Le Magazine n°5 avr/mai/jun 2012
Le Magazine n°5 avr/mai/jun 2012
  • Prix facial : 4,90 €

  • Parution : n°5 de avr/mai/jun 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (206 x 266) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 27,1 Mo

  • Dans ce numéro : Hollande méconnu, le grand secret.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Vie quotidienne Mademoiselle, la case en trop ! Vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi on n’appelait pas un homme célibataire « Mondamoiseau », voire « jeune puceau » ? Pas étonnant, ce type de distinction est réservé aux femmes…En effet, en France, en 2011, les femmes et les hommes ne sont toujours pas logés à la même enseigne : civilité unique pour les hommes, double civilité pour les femmes ! Osez le féminisme et les Chiennes de garde lancent donc une campagne intitulée « Mademoiselle, la case en trop » pour rappeler que la distinction Madame/Mademoiselle n’est ni flatteuse, ni obligatoire. Et surtout, qu’elle est le signe du sexisme ordinaire qui perdure dans notre société. Cette campagne a vocation à mettre fin à cette inégalité, mais aussi àinformerlesfemmesdeleursdroitsetàmettreàleurdisposition des outils pour faire changer leur civilité. YuriArcurs-Fotolia 4 - Le Magazine La distinctionmadame/mademoiselle paraît en apparence bien anodine. On va encore dire que les féministes chipotent… Et bien non ! Le diable se cache toujours dans les détails, et l’usage de la civilité « Mademoiselle » n’est rien de moins qu’une marque de sexisme. Un sexisme diffus, accepté. Un sexisme ordinaire. Malheureusement parfois même revendiqué… Certaines femmes apprécient en effet de se faire appeler « mademoiselle » : c’est flatteur, ça renvoie l’image de la jeune femme jolie, fraîche, séduisante, et d’aucunes apprécient ce qu’elles considèrent comme une marque de politesse et de galanterie de la part de leur interlocuteur. Qu’y a t-il de poli en vérité à nous montrer qu’on connaît tout de notre vie privée et Le saviez-vous ? YuriArcurs-Fotolia ànouslaisserentendrequ’onestàmoitié finie parce qu’on n’a pas de mari et qu’on ne bénéficie pas ainsi de vrai statut dans la société ? Parce que c’est bien de cela dont il est question dans le fond : le statut des femmes dans la société. La double appellation « madame » / « mademoiselle » est une civilité différenciée - car elle est uniquement utilisée pour les femmes, et liée au fait d’être mariée ou non. Appelons un chat, un chat, une inégalité est une inégalité. Les hommes, eux, sont appelés « monsieur » toute leur vie, sans distinction et quel que soit leur statut marital, qui n’interfère en rien sur leur vie professionnelle ou sociale. Il n’existe pas de pendant masculin pour « mademoiselle », pas de « damoiseau » dans notre société. Dans notre société, c’est le fait de se marier qui permet à une femme de se faire ap- … CE N’EST PAS … OBLIGATOIRE ! Contrairement à l’idée reçue, l’emploi des termes Madame et Mademoiselle ne repose sur aucune disposition législative ou réglementaire. Il résulte exclusivement de l’usage et ne constitue pas un élément de l’état civil. Aucun document ne peut donc être réclamé à une femme qui souhaite qu’on utilise à son endroit l’appellation Madame. ■
peler « Madame ». Autant dire qu’il s’agit là d’un signe de supériorité, d’un gage de respectabilité. Une femme non mariée ne serait pas « complète », pas « finie », pas accomplie. Mais plutôt dans l’attente du bonheur infini et de l’accomplissement suprême : trouver un mari. Il semble bien que seul le mariage, et donc le mari, puisse D.R. > Ce n’est pas tendance. Historique < Ma-dame est un terme du Moyen Âge, et correspond à mon-sieur, monseigneur ou messire, termes équivalents apparus à différentes époques mais de même étymologie. Ma-demoiselle vient du bas-latin dominicella, diminutifdedomina (maîtresse de maison, qui a donné « dame »). « Mademoiselle » estainsiundiminutifde « madame »,cequirevientàdire « madamette ». Jusqu’au XVIII e siècle, la distinction entre « madame et mademoiselle » n’est pas le mariage mais le statut social, « madame » étant une femme de la haute noblesse, titrée et « mademoiselle » étant une femme de la petite noblesse, non titrée (mariée ou non). À partir du XVIII e siècle, le terme « demoiselle » est associé au statut marital, désignant la femme comme vierge et « à marier ». L’équivalent mon-damoiseau est tombé en désuétude. Le code Napoléon de 1804 prévoit que les femmes ne s’émancipent plus par le mariage et demeurent « mineures » à vie, privées de droits civils comme les enfants. Elles passent de la tutelle de leur père (demoiselle) à celle de leur mari (dame). Depuis 1938 et l’abrogation du Code Napoléon, toute femme, à sa majorité, devrait être nommée « dame » et non plus « demoiselle ». ■ conférer la véritable légitimité sociale. Relevons au passage le paradoxe : être appelée « mademoiselle » rassure sur le fait d’être soit jeune et jolie, alors qu’être appelé « madame » ferait se sentir vieille et moche… Cela en dit long sur la représentation du mariage Une civilité intrusive et condescendante Et puis, en quoi est-il indispensable que le fait d’être mariée ou pas soit une information rendue publique et connue de tous ? Le terme « demoiselle » vient du Moyen Âge et signifie jeune fille noble, puis apartirduXVIII e siècle jeune fille vierge, non mariée. Faudrait-il informer le moindre homme qui se trouverait dans un rayon de dix kilomètres à la ronde de ce qu’on est une « demoiselle », peut-être plus vierge cer-tes, mais du moins célibataire, disponible, en un mot « draguable » ? Alors à vos clignotants ! En revanche, pas de possibilité de repérer les hommes célibataires… Et puis, c’est tout de même difficile de gagner en crédibilité dans notre vie professionnelle, quand on est appelée « mademoiselle ». Bizarrement, on appelle systématiquement une femme « madame » quand elle est plutôt en responsabilités. Et mademoiselle, est plutôt attribuée aux « jeunespremières » oumoinsexpérimentées dans leur domaine et revêt un caractère souvent condescendant. Et le pire, c’est que cela n’a rien d’obligatoire ! Enfin, l’obligation pour les femmes d’utiliser la civilité « madame » ou « mademoiselle » selon qu’elles sont mariées ou non n’a jamais été fotum-Fotolia Vie quotidienne Le Magazine - 5



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