Le Magazine n°8 jan/fév/mar 2013
Le Magazine n°8 jan/fév/mar 2013
  • Prix facial : 6,90 €

  • Parution : n°8 de jan/fév/mar 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 91,9 Mo

  • Dans ce numéro : femmes et politique... l'enquête interdite.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Elle s'invente des origines exotiques et devient la coqueluche sexy du Tout-Paris quatre frères, elle connaît une enfance protégée et fait de brillantes études dans les meilleurs établissements. Elle s’y distingue notamment en allemand, anglais, français. Un maniement des langues étrangères qui lui servira plus tard pour ses missions très spéciales. Une éducation très « cour royale d’Europe » pour une jeune fille modèle qui cultive déjà sa différence métisse, exotique, hautaine et distante de brune svelte, parmi des camarades blondes et bien en chair. Un peu plus tard, elle jouera de cette équivoque dans sa physionomie. Cette belle harmonie prend fin quand la mère de la jeune Margaretha décède en mai 1891. C’est alors l’équilibre d’un foyer qui chancelle. Car le gros problème de cette famille, c’est le père, Adam Zelle. C’est un chapelier qui semble heureux et prospère en affaires. Chez lui, sa fille est élevée sur le pied d’une maison princière. Mais tout est financé à crédit ! Pire, Adam Zelle est mythomane, adepte de l’intox en tout genre, redessinant aux couleurs des plus hauts lignages sa généalogie et s’affichant grand héritier des affabulations perdues. Ce côté chimérique et dépensier, la jeune future Mata Hari va le prendre en exemple, admirative et influencée par ce père, clinquant à la ville et scintillant au fronton. La ruine, qui guettait son papa, le rattrape. Margaretha a 15 ans, quand la famille quitte, en 1891, 66 I Spécial BIOGRAPHIE 80 - Le Magazine Adam Zelle, père de Mata Hari, était réputé pour sa mythomanie. Leeuwarden pour un faubourg d’Amsterdam. Incorrigible, Adam s’y fait passer pour baron ! Mais l’adolescente n’a plus cœur à s’éblouir, son rêve est brisé, toute estime qu’elle avait pour son père s’évapore. Et l’éloignement se fait à La Haye chez un oncle, où elle vivote d’un dilettantisme qui se rapproche beaucoup des formations supérieures d’une très jeune femme modèle, naissant à sa sensualité. L’uniforme est son régal. L’officier est son type. Elle ne sait pas dire pourquoi… Et pour cause ! C’est la fameuse impulsion qui ne se commande pas, à l’orée des forêts où l’on entend l’appel. Celui-là, plus encore que les suivants, elle aurait mieux fait de ne pas l’entendre. Mais que condamner dans la désoeuvrée qui se cherche un état ? Rien, sinon le funeste mars 1895, quand par annonce matrimoniale, elle fait la connaissance de Rudolf Mac Leod, Écossais d’origine. C’est un vieux garçon de 20 ans de plus qu’elle, buté, violent, buveur et jaloux maladif. Mais il a le grade de capitaine dans l’armée de terre néerlandaise ! Á 19 ans, la future Mata Hari tombe sous le charme et l’épouse en juillet 1895. Deux enfants naissent : un fils en 1896, mort en très bas âge, et une fille Banda, née en 1898, à l’enfance chahutée et sans présence maternelle. Puis le couple finit par tomber au plus bas du pire, et après insistance, Margaretha obtient le divorce en décembre 1902. Mais de ce mariage naufragé, elle réussit à tirer les marrons d’un maigre feu. Grâce aux affectations coloniales de son mari de capitaine, entre mars 1899 et avril 1902, (cette dernière aux Indes néerlandaises), elle rencontre des gens et manifeste un bel esprit de curiosité. La culture et les traditions de la colonie l’intriguent. Elle devient la coloniale type qui s’acclimate, s’imprègne, se teinte. Se teinter est le mot pour cette brune aux allures de sang mêlé qui pourrait faire croire être de Java. Bouddhisme, dialectes locaux et danses sacrées : l’ensorcelante néo-Orientale se construit et fait son initiation. Elle prend le costume de fins voiles suggestifs, apprend les poses de déesse
Mata Hari avec son mari Rudolf Mac Leod. La danseuse adorait séduire les militaires. aux mille positions et brouillonne le pseudo qu’elle s’invente, en avouant par lettre à une amie, « qu’elle va bientôt exercer la profession de danseuse sous le nom de Mata Hari ». Traduction : « pupille de l’aurore », « œil du jour » ou « soleil », au choix, en dialecte malais. Mata Hari s’imagine déjà en tête d’affiche ! Divorcée et libre depuis 1902, elle ne songe plus qu’à sa nouvelle identité. Elle se métamorphose en danseuse hindoue, une presque bouddhiste, une « native » de Java comme elle se plaît à mentir. Un portrait d’époque la décrit ainsi : « Grande, svelte, visage à ovale parfait, expression sibylline et tentatrice. Magnifiques yeux, veloutés, sombres, légèrement bridés avec quelque chose d’hindou. Cheveux très noirs qui font au visage un cadre de ténébreuses ondulations ». Frissons en perspective ! Elle frissonne, elle aussi, pour son personnage de genre, et ne voit au filon qu’un avenir parisien. D’autant que la petite princesse à son père est gravement désargentée depuis son divorce. Et elle porte en haine la pauvreté et les hommes sans le sou. Mais il lui a poussé mille bras ! Et de 1903 à 1905, il n’y en aura pas de trop pour percer aux confins de la renommée des célébrités ! Elle part à Paris. Là, elle poursuit son but officiel : se faire connaître au théâtre ou comme modèle d’atelier. Un pari difficile. Nue, on la trouve sans rondeurs, priée de se rhabiller. Au théâtre, elle n’a pas encore le numéro de danseuse lui valant le sourcil intrigué. Écoeurée et fauchée, elle retourne en Hollande, sans même avoir atteint son objectif officieux d’accrocher à son bras un homme fortuné. Rien que de l’adultère jouisseur, mais pas protecteur ! Retour à Paris en 1904. Bien lui en prend. C’est le vrai début sans machine arrière. La petite « Javanaise », poussée par le besoin et l’ambition, se faufile dans toutes les entrées d’artistes, et sur l’air des mystères du dépaysement, s’invite dans les cercles du Tout-Paris, qui retiennent son allure d’antipode et les hanches vouées à la souplesse d’exécution d’une chorégraphie asiatique. Un homme la remarque : Émile Guimet. Un mécène lyonnais qui possède un musée à Paris. Fasciné par les danses traditionnelles de « lady Mac Leod » - comme elle se fait appeler-, il la rencontre lors d’un dîner de bienfaisance et lui propose de se produire dans son musée, si possible sous une identité appropriée. « Que diriezvous de Mata Hari ? », lance la belle Hollandaise qui a réponse à tout. Le 13 mars 1905, Mata Hari se produit donc lors d’une grande soirée devant le gratin parisien qui compte, des amis de l’Orient, des arts, des lettres et de la presse. Unanimes et exaltés, ils lui font un triomphe, jetant en hommage sur la scène le carton d’invitation qui les conviait au spectacle où on parle « d’une danseuse hindoue, du nom de Mata Hari, exécutant des danses sacrées ». Ce sera le seul haut fait dans la vie de Mata Hari. Avant son exécution capitale… Á cette date et jusqu’en 1914, son nom de scène se hisse au sommet du Spécial BIOGRAPHIE Le Magazine I 67 - 81



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