Le Magazine n°8 jan/fév/mar 2013
Le Magazine n°8 jan/fév/mar 2013
  • Prix facial : 6,90 €

  • Parution : n°8 de jan/fév/mar 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 91,9 Mo

  • Dans ce numéro : femmes et politique... l'enquête interdite.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Star du cinéma muet, la belle Suédoise réussit son passage au parlant avec "Anna Christie" spectateurs. Son physique atypique, qui lui était longtemps reproché, est désormais exploité par le studio qui joue avec son image exotique en lui confiant des rôles de femmes étrangères. Elle découvre véritablement son potentiel à travers l'objectif de William Daniels. Le photographe est fasciné par la jeune femme. Les yeux de l'actrice lui rappellent ceux de sa mère par l'incroyable tristesse et la mélancolie qui s'en dégagent. Il lui donne progressivement la confiance nécessaire pour s'épanouir en tant qu'actrice, une sensation que les autres membres de l'équipe ne peuvent lui donner. Cheveux trop frisés et indomptables au lissage, visage trop pâle et fatigué, un corps trop androgyne : les critiques fusent au sujet de la belle Garbo. Et pourtant, après avoir joué dans des films muets tels que « Le torrent » ou « La tentatrice », elle est consacrée vamp dans « La chair et le diable » en 1927, sur le tournage duquel elle fait la rencontre du célèbre John Gilbert, la star incontestable du cinéma à l'époque. Leur tandem transcende le public et offre à Hollywood la scène la plus sensuelle et la plus allusive jusqu'alors jamais connue. Garbo sort une cigarette, l'effleure de ses lèvres, avant de la passer à son compagnon. La salle est transie. Le duo de Garbo et Gilbert marque les esprits par son incroyable alchimie et leur liaison devient de ce fait un véritable moyen de promotion pour le studio. La presse abonde de clichés du couple. Leurs rapports, souvent exposés au public par les journaux, sont connus pour être tumultueux, contradictoires et passionnés. Cette relation marque à jamais la vie et la carrière de Garbo et se terminera d'une manière pour 86 I Spécial BIOGRAPHIE 96 - Le Magazine le moins théâtrale, car selon les dires, l'actrice aurait abandonné son compagnon le jour de leur mariage. Extrêmement indépendante, Garbo s'ouvrait difficilement à quelqu'un. Jamais entièrement. Par ailleurs, elle défraye la chronique avec ses penchants homosexuels : on lui attribue notamment une liaison avec l'actrice Lilyan Tashman. Consciente de son importance, elle impose désormais ses propres règles au studio MGM qui ne peut plus se passer d'elle. Si un rôle lui déplait, elle se fait passer pour malade. Un détail l'insupporte et elle menace aussitôt de revenir en Suède. Pour le tournage d’« Anna Karénine » d’Edmund Goulding en 1927, mécontente du choix de l'acteur principal, elle réclame l’engagement de John Gilbert et obtient satisfaction. Elle est alors l'actrice la mieux payée des États-Unis. Á l'apogée de sa célébrité, elle se retire progressivement des médias trop friands de son image sulfureuse. Elle tourne en comité réduit, fuit les paparazzis et n'accepte que très peu de visiteurs. Un contrôle absolu et obsessionnel de son image. Quant aux séances photos, elle n'accepte plus que des concepts artistiques avec deux photographes personnels, Ruth Harriet Louise et Clarence Sinclair Bull. Après avoir incarné séduction et féminité, elle décide de transformer son image et devient mystérieuse et distante, comme une entité intouchable. C’est « La Divine ». Elle qui voulait s'éloigner de l'exposition médiatique ne fait que la renforcer par le secret constant qu'elle laisse planer autour de sa personne. Garbo s'enferme alors dans une solitude extrême, et plus particulièrement après le décès de Stiller en 1928 qui l'affecte profondément. Elle ne sort que très rarement, s'entoure de très peu d'amis et n'accepte plus aucune interview. Les centaines de lettres qu'elle reçoit de la part de ses fans finissent aux ordures. L'année 1929 bouleverse véritablement le monde du cinéma. Les films muets laissent place à la parole. Une révolution qui fait sombrer la carrière de nombreux acteurs, notamment celle de John Gilbert. Mais pas celle de Garbo. Elle revient vers le studio MGM et signe sa première performance vocale dans « Anna Christie » en 1930, sous la direction de Clarence Brown. « Garbo parle ! » brandiront les slogans publicitaires. Une voix basse, voluptueuse, un brin rauque. Après quelques minutes, les spectateurs l'entendent enfin. « Donne-moi un whisky et, en plus, un ginger-ale. Et mets-en beaucoup, mon petit… ». Une réplique qui sera connue de tous. Même si les dialogues ne brillent pas par leur contenu, Greta Garbo sait leur donner un ton particulier pour renforcer leur impact dramatique. Lors de la première, le film fait fureur. Garbo devient la reine incontestée du cinéma hollywoodien. Au cours d'un dîner organisé en 1931 par la scénariste Salka Viertel, Greta rencontre la dramaturge Mercedes de Acosta avec qui elle entame l'une de ses plus marquantes relations homosexuelles. Un véritable coup de foudre. Greta s'ouvre, se confie, mais ne reste jamais constante. L'idylle est ponctuée d'absences pendant lesquelles Greta s'isole, ignore les lettres et les tentatives d'approches de sa partenaire avant de la quitter spontanément sans lui donner d'explication valable, comme sur un coup de tête. Les deux femmes garderont néanmoins contact. Hommes ou femmes, Garbo gardait toujours le contrôle
Greta Garbo à l'âge de 19 ans lors de ses débuts en Suède en 1924. sur ses relations, jouant du rapprochement et de la distance. L'impossibilité de la saisir entièrement était peut-être ce qui fascinait tant ses partenaires. La même année, son statut de séductrice n'est plus à débattre suite à sa prestation dans le film « Mata Hari » où elle donne la réplique à Ramon Novarro et Lionel Barrymore. « La Divine » y joue le rôle d'une espionne et mangeuse d'hommes, vêtue de costumes luxueux et exotiques. Un an plus tard, elle entame le tournage de « Grand Hôtel », un film au budget conséquent et au casting exceptionnel : Garbo, les frères Barrymore et Joan Crawford sont à l'affiche. Greta y incarne Grunsinskaya, une danseuse russe lassée de vivre et trouve un rôle qui correspond étonnement à son propre état d'esprit de l'époque. Comme un cri du coeur, la célèbre phrase « I want to be alone » (« Je veux qu'on me laisse seule ») fait directement écho à sa vie privée. L'année suivante, elle apparaît en perruque blonde dans « Comme tu me veux » aux côtés d’Erich Von Stroheim. Beaucoup de succès à l'affiche, mais peu de variantes : l'actrice semble enchaînée aux rôles de femmes fatales. C'en est assez pour Garbo. Elle se fâche avec la MGM et annonce son retour en Suède deux jours avant la fin de son contrat. Cette fois-ci, il ne s'agit plus d'une simple menace, puisqu'elle passera huit mois dans son pays natal. On croit alors qu'elle a définitivement quitté le cinéma. Retour à Hollywood où l'actrice acquiert un statut sans précédent au sein de la société MGM et signe pour tourner deux nouveaux films. Dés son arrivée à Hollywood, elle impose son look et sa façon de jouer. Elle fait désormais partie intégrante du studio et son avis est véritablement pris en compte. Au cours de la préparation du film « La Reine Christine » réalisé en 1933 par Rouben Mamoulian, Garbo insiste pour avoir John Gilbert comme partenaire à l'écran. La MGM montre de la réticence car l'acteur est depuis longtemps tombé dans l'oubli. S'engage alors un bras de fer consécutif entre Greta et sa société de production qui se terminera par une nouvelle victoire de l'actrice. Elle obtient que John Gilbert soit à ses côtés et signe l'un des plus grands succès de sa carrière. Nouvelle altercation avec la MGM lorsque Garbo refuse de jouer dans « Victoire sur la nuit ». Elle propose une alternative avec un remake d'« Anna Karénine » (rebaptisé « Love » en 1935). Et naturellement, elle obtient satisfaction. Avec, en prime, une nomination pour l'Oscar de la Meilleure Actrice qu'elle n'obtiendra finalement jamais. L’année 1936 marque une apogée dans la carrière de Garbo. Dans l'adaptation cinématographique du « Roman de Marguerite Gautier » signée George Cukor, elle réalise indiscutablement sa meilleure interprétation et d'ailleurs l'unique qu'elle apprécie à sa juste valeur. Un nouveau succès et toute l'attention est portée sur elle, avec la curiosité grandissante de la presse pour Greta. Elle l'harcèle, la traque, lui demande constamment des détails sur sa vie privée, s'interroge pourquoi Garbo s'entête à rester célibataire et enchaîne les aventures. L'actrice y répondra partiellement dans une lettre envoyée à l'éditeur Lars Saxon : « Wife is such an ugly word » (« Femme est un mot extrêmement laid »), « I will probably remain a bachelor all my life » (« Je resterais Spécial BIOGRAPHIE I 87 Le Magazine - 97



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