Le Magazine n°4 sep/oct/nov 2009
Le Magazine n°4 sep/oct/nov 2009
  • Prix facial : 3,90 €

  • Parution : n°4 de sep/oct/nov 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 23,2 Mo

  • Dans ce numéro : Sarko en fait-il trop ?

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Patrick Rambaud. Motié main, moitié machine >que j'ai reçu pour le Goncourt, il y avait beaucoup de choses intéressantes. Même parmi les premiers romans. Il faut arrêter de dire qu'il n'y a rien d'intéressant en France, que tout est nul. Ce n'est pas vrai. Lorsque j’entends que, de nos jours, tout se passe aux États-Unis, cela m’énerve. On disait déjà cela à l'époque d'Hemingway… et quand on demandait Hemingway quel était son modèle, il répondait Victor Hugo ! Il faut arrêter avec ça. Pour autant, cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas d'écrivains américains intéressants. Mais il y a aussi des auteurs français qui sont tout à fait valables. ■ En conclusion, si vous aviez à qualifier une vie d'écrivain, qu'en diriez-vous ? J'ai toujours fait ça, en fait. Depuis tout gamin. Je fais partie de la dernière génération sans télé. Ma première télé, je l'ai eu à 30 ans. On n’avait que des livres à la maison. Nous sommes nés dans les livres. C'était donc un autre univers. Une époque où il y avait encore des hirondelles à Paris, de la neige en hiver, des produits de saison… C'était génial de redécouvrir tous les ans le goût de la framboise. ■ Cela vous rend-il nostalgique ? Non, je veux juste dire que c'était une autre époque où il était normal de lire et d'écrire. Pour répondre à votre question, il y a aussi un peu de paresse dans une vie d’écrivain. Quand on est flemmard, que l'on a envie de ne rien foutre, on pense pouvoir faire ça. En fait, on croit que c'est une vie de paresseux… mais ce n'est pas vrai. A priori, on ne fait que raconter des histoires, mais en fait, on travaille beaucoup plus parce qu'on travaille tout le temps. Mais bon, dans le fond, il y a tout de même un peu de ça… Photo Louis Monier 60 - Le Magazine 30 Le magazine des Livres
Catherine Gide rapportait, au cours de récents entretiens, une anecdote révélatrice au sujet de ce père qui la reconnut tardivement : lorsqu’il habitait dans l’appartement de la rue Vanneau, Gide avait pour habitude d’envoyer d’une pichenette ses lames de rasoir usagées par la fenêtre de la salle de bain. Rien que de très banal, à un détail près cependant : le vandale nobélisé savait qu’elles tomberaient droit… dans la cour du Ministère de l’Intérieur jouxtant l’immeuble ! On se plaît à imaginer le « Contemporain capital », une mine narquoise se dessinant sur son visage au moment de se livrer, sans avoir l’air d’y toucher, à cette savoureuse subversion. Gide, dont la longue existence et l’œuvre protéiforme enjambent deux siècles, fut un acteur autant qu’un moteur de la littérature de son temps. À cette enseigne, il demeure sans conteste un « classique ». À condition d’entendre par cette désignation ingrate, fleurant la moisissure et la sinistrose, un auteur au charme toujours renouvelé, et dont le mystère se voit transmis par une stylistique sans faille. Il compta parmi la douzaine d’élus qui furent « pléiadisés » de leur vivant : ses récits, romans, soties, textes autobiographiques, carnets de voyage, souvenirs de procès, journaux, forment une impressionnante colonne érigée aux paradoxes de l’Art. Mais cet ensemble, André Gide unique et multiple Où se cache le vrai André Gide ? Dans la poésie sensualiste aux accents nietzschéens des Nourritures terrestres ? Dans les tréfonds des personnages, masculins ou féminins, qui hantent, la tourmente chevillée à l’âme et au corps, des récits tels que L’Immoraliste, La Porte étroite ou Geneviève ? Dans la compassion fervemment désirante du pasteur de La Symphonie pastorale ? Dans la main de Lafcadio, sur le point de commettre son geste fatal ? Dans le vertige farcesque qui s’ouvre avec la mise en abyme de Paludes ? Ou encore dans cette confession, blindée de références scientifiques et de citations platoniciennes, qu’est Corydon ? Photo D.R. André Gide en 1893 : l’écrivain en devenir, entre Les Cahiers d'André Walter (1891) et l’incontournable Paludes (1895). [classique] Partout et nulle part, cet André Gide, à l’instar du centre et de la circonférence du cercle divin de Blaise Pascal. Un « auteur impossible », comme le qualifie Pierre Masson en tête de son introduction à la nouvelle mouture des œuvres en prose dans la Bibliothèque de la Pléiade. Alors quoi ? « André Gide, hélas ! » devrait-on s’exclamer en parodiant sa célèbre repartie sur Victor Hugo ? Plutôt : « André Gide, pour sûr ! » Entrons donc sans plus attendre dans cet univers complexe et foisonnant, qui accessoirement fut celui d’un seul homme, pour comprendre dans quelle mesure nous avons affaire ici à un monstre sacré. Par Frédéric Saenen si massif soit-il, reste en mouvement, près de soixante ans après la disparition de Gide. Comme il s’était agi de proposer, en 1996, une version non expurgée du Journal en deux tomes, voici que les œuvres à caractère littéraire se dédoublent à leur tour. Un pincement au cœur saluera le déclassement de son prédécesseur, cet objet délicat, vieux de plusieurs décennies, qu’il fallait manipuler avec précaution, dans son emballage de carton, sous sa jaquette transparente protégeant les deux pans amovibles de la couverture. Gide, en chapeau, y arborait un profil altier et serein, les yeux miclos derrière des lunettes rondes ; Maurice Nadeau en signait l’introduction, Yvonne Davet et Jean- Jacques Thierry se chargeaient des notices. Ce volume, numéroté 135, tint lieu référence jusqu’à l’aube du mois de mai 2009. Place au défrichage collectif de Jean Claude, Alain Goulet, David H. Walker et Jean-Michel Wittmann, sous la supervision de Pierre Masson. Toute révérence gardée au fondateur de la Quinzaine littéraire, on n’y perd pas au change, puisque sont enfin livrés des titres qui n’avaient jamais figuré au sommaire des précédents recueils – ainsi de Corydon, pour ne parler que du plus retentissant… Et puis, Gide méritait bien, l’année où la NRF souffle ses cent bougies, une part du gâteau un peu plus généreuse que ses confrères. Pierre Masson annonce d’emblée la couleur : « C’est Gide vivant qui Le Magazine - 61 N°17 - juin 2009 39 >



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