Le Magazine n°5 avr/mai/jun 2012
Le Magazine n°5 avr/mai/jun 2012
  • Prix facial : 4,90 €

  • Parution : n°5 de avr/mai/jun 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (206 x 266) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 27,1 Mo

  • Dans ce numéro : Hollande méconnu, le grand secret.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Vie quotidienne Suite à la crise de l’ESB (Encéphalopathie spongiforme bovine, l’infection dégénérative du système nerveux central des bovins), l’Union européenne interdisait totalement l’utilisation de protéines animales dans les aliments pour animaux destinés à la consommation humaine à compter du 1 er janvier 2001. Le projet de loi autorisant la réintroduction de ces produits dans l’alimentation des porcs et des volailles, présenté cet été par la Commission européenne, a été plutôt bien accueilli par les professionnels de la nutrition animale. Il n’en reste pas moins que ceux-ci estiment certaines conditions difficilement applicables sur le terrain. En effet, la tolérance zéro pour le recyclage intra-espèces (des volailles mangeant des farines de volailles par exemple) favoriserait les filières dédiées à une seule espèce, filières ne pouvant être financées que par de grands groupes industriels. Autre problématique majeure : il n’existetoujoursaucune méthode permettant de détecter, de différencier et de mesurer précisément les différents types de protéines animales. Les PAT permettraient de diminuer le prix de l’aliment Si les industriels de l’alimentation animale espèrent obtenir rapidement l’autorisation d’introduire dans la nourriture des porcs et volailles des protéines animales transformées ou PAT (autrefois appelées farines animales), c’est tout simplement qu’à l’heure où le prix des aliments pour animaux joue au yoyo, cette « nouvelle » matière première, riche en énergie et de surcroît produite localement, redonnerait un peu d’oxygène aux deux filières. Les protéines animales transformées permettraient de diminuer le prix de l’aliment, et donc celui de la production des viandes. En effet, selon les espèces et les modes d’élevage, l’aliment peut représenter jusqu’à 70% du coût de la production des viandes. Du côté du grand public la réaction a été beaucoup moins enthousiaste, surtout à cause de l’amalgame fait avec la crise de de la vache folle, qui a bouleversé les professionnels de la filière bovine -leur faisant perdre beaucoup d’argent- ainsi que les 12 - Le Magazine Le retour des farines Cet été, la Commission européenne a envisagé la possibilité l’introduction de protéines animales transformées (autrefois appelées des porcs et des volailles. Les réactions ne se sont pas fait attendre, de la « vache folle ». consommateurs, repus d’images de vaches ne pouvant plus tenir sur leurs pattes. Actuellement, aucun projet de loi ne prévoit la réintroduction de farines animales pour les ruminants (vaches, moutons et chèvres). Si la question est posée pour les porcs et les volailles, c’est que, selon plusieurs études scientifiques, ces espèces semblent être résistantes à l’agent prion de l’ESB (un prion est une protéine responsable de maladies infectieuses) quand il est administré par voie orale. En revanche, lorsqu’il est administré par voie parentérale -intraveineuse, sous-cutanée, intradermique, intramusculaire ou pulmonaire- et non dans l’aliment, les bestiaux peuvent développer des maladies, par exemple la tremblante du mouton. Aujourd’hui, compte tenu des connaissances scientifiques, il semble qu’il existe, par voie alimentaire, une barrière d’espèces protégeant les porcs et les volailles d’éventuelles maladies à prions transmises par les ruminants, ce qui limite la propagation des agents de ces maladies au sein des deux espèces par recyclage dans l’aliment. ■ Le saviez-vous ? … QU’EST-CE … QU’UNE FARINE ANIMALE ! D.R. Une farine animale est produite à partir de produits non consommables par les hommes et récoltée par la filière de l’élevage animal et de l’industrie de la pêche (farines de poissons et huiles de poissons). La législation distingue deux types de farine : les farines légalement consommables par l’homme, ou celle qui ne le sont pas. Avec le développement de l’élevage hors-sol, ces farines, riches D.R. en protéines, ont longtemps été utilisées par les fabricants d’aliments pour bétail en substitution totale ou partielle des protéines d’origine végétale (tourteaux de soja, colza...). Depuis les années 1990 et les problèmes sanitaires causés par l’encéphalite spongiforme (ou « maladie de la vache folle »), le secteur est très réglementé, et la réputation de ces farines est mauvaise. En France, bien que certains groupes de pression de producteurs soient favorables à leur réintroduction, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation s’y opposait toujours en 2011. ■
animales d’autoriserd de nouveau farines animales) dans l’alimentation faisant réapparaître le fantôme Éclaircissements. D.R. >QuesontlesPAT ? < L erèglementeuropéendéfinitlesPAT (protéines animales transformées) comme : « desprotéinesanimalesissuesentièrement de matières de catégorie 3 traitées de manière à les rendre propres à être utilisées directement en tant que matières premières pour aliments destinées à des animaux ou à d’autres fins dans les aliments pour animaux ouàêtreutiliséesdansdesengraisorganiques D.R. Vie quotidienne ou amendements ». Lesprotéinestransformées issues de mammifères doivent être traitées selon un protocole strict permettant la destruction d’éventuels prions (les maladies à prions provoquent une dégénérescence du système nerveux central qui est toujours fatale). Les matières de catégories 3 sont principalement des « partiesd’animauxabattusqui sont propres à la consommation humaine en vertu de la législation communautaire, mais ne sont pas destinées à la consommation humaine pour des raisons commerciales, mais également des parties d’animaux abattus qui ont été déclarés impropres à la consommation humaine, mais sont exemptes de tout signe de maladie transmissible aux êtres humains ou aux animaux et sont issues de carcasses propres à la consommation humaine en vertu de la législation communautaire ». ■ > Les origines de la crise de l’ESB < Même si la possible réintroduction des protéines animales ne concerne nullement les ruminants, donc les bovins, la chronologie de la crise de l’ESB (encéphalopathie spongiforme bovine) permet de mettre en relief les manquements qui l’ont déclenchée dans les années 1990. Lors de cette crise tout et son contraire a été dit ou écrit par les médias. Depuis, il a été démontré que les événements ont été provoqués par des modifications apportées au processus de fabrication des farines animales en Grande-Bretagne afin de réaliser des économies. En effet, à l’origine le processus prévoyait la stérilisation à de hautes températures et une étape d’extraction des graisses par des solvants organiques. Ces deux phases permettaient de détruire le prion, mais à l’époque personne ne le soupçonnait. En 1981, les températures de stérilisation ont été abaissées et l’étape d’extraction des graisses par solvants purement et simplement supprimée. Ces modifications dans le protocole avaient essentiellement pour vocation d’améliorer la rentabilité économique, d’une part en préservant mieux les protéines contenues dans les farines, d’autre part en diminuant les coûts : solvants et énergie avaient beaucoup augmenté après les chocs pétroliers de 1973 et 1979. En outre, un accident, occasionné lors de la manipulation du solvant, avait entraîné un renforcement des mesures de sécurité, mesures au coût élevé. Ces changements dans les pratiques sont à l’origine de l’épidémie : le prion, non éliminé, était recyclé dans les farines animales avant d’être distribué à grande échelle dans les aliments du bétail. Les animaux contaminés étaient à leur tour abattus et réduits en farines continuant ainsi à nourrir et à amplifier le phénomène. L’arrêt de l’utilisation de ces produits et la mise en place de règles de fabrication garantissant leur sécurité ont quasiment permis d’éradiquer l’abominable maladie qui a fait de nombreuses victimes humaines. Aujourd’hui, bien que les experts certifient que les PAT pourraient être intégrées dans l’alimentation des bovins, personne ne semble prêt à prendre le risque d’une nouvelle crise d’ESB. Plus de dix ans après, les éleveurs sont encore traumatisés par l’abattage de troupeaux entiers au nom du principe de précaution. ■ Le Magazine - 13



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