Le Magazine n°5 avr/mai/jun 2012
Le Magazine n°5 avr/mai/jun 2012
  • Prix facial : 4,90 €

  • Parution : n°5 de avr/mai/jun 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (206 x 266) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 27,1 Mo

  • Dans ce numéro : Hollande méconnu, le grand secret.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Vie quotidienne D’où vient @ ? Quotidiennement utilisé par des centaines de millions de personnes dans le monde, le petit signe @estindispensablepourcommuniquerviaInternet. Comment ce symbole, vieux de plusieurs siècles, qui se prononce arobase ou arrobe en français, est-il devenu celui de la modernité ? Ilyenadeshypothèsesquant àl’originedecepetitcaractère devenu icône de modernité. Selon certains, dont le linguiste Berthold Louis Ullman, l’apparition du signe @ remonterait au Moyen Âge (VI e siècle), avec les moines copistes qui utilisaient des raccourcis -ligatures ou fusions de deux lettres consécutives en un seul signe- pour gagner du temps et de la place. C’est ainsi que @ résulterait de la compression du mot latin ad,pouvant signifier « vers », « à », « chez », voire « par ». Pour d’autres, il serait né à la Renaissance (au milieu du XV e siècle) avec l’invention de l’imprimerie par Gutenberg. C’est en tout cas ce que la première adresse électronique de l’histoire. Fin 1971-début 1972 (en fonction C’est des sources), Ray Tomlinson, ingénieur de la société Bolt Beranek and Newman (BBN), sous contrat avec le gouvernement américain pour le projet ArpaNet (ancêtre d’Internet), a mis au point deux programmes : l’un pour permettre à plusieurs utilisateurs partageant le même ordinateur de s’y laisser des messages, l’autre pour autoriser la copie simultanée d’un fichier sur les quinze ordinateurs du groupe de travail. Tomlinson a alors l’idée géniale d’associer les deux programmes afin d’échanger des messages d’une machine à une autre. 96 - Le Magazine proposent des experts pour expliquer le mot français « arobase » qui serait la contraction de « a de ronde de bas de casse », devenue « a- rond bas », puis « arobase », c’està-dire un a minuscule entouré d’un rond (dans la typographie traditionnelle française, le terme de ronde désigne certaines lettres arrondies). D’après Giorgio Stabile, professeur àlafacultédelettresetdephilosophie La Sapienza (Rome, Italie), ce signe, qu’il a découvert dans des courriers de marchands vénitiens, correspondrait à une unité de mesure utilisée au XVI e siècle, l’amphore (du grec anphoreus), contenant de grains, d’huile, de vin, etc. C’est encore lui qui a découvert dans un < Une ligature consiste soit à grouper deux lettres écritesavecunseulsigle,soitàutiliserunepartied'une lettre pour configurer la suivante. Il est impossible de représenter ces artifices sur un clavier d'ordinateur, pour la bonne raison que ces sigles ne sont pas inclus dans les jeux de caractères actuellement utilisés. tomlinson@bbn-tenexa, késaco ? YannPerrier - Fotolia D.R. dictionnaire espagnol/latin, édité àSalamanqueen1492,latraduction espagnole d’amphora, soit arroba,unitédepoidsetdecapacité utilisée dans la péninsule ibérique. Si l’arroba est tombée en désuétude en Espagne à partir de 1859, avec l’adoption du système métrique, elle sert encore aujourd’hui pour estimer le poids des taureaux de combat. Le mot arroba est probablement issu de l’arabe arroub (ou rub’a,al-reba’a), unité de mesure signifiant un quart, transmis par les Arabes aux Espagnols, avant de se répandre aux autres pays d’Europe et d’Amérique latine avec des appellations (arrobas, arobas, arobase, arobasque, aroba, arova…) et des valeurs propres à chaque nation (poids variant de 11 à 15 kilos et capacité allant de 10 à 16 litres, en général). Il semble que dès le XVII e siècle les cours d’Europe utilisaient la préposition ad, écrite @, pour indiquer le destinataire d’un document officiel, par exemple la formulation : « @ SSMM Ludov. & Marg. R&R Francae »,quiselit « àl’intentionde leurs majestés Louis et Marguerite, roi et reine de France ». Dans un usage diplomatique, ce symbole permettait d’indiquer de quel lieu le diplomate en poste écrivait : Comte Tartanpion@Saint-Pétersbourg. En 1981, @ figure sur le clavier de l’IBM PC On sait aussi avec certitude qu’aux États-Unis, dès le XIX e siècle, le symbole @ précédait le prix unitaire de toute marchandise, que ce soit dans les tarifs imprimés, sur les étals ou sur les factures. Par exemple, pour deux livres à 10 dollars pièce on notait « 2books@$10 », qui se lisait « twobooksattendollars ». Cette pratique existe toujours. Et ce serait donc tout naturellement que ce symbole d’usage comptable ce serait retrouvé sur les claviers Il crée donc deux boîtes aux lettres électroniques sur deux ordinateurs situés côte à côte. Encore lui a-t-il fallu régler le problème de l’adresse. Après avoir décidé de la scinder en deux parties, l’une pour le nom de l’utilisateur et l’autre pour le nom de l’ordinateur sur lequel se trouvait la boîte de réception, il a encore dû résoudre la question de la séparation. Son choix s’est porté sur @, tout simplement parce que ce caractère, présent sur les claviers, ne fait partie ni des noms communs ni des noms propres, et qu’en plus il se prononce at en anglais, c’est-à-dire « chez » ou « à » en français. C’est ainsi que le premier e-mail (qui s’appelle encore Netmail, pour Network Mail), tomlinson@bbntexena a été envoyé et reçu : Tomlinson pour le nom de l’ingénieur, BBN pour celui de son employeur, et tenexa pour le système d’exploitation utilisé, Tenex. ■
Comment dit-on @ ailleurs ? En finlandais, on a le choix entre trois termes, apinanhäntä (queue de singe), kissanhänta (queue de chat), ou miukumaiku (signe du miaou). L’@ se dit snabel a (que l’on peut traduire par le a avec une trompe d’éléphant) au Danemark, kanelbulle (roulé à la cannelle) en Suède ; kukac (ver de terre) en Hongrie ; chiocciola (escargot) ou lumaca (limace) en Italie ; shtrudel (strudel –pâtisserie)enIsraël ; grisehale (queue de cochon) en Norvège. On dit sabatchka (petit chien) en russe ; papaki (caneton) en grec ; zavinac (hareng enroulé autour d’un cornichon, ou rollmops) en tchèque ; xiao she lao (petite souris) en chinois ; heliko (escargot) en espéranto ; klammeraff (singe araignée) en allemand ; apestaart (queue de singe) en néerlandais. En Belgique on utilise a-crolle (belgicisme signifiant boucle de cheveux). On dit arroba en Espagne, mais aussi quelquefois ensaimada (nom d’une douceur en forme de spirale) et au Portugal. Le signe @ est prononcé at (auprès de), ou commercial a (a commercial) par les anglophones. ■ des machines à écrire (les premiers brevets ont été déposés en 1713 en Angleterre). Quant à savoir la date exacte de l’apparition du petit signe parmi les touches du clavier, rien n’est sûr. Certains prétendent qu’il était présent sur la machine Underwood dès 1895, quand d’autres situent son arrivée dans les années 1940. Ce qui est certain c’est qu’en 1981, @ figure sur le clavier de l’IBM PC, à la place que nous lui connaissons (à côté du à et sous le 0 pour la version française, AZERTY, juste au-dessus du 2 pour le clavier QWERTY). Si à l’époque ce signe ne veut toujours rien dire au commun des mortels, il commence néanmoins à être reconnu par des millions d’utilisateurs. Mais avant que @ trouve sa place définitive parmi les touches de nos claviers, fin 1971-début 1972, Ray Tomlinson avait inventé l’e-mail (voir encadré), d’abord utilisé par les scientifiques, les militaires et les informaticiens. Il faut attendre l’invention du web, 1989, puis la décision du congrès américain d’ouvrir Internet aux activités commerciales, 1992, pour que le caractère commence enfin àêtreutiliséparlegrandpublic.■ Vie quotidienne Microsoft met en avant... Ses concurrents ! Incroyable, mais vrai. Cette entreprise bien connue pour ses multiples accusations de monopole est désormais obligée de proposer des logiciels concurrents en téléchargement. Depuis le 17 mars dernier, suite à des mises àjourdeleurlogicieldenavigation,lesutilisateursvoient apparaître sur leurs écrans des choix de téléchargements pour des navigateurs concurrents ! Pourquoi l’entreprise Microsoft doit-elle se plier à cette règle ? Situation de monopole ? La commission européenne dit « stop ». Évidemment, si Microsoft propose aujourd’hui d’utiliser des logiciels concurrents ce n’est pas par bonté d’âme. Suite aux pressions répétées de la commission européenne et aux accusations d’abus de position dominante, le « monstre » Microsoft a dû s’incliner face aux juges du tribunal de Luxembourg. Cette affaire dure depuis plus de 10 ans. L’entreprise Sun Microsystems avait en effet déposé plainte en 1998. Elle se plaignait qu’il était impossible à un logiciel concurrent de s’interfacer correctement avec Windows, Microsoft ne délivrant pas les informations nécessaires au développement de logiciels adaptables. Six ans plus tard, en 2004, la société du très célèbre Bill Gates était accusée par la Commission européenne d’avoir violé l’article 82 relatif à l’abus de position dominante. La société était condamnée à verser près de 500 millions d’euros d’amende pour réparer le préjudice. Celle-ci fera bien sûr appel de la décision. Mais le tourbillon judiciaire prend fin. La commission européenne a tranché, et cela ne sera peut-être pas sans conséquence pour le leader jusqu’ici incontesté des systèmes d’exploitation. Microsoft évite une (très) lourde amende, mais sera désormais obligée de faire une sorte de publicité pour ses propres concurrents. Avec par exemple la possibilité d’installer directement Firefox... à partir d’Internet Explorer ! Redistribution des cartes annoncée Aujourd’hui le constat est impressionnant. Internet Explorer maîtrise plus de 60% des parts de marché des navigateurs Internet. Firefox, pur produit de la mouvance du « logiciel libre » a déjà, en l’espace de quelques années, atteint Parts de marché des différents navigateurs Internet en décembre 2009 D.R. D.R. 25% des parts de marchés. Un exploit. Opéra, Chrome et Safari se partagent le reste du marché. L’hégémonie du leader Microsoft pourrait bien être sérieusement remise en cause par cette décision de justice. Mais il faut néanmoins contraster cette tendance. Cette décision de justice n’impacte « que » le continent européen. Il ne faut pas non plus oublier le phénomène d’habitude des utilisateurs. Certains ne voyant pas l’intérêt de changer de navigateur. Néanmoins, le coup reste rude pour Microsoft même si la communication sur cet « événement » du monde l’informatique reste bizarrement très discrète. Google qui a déjà lancé (avec succès) son navigateur Chrome compte bien aussi tirer son épingle du jeu. Les enjeux sont considérables, car le navigateur reste l’unique point d’entrée de l’utilisateur sur le web. Vu que le futur des applications est résolument tourné vers l’Internet, contrôler son point d’entrée est crucial ! La course au contrôle de l’Internet est donc loin d’être terminée pour les géants du secteur. ■ Le saviez-vous ? Opéra est le principal (sinon le seul) navigateur Internet programmé en Europe. Son impact sur la marché des navigateurs est minime, à peine 2% du marché. Néanmoins, celui-ci a depuis son lancement eu un grand succès d’estime auprès des utilisateurs. Sera-t-il capable un jour d’égaler les leaders du domaine ? Son expansion dépend en premier lieu de la curiosité des internautes européens avant, peut-être, de s’attaquer à l’immense marché américain ! ■ Le Magazine - 97



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