Le Magazine n°9 oct/nov 2010
Le Magazine n°9 oct/nov 2010
  • Prix facial : 3,90 €

  • Parution : n°9 de oct/nov 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 66,7 Mo

  • Dans ce numéro : la vie secrète des riches.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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enquête• un symbole nautique ressuscité Entrepreneur visionnaire ou optimiste illuminé ? Didier Spade est bien parti pour faire taire les sceptiques.Le projet avance. Un navire luxueux, taillé pour les croisières, imaginé pour devenir un symbole du design et du raffinement sur mer, pesant 200 à 250 millions d’euros... Ce projet ronflant porte un nom encore plus imposant : le France, comme le mythique paquebot démantelé récemment en Inde. Ce nouveau bateau ne vit pour l’heure que par la volonté d’un seul homme. Patron de Seine Alliance, une société reconnue grâce au yacht Clipper Paris, Didier Spade, ISG de 53 ans, dégage le bagout d’un vendeur de porte-à-porte, cumulé à l’étincelle du voyageur invétéré. La preuve lorsqu’il raconte la genèse de son projet, un récit chargé en émotion : « Le France était bien plus qu’un paquebot, une partie de notre histoire ! Il a rencontré des difficultés économiques et sociales, a été abandonné, laissé au quai de l’oubli, puis a été encensé par une chanson de Sardou... Je suis allé dans la salle des ventes aux enchères du nez du France. Des gens pleuraient ! Je n’avais jamais assisté à une vente 54 - Le Magazine DIDIER SPADE PEUT-IL RÉUSSIR SON PARI ? L’homme qui veut reconstruire le France autant chargée d’émotion. Le projet vient de là ». Luxueux, patriotique et écolo L’affaire a trouvé écho dans la presse une première fois en mai 2009. À l’époque, la nouvelle est passée quasiment inaperçue. Jugée farfelue. Depuis, un site Internet (lenouveaupaquebotfrance.com) a été créé, le business plan achevé, un partenariat et une commande d’étude aux chantiers STX de Saint- Nazaire signés. Surtout, la réservation du nom « France » pour ce navire vient d’être accordée à Didier Spade par le Registre international français (RIF), service émanant du ministère du Développement durable. La clé pour l’entrepreneur : « Si je ne l’avais pas obtenu, il n’y avait plus de projet ! Autant reconstruire le France, cela m’enthousiasme ; autant construire un paquebot lambda ne m’intéresse pas ». Va-t-il pour autant relever le défi technologique que représentait le France en son temps, tant au niveau du gigantisme que de la vitesse ? « Justement cette course au gigantisme a atteint ses limites. Aujourd’hui, le marché est largement pourvu sur ce point. De grands paquebots ont été mis en veille car on se demande s’il n’y en a pas trop. Et cela me paraît en dehors de mes possibilités. Je me sens capable de trouver 200 à 250 millions d’euros mais je suis incapable de dénicher 1,5 milliard pour un navire de 360 m de long avec 5.000 passagers à son bord. Si les grandes sociétés internationales comme Carnival ont du mal, ce n’est pas moi qui vais y arriver ! ». Le paquebot France et Seine Alliance en chiffres 3 activités pour Seine Alliance : paquebot France, les croisières sur la Seine Paris Yacht Limousine, Paris Yacht Marina, proposant dîners et réceptions sur des bateaux luxueux, dont le Clipper Paris. 200 à 250 millions d’euros de budget pour le nouveau paquebot France. 240 m de long. 500 passagers maximum. Prévision de mise à l’eau : 2015.
Le patron de Seine Alliance imagine un navire tutoyant l’excellence sur d’autres domaines : « Aujourd’hui, les paramètres ont changé. Il est question dorénavant d’économies d’énergie, d’écologie, d’espace, de bien-être... ». Un bateau de croisière à la fois luxueux et estampillé développement durable ? « Ce n’est pas incompatible. Pour qu’il soit écologique, il faut qu’il consomme le moins possible. Notre paquebot ne naviguera en moyenne qu’à 15 nœuds quand les autres vont à 22. En réduisant les vitesses, nous arrivons à gagner en confort, avec moins de vents, et en économies d’énergie ». Une décision qui ne pénalise pas son produit, argumentant que les paquebots ont tendance à réduire leur vitesse à chaque hausse du prix du pétrole. Pour le reste, il compte faire de son navire la vitrine de la « french touch » : design moderne, services de ressourcement du corps et de l’esprit, jardin palmeraie sur le pont, 2 immenses cheminées rouges et noires rappelant celles du paquebot original... Car Didier Spade donne à son projet un élan résolument patriotique : « Nous avons eu une suprématie dans les airs avec le Concorde et sur les mers avec le France ou le Normandie. Depuis, le Concorde est cloué sur un tarmac et le France découpé en morceaux en Inde... J’ai envie de redonner au pays un navire qui portera ses couleurs sur toutes les mers du monde. La France est reconnue comme un pays de goût, de tradition, de savoir-faire... Ce paquebot sera donc une illustration de l’Hexagone ». Optimisme aveugle ? « Le seul fait d’avoir obtenu l’autorisation de reprendre le nom France n’assure-t-il pas pour autant l’avenir du bateau ? « Tout dépend de ce que j’en fais. Si effectivement il est réussi, ce que j’imagine facilement aujourd’hui, ce paquebot sera reconnu dans le monde pour sa différence ». Face à l’immensité du projet, pour une société ne gérant que des bateaux naviguant sur la Seine, Didier Spade accepte le procès en optimisme. Mais il se défend de tout excès : « Trop optimiste ? Je ne pense pas. Au contraire, j’avance pas à pas en verrouillant chaque étape avec des professionnels. À chaque fois, mes hypothèses se confirment, tant au niveau du business plan que du type de navire, de sa surface d’exploitation prévisionnelle, du nombre de passagers... Si j’avais été plus optimiste, j’aurais brûlé certaines étapes ! ». Ce bateau doit être la propriété des Français. Je mettrai des actions sur le marché et chacun pourra en acheter plusieurs. » Didier Spade, P-DG de Seine Alliance Fatigué d’être taxé d’entrepreneur farfelu ou trop gourmand, il rappelle son parcours : « J’en suis à mon 6 ème bateau. J’ai toujours fonctionné ainsi et cela m’a plutôt réussi. Pour ce type de projet, il faut être soi-même hyperdéterminé et hyperenthousiaste. J’ai déjà connu beaucoup de sceptiques pour mon premier navire (ndlr : le Louisiane Belle). J’avais annoncé que j’allais créer une compagnie de bateaux à roues comme sur le Mississippi et que j’allais les mettre sur la Seine. À l’époque, personne n’a misé un franc sur le projet. Or cela a parfaitement fonctionné car mes bateaux étaient assez différents pour susciter un coup de cœur ». Pourtant, peu après la signature officielle avec les chantiers STX pour les premières études techniques, le responsable de la communication de la société, Éric Breux, se voulait prudent Le Magazine - 55



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