Le Magazine n°6 jui/aoû/sep 2012
Le Magazine n°6 jui/aoû/sep 2012
  • Prix facial : 4,90 €

  • Parution : n°6 de jui/aoû/sep 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 30 Mo

  • Dans ce numéro : Hollande pas si gauche !

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 60 - 61  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
60 61
Economie « Le vin, c’est 50% des bénéfices cépage(s) et le millésime sur l’étiquette. Une organisation interprofessionnelle, l’Anivin, a été crééeée afin de promou- de la restauration » » voir cette nouvelle catégorie en France et à l’international. ional. L’accueil est L e prix moyen ne survivrait pas. Dans les plutôt favorable, puisque la com- de l’assiette est restaurants gastronomiques, mercialisation porte sur 133 mil- plutôt moins élevé le vin représente à lui seul lions de bouteilles en 2011, une en France que dans les autres pays européens. Les restaurateursateurs sont donc économiquement dépendants du vin. Selon une étude du ministère de l’Agriculture, ure, la vente de vin représente, tous types de restauration confondus, environ 20% du chiffre d’affaires total et 40 à 50% des bénéfices ! ». On estime qu’en 2010, les 175.000 établissements français ont réalisé un chiffre d’affaires de près de 60 milliards d’euros, soit un peu moins de 12 milliards pour la filière viticole. On note cependant des changements dans les habitudes progression de 42% par rapport à l’année précédente, et de 25% des exportations,ons, dont une réus- site exceptionnelle nelle en Allemagne et en Chine (+63% sur ces deux marchés). Une offre qui est par- ticulièrement tirée par les vins blancs, représentant 45% des exportations. L’offre reste cepen- dant encore assez limitée sur le marché, puisqu’elle ne repose 17% en moyenne dans les de consommation.n. Philippe Faure-Brac, que sur 664 opérateurs habilités achats. Philippe Faure- Aujourd’hui, 9 restaurants (150 négociants,nts, 80 caves coo- propriétaire du Bistrot Brac, meilleur sommelier sur 10 proposent pératives et 434 caves particu- du monde en 1992, est désormais du vin au verre, du Sommelier lières). également propriétaire de 12 à 15 cl, et plus du Bistrot du Sommelier, seulement pour les petites significative et surtout t un ouvert en 1984. Une double appellations, ce qui permet supplément de marge, les Les patrons séduits expérience qui lui permet d’être affirmatif : « Sans le vin, la restauration française une montée en gamme et en tarif, devenant ainsi une source de chiffre d’affaires consommateurs étant t prêts à mettre 20% de leur note pour un verre de vin. Le goût de nombre de dirigeants d’entreprise pour le vin n’est pas un secret. Le succès du Wine Business Club créé il y 20 ans (le 16 ème Club vient d’ouvrir à Lille) par Alain Marty en est Lorsqu’Évin a le vin mauvais ! typique des vins argentins ! Autre suc- la preuve. Ce petits-fils ts-fils de vigneron cès, le Domaine Tariquet, créé par Yves catalan, auteur de nombreux ouvrages En 1991, Claude Évin faisait passer une loi limitant le droit à la publicité pour toutes les boissons alcoolisées. Un cadre légal profitant aux marques, notamment d’alcool, et restreignantnt en revanche beaucoup la représentation ti du vin. Comme l’explique li Marie-Christine ine Tarby, présidente de Vin & Société, structure représentant tous les acteurs de la filière viti-vinicole, « quand Frédéric Mitterrand, terrand, ministre de la Culture, passe à la télévision dans « Un dîner presque parfait » pour célébrer le classement du repas français à l’Unesco, il n’a même pas le droit de présenter le vin qui accompagne le repas, alors que le vin est un fleuron de notre patrimoine et de notre gastronomie... Nous sommes fiers du vin et nous devons le dire ! ». Majoritairement, les professionnels souhaitent donc une redéfinition de la loi. Le marketing est devenu en effet primordial dans la bataille mondiale. Grassa, devenu l’un des premiers expor- tateurs de vins français en proposant des vins blancs « festifs », fruités, sucrés et faciles à boire, qui ont conquis d’abord les Anglais puis le reste du monde. Mais tout ne se passe pas toujours aussi bien. En 2005, Pascal Renaudat, un entrepre- neur ambitieux, lançait Chamarré, ré, pour produire des vins de cépages sous une même marque ombrelle et l’objectif de créer rien de moins que « l’Airbus du vin ». Malgré un succès d’estime, ses audacieuses bouteilles de Chardonnay ou de Pinot Noir faisant la une de l’« In- ternational Herald Tribune », la success story a tourné court et l’entreprise a été placée en redressement judiciaire, mais l’idée est bien là. En 2009, une nouvelle catégorie a vu le jour pour réunir tous les vins sans indication géographique régionale, sous la désignation générique de Vins de France, et pouvant mentionner le ou les sur le sujet et d’une émission sur BFM dédiée au vin, qui a su réunir diri- geants de grands groupes et patrons de PME (2.500 membresmbres aujourd’hui, pour un chiffre d’affaires de 7,4 mil- lions d’euros), milite pour l’image du vin et sa promotion on : « Nous rêvons tous de devenir des « paysans de luxe ». Les patrons ont les moyens d’investir dans le vin, qui est quand même très glamour. Parmi nos membres, 53 sont ainsi, en parallèle de leur business, propriétaires d’un vignoble en France. Certains considèrent juste que cela fait bien d’avoir un domaine mais d’autres sont de vrais amoureux du vin, qui deviennent aussi de véritables vigne- rons à temps plein. Si l’on ajoute les avantages fiscaux pour les très hauts revenus...comme on le dit dans le milieu, mieux vaut être riche avant d’acheter un vignoble que de compter sur le vignoble pour le devenir ». On 60 - Le Magazine
Rothschild, premier milliardaire à investir les grands crus E n 1853, le baron Nataniel de Rothschild achète aux enchères le Château Brane Mouton à Pauillac et le renomme Château Mouton Rothschild. Ce 1 er Grand Cru selon le classement de 1855 (en fait, depuis la révision de 1973, d’où la devise : « Premier je suis, second je fus, Mouton ne change ») est l’origine du développement des activités familiales dans le secteur du vin, sous la houlette de Philippe de Rothschild qui prend la direction du domaine en 1923, jusqu’à sa mort en 1988. Sa fille, Phillippine, lui succède alors avec succès, multipliant le chiffre d’affaires par 2,5 pour atteindre aujourd’hui 188 compte évidemment ment quelques tycoons des affaires à la notoriété aussi éclatante que leurs domaines, comme le banquier Albert Frère, propriétaire de 3 châ- teaux dont le prestigieux Cheval-Blanc, François Pinault (Château-Latour), Robert Parker, l’américain qui fait la loi ! C et ancien avocat de Washington a acquis une notoriété mondiale en imposant un système de notation sur 100 pour tous les vins, quelle que soit leur réputation. Robert Parker, qui a fait assurer son nez et son palais pour un montant de 1 million de dollars, a des idées très arrêtées sur ce que doit être un « bon » vin. Son influence a conduit certains producteursurs à élaborer des vins pour répondre à ses critères, ce que certains critiques ont millions d’euros. En lançant en 1930 le vin de marque Mouton Cadet, Philippe de Rothschild a initié l’entrée de la famille dans une activité de distribution sur une grande échelle.e. En 2011, la filiale Rothschild France Distribution, créée en 2012, a réalisé une forte croissance, ce, avec un chiffre d’affaires de 85 millions d’euros et un volume de vente de plus de 11 1 millions de bouteilles les (+9%). Pour Hugues Lechanoine, ne, directeur général de Baron Philippe de qualifié de « parkerisation » ! Comme le remarque le critique et auteur de guide français Michel Phaneuf : « N’est-il pas paradoxal que, à une époque où l’on n’a jamais tant célébré la diversité et la complexité des vins fins en tentant d’en comprendre la genèse, une poignée de commentateurs eurs tout puissants décident de ce qu’il faudrait boire en résumant puérilement les vins fins par des chiffres ? ». Les notes du tout puissant Robert Parker et surtoutt ses commentaires tranchés Philippine de Rothschild suscitent d’ailleurs de plus en plus de réactions négatives des professionnels.s. Ainsi, un simple tweet en mars dernier, qualifiant la production du Bordeaux 2011 de « millésime sans aucun intérêt », a eu des conséquences immédiates sur les prix, alors même que le critique n’avait effectué qu’une dégustation partielle et que son jugement officiel n’est attendu que pour la fin mai. Rothschild hild SA : « Notre performance en France est le fruit d’un redéploiement commercial opéré depuis quelques années, dont Bernard Arnault (55% de Château d’Yquem), mais aussi des chefs d’entre- prise de taille moindre, tout aussi passionnés. C’est le cas de Martial Guiette, 47 ans, le bouillant P-DG de SMBG- Robert Parker l’impact se ressent également à l’international ». La marque Mouton Cadet a notamment progressé de 11% et devient ainsi n°2 en part de marché sur le segment des Bordeaux rouges en grande distribution. tion. Economie Eduniversal, qui a investi dans le domaine des Roques de Cana, au cœur du vignoble de Cahors, séduit par l’histoire de cette région, mais aussi par le succès d’Alain-Dominique inique Perrin, ancien P-DG de Cartier et proprié- taire du Domaine Lagrezette. Cet amateur éclairé rêvait de bâtir un grand domaine, ce qu’il a fait en réunissant en 2006 diverses par- celles et plusieurs passionnés sionnés autour de lui, tous amis ou proches, venus d’horizons différents. Malgré son expérience et un succès dès le 1 er millésime, récompensé é par de nom- breux prix, Martial Guiette,e, le croisé des Cahors, y a mis toutes ses économies : « Nous avons lancé beaucoup d’inves- tissements, nous n’avions pas de stock et les ventes avaient du mal à décoller en raison du contexte. En mai 2010, nous avions 800.000 euros de dettes. Aujourd’hui, nous avons tout rem- boursé, avec un capital social de 1,6 million d’euros et 2,5 millions d’euros de stock ». Le vin n’est pas un eldorado sans risque, mais, aujourd’hui plus que jamais, un véritable secteur économique qui a besoin du savoir-faire et de la volonté d’entrepreneurs. Lionel Dupré Le Magazine - 61



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Le Magazine numéro 6 jui/aoû/sep 2012 Page 1Le Magazine numéro 6 jui/aoû/sep 2012 Page 2-3Le Magazine numéro 6 jui/aoû/sep 2012 Page 4-5Le Magazine numéro 6 jui/aoû/sep 2012 Page 6-7Le Magazine numéro 6 jui/aoû/sep 2012 Page 8-9Le Magazine numéro 6 jui/aoû/sep 2012 Page 10-11Le Magazine numéro 6 jui/aoû/sep 2012 Page 12-13Le Magazine numéro 6 jui/aoû/sep 2012 Page 14-15Le Magazine numéro 6 jui/aoû/sep 2012 Page 16-17Le Magazine numéro 6 jui/aoû/sep 2012 Page 18-19Le Magazine numéro 6 jui/aoû/sep 2012 Page 20-21Le Magazine numéro 6 jui/aoû/sep 2012 Page 22-23Le Magazine numéro 6 jui/aoû/sep 2012 Page 24-25Le Magazine numéro 6 jui/aoû/sep 2012 Page 26-27Le Magazine numéro 6 jui/aoû/sep 2012 Page 28-29Le Magazine numéro 6 jui/aoû/sep 2012 Page 30-31Le Magazine numéro 6 jui/aoû/sep 2012 Page 32-33Le Magazine numéro 6 jui/aoû/sep 2012 Page 34-35Le Magazine numéro 6 jui/aoû/sep 2012 Page 36-37Le Magazine numéro 6 jui/aoû/sep 2012 Page 38-39Le Magazine numéro 6 jui/aoû/sep 2012 Page 40-41Le Magazine numéro 6 jui/aoû/sep 2012 Page 42-43Le Magazine numéro 6 jui/aoû/sep 2012 Page 44-45Le Magazine numéro 6 jui/aoû/sep 2012 Page 46-47Le Magazine numéro 6 jui/aoû/sep 2012 Page 48-49Le Magazine numéro 6 jui/aoû/sep 2012 Page 50-51Le Magazine numéro 6 jui/aoû/sep 2012 Page 52-53Le Magazine numéro 6 jui/aoû/sep 2012 Page 54-55Le Magazine numéro 6 jui/aoû/sep 2012 Page 56-57Le Magazine numéro 6 jui/aoû/sep 2012 Page 58-59Le Magazine numéro 6 jui/aoû/sep 2012 Page 60-61Le Magazine numéro 6 jui/aoû/sep 2012 Page 62-63Le Magazine numéro 6 jui/aoû/sep 2012 Page 64-65Le Magazine numéro 6 jui/aoû/sep 2012 Page 66-67Le Magazine numéro 6 jui/aoû/sep 2012 Page 68-69Le Magazine numéro 6 jui/aoû/sep 2012 Page 70-71Le Magazine numéro 6 jui/aoû/sep 2012 Page 72-73Le Magazine numéro 6 jui/aoû/sep 2012 Page 74-75Le Magazine numéro 6 jui/aoû/sep 2012 Page 76-77Le Magazine numéro 6 jui/aoû/sep 2012 Page 78-79Le Magazine numéro 6 jui/aoû/sep 2012 Page 80-81Le Magazine numéro 6 jui/aoû/sep 2012 Page 82-83Le Magazine numéro 6 jui/aoû/sep 2012 Page 84-85Le Magazine numéro 6 jui/aoû/sep 2012 Page 86-87Le Magazine numéro 6 jui/aoû/sep 2012 Page 88-89Le Magazine numéro 6 jui/aoû/sep 2012 Page 90-91Le Magazine numéro 6 jui/aoû/sep 2012 Page 92-93Le Magazine numéro 6 jui/aoû/sep 2012 Page 94-95Le Magazine numéro 6 jui/aoû/sep 2012 Page 96-97Le Magazine numéro 6 jui/aoû/sep 2012 Page 98-99Le Magazine numéro 6 jui/aoû/sep 2012 Page 100