Le Magazine n°5 avr/mai/jun 2012
Le Magazine n°5 avr/mai/jun 2012
  • Prix facial : 4,90 €

  • Parution : n°5 de avr/mai/jun 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (206 x 266) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 27,1 Mo

  • Dans ce numéro : Hollande méconnu, le grand secret.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Dossier Hollande s’installent dans un bel appartement. Très rapidement, Philippe Hollande, l’aîné de François, quitte rapidement ce lieu après une violente dispute avec son père. Épris de musique et de liberté, il décide de rompre avec le cercle pour s’adonner à sa passion, le jazz, en devenant trompettiste et saxophoniste. Comme le note Serge Raffy dans François Hollande. Itinéraire secret, la différence entre Philippe et François est grande même si leur complicité reste là : « Philippe Hollande profite pleinement de la frénésie des années 1968. Il participe au mouvement hippie et adopte la devise « Peace and Love » au grand désarroi de son père. Il vit de petits boulots, notamment celui de machiniste au théâtre Caumartin et au théâtre Daunou, dans le quartier de l’Opéra. Il joue dans divers groupes underground, intègre une communauté de musiciens proches du groupe Gong, goûte aux substances interdites comme le LSD et la marijuana. Il croise l’acteur Pierre Clémenti qui devient son ami et il créera plus tard, dans les années 1970, avec lui et Gilbert Altman, la mythique troupe Urban Sax, uniquement composée de saxophonistes, spécialisée dans le spectacle de rue et les performances spectaculaires… Déchiré et fragile, Philippe Hollande brûle sa vie par les deux bouts, dans une atmosphère libertine et rebelle. Il défend l’amour libre. Il fait un beau pied de nez à ce père trop conservateur pour saisir le gigantesque bouleversement des mœurs qui agite son pays. Chez les Hollande, il y a Philippe le turbulent et François le raisonnable… » Pendant que son père Georges navigue entre son nouvel emploi de médecin à la Sécurité sociale et des investissements immobiliers plus ou moins judicieux (création d’agences de voyages, achats de maisons et d’une bâtisse dans l’Eure et le Calvados), François Hollande intègre le lycée Pasteur à Neuilly-sur-Seine, en entrant en classe de seconde C3. Après des premiers jours difficiles face à des visages inconnus et pas vraiment enclins à lier connaissance avec lui, il se lie d’amitié avec un camarade de classe, 24 - Le Magazine Jean-Louis Audren, fils d’un héros de la Résistance et polytechnicien, Joseph Audren. Entre les deux, le courant s’effectue rapidement. « Jean-Louis Audre est doté d’une simplicité, d’une faconde, d’un sens de l’humour et d’une détermination qui rassurent le nouveau venu. Le « plouc » n’aura pas de bizutage. Il a un « parrain », un « protecteur » qui connaît les us et coutumes des « fils à papa ». Jean-Louis initie François, lui livre les codes de ce milieu qui lui est totalement étranger. Ainsi, l’entrée du novice dans l’atmosphère de la Si le Père Noël n’avait pas été une ordure, il aurait pu être joué par François Hollande car le futur socialiste a failli devenir… un Bronzé ! Elise Karlin banlieue chic se fait sans trop de dégâts. Le jeune Rouennais s’adapte, mais il sent bien qu’il n’est pas de ce monde, qu’il sera toujours un « cul-terreux », un fils de paysan aux racines incertaines. Á l’instar du grand-père Robert, il prend la vie du bon côté et accepte les règles du jeu du lycée Pasteur. Il sera un des leurs, sans vraiment en être… » (dans François Hollande. Itinéraire secret, page 30, publié chez Fayard). Avec un autre élève (Jean- Pierre Avignon), ils forment un trio soudé comme les cinq doigts de la main et découvrent les quartiers de Paris en roulant à vive allure sur leurs mobylettes trafiquées pour prendre encore plus de vitesse. François Hollande n’est-il pas surnommé « Le kamikaze » en raison de son attitude casse-cou ? C’est en seconde C3 que le futur candidat socialiste aux présidentielles 2012 rencontre deux lycéens qui iront loin : Christian Clavier et Thierry Lhermitte. Comme l’explique notre consoeur Élise Karlin dans L’Express du 19 octobre 2011 : « Si le Père Noël n’avait pas été une ordure, il aurait pu être joué par François Hollande car le futur socialiste a failli devenir… un Bronzé ! Dans la bande du lycée Pasteur de Neuillysur-Seine, parmi les adolescents qui allaient roucouler devant les minettes, Christian Clavier et Thierry Lhermitte n’étaient pas en effet les derniers à se pousser du coude. La petite bande, assidue du ciné-club, découvre le cinéma italien, Truffaut, Fassbinder et Altman. En classe, ceux sont eux, encore, qui font le chaut : chez le professeur d’anglais, les élèves avaient inventé une technique appelée « la mer », qui consiste à déplacer les tables tous ensemble pour donner une sensation de roulis. Gérard Jugnot et Michel Blanc débarquent en classe de première et rejoignent le club de théâtre, monté par Lhermitte et Clavier. Ils vont vite fonder la troupe du Splendid, sans François Hollande. Une autre activité l’attire davantage, celle de délégué de classe. Surtout, le théâtre n’est pas fait pour lui, note Serge Raffy. Après tout, il n’a pas besoin pour exister, comme les acteurs, de se cacher derrière les masques. Il en a déjà un, d’une efficacité sans faille, celui de la jovialité… » Fan de cinéma et de football, un sport qu’il pratique avec brio dans le parc de Bagatelle, le lycéen Hollande est un bon élève, sans être non plus exceptionnel ou « premier de la classe ». Déçu par son changement d’orientation (il passera de première C à la terminale D en raison, selon les témoignages de ses proches, d’un enseignant en anglais qui ne l’appréciait pas et non pas pour cause de mauvais résultats en mathématiques), François Hollande, qui obtiendra son baccalauréat avec la mention « assez bien » en juin 1971, suit déjà de près l’actualité politique. Mais alors que son ami Christian Clavier se dit, à l’époque de mai 1968, communiste et lit L’Humanité ou que de nombreux jeunes militent dans la Ligue Communiste Révolutionnaire ou dans d’autres mouvements d’extrêmegauche, le jeune Hollande fait preuve de
« Plutôt que Johnny Hallyday ou Franck Alamo, il aurait presque pu coller, sur un mur de sa chambre, un poster de l’ancien ministre de l’Intérieur durant la guerre d’Algérie... » plus de mesure. Son modèle s’appelle François Mitterrand. Ainsi que l’écrit Serge Raffy dans son livre, « François Hollande apparaît comme très conformiste, un peu ringard. Il ne connaît que peu de choses du parcours politique de Mitterrand. Il a surtout en mémoire les images du débat télévisé de 1965 face à de Gaulle qui ont « marqué sa rétine ». Depuis le personnage de Mitterrand ne le quitte plus. Comme un oncle dont l’aura vous porte. Comme un héros d’adolescence que l’on suit pas à pas. À l’époque des chanteurs yéyé, François Hollande, plutôt que Johnny Hallyday ou Franck Alamo, aurait presque pu coller, sur un mur de sa chambre, un poster de l’ancien ministre de l’Intérieur durant la guerre d’Algérie. Il est fan, tout simplement. » (extrait, page 35, chez Fayard). C’est donc aussi l’époque où François Hollande nourrit sa culture politique et historique en s’intéressant aux débats qui se déroulent, en particulier, dans l’Italie démocrate-chrétienne. Déjà amoureux du septième art transalpin (il raffole des long-métrages de Dino Risi ou d’Ettore Scola et l’un de ses films favoris reste Nous nous sommes tant aimés, avec Vittorio Gassman, Nino Manfredi et Stefania Sandrelli), il se penche avec passion sur les secousses que traversent politiquement et sociologiquement le pays de Michel-Ange et de Fellini, avec la montée en puissance du Parti Communiste d’Enrico Berlinguer, apôtre d’une libéralisation et d’une « glasnost », bien avant celles de Mikhaïl Gorbatchev dans l’ex-URSS dans les années 1980. Et il dévore les textes d’Antonio Gramsci, un intellectuel marxiste italien qui dans ses « Lettres de prison », explique en quoi il faut se méfier de toutes les religions, y compris celle symbolisée par le matérialisme historique défendu par Marx et Engels. Peu à peu, le jeune provincial, débarqué de sa Normandie natale où il a vécu ses 14 premières années avant d’atterrir dans la banlieue chic des Hauts-de-Seine, forge sa conscience. Guillaume GAFFIOT/VISUAL Press Agency Sous ses lunettes de myope, sa chevelure bouclée à l’époque et son sourire plein de bonhomie, le jeune Hollande dissimule une personnalité tenace et avec plus d’épaisseur qu’il n’y paraît. Après l’obtention de son bac à 17 ans et des vacances en Grèce avec ses amis Jean-Louis Audren (aujourd’hui chirurgien à Paris) et Jean-Pierre Avignon, maintenant cardiologue à Tours, François Hollande doit choisir son orientation universitaire et professionnelle. Serge Raffy détaille ce moment important de la vie du candidat socialiste dans cet extrait de son livre François Hollande. Itinéraire secret, paru chez Fayard (page 42) : « Après avoir réussi l’examen d’entrée en hypokhâgne au lycée Pasteur, il préfère prendre le chemin de l’Institut d’études politiques, Sciences Po. Pour faire son choix, il n’a pas hésité longtemps. Un an plus tôt, il le raconte à ses camarades, il ne connaissait même pas l’existence de la célèbre institution de la rue Saint-Guillaume. Il a fallu un concours de circonstances particuliers pour que cette voie des « excellences » parvienne jusqu’à lui. Au cours d’un conseil d’administration du lycée, alors qu’il est délégué de classe, il est remarqué par le président des parents d’élèves de l’établissement. Ce dernier est intrigué par le sérieux et le sens des responsabilités d’un garçon si jeune, et également par son brio et sa simplicité. François Hollande ne sait pas que l’homme qui le remarque et lui suggère de faire Sciences Po, puis dans la foulée, l’École Nationale d’Administration (l’ENA) est Jérôme Solal-Céligny, membre du Conseil d’État et surtout l’un des rédacteurs de la Constitution de la V ème République. Un parrain de poids, favorable dès 1956, au renforcement du pouvoir exécutif dans les institutions françaises. Il mourra quelques années plus tard d’une chute de cheval. Jérôme Solal- Céligny pousse le jeune Rouennais à suivre le cursus qu’il lui indique. Le jeune Hollande est facilement convaincu. Après tout, ne rêve-t-il pas de plonger dans le bain de la politique ? Il a suivi, tout en passant son bac, le fa- Le Magazine - 25



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