Le Magazine n°8 jan/fév/mar 2013
Le Magazine n°8 jan/fév/mar 2013
  • Prix facial : 6,90 €

  • Parution : n°8 de jan/fév/mar 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 91,9 Mo

  • Dans ce numéro : femmes et politique... l'enquête interdite.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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U ne cour, peut-être celle d’une caserne, des coups de feu, puis un zoom avant de la caméra sur une marre de sang. On distingue deux corps au sol. Un homme en blouse blanche s’approche du premier, le retourne, écarte le foulard. On reconnaît Elena Ceausescu. Plus loin un autre corps, celui de son mari Nicolae. Les images de la télévision roumaine, relayées par le monde entier, sont terribles : celle d’une double exécution en direct. Le jour de Noël en 1989. Une mise en scène odieuse pour un procès bâclé et un rendez-vous manqué entre le peuple roumain et ses tyrans. « L’Antéchrist est mort le jour de Noël » se félicitera le présentateur de la télévision. À peine un mois plus tôt, ce sont d’autres images, de liesse celles-là, qui tournaient en boucle sur les écrans de télés : celles de la chute du mur de Berlin et avec lui des idées communistes, mais à Bucarest, la perestroïka de Gorbatchev ne passe pas. Nicolae Ceausescu s’arc-boute à son pouvoir, le peuple descend dans la rue, bientôt rejoint par l’armée. Le dictateur ne bronche pas. La suite : un procès expédié et cette double exécution. C’est que la Roumanie dirigée par les Ceausescu, c’était l’univers d’Alfred Jarry, la fiction en moins. Le couple formé par Nicolae et son épouse Elena, c’est Ubu roi et la mère Ubu. Une alliance grotesque, mégalomane et sanguinaire. Elena Ceausescu, qualifiée de « grande prêtresse du régime policier roumain » par Diane Ducret dans son livre « Femmes de dictateur » est bien au coeur du régime. Les historiens ne s’y trompent pas qui mêlent systématiquement les deux dans l’horreur. Peu de choses pourtant prédisposaient la petite paysanne, née en 1916, à tenir un tel rôle dans l’histoire de son pays. Après des études plus que médiocres - son carnet scolaire sera publié après la chute du régime – elle rejoint Bucarest et exerce divers petits métiers. En 1937, elle adhère au Parti Communiste. C’est le début de son ascension. Letuna Rastroçesa Petrescu (son vrai nom) est ambitieuse et sans scrupule. Deux ans après son adhésion au PC, elle rencontre Nicolae Ceausescu qu’elle épousera 8 ans plus tard. L’histoire veut que ce soit le jour de son mariage, le 23 décembre 1947, qu’elle change FEMMES DE PRÉSIDENTS…23 Elena Ceaucescu : « la meilleure mère » de Roumanie Une « scientifique » contestée Sur le réseau social Facebook, une page, pleine d’humour, est intitulée « Elena Ceausescu, Camarade scientifique internationale ! ». Un hommage sans doute à la « brillante » carrière scientifique de la modeste et jeune paysanne qui quitta l’école en quatrième et fut « honorée par les plus grandes universités du monde entier, même si elle ne connaissait pas la composition chimique de l’eau », explique le site. Pour le régime roumain, Elena est une scientifique émérite qui collectionne diplômes, doctorats et autres distinctions décernées par des institutions occidentales de pays qui cherchent à flatter la dirigeante d’un pays ayant su prendre ses distances avec Moscou ! Elle est docteur et ingénieur en chimie, spécialiste 50 - Le Magazine des polymères. Elle s’attribue les recherches de Ion Ursu, un jeune universitaire au service du régime et soutient même une thèse refusée par le professeur Simionescu. Qu’importe, le scientifique est renvoyé, son nom supprimé des encyclopédies scientifiques et un de ses « confrères » prend le relais, valide sa thèse et est nommé à l’Académie des sciences roumaines. Elena est également membre de l’Académie des sciences et directrice de l’Institut de recherche chimique, donne des conférences ou écrit des ouvrages scientifiques. À croire que « le Danube de la pensée », était plutôt Elena que Nicolae. À la chute du régime, certaines de ses distinctions étrangères lui furent retirer… à titre posthume ! La folle mégalo des Carpathes son prénom en Elena et falsifie son acte de naissance pour se rajeunir de 3 ans. Cette même année, la Roumanie est officiellement devenue la République Populaire roumaine. Pendant une quinzaine d’année, Elena, qui occupe une obscure fonction de secrétaire au ministère des Affaires étrangères, ne fait pas parler d’elle. Jusqu’en en 1965, quand son mari est nommé secrétaire général du Parti. Dès lors débute la fulgurante ascension d’Elena. Elle occupera des postes de haut niveau au sein du PC, mais c’est surtout son influence sur son mari qui marquera les années noires de la Roumanie. Elle s’occupe de la police et on raconte que c’est sur son instigation que changea le mode de recrutement des membres de la Securitate, la terrible police intérieure. Elena estimait que pour s’assurer de leur loyauté, il fallait les recruter très jeunes dans des orphelinats, leur offrir une formation spéciale, et en faire finalement les fils du « Génie des Carpates », surnom de Nicolae Ceaucescu. Ce sont ces troupes qui combattirent jusqu’à la fin auprès du couple. Elena est omniprésente. Elle est « le sourire bon et tendre (qui) remplace le soleil les jours de ciel couvert », elle est Après la chute des époux Ceausescu, on a retrouvé 564 carnets écrits par Elena, sorte de journal intime, à la fois grotesque et terrifiant. Elle y consigne à peu près tout ce qui lui passe par la tête, de sa conception du monde et du gouvernement jusqu’à des commentaires sur les rencontres officielles, ou encore, des conseils de régime amaigrissant pour son mari. Ces écrits sont révélateurs d’un esprit à la fois fragile et simpliste, mais surtout d’une constante méchanceté, d’une jalousie tenace et d’une perpétuelle cruauté. Elle y consigne aussi les « accidents » des personnes qui s’opposent à elle, et y raconte comment elle manipule les membres de sa famille ou rend sa fille alcoolique pour mieux la contrôler…Ne s’agit-il réellement que d’une fiction drôle et celle que le régime appela « La meilleure mère que la Roumanie peut avoir », ou encore « la digne et fière compagne de l’Homme magnifique » ! Elle développe le culte des personnalités, celle de son mari et la sienne, et pour prouver que le miracle communiste existe bel et bien, elle collectionne diplômes et honneurs (lire encadré). En 1972, elle est élue membre du Comité central, puis au Comité exécutif. Les Ceausescu ont en mains l’ensemble des rênes du pouvoir. Il mettent en place leur clan, favorise leurs proches, font du népotisme un mode de gouvernance, dans le plus grand mépris pour le peuple. À partir de 1975, elle occupe officiellement le second rang du pouvoir devant les membres du gouvernement. Elena légifère, décide la suppression de la contraception, élimine les opposants, instaure la peur partant du principe que « les vers de terre ne sont jamais contents, quoi que vous leur donniez à manger » et son influence politique grandit jusqu’en 1989. Le 21 décembre elle apparaît une dernière fois au balcon de l’hôtel du Gouvernement aux côtés de son mari. Ce jour-là, les « vers de terre » ont bien décidé de faire tomber le régime… Jean-Paul Bobin Les écrits secrets d’Elena amère ? Certainement si on ne retient que les auteurs, Patrick Rambaud, écrivain spécialiste du pastiche et l’avocat Francis Szpiner, mais pas seulement, tant l’incommensurable démesure de la folie d’Elena semble se retrouver dans ces « écrits posthumes ». Patrick Rambaud explique ses motivations ainsi : « Avec ce pastiche ubuesque, cet intimiste de pacotille, je souhaite revenir sur ces images qui ont signé l’avènement d’une nouvelle manière de communiquer, l’avènement d’une nouvelle forme spectaculaire, détrônant tous les simulacres des arts pour asservir le réel et devenir spectateur à la fois masochiste et sadique du grand spectacle du monde. » J.P B « Elena Ceausescu. Carnets secrets », paru chez Flammarion.
24 FEMMES DE PRÉSIDENTS Une vie en Super 8 L’image est saccadée, on devine le ronronnement familier du projecteur. Sur l’écran, des scènes de vie ordinaires, des « acteurs en technicolor » qui sourient, plaisantent avec l’objectif, se prêtent au jeu du tournage avec complaisance. Pour leur remarquable film « Dans l’intimité d’Hitler », Isabelle Clarke et Daniel Compostelle ont utilisé les films amateurs tournés par Eva Braun entre 1937 et 1944. Des centaines de kilomètres de pellicules saisies par les services secrets alliés, et qui témoignent du décalage entre la gravité de la période et l’apparente insouciance de l’exposition « Hitler et les Allemands » organisée à Berlin en 2011, qui montrait comment des familles allemandes ordinaires furent séduites par le nazisme et comment « la persécution des opposants politiques, celle des Juifs et leur déportation, avait lieu au vu et au sus de tout le monde », explique l’historien Hans-Ulrich Thamer. Les Braun en faisaient sûrement partie. Eva Braun se rêvait actrice, puis photographe, puis cinéaste. Elle ne tournera que ces scopitones du bonheur ordinaire. Avait-elle conscience que ces anodins films de vacances prendraient une valeur de témoignages historiques ? Eva est à la fois derrière et devant la caméra. On la voit sourire, rire, prendre des bains de soleil, patiner, faire du ski nautique, plonger, se promener, s’occuper des enfants des invités, lire des magazines affalée dans un transat, cueillir des fruits en costume bavarois traditionnel, faire de la gymnastique au bord d’un lac, sourire, encore, toujours… On découvre aussi tous les dignitaires du régime nazi invités à Berghof et un Hitler soignant avec amour sa chienne Blondie, un berger alsacien qui comptait beaucoup pour lui. Des vacances heureuses à l’ombre des camps de concentration et des 65 millions de victimes civiles et militaires. J-P. B Eva Braun, l’ombre de l’histoire « La petite idiote » d’Adolf Hitler « Peut-on tomber amoureux de l’homme le plus monstrueux de l’histoire, sans être un monstre soi-même ? », interroge l’historienne allemande Heike B. Görtemaker dans la biographie ( « Eva Braun » paru aux Éditions Seuil en 2010) qu’elle consacre à Eva Braun. Un excellent résumé de quelquesunes des questions que suscite celle qui accompagna le chef du IIIème Reich pendant près de 16 ans. Longtemps Eva Braun est restée une ombre de l’histoire, un nomentendu parfois, pas toujours retenu, tant il semble encore aujourd’hui impensable d’imaginer une vie privée à Hitler. Et pourtant… Eva Braun n’a que 17 ans lorsqu’elle rencontre fortuitement Hitler pour la première fois en 1929, à Munich dans le magasin de Heinrich Hoffman, proche ami et photographe d’Hitler. Il a alors 40 ans et malgré le putsch manqué de Munich en 1923 qui envoya Hitler en prison et en dépit de la publication de son ouvrage « Mein Kampf », la notoriété, encore faible il est vrai, d’Hitler n’est pas arrivée jusqu’aux oreilles de la jeune Bavaroise. Tout avait commencé quelques semaines plus tôt. Après des études très moyennes et un diplôme de secrétaire-dactylographe en poche, la jeune Eva répond à plusieurs annonces et finalement est embauchée chez Hoffman. Hitler y vient souvent et la jeune fille n’est pas insensible à son charme. Elle le connaît sous le nom de « Herr Wolff », qu’il utilisait dans la clandestinité. Du côté d’Eva c’est le coup de foudre immédiat. Elle en parle à ses amis, le décrivant comme « un gentleman d’un certain âge arborant une moustache amusante et portant un grand chapeau de feutre ». Très peu de témoignages de cette époque et une correspondance, détruite en 1945, entourent de flou ces premières années de la relation entre le futur chancelier et la jeune secrétaire. Tout juste sait-on qu’ils se sont fréquentés, sans bien savoir comment qualifier cette relation. Certains historiens n’hésitant pas à d’écrire ces première années comme totalement platoniques. Hitler fréquentait d’autres femmes, notamment Winifred Wagner, la belle-fille du musicien, ou l’actrice Renate Müller, et Eva tentera de se suicider à deux reprises, la première fois en 1932, la deuxième fois, trois ans plus tard. C’est alors qu’Hitler décide de l’installer avec lui au Berghof, sa résidence bavaroise. Le statut d’Eva change radicalement. Elle ne travaille plus, possède sa voiture et son chauffeur et vit en permanence avec le chancelier qui refuse toutefois toute manifestation publique d’intimité. Eva est auprès d’Hitler, mais le Führer ne souhaite pas officialiser leur relation : pour tous, elle est une des secrétaires. À Berghof, elle verra défiler les principaux leaders du national socialisme allemand, mais reste cantonnée dans un rôle de faire-valoir. Les films qu’elle a tournés (lire encadré) montrent à la fois sa présence et sa distance. Elle y apparaît davantage comme une dame de compagnie que comme une dame de cœur. On ne sait toujours pas très bien qu’elle fut sa vraie place, ni quel fut son engagement. Seul, l’amour sincère qu’elle portait à Hitler, semble faire l’unanimité aujourd’hui. Pour le reste, les avis divergent. Albert Speer, architecte et ministre des Armements du IIIème Reich écrit dans sa La famille d’Eva Braun ne fait pas partie des militants fanatiques du nazisme. Elle appartient à la petite bourgeoisie allemande. Son père est un professeur d’architecture d’intérieur dans un lycée professionnel et sa mère femme au foyer. Les deux sont très croyants, lui protestant rigide, elle catholique et politiquement modérée. Ils ont trois filles. Au début, ses parents sont opposés à sa relation avec Adolf Hitler, à cause de son statut hors mariage qui heurte leurs convictions religieuses. Mais peu à peu, les Braun profitent biographie : « Eva Braun était autorisée à assister aux entretiens avec les anciens du parti. Mais elle devait disparaître lorsque les autres membres du gouvernement, comme les ministres, arrivaient… Manifestement, Hitler acceptait sa compagnie en société jusqu’à certaines limites. Ils faisaient chambre à part et officiellement Hitler est célibataire... » Dans les dernières années il semblerait qu’Hitler se soit réellement attaché à elle. Lors de son interrogatoire par les Soviétiques, Otto Günsche, son dernier aide de camp, témoigne de l’importance d’Eva : « Elle l’accompagnait toujours. Dès qu’il entendait la voix de sa bien-aimée, il devenait joyeux. Il plaisantait volontiers à propos de ses nouveaux chapeaux. Après ses journées de travail, ils passaient du temps ensemble à boire du champagne frais et du cognac, et à manger du chocolat et des fruits. » Le rapport d’enquête ajoute que lorsqu’Hitler était trop occupé pour lui consacrer du temps, « Éva était souvent en sanglots ». En avril 1945, elle rejoint Hitler dans son bunker à Berlin et refuse de l’abandonner lorsque les Soviétiques s’emparent de la ville. Ils se marient le 29 avril et se suicident le lendemain. Leurs corps sont aussitôt incinérés. Jean-Paul Bobin Une famille ordinaire des invitations au Berghof, la résidence de vacances du chancelier allemand, et s’installent eux-aussi dans l’intimité d’Hitler. Gretl, soeur d’Eva Braun, se marie en 1944 avec un général SS travaillant pour Heinrich Himmler, l’un des bras droits d’Hitler. Le Fürher utilisera ce mariage comme prétexte à l’accession d’Eva Braun à des fonctions officielles. Ce qui ne l’empêchera pas de faire assassiner ce militaire un an plus tard, sans qu’Eva n’intervienne en faveur de son beau-frère ! Jean-Paul Bobin Le Magazine - 51



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