Le Magazine n°5 déc 09/jan 2010
Le Magazine n°5 déc 09/jan 2010
  • Prix facial : 3,90 €

  • Parution : n°5 de déc 09/jan 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 95,9 Mo

  • Dans ce numéro : Les écolos sont-ils sérieux ?

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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LA V IE QUOTIDIENNE Prisons : que s’y passe-t-il ? Début mai, les surveillants de prison ont bloqué plusieurs centres pénitentiaires pour protester contre la dégradation de leurs conditions de travail. Un accord avec l’administration a finalement été trouvé, et de nouveaux « matons » devraient bientôt être embauchés. Mais ce mouvement social ne fait qu’illustrer un problème bien plus profond : la dramatique déliquescence des prisons françaises. 125% : c’est, à peu de choses près, le taux de remplissage actuel des prisons françaises. Au premier avril 2009, 63 351 prisonniers peuplaient les maisons d’arrêts, centres de détention et autres maisons centrales. Problème : il n’y a environ que cinquante mille places de disponibles. Cette surpopulation carcérale est le symbole du mal qui ronge les « taules ». Quinze établissements et quartiers pénitentiaires ont même une densité de population égale à 200% ! Dans ces conditions, la vie à l’intérieur des murs devient vite insupportable, pour les détenus comme pour le personnel. Récemment d’ailleurs, le ministère de la justice a consenti à recruter des agents supplémentaires, pour calmer des gardiens de prison très en colère. De nouveaux centres pénitentiaires ont aussi ouverts leurs portes, d’autres sont encore en construction. Mais il faudra attendre longtemps avant de pouvoir rivaliser avec les prisons des pays d’Europe du Nord, généralement considérées comme l’exemple à suivre. La France se retrouve plutôt en queue de peloton. Pensez donc : en 2005, le commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe mène une enquête dans les prisons du Vieux continent. Concernant la France, son constat est sans appel : « sauf 16 - Le Magazine Stasys Eidiejus - Fotolia en Moldavie, je n’ai pas vu pire que ça ». Et malheureusement, il n’est pas le seul à le penser ! Les rapports se sont multipliés depuis de nombreuses années. Ils sont tous plus accablants les uns que les autres. L’Observatoire international des prisons, Amnesty International, et même… le département d’État américain, tous, pointent les graves carences des lieux de détention français. Jean-Marie Delarue, le « contrôleur général des lieux de privation de liberté » nommé en juin 2008 dresse un constat similaire. Surpeuplées, vétustes, sans le personnel nécessaire, les prisons sont de plus en plus… dangereuses. Le mal dont souffre la prison est global. Car à la surpopulation carcérale et au manque de moyens s’ajoute la vétusté des locaux. En décembre 2008, une vidéo tournée clandestinement par des détenus de Fleury-Mérogis a défrayé la chronique. Des extraits en ont même été diffusés par l’émission Envoyé spécial sur France 2. L’on y voit l’extrême dégradation de certains équipements, l’absence de douches en état de marche, les moisissures, les détenus dormant à quatre dans des cellules prévues pour une personne (9 m²), et ce au mépris des règles élémentaires de dignité humaine et de sécurité… Un constat au goût amer, s’agissant du plus grand centre pénitentiaire d’Europe. Surpeuplées, vétustes, sans le personnel nécessaire, les prisons sont de plus en plus… dangereuses. Pour Jean-Marie Delarue : « les prisons sont des lieux de violence et de crainte ». Le contrôleur général qualifie même les douches et les cours de promenade de « zones de non droit ». Un comble ! La promiscuité est génératrice de tensions, sans parler des détenus qui n’auraient jamais dû se croiser. Mais faute de places disponibles, le petit voleur se retrouve à frayer avec le grand bandit : c’est ainsi que les « carrières de délinquants » se construisent. Surtout, beaucoup de détenus sont inadaptés à la prison, en raison de leurs problèmes psychiatriques. Selon une étude épidémiologique de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM), « huit hommes détenus sur dix et plus de sept femmes sur dix présentent au moins un trouble psychiatrique, la grande majorité cumulant plusieurs troubles ». S’orienter de plus en plus vers les alternatives à l’incarcération Le manque de suivi psychiatrique ne vient pas arranger les choses, on s’en doute. Et pour couronner le tout, une vague de suicides dans les cellules est constatée depuis un an. La France détient le triste record de suicides en prison avec 17 décès pour 10 000 détenus, deux fois plus qu’en Allemagne ou en Grande-Bretagne et trois fois plus que l’Espagne, selon l’Union européenne. Il y a eu 115 suicides en 2008, 96 en 2007, 93 en 2006. Tous nos confrères s’alertent, du Figaro à L’Express, de Libération au Monde, de TF1 à M6. On dépasserait déjà les 50 depuis le début de cette année et on estime que les tentatives de suicide sont au nombre de 1200 chaque année. Tous ces problèmes s’additionnent, et ils Le saviez-vous ? Toutes les personnes écrouées ne sont pas des personnes condamnées ! Les « prévenus », c’est-à-dire les individus en attente de procès sont environ 16 000 à dormir « à l’ombre » aujourd’hui, soit environ 25% du nombre total de détenus. ■ empêchent la prison de réaliser correctement ses missions. Chacun sait que l’enfermement sanctionne et isole pendant un temps les auteurs d’infractions. Mais il faut aussi préparer la réinsertion des détenus (mission souvent ignorée de l’administration pénitentiaire) dans les meilleures conditions possibles, afin d’éviter la récidive. Or pour l’instant, les taux de récidive restent beaucoup trop élevés. C’est surtout le cas lors des sorties « sèches », c’est-à-dire pour les libérations effectuées sans « étapes intermédiaires » (semi-liberté, libération conditionnelle…). Ces dernières permettent aux détenus de reconstruire progressivement une vie en dehors de la prison, en retrouvant un emploi, un domicile… Toutes ces politiques d’accompagnement ont prouvé leur efficacité, (s’accordent à dire les spécialistes) avec des taux de récidive beaucoup plus faibles au final. Mais elles nécessitent du personnel (conseillers d’insertion et de probation, psychologues, assistants sociaux), et celuici fait souvent défaut ! La prison n’est pas une priorité budgétaire… Pour tenter de parer à cette situation, la politique pénitentiaire s’oriente de plus en plus vers les alternatives à l’incarcération. Il s’agit de développer la « prison hors les murs », grâce par exemple à une utilisation accrue du bracelet électronique. Toutefois, une vraie amélioration ne pourra avoir lieu si le problème des prisons n’est pas pris à bras-le-corps. Reste à méditer sur la célèbre phrase d’Albert Camus : « Une société se juge à l’état de ses prisons ». ■
L’étude exclusive publiée en mai 2009 par l’Association 40 millions d’automobilistes fait froid dans le dos. De très nombreux conducteurs français seraient à deux doigts de perdre leur droit à la conduite d’un véhicule. Il ne s’agit pas de se montrer bornés en accusant la répression de tous les maux, ni de remettre en cause le principe du permis à points, indispensable à la politique de sécurité routière. 600 000 à 1 million de permis de conduire seraient invalidés C’est sûr qu’il y a beaucoup trop de victimes d’accidents de la route causés par la vitesse, par l’alcool, par des conduites à risques. C’est sûr aussi que nous ne respectons pas tous au pied de la lettre le code de la route, qu’il nous arrive d’oublier le clignotant, que nous ne respectons pas stricto sensu les distances de sécurité, que nous n’avons pas toujours les deux mains sur le volant… Cependant, entre la nécessaire prise de conscience des conducteurs, l’indispensable évolution des comportements à atteindre, les limitations généralisées actuelles, et la répression de plus en plus présente qui en découle, ne seraitil pas possible de trouver un juste milieu ? Selon 40 millions d’automobilistes, le nombre des infractions enregistrées par le Fichier national du permis de conduire (FNPC) était de 1,4 million en 2002, mais de > Le permis à points < Entré en vigueur le 1 er juillet 1992, le permis de conduire est crédité de 12 points (6 pour les permis obtenus à partir du 1er mars 2004, pendant une période de 3 ans, 2 ans si le conducteur a obtenu son permis B dans le cadre de l’Apprentissage anticipé de la conduite). Le nombre de points retirés varie en fonction de la gravité de l’infraction, de 1 à 8 (cas d’infractions commises simultanément). Comment récupérer les points perdus ? Citons les modes les plus courants. Si le conducteur a été sanctionné pour une infraction « valant » un point, et à la condition de n’en commettre aucune pendant un an, le point enlevé sera restitué à l’issue du délai. Si l’automobiliste ne commet aucune infraction pendant une durée de trois ans, il peut recouvrer son capital initial de 12 points. Il est aussi possible de suivre un stage de sensibilisation permettant de récupérer, une seule fois tous les deux ans, 4 points. La perte totale de points entraîne l’invalidation du permis de conduire, que l’intéressé doit remettre au préfet de son département. Il ne pourra se présenter à l’examen du permis qu’à l’expiration d’un délai de 6 mois, délai pendant lequel il pourra subir les examens médicaux et psychotechniques requis par la réglementation. Le nouveau permis sera probatoire, son capital points sera de 6. Toutes les personnes dont le permis avait plus de trois ans n’ont que la partie théorique, « le code », à repasser, à condition de se présenter à l’épreuve dans les neuf mois à compter de la remise du document invalidé au préfet. Faute de quoi, elles doivent aussi passer l’épreuve pratique, « la conduite », comme tous les possesseurs d’un permis qui avait moins de trois ans. ■ Permis à points et moyens répressifs Selon une projection basée sur une augmentation des mesures de répression, il pourrait y avoir, par an, quelque 22 millions de procès-verbaux dressés, entraînant l’invalidation de 600 000 à 1 million de permis de conduire, et/ou 2,2 millions d’automobilistes à suivre un stage dans l’espoir de récupérer quelques points. 6,4 millions en 2007. En six ans, il y aurait eu au total 22 millions d’infractions enregistrées par un représentant des forces de l’ordre ou un radar automatique. Compte tenu de l’augmentation des moyens de répression annoncés (radars, restrictions et obligations), l’association estime que le nombre de procèsverbaux dressés en une seule année pourrait s’élever à plus de 22 millions. Elle prévoit aussi que de sixcents mille à un million de permis de conduire seraient invalidés (il y en a eu 88 698 en 2007). Il y aura 2,2 millions de stagiaires chaque année Toujours selon les projections de l’association, toujours selon l’hypothèse de 22 millions de PV, mais en tenant compte des caractéristiques du permis à points, pertes et récupérations Le saviez-vous ? En 2007, 170 000 automobilistes volontaires et 31 000 qui n’avaient pas d’autre choix, ont participé à des stages de récupération de points.■ de points (voir encadré), il y aurait 60,69% des conducteurs non sanctionnés dans l’année, mais seulement 22,36% sur trois ans. Ces projections ne tiennent pas compte des stages qui permettent de récupérer, tous les deux ans, quatre points. Ceci étant, une simulation a montré que si les stages de récupération de points étaient obligatoires dès que le nombre de points est inférieur à six, il y aurait 2,2 millions de stagiaires chaque année, mais, logiquement, moins de retraits du précieux sésame. De quoi avoir encore bien plus peur du gendarme. ■ Le Magazine - 17



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