Le Magazine n°9 oct/nov 2010
Le Magazine n°9 oct/nov 2010
  • Prix facial : 3,90 €

  • Parution : n°9 de oct/nov 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 66,7 Mo

  • Dans ce numéro : la vie secrète des riches.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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DOSSIER SAUVER LES ARCHIVES DU SOL On a planté selon les conseils de Pline l'Ancien L'alignement et la forme rectangulaire des fosses sont semblables à ce que l'on retrouve sur les sites d'autres vignes gallo-romaines, découvertes dans le Sud de la France, en région parisienne et en Angleterre. Les dimensions réduites des fosses permettent d'exclure l'hypothèse d'un verger. Le « fantôme » de petit arbuste observé dans la terre de remplissage a la taille d'un pied de vigne. Les deux compartiments séparés par un bourrelet correspondent aux préconisations de Pline l'ancien et de Columelle, auteurs latins du Ier siècle de notre ère. Ils recommandent de mettre deux plants de vigne par fosse et de les arranger « en les recourbant de façon que les racines des deux marcottes qui sont dans la même fosse ne s'entrelacent pas mutuellement, ce qui sera facile d'empêcher en disposant au fond des fosses, transversalement et par le milieu, quelques pierres dont chacune n'excède pas le poids de cinq livres ». Ces fosses constituent le premier exemple d'application de ces préceptes agronomiques viticoles en Gaule. Certaines fosses sont bordées de fosses plus petites et moins profondes. Les fosses secondaires auraient servi au provignage, une technique ancienne de multiplication végétative de la vigne, où l'on enterrait la partie aérienne de la plante (tige, branche, etc.) afin qu'elle développe ses propres racines avant d'être séparée de la plante mère et de constituer un nouvel individu autonome. Des habitats du Néolithique Les fosses de Gevrey-Chambertin sont les premières traces de plantations de vignes de l'époque gallo-romaine découvertes en Bourgogne. Elles sont entourées de nombreux vestiges archéologiques de la même période : villas, habitats, mausolée, sépultures, sur la partie orientale de la commune et à proximité du site. Elles confirment l'intérêt, dès !'Antiquité, pour la vigne et le vin dans la région, intérêt déjà connu par de nombreuses représentations : une corne d'abondance de l'une des divinités du sanctuaire des sources de la Seine montrant une grappe de raisin, le monument au marchand de vin de Til-Châtel, la stèle funéraire d'un couple de propriétaires-viticulteurs de Tart-le-Haut (l'homme tenant une serpe à émonder), le dieu au tonneau de Mâlain, etc. Ces objets sont conservés au musée d'archéologie de Dijon. Les fosses de Gevrey-Chambertin confirment également que la viticulture de cette époque se pratiquait en plaine, comme dans d'autres cas déjà connus, alors qu'aujourd'hui, ce sont les versants qui sont privilégiés pour faire du bon vin. Sur la fouille, les archéologues ont également mis au jour un habitat de plaine du Néolithique moyen II (entre 4000 et 3500 avant notre ère) et des vestiges d'habitat du Néolithique final (3500-3000 avant notre ère), rares habitats de plaine ouverts dans ce secteur qui permettront 72 - Le Magazine d'étayer la chronologie du Néolithique moyen et final dans la région. Pour l'âge du Bronze, une ferme-étable (Bronze ancien, 2300 à 1650 avant notre ère), l'un des édifices les plus méridionaux de ce type, a été fouillé, ainsi qu'une ferme de la Un paysage du Néolithique tel que tout le monde l'imagine Les vignes plantées en rang sont caractéristiques de !'Antiquité (et du XXe siècle, mais le cadastre ancien n'indique aucune trace de vigne récente). De plus, ces fosses ressemblent beaucoup à celles d'autres vignes d'époque gallo-romaine et leurs dimensions, leur espacement à l'intérieur des rangs et l'espacement des rangs entre eux sont des multiples du pied romain (29,6 centimètres). La fouille a montré que les fosses ont été creusées dans des sols anciens (du Néolithique à l'époque protohistorique), à une date qu'il faut donc situer après l'époque gauloise. D'après les fragments de céramiques retrouvées dans les fosses, elles dateraient du Ier siècle de notre ère. fin de l'âge du Bronze (de 1000 à 900 avant notre ère). Enfin un habitat du tout début du Second âge du Fer (450-350 avant notre ère) comble une carence documentaire pour cette période en Bourgogne.
SAUVER LES ARCHIVES DU SOL DOSSIER les trésors de Reims Deux grandes fouilles ont été réalisées dans le coeur historique de Reims, contribuant de façon décisive à la connaissance du passé de Reims qui fut à l'époque galloromaine l'une des plus grandes villes de l'Empire romain, s'étendant sur plus de 600 hectares. La création du tramway, qui traversera Reims du nord au sud sur plus de 11 km, a été l'occasion d'entreprendre des recherches sur plus de 2 hectares du coeur ancien de la ville. Les 16 De l'argenterie à la cave Face à l'actuelle gare, la fouille du tramway a permis le dégagement d'une cave antique qui a livré une découverte d'exception : un ensemble d'argenterie gallo-romaine, déposé dans une fosse, toujours enveloppé dans ses tissus. Composé de vaisselle de bronze revêtue d'une tôle d'argent, il comprend deux plats ronds dont un à décor perlé, deux plats ovales à marli horizontal et décor gravé, une coupe à collerette, un plat rond contenant une coupelle retournée et quatre cuillers d'argent et de bronze. Dans la mois de fouille ont permis d'exhumer des niveaux gaulois mais surtout l'urbanisme antique, paléochrétien et médiéval de Reims. Une trentaine d'archéologues sont intervenus sur plu- breux objets métalliques ont également été retrouvés. L'ensemble a été produit dans le centre ou le centre est de la Gaule et appartient aux Ile-Ille siècles de notre ère. L'élément le plus remarquable de cette découverte est l'état de conservation des tissus qui enveloppaient l'ensemble. Des restes de tissus sont fréquemment découverts sous forme de trames oxydées sur des objets métalliques, mais aujourd'hui ce sont cave, les vestiges de deux oenochoés (vases) en plusieurs dizaines de cm 2 de tissu dans leur état bronze, des gobelets en terre cuite et de nom- et leur souplesse initiale nous parviennent grâce sieurs secteurs du tracé pour dégager des vestiges, souvent très bien conservés, à des profondeurs allant de 50 cm à 5m. La voie nord-sud (cardo maximus), fondatrice de Durocortorum, la ville antique, et les édifices limitrophes ont été fouillés place de la République. Ces recherches ont également révélé un bâtiment, probablement l'oratoire paléochrétien mentionné par les textes anciens, et un cimetière médiéval. Au-dessus d'une installation urbaine du début du Ier siècle de notre ère, l'amphithéâtre galloromain a été reconnu place Saint-Thomas. Par ailleurs, sont apparues les fondations d'un arc monumental, place Myron-Herrick. Il s'agit de la « Porte de Soissons », dénommée « Porte de Vénus » par les anciens historiens. Cette porte marque le passage du decumanus, la voie est-ouest de la ville gallo-romaine. Sous cet arc a été dégagé un égout voûté des Ile - Ille siècles de notre ère et aux dimensions impressionnantes (2,90 m de haut). à des conditions de conservation exceptionnelles. En outre, le premier plat conserve encore des lambeaux de fourrure ou de peau. S'il ne s'agit pas de vaisselle d'argent massif, la découverte d'une série aussi homogène est rare. Ce n'est pas un trésor dissimulé par quelque propriétaire inquiet, mais un service de qualité soigneusement rangé et destiné à présenter les mets selon les nouvelles manières de table en vogue aux Ile-me siècles. Le Magazine - 73



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