Le Magazine n°5 avr/mai/jun 2012
Le Magazine n°5 avr/mai/jun 2012
  • Prix facial : 4,90 €

  • Parution : n°5 de avr/mai/jun 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (206 x 266) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 27,1 Mo

  • Dans ce numéro : Hollande méconnu, le grand secret.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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de son établissement. C’est en voyant le comportement violent, et souvent sous l’effet de l’alcool d’un des enseignants, l’abbé Joseph, que François Hollande éprouvera de plus en plus de distance envers le rigorisme religieux et la croyance en Dieu. « Comme pour éviter la damnation, il savait utiliser son large sourire afin de ne pas s’attirer les foudres de ce curé plutôt inquiétant. Déjà, François avait cette force pour ne pas entrer en conflit tout en conservant une réelle possibilité de révolte… », se rappelle un ancien élève de Saint-Jean- Baptiste-de-la-Salle. Et Serge Raffy de poursuivre dans cette même optique : « Cette attitude, François Hollande l’applique aussi avec son père. Pas question pour lui d’affronter le pater familias, ni de le défier. Son frère Philippe, lui, n’adopte pas la même posture. Ce dernier joue les kamikazes 22 - Le Magazine LeMagazine Son père affirme son idéologie de droite, alors que sa mère ne cache pas ses sympathies à gauche et notamment son admiration pour François Mitterrand... face à la toute-puissance paternelle. Il n’hésite pas, insoumis, à multiplier les incartades. Ses refus d’obéissance le conduisent dans un pensionnat religieux, située dans l’Eure, au sein d’une institution dirigée par les Jésuites, encore plus rigoureuse que Saint-Jean- Baptisye-de-la-Salle. En inscrivant son fils dans ce nouvel établissement quasi disciplinaire, Georges Hollande donne la consigne : « Punissez-le et n’hésitez pas à le battre s’il le faut. » Durs moments pour le cadet, qui voit son aîné, avec qui il a partagé tant de jeux et tant de bons moments, s’éloigner de lui. François vit mal cette séparation, car il change de statut. Il devient comme un fils unique. Son frère aîné ne peut plus l’épauler. Il va falloir vivre sans lui. » (dans le livre François Hollande. Itinéraire secret, publié chez Fayard). « Avec son frère Philippe, il avait de nombreuses activités comme la fête foraine de Saint-Romain, à Rouen, les balades le long des mares aux tritons dans les bocages normands, les parties de cache-cache, la réalisation de films d’enfants en se servant d’une vieille caméra à manivelle ou la collecte des œufs dans le poulailler très spécial de leur père Georges. Monsieur Hollane père avait en effet une véritable passion pour les poulets de grain, ce dont nous nous moquions parfois, entre nous… », se rappelle un camarade rouennais de ces jeunes années, soucieux de garder l’anonymat. Autant de souvenirs en commun pour les deux frères « sans oublier les vacances d’été passées dans la famille Tribert chez les grands-parents maternels. Robert Tribert, homme modeste et enjoué, incurable optimiste, loue chaque été une grande maison pour accueillir tout ce que la famille Jean-Marc HAEDRICH/VISUAL Press Agency
peut compter de rejetons. Neveux, nièces, cousins se retrouvent dans un joyeux chahut. Cela braille, ça gesticule, ça bamboche dans une ambiance permanente de kermesse. On se retrouve entre cousins à Saint-Jean-de- Luz, Alicante, Canadel, La Franqui, Carnac, au Chambon-sur-Lignon et, l’hiver, à Villars-de-Lans ou Megève. François, qu’on surnomme « Bounoum », est comme un poisson dans l’eau dans cette atmosphère de phalanstère hédoniste. C’est un ludion vif et intrépide, aux joues rondes, toujours prêt au moindre jeu et à toute dégustation de pâtisserie fine. Le gamin est gourmand de tout. Ces retrouvailles estivales dans la famille maternelle sont des parenthèses enchantées pour le jeune François. », décrit Serge Raffy dans François Hollande. Itinéraire secret, paru chez Fayard, en page 17). Si le grand-père Robert, papa de Nicole Hollande et qui exerce le métier de tailleur, occupe une grande place dans l’enfance du candidat socialiste aux présidentielles 2012, Gustave Hollande, l’autre papi et père de Georges Hollande, prend aussi sa part dans la jeunesse du leader socialiste. C’est chez cet ancien poilu de la guerre de 1914- 1918, volailler de profession devenu directeur d’école, que François Hollande passe de nombreux jeudi après-midi quand il ne se trouve pas chez les curés de Saint-Jean-Baptiste-de-la-Salle. Comme nous le raconte dans son livre Serge Raffy, « Gustave Hollande raconte à son petit-fils la guerre de 1914- 1918, l’horreur de la vie des poilus dans les tranchées, la peur nouée dans les entrailles… Très jeune, François Hollande apprend les ravages de la guerre. Grand-père Gustave évoque l’occupation allemande à Plouvain dès le début de la Seconde guerre mondiale, les privations, les carnets de rationnement, les humiliations quotidiennes pour la population locale… Chaque semaine, François est impatient de retrouver Gustave et ses récits de guerre. Celui-ci lui transmet la passion de l’histoire et lui donne quelques clés pour comprendre la saga de ses ancêtres… Chaque semaine, François est impatient de retrouver Gustave et ses récits de guerre. Celuici lui transmet la passion de l’histoire et lui donne quelques clés pour comprendre la saga de ses ancêtres. Serge Raffy Dès son plus jeune âge, François Hollande est bercé par ces récits douloureux et épiques, les grandes et les petites légendes familiales. Il boit littéralement les paroles de ces deux grands-pères si différents. Gustave est un républicain pur et dur, partisan d’Antoine Pinay, obsédé par l’apprentissage de la langue française. Chaque jeudi, il fait une page du dictionnaire à son petit-fils pour lui inculquer le bonheur des mots. Il y a un côté austère dans cette manière d’aborder la langue, mais cela séduit l’élève. Ce grand-père si rigide en apparence, mais si attentionné, est un écologiste avant l’heure. Il roule dans une vieille 4 CV. Il cultive dans son jardin un tas de plantes médicinales qu’il offre en décoction à ses invités. Mais ce dont raffole par-dessus tout le gamin, c’est le pain perdu du papi, ce dessert du pauvre fait avec du pain rassis, de l’œuf et du sucre… » Quand Georges Hollande décide de quitter Bois-Guillaume en 1968 pour vivre dans la capitale, les raisons sont multiples et, en premier lieu, politiques. Candidat malheureux aux élections municipales à Rouen, en 1959, sur une liste d’extrême-droite, le père de François Hollande (qui était un anticommuniste viscéral) réitère sa tentative lors du scrutin à la mairie de Bois-Guillaume en 1965. Il dirige cette fois une liste appelée « Rénovation et Expansion » où figurent d’anciens proches de l’OAS, favorables à l’Algérie française, ainsi que des personnalités soupçonnées de collaboration durant la Seconde guerre mondiale ou des industriels très intéressés par la commune normande. Un cuisant échec viendra ponctuer cette nouvelle expérience électorale. Par ailleurs, tout en menant ses activités de médecin ORL, Georges Hollande s’investit aussi dans la promotion immobilière en finançant la construction d’un ensemble résidentiel de 150 appartements à Bois- Guillaume ou d’un parking à Rouen. Face aux remontrances du Conseil de l’Ordre des médecins qui n’apprécie guère ce mélange des genres, le docteur Hollande choisit de quitter la région après avoir vendu sa clinique, sa maison et son lot immobilier. Direction Paris où Philippe, le fils aîné, se trouve déjà puisque son père l’a inscrit au lycée privé catholique de Sainte- Barbe, situé dans le quartier de la Sorbonne. Nicole Hollande n’est guère enthousiaste à l’idée de larguer les amarres : « Son travail d’assistance sociale dans l’entreprise d’électricité TRT lui convient parfaitement. Elle y découvre la douloureuse condition du salariat ouvrier et plus particulièrement celle des femmes. Mais elle le suit, contrainte et forcée, emportée par Georges la bourrasque. Comment deux êtres aux sensibilités si différentes peuvent-ils cohabiter ? s’interroge François… », note Serge Raffy dans son ouvrage paru chez Fayard (extrait de la page 27). Ne seraitce que politiquement, Georges et Nicole Hollande se trouvent aux antipodes. Lui affirme son idéologie de droite, alors qu’elle ne cache pas ses sympathies à gauche et notamment son admiration pour François Mitterrand qu’elle découvre et approuve lors des élections présidentielles de 1965. Comme sa mère, François Hollande penchera donc à gauche. Et comme elle, c’est avec beaucoup d’appréhension qu’il arrive dans la ville de Neuilly-sur-Seine où la famille Hollande a choisi d’élire domicile à la fin de l’été de 1968. C’est en lisière du bois de Boulogne, boulevard Maillot précisément, que les Le Magazine - 23



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