Le Magazine n°9 oct/nov 2010
Le Magazine n°9 oct/nov 2010
  • Prix facial : 3,90 €

  • Parution : n°9 de oct/nov 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 66,7 Mo

  • Dans ce numéro : la vie secrète des riches.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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DOSSIER SAUVER LES ARCHIVES DU SOL Pourquoi toutes ces chaussures ? A la limite ouest de la ville gallo-romaine, une dizaine d'archéologues ont dégagé sur 3800 m2 les vestiges implantés au bord de l'ancien lit de la Vesle. Ils ont mis au jour divers édifices (entrepôts, ateliers...), un quai gallo-romain en bordure de rivière et des viviers de la fin du Moyen Âge. Ce milieu humide est particulièrement favorable à la conservation des vestiges organiques (cuir, bois, graines, pollens...). Afin de renforcer les fondations, les gallo-romains se sont affranchis des contraintes liées à l'humidité en enfonçant des pieux jusqu'au substrat géologique. Ceux-ci ont été ensuite recouverts d'un radier (grosse dalle) sur lequel reposent les murs. Dans cette fouille, la place du bois est omniprésente. Quatre puits de forme carrée et dont le cuvelage est composé de planches assemblées soit à mi-bois soit à queues d'arondes, étaient probablement liés à une activité artisanale. Plusieurs fosses de stockage ou de décantation d'argile à poterie témoignent de la production de céramique à proximité. D'autres activités artisanales semblent avoir été intenses dans cette partie de la ville. La production de tissus est attestée par quatre ateliers dans lesquels étaient installés des métiers. Une série de fours ou d'étuves laisse quant à elle présumer des activités liées à la fabrication d'objets en fer ou au séchage des céréales. L'importante quantité de chaussures de cuir découverte dans le lit de la rivière au débouché des caniveaux d'une rue antique ne trouve pour l'instant aucune explication (rejet de fabrication, activité de cordonnerie...). pieds du théâtre gallo-romain andeure Une opération d'archéologie préventive s'est déroulée en mars 2010 à Mandeure (Doubs) aux pieds du théâtre gallo-romain, dans le cadre de l'aménagement d'un espace muséographique destiné aux visiteurs de cet édifice, le plus grand de Gaule après celui d'Autun. Dans !'Antiquité, Epomanduodurum, l'actuel village de Mandeure, était considérée comme la seconde ville du pays Séquane après la cité capitale, Vesontio (Besançon). Le site de Mathay­ Mandeure était déjà très important durant la période gauloise puisqu'il abritait alors un sanctuaire où ont été retrouvées de nombreuses offrandes. Cette agglomération, qui s'étendait sur plus de 180 hectares, était dotée d'un ensemble architectural reflétant son importance : un théâ- 74- Le Magazine tre, dont les vestiges sont encore visibles aujourd'hui, des temples, des établissements thermaux ainsi qu'un forum. L'emprise de la fouille se situe au sein même de l'agglomération antique, aux abords immédiats du théâtre, dans un secteur où s'est développé un complexe cultuel monumental. Les premiers résultats confirment une longue occupation de cet espace où se lisent trois grandes phases de construction. La première phase remonte à l'époque augustéenne, au début du Ier siècle de notre ère. La seconde occupation est constituée d'un ensemble de monuments probablement destinés au culte : une galerie de 70 m de long sur 5 m de large et un édifice public, temple ou enceinte, dont l'espace sacré est délimité par deux murs. Cet ensemble inédit complète le corpus de sanctuaires déjà connus qui s'étend depuis la rive droite du Doubs et occupe la plus grande partie de la plaine alluviale, large à cet endroit de 400 menviron. Cette portion de plaine est délimitée à l'ouest par la rivière et à l'est par un talus escarpé contre lequel a été édifié le théâtre gallo-romain. Notons qu'après la destruction des monuments, des traces discrètes (sous forme de fosses) d'une occupation tardive ont pu être datées de la deuxième moitié du IVe siècle, date à laquelle le rayonnement d'Epomanduodurum avait déjà diminué. Cette fouille, en précisant la chronologie des différentes phases d'occupation et en identifiant leurs fonctions (domestique, artisanale, publique) viendra compléter les données recueillies par les différents intervenants du programme collectif de recherche mené depuis quelques années sur la commune de Mandeure et portant sur le complexe cultuel et le théâtre, qui est, après celui d'Autun, le plus grand théâtre de Gaule.
SAUVER LES ARCHIVES DU SOL DOSSIERuverte d'un sanctuaire ithra à Angers Sur 9 000 m², une équipe d'archéologues de l'Inrap fouille le site de l'ancienne clinique Saint-Louis à Angers. Elle met actuellement au jour les vestiges d'un sanctuaire voué au culte de Mithra, dieu d'origine indo-iranienne. Le mithraïsme est probablement introduit dans l'Empire par les militaires romains et les marchands orientaux, et se répand à la fin du Ier siècle. Ce culte à mystères, réservé aux hommes, séduit d'abord les élites, puis se diffuse dans toutes les couches de la société. Concurrent du christianisme, il est fortement combattu et finalement interdit par l'empereur Théodose en 392. Les chercheurs supposaient que cette partie d'Angers était occupée dès le début de notre ère, sous le règne d'Auguste. Les axes urbains, le cardo (nord-sud) et le decumanus (est-ouest) d'un îlot d'habitat, sont visibles sur le chantier, notamment le decumanus avec fossés et trottoirs. Celui-ci vient d'Hre daté d'une époque très précoce pour Angers : les années 10 avant notre ère. À la fin du Ier siècle, une ou deux demeures (domus) sont édifiées dans l'îlot. Ces riches maisons décorées possèdent colonnades et système de chauffage par le sol (hypocauste). Un incendie ravagea une grande partie des bâtiments du quartier. Banquets et sacrifices dédiés au Dieu Au moins dès le Ille siècle, un bâtiment rectan- sentant la divinité coiffée de son bonnet phrygulaire excavé est installé au nord-ouest du site. gien. Envoyé par le dieu suprHne, il égorge un Son architecture est celle d'un mithrreum, édi- taureau, symbole du mal, qui par son sang fice voué au culte de Mithra. Ces temples appa- donne naissance à la vie. La fouille des décomraissent comme de petites chapelles voûtées où bres antiques de la rue René Brémond révèle ause déroulent les banquets et sacrifices dédiés à jourd'hui des éléments de ces statues peintes : Mithra. Leur voûte peinte est généralement dé- fragments d'un bas-relief du dieu Mithra avec corée d'un ciel étoilé. À Angers, des tambours notamment des éléments des dadophores (porde colonnes, peut-Hre bases d'autel ou socles teurs de torches) et du miles (porteur de lance), de statue, émergent. Les sanctuaires dédiés au associés à un riche mobilier du IVe siècle. dieu comportent toujours un bas-relief repré- 1ii [li ! De nombreuses monnaies (environ 200) et fragments de céramiques, ainsi que des lampes à huile complètes, les morceaux d'un rare lustre en terre cuite aux figures de Nubien, une fibule cruciforme en bronze caractéristique des fonctionnaires du IVe siècle, des restes de faune où dominent les os de coqs (met privilégié dans le banquet cultuel), un exceptionnel vase ansé zoomorphe en grande partie conservé sont dispersés à l'intérieur et autour du temple. L'unique sanctuaire de Mithra de l'Ouest de la France Sur un gobelet en céramique fabriqué dans les ateliers de Lezoux (Puy-de-Dôme), figure une dédicace gravée avant cuisson offerte par un certain Genialis dans la première moitié du Ille siècle : « DEO [INVIC]TO MYTRH[AE].../...] VS GENIALIS CIVES MA [...] VS EXVOTO D[.../...] RIBVS OMNIS LOCO OMNIS (...) » : « Au dieu invaincu Mithra,]us Genialis, citoyen de..., a offert en exvoto (ce vase) ». Un fragment de tuffeau ouvragé, décoré de palmettes, porte dans un cartouche une inscription en grec sur quatre lignes qui a été en partie déchiffrée. Elle indique une dédicace effectuée par un dénommé Theophilos d'origine orientale au profit de Retituitos, nom à consonance gauloise. La richesse du mobilier, la conservation des vestiges, l'importance de l'épigraphie, l'absence jusqu'à aujourd'hui de découverte de mithrrea dans l'ouest de la France offrent aux archéologues de l'Inrap des perspectives de recherche inédites touchant à la fois aux domaines de l'archéologie, de l'histoire de l'art et des religions. Cette découverte ouvre de nouvelles perspectives pour l'histoire d'Angers et le début de la christianisation au IVe siècle. Après Bordeaux, Strasbourg, Biesheim, Septeuil, Tirlmont (Belgique), Martigny (Suisse), Rome et Ostie, Angers s'inscrit désormais dans l'inventaire restreint des mithrrea connus en Europe occidentale. Le Magazine - 75



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