fait le choix de vivre là, alors que 90% des autres Bajaus sont entassés sur les îles ou le continent. Ils assument leurs choix, et surtout comme disait saint Augustin pour définir le bonheur : "Ils désirent ce qu'ils ont. " Reconnaissons que nous sommes loin du cynisme, du " je veux ce que tu as ", du " il m'en faut toujours plus " et du " si je n'ai pas ça, je fais un malheur ". Quel impact ce séjour a-t-il eu sur vous ? M. J. : L'impact est subtil et profond. Mon chemin de vie, atypique et consenti, est source de joie, j'ai pu partager cela avec eux ; ils sont musulmans, je suis chrétienne, nous avons parlé de Dieu, nous avons parlé de tant de choses et parfois, souvent, nous avons partagé le silence…
M arianne James a rendez-vous avec un peuple de pêcheurs : les Bajaus. Des hommes et des femmes qui ont choisi de vivre dans un minuscule village posé sur pilotis au milieu de nulle part… À l'origine, les Bajaus étaient nomades. Ils vivaient nuit et jour sur de simples embarcations, les lepas, et naviguaient sans cesse sur toutes les mers d'Asie du Sud-Est. Pêcheurs en survie. Depuis une quarantaine d'années, l'État indonésien a tenté de les sédentariser sur la terre ferme et les Bajaus ont quitté peu à peu leurs minuscules bateaux. Mais, pour certains, quitter la mer était impossible, alors ils ont choisi de vivre suspendus entre terre et mer. Longtemps méprisés, ces anciens "gitans de la mer" ont gagné peu à peu la considération des autres et, désormais, leur connaissance ancestrale de la mer attire. Certains Indonésiens ont même décidé de tout quitter pour s'installer avec les Bajaus dans l'espoir d'apprendre, auprès d'eux leurs nombreuses techniques de pêche. Ce mode de vie paraît idyllique, cependant les contraintes sont nombreuses : soleil brûlant, tempêtes, Dans la région, le milieu marin est aujourd'hui largement menacé : le corail meurt et les stocks de poissons s'épuisent. absence d'eau douce et de bois… et le danger se rapproche à grande vitesse : à quelques kilomètres seulement, d'autres pêcheurs utilisent des techniques de pêche modernes, beaucoup plus rentables, mais également terriblement destructrices : la pêche au compresseur, au cyanure mais surtout à l'explosif… Dans la région, le milieu marin est aujourd'hui largement menacé : le corail meurt et les stocks de poissons s'épuisent. Ces pêcheurs mettent en péril leur propre moyen de subsistance, ainsi que celui des pêcheurs traditionnels qui voient leurs prises diminuer dangereusement. L'avenir des habitants de Mandebulu est aujourd'hui en péril et, faute de poissons, les plus jeunes n'auront peut-être pas d'autre choix que d'abandonner ce mode de vie en osmose avec la mer… Marianne James chez les Bajaus ou l'art de vivre simplement À Mandebulu, ce sont avant tout des Aventure de star hommes et des femmes qui ont délibérément choisi de vivre en huis clos, ensemble, à l'écart du monde. Chaque destin est unique et quelles que soient leurs origines, leur identité à tous aujourd'hui, c'est la mer. Des vies à l'écart du monde. Certains ont connu le mode de vie nomade des anciens. C'est le cas de Chana, la doyenne du village. Elle incarne à elle seule la légende des Bajaus. Orpheline à l'âge de 5 ans, elle s'occupe seule de son petit frère et de sa petite sœur. Aujourd'hui, ils sont toujours réunis. Bien qu'ils aient abandonné ce mode de vie nomade, ils continuent de vivre sur la mer et grâce à elle. Handi est un miraculé. Il a longtemps pêché avec un compresseur mais, à force de chercher la rentabilité, il a failli trouver la mort. Mais le destin en a décidé autrement et, depuis, il a décidé de changer de vie, de s'installer avec sa famille au milieu de l'eau et de renouer avec des techniques simples, certes moins rentables, mais tellement moins dangereuses. Andong est fils d'agriculteur. À la mort de son père, c'est son oncle qui prend soin de lui et lui apprend les premiers gestes de la pêche. C'est par passion qu'il est venu s'installer à Mandebulu. Il a su se faire accepter par les Bajaus mais son rêve, c'est d'apprendre leurs techniques de pêche pour attraper un peu plus de poissons. Son but est simple : avoir quelques économies pour offrir des études à ses enfants et se marier, le jour où il trouvera une femme qui lui plaît. Ria a grandi sur la terre ferme, et c'est par amour qu'elle est venue se réfugier sur ce village flottant. Elle a fui sa famille pour vivre avec l'homme qu'elle aime. Éloignée des siens, depuis vingt ans, elle a dû tout apprendre ici, même à nager ! Aujourd'hui, elle a fondé une famille et s'est construit une nouvelle identité : elle est Bajau, de cœur. Patahan est Bajau. C'est un pêcheur à l'ancienne qui refuse catégoriquement les techniques de pêche invasives. Certains disent qu'il est le meilleur pêcheur de la région. Mais seule sa femme, Bodome, et lui-même savent qu'ils doivent cette réputation à des appâts secrets. Grâce à de simples vers, les prises se succèdent, énormes… une véritable pêche miraculeuse… Sa ligne de conduite est claire : être un honnête homme.. 79 Le Magazine - 89 Spécial Reportages



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