Le Magazine n°8 jan/fév/mar 2013
Le Magazine n°8 jan/fév/mar 2013
  • Prix facial : 6,90 €

  • Parution : n°8 de jan/fév/mar 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 91,9 Mo

  • Dans ce numéro : femmes et politique... l'enquête interdite.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Bernay, en Normandie, où elle grandit dans un univers de femmes légères tout en étant choyée et soignée pour une soudaine cécité, Piaf retrouve son père en 1925. Elle n’a que 10 ans et Louis Gassion l’entraîne avec lui sur les routes de France puis dans le quartier parisien de Belleville où il présente un numéro d’acrobate et de contorsionniste en faisant la quête. N’ayant aucune prédisposition pour les arts du cirque, la jeune Édith se distingue par sa voix et son aptitude au chant. C’est le début de sa vocation et de son apprentissage. Á 15 ans, Piaf choisit la liberté et quitte le petit appartement familial du 115, rue de Belleville. Avec son amie Simone Berthaut, elle déambule entre Pigalle, la rue Blanche et Montmartre, pour chanter dans les « beuglants » ou les bals des casernes. Durant cette période où la galère rime avec la débrouille, Edith tombe amoureuse, à 17 ans, de Louis Dupont, un livreur qu’elle appelle « P’tit Louis ». Le couple aura une fille Marcelle, née en février 1933, mais qui sera emportée par une méningite foudroyante en juillet 1935. Pour Édith, c’est un véritable choc et la fin de sa liaison avec « P’tit Louis ». Elle a 20 ans et ce premier drame marquera à jamais la « Môme ». Quelques mois plus tard pourtant, la roue va tourner dans le bon sens. Pour tenter de gagner quelques francs supplémentaires lors de leurs manches quotidiennes, Piaf et son amie Simone ont choisi le bourgeois 17ème arrondissement, plus précisément le carrefour de la rue Troyon et de l’avenue Mac- Mahon. Alors qu’elle entonne à pleins poumons les couplets de « Les Mômes de la cloche », elle est repérée par Louis Leplée, organisateur de grandes soirées parisiennes et propriétaire du cabaret-restaurant Le Gerny’s, rue Pierre-Charron, en plein cœur des Champs-Élysées. « Á chanter comme ça, tu vas te casser la voix ! » lance Leplée à la jeune Piaf. Époustouflé par son talent et sa 8 I Spécial BIOGRAPHIE 86 - Le Magazine gouaille, il l’auditionne et lui ouvre les portes du Gerny’s, un haut-lieu du Tout Paris où on peut croiser Maurice Chevalier, Mistinguett, Jean Gabin ou l’aviateur Jean Mermoz. Leplée lui donne un nom de scène le 1er janvier 1936 : La Môme Piaf, ce Pour manger, elle fait la manche dans les rues de Paris L'une des premières photos d'artiste de "La Môme Piaf". qui signifie petit oiseau en argot. Influencée par Fréhel ou Damia, gloires de la chanson au début du XXème siècle, la Môme Piaf connaît ses premiers succès, enregistre un disque chez Polydor et tourne un film, « La garçonne ». Mais cet état de
grâce se termine avec la mort de Louis Leplée, assassiné dans la nuit du 5 au 6 avril 1936. Effondrée devant la tragique disparition de ce « père adoptif », elle se réfugie dans la boisson et les nuits blanches pour oublier, d’autant plus que la police l’a suspectée et interrogée pendant 3 jours. Le renouveau va s’appeler Raymond Asso. Ce parolier niçois, qu’elle a croisé au Gerny’s, la prend sous son aile et devient son Pygmalion. Piaf s’installe chez lui, fait le ménage dans ses mauvaises fréquentations et s’astreint à une nouvelle hygiène de vie et à une discipline de travail. Grâce à Asso, Édith Piaf fait la connaissance de la compositrice Marguerite Monnot, qui deviendra sa grande amie et lui écrira les magnifiques mélodies de « Milord » et « L’Hymne à l’amour ». Sous la houlette de Raymond Asso, la chanteuse revient sur le devant de la scène en 1937 en effectuant son retour sur les planches de l’ABC. C’est le triomphe et « La Môme Piaf » devient officiellement Édith Piaf. « Raymond m’a appris à devenir un être humain. Il lui a fallu 3 ans pour me guérir. Trois ans de tendresse patiente pour m’apprendre qu’il existe un autre monde que celui des putes et des souteneurs. », racontera Piaf. Quand Asso est mobilisé en 1939, leur séparation amoureuse marque aussi l’ascension vers les sommets pour Piaf. Elle enchaîne les tours de chant à Bobino, l’Européen, la Salle Pleyel et l’Olympia et interprète ses premiers tubes comme « Mon légionnaire » et « L’accordéoniste ». Piaf fait partie des chanteuses populaires : « Je ne suis surtout pas une chanteuse réaliste, je déteste ce genre ! Je crée des chansons populaires ! », confie l’artiste. Et la chanteuse attribue aussi son foudroyant succès à la protection divine de Sainte Thérèse de Lisieux, dont elle porte le médaillon en permanence autour du cou depuis sa guérison miracle de la cécité en 1923, après les prières de sa grand-mère Sous le nom d'Edith Piaf, elle se produit avec succès dans les grandes salles de Paris à la fin des années 30. sur la tombe de la religieuse à Lisieux ! La star Piaf s’installe dans un vaste appartement du cossu 16ème arrondissement, près de la porte d’Auteuil. Ses nouveaux amis sont les comédiens Michel Simon, Mary Marquet, Marie Bell, Madeleine Robinson ou Jean Cocteau qui lui écrit sur mesure, en 1940, la pièce de théâtre « Le Bel indifférent ». Pour jouer à ses côtés, elle impose son amant du moment, le jeune acteur Paul Meurisse. Ce fils de bonne famille initie la gamine de Paname à l’élégance, au raffinement et à l’art de vivre. Quand survient la Seconde guerre mondiale, Édith Piaf continue sa carrière. On lui a reproché un voyage à Berlin en compagnie d’autres personnalités du spectacle au début des années 40, mais Piaf se rend également dans les camps de prisonniers français pour leur apporter son soutien en 1943. Et pour marquer son refus de l’Occupation nazie, Édith Piaf crée la chanson « Tu es partout », où le texte à double sens évoque la Résistance, ou protège plusieurs musiciens et artistes de religion juive, menacés par la Milice et les Allemands. Après la Libération, la « Môme » prépare un nouveau récital prévu au Moulin-Rouge. Comme elle recherche un nouveau visage pour assurer la première partie de son show, on lui conseille un jeune chanteur marseillais qui porte de grandes chemises à carreaux et arbore un look à la John Wayne. Son nom : Yves Montand. C’est le coup de foudre en plein été 1944, ils chantent ensemble à l’Alhambra, à l’Étoile et sur la Canebière et emménagent avenue Marceau dans le 16ème arrondissement. Piaf nage dans le bonheur et tourne avec son « grand », comme elle le surnomme, dans « Etoile sans lumière », réalisé en 1945 par Marcel Blistène. Sous la direction de Piaf, il fait ses vocalises et travaille Spécial BIOGRAPHIE I 9 Le Magazine - 87



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