Le Magazine n°7 avr/mai 2010
Le Magazine n°7 avr/mai 2010
  • Prix facial : 4,50 €

  • Parution : n°7 de avr/mai 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 21,9 Mo

  • Dans ce numéro : la vie secrète des milliardaires.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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LA V IE QUOTIDIENNE Entre juillet 2008 et juin 2009, les vols ont représenté 1,42% du chiffre d’affaires des enseignes de notre pays, contre 1,37% un an plus tôt, soit une hausse de 3,6% selon une étude du Centre de recherche dans la distribution (Center for Retail Research, installé en Angleterre), commandée par Checkpoint Systems, société spécialisée dans la sécurité. Près de cinq milliards d’euros de marchandises ont ainsi été dérobés. Les distributeurs français estiment que la « démarque inconnue » (différence entre les stocks théoriques et réels) s’explique à 41,9% par des vols perpétrés par des clients isolés ou par des bandes organisées, 32,8% par du personnel et 7,6% par des fournisseurs, le reste étant dû à des erreurs de gestion internes. Selon eux, un tiers des vols à l’étalage s’explique par la récession. Cependant, « leproduitdepremièrenécessité, le produit alimentaire, n’est pas toujours le numéro « un » des vols ». « L’idée que les gens volent pour se nourrir est une idée fausse »,assureMatthieuLeTaillandier, directeur général de Checkpoint Systems France, qui reconnaît dans le même temps que les larcins de viande, de lait maternisé, ou de médicaments vendus sans ordonnance, se développent dans les magasins de proximité et d’alimentation. Ycompris « desgensquigagnent très bien leur vie » Parmi les produits les plus dérobés, on trouve le textile (dont le cuir), les lames de rasoir, le whisky et autres alcools, les équipements 14 - Le Magazine D.R. SteveLovegrove - Fotolia Les vols en magasin s’envolent En France, les vols en magasins, qui représentent près de 5 milliards d’euros de marchandises, ont augmenté de 3,6% entre juillet 2008 et juin 2009. Ce phénomène est-il dû à la crise ? Oui et non. électroniques (GPS, disques dur s externes, jeux vidéo, téléphones portables), les cosmétiques, les CD et DVD. Toutes les catégories de consommateurs, quels que soient leur âge et leur milieu social, sont concernées par le vol, y compris « desgens qui gagnent très bien leur vie »,précise le directeur général. Il peut s’agir d’un vol d’impulsion d’un article qui fait plaisir, ou d’un vol de revente. Dans ce cas la marchandise est cédée sur Internet, dans des marchés officieux, ou en boîte de nuit. Il y a peut-être aussi une autre raison à cette augmentation. Crise économique oblige, les distributeurs ont rogné sur les dépenses Pourquoi magazine -14 - Février/Mars 2010 Le saviez-vous ? de sécurité (vigiles, équipements). Entre juillet 2008 et juin 2009, ils n’y ont consacré que 0,37% (0,31% au niveau mondial) de leur chiffre d’affaires, soit une diminution de 5%.Résultatdel’équation ? Moins de surveillance, plus de vols. Quant à mettre les produits sous protections, c’est une décision qui a un prix : un article sous vitrine, donc mieux protégé, se vend 30% moins qu’en accès libre. Les vols en magasins coûtent chers aux distributeurs, mais aussi aux fabricants et aux consommateurs puisque le manque à gagner des uns est répercuté sur les autres. Entre juillet 2008 et juin 2009, ils ont coûté 205 euros à chaque foyer. ■ … AU NIVEAU MONDIAL … 114,8 MILLIARDS DE DOLLARS ! T ouslescontinentssontconcernésparlesvolsenmagasin,selonl’étudeduCentrederecherche dans la distribution menée auprès de 1 069 groupes de distribution dans 41 pays. Ils représenteraientauniveaumondial114,8milliardsdedollars(84,165milliardsd’euros),soit1,43%des ventesdelaplanète,soitaussiuneaugmentationde5,9%entrejuillet2008etjuin2009parrapport aux douze mois précédents. La hausse est de 8,1% en Amérique du Nord, 7,5% au Moyen- Orient/Afrique,4,7%enEurope,4,4%enAmériquelatineet4,2%enAsie/Pacifique. ■
Une hausse de tarif qui ne dit pas son nom ? Et si l’électricité augmentait de 20% d’ici 3 ans ? Impensable me diriez-vous ? Pas si sûr ! Si notre ministre de l’Économie, Christine Lagarde, nous assure d’une hausse moyenne d’environ 1,9% pour cette année, la réalité est en fait tout autre. Entrons dans le détail. Pierre Gadonneix, l’ex-P.-D.G. d’EDF, réclamait au début de l’été 2009 une hausse des tarifs d’au moins 20% étalée sur trois ans. Les politiques sont immédiatement montés sur leurs grands chevaux. « Pasquestion » répond Patrick Ollier -président de la Commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale- qui nous assure que l’augmentation respectera l’inflation de 2010, voire, sera légèrement supérieure. Mais voilà, EDF a besoin d’argent frais. Elle a dépensé beaucoup ces derniers temps : 15 milliards d’euros pour acquérir British Energy et 3,5 milliards pour l’acquisition de Constellation Energy, entreprise américaine. Les moteurs du groupe sont désormais l’expansion internationale et le rachat de concurrents. L’entreprise présente dans 19 pays, du Vietnam à la Côte d’Ivoire acommeleitmotiv,laperformancefinancière.Seulementil yaquelqueshicshasardeuxàlaperformancefinancière.Des milliards d’euros ont été ainsi volatilisés, il faut donc maintenant ponctionner les clients français pour payer les achats àl’étranger.Souvenons-nousaussiqu’afind’encouragerles particuliers à s’équiper de moyens de production privés et écologiques -des panneaux solaires pour la plupart des cas- EDF s’engageait à acheter le surplus de KW, à ces particuliers, six fois plus cher que le coût réel de production d’une centrale. Et ce n’est pas tout. Parallèlement, EDF rachète l’électricité produite par les entreprises privées. Productrices pour certaines peu scrupuleuses car elles utilisent des centrales fonctionnant au gaz naturel et rejetant du CO 2.Ces « errements » EDF les assument. La facture s’est envolée de 169% ! Le plus surprenant est la gestion du parc de centrales vieillissantes. Les pannes sont de plus en plus fréquentes et importantes. Et le coût de la maintenance s’envole. Et le pire reste àvenir ! Carsilechoixdunucléaireen1974-aprèslechoc pétrolier- semblait « judicieux », l’entreprise va devoir faire face aujourd’hui au démantèlement de ses vieilles centrales dont les coûts restent incertains, sans compter le volet des déchets nucléaires. Ces démantèlements appelleront la construction de nouvelles centrales, de type EPR. Mais les déboires que connaît le premier réacteur EPR, en construction en Finlande, laissent perplexes sur l’importance du coût final. Aujourd’hui, selon certains experts, l’endettement d’EDF s’élèverait à 27 milliards d’euros. Du fait de cet endettement, Mme Lagarde a concédé 1,9% d’augmentation. Hausse qu’elle jugeait modérée, représentant, selon ses dires, entre 0,50 € et 1,50 € par mois pour un logement de 100 m².Nouspouvonstoutefoisrappelerànotreministre qu’une charte a été signée en 2005 entre l’État et EDF. Celleci stipulait que les hausses de tarifs ne devaient pas dépasser l’inflation. En 2009 elle sera à peine positive. Les clients s’attendaient, donc, à une hausse « sensible » sur leurs factures. Malheureusement, il n’en est rien ! Ils ont été surpris fin août 2009 lorsqu’ils ont reçu leur facture, loin d’afficher l’augmentation moyenne évaluée par les services de M me Hagarde.LesclientsbénéficiairesdestarifsTempoetEDJ(tarifs d’effacements, incitant les clients à s’effacer aux heures de pointe) ont constaté une augmentation pour certains d’entre eux de 25% ! Et pour ceux qui avaient opté pour le tarif 3kVA–lepluspetitabonnementd’EDF-lafactures’estenvolée de 169% ! Le prix passant ainsi de 21 € à58 €.Ces clients -qui pour la plupart connaissaient EDF comme un service public dont les tarifs étaient bas- ont pu se rendre compte que l’art de la communication ne correspondait en rien aux Les tarifs ailleurs ? V oicilesdifférentstarifsdukWh(kilowatt-heure)pratiqués. Alors que la France -avant qu’EDF ne soit privatisée- faisait figure de meilleur élève en pratiquant l’un des plus bas tarifs(5,2centimesd’eurosen2005-2006),ellerattrapedésormais le peloton de tête pour la cherté de ses tarifs ! Danemark et Italie : 11cts, Pays-Bas et Royaume-Uni : 9cts, AllemagneetBelgique:8,5cts,France:8cts,EspagneetÉtats-Unis : 7,5cts, Finlande : 6cts, Suède : 5,7cts, Canada : 4,7cts, Australie : 4,3cts. ■ Pourquoi magazine -15 - Février/Mars 2010 D.R. D.R. actes. Comment expliquer ces factures salées ? Par la « révolution » tarifaire décidée conjointement par EDF et le gouvernement, dont la justification est avancée par la CRE (Commission de Régulation de l’Énergie) en ces termes : « Lestarifs des plus petits clients étaient trop avantageux. Les plus gros payaient pour eux. Il faut savoir que les petits consommateurs ne payaient que l’équivalent de l’acheminement, mais pas la fourniture. D’où l’intérêt d’une restructuration des tarifs ».Ainsi,les « augmentationsdefacture[sont] d’autant plus élevées que la consommation du site est faible ».Une manière de faire dé-sormais payer les « petits » pour les « gros ».Etsicettehaussedestarifsestpasséeinaperçue, c’est par l’opacité de la publication. L’an dernier, trois lignes suffisaient dans le Journal officiel du 14 août 2008. Cette année, ce n’est pas moins de vingt pages qui ont été publiées dans le Journal officiel du 14 août 2009 ! Il faudra patienter (plusieurs factures) pour percevoir la réelle portée des modifications tarifaires. Et selon toute vraisemblance, le gouvernement mettra un terme aux tarifs régulés d’ici à 2010, en invoquant les réglementations européennes. Or, l’Europe n’interdit en rien les tarifs régulés. Elle impose seulement l’existence d’une « libre con-currence ». Un passé révolu Avec la libéralisation des marchés de l’énergie préconisée par l’Organisation mondiale du commerce et orchestrée par l’Europe cela mettra fin à une des réalisations issue du Conseil national de la Résistance. Le CNR souhaitait conférer au secteur-clef de l’énergie un rôle crucial dans la cohésion nationale afin que chaque citoyen puisse avoir un accès à l’électricité à un tarif unique et raisonnable. De Gaulle l’appliqua avec l’aval de toutes les forces politiques du pays y compris les communistes. Aujourd’hui EDF n’est plus l’un de ces grands services publics qui garantissaient la cohésion nationale et la prospérité du pays. Un passé révolu ? EDF est en voie de privatisation totale. Et qui dit privatisation ne dit pas nécessairement mise en concurrence avec des tarifs moindres pour les consommateurs mais plutôt « rentabilité » pour payer les dividendes. Voir, pour exemple, France Télécom. Cette réalité est édifiante. Entreprise boursière EDF a été dotée sur décision gouvernementale d’un nouveau P.-D.G., Henri Proglio. Sa première exigence : 45% d’augmentation de salaire, afin que celui-ci passe de 1,1 million d’euros à 1,6 million d’euros par an. Salaire qu’il touche à la tête de Véolia. De quoi justifier les augmentations des tarifs ? La seconde : préserver son poste chez Véolia. ■ Le Magazine - 15



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