Le Magazine n°4 sep/oct/nov 2009
Le Magazine n°4 sep/oct/nov 2009
  • Prix facial : 3,90 €

  • Parution : n°4 de sep/oct/nov 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 23,2 Mo

  • Dans ce numéro : Sarko en fait-il trop ?

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 18 - 19  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
18 19
né sa vie. Pour fuir la Hongrie étouffée par Staline et rejoindre la France, il avait signé, quelque part en Autriche, l’engagement proposé par un sergent recruteur de la légion étrangère : il en prenait pour 5 ans. Au programme : Sidi Bel Abbès pour la formation et tout de suite l’Indochine où la France menait face au communisme sa dernière guerre coloniale. Pour le jeune transfuge du rideau de fer, la perspective n’avait rien d’enchanteur. Le voici à Marseille, au Château d’If, à la veille d’embarquer pour Saigon, devant le médecin militaire chargé d’examiner les nouvelles recrues avant le départ. Ce médecin, lui aussi, est hongrois. Il a bien connu la famille. Il regarde Pal au fond des yeux. Comme lui, un rescapé du stalinisme. Alors non ! - Il ne l’enverra pas faire la guerre aux Viets. Cœur fragile, inapte au service. Pal sera expédié dans les bureaux de la légion où sa connaissance des langues sera plus utile que dans les rizières de la mort. Réformé, démobilisé après 11 mois, il débarque enfin à Paris, en 1948, sans un sou, sans chaussures, les pieds enveloppés de papier journal. Il passe sa première nuit Place de l’Etoile, sur une bouche de métro. À côté de lui ronflait un voisin de misère, immigré depuis peu : un Hongrois ! Ce Hongrois lui avait indiqué la bonne adresse : le bureau des réfugiés apatrides, avenue Kléber. Il est reçu par le Consul de Hongrie qui connaît de réputation la famille Nagy Bocsa y Sarközy et retrouve dans son carnet d’adresse le nom et l’adresse du frère de sa grand-mère maternelle, qui tout de suite va l’héberger chez lui, rue Ordener dans le XVIII e arrondissement. Premier domicile parisien et, tout de suite, lancé par le grand oncle dans le réseau des Hongrois de Paris, un premier emploi ! A priori peu reluisant et plutôt mal payé : il devient livreur. Il transporte des grosses bobines de films pour le compte d’un « vernisseur » hongrois dont le métier consiste à recouvrir les pellicules d’un vernis protecteur à l’époque où les films étaient explosés à la moindre rayure. Comme il fallait marcher énormément pour livrer la marchandise, le grand oncle qui possédait deux paires de chaussures en avait donné une à Pal. « Je chaussais du 44, lui 41, il avait fallu découper les bouts pour que je puisse entrer dedans. » Cette anecdote fut parfois racontée dans les réunions électorales par Nicolas, qui ne ratait jamais une occasion de romancer ses origines façon « petit chose » et mettre en valeur son côté self made man. Il racontait aussi que : « Papa, fuyant la Hongrie, avait dû traverser l’Autriche attaché sous un wagon ». Ce profil de passager clandestin prêt à risquer sa peau pour rejoindre la liberté l’aidait à gommer l’image de fils à papa dont l’affublaient la gauche et les syndicats. 18 - Le Magazine Parlez-moi de vous, Paul Sarkozy de Nagy Bocsa - Parlons plutôt de ma peinture. Toutes ces histoires c’est du réchauffé. C’est le passé. Cela a été dit et redit ! Dîtes plutôt que je rêve d’exposer à Paris. Et si je ne l’ai pas fait jusque-là, c’est parce qu’il me paraissait peu souhaitable que les mauvaises langues imaginent que je puisse utilser Nicolas. M. Delanoë a refusé d’entendre le message. Et bien, tant mieux ! Il existe d’autres endroits à Paris que l’Hôtel de ville. Le Palais de Tokyo, par exemple, et je ne serais par étonné d’être accueilli bientôt dans ce berceau de l’art contemporain… Quand on partage avec Pal Sarkozy, à la table du Clovis, un cœur de filet de Charolais poêlé, accompagné d’un Haut Médoc 2005, on a l’impression de déjeuner avec l’un de ces personnages qui inspiraient Paul Morand. Si Nicolas Sarkozy fait penser à L’homme pressé, Pal évoque plutôt les héros d’Ouvert la nuit. L’accent est celui d’un exilé polyglotte, Magyar en l’occurrence, aussi à l’aise en allemand, qu’en français ou en anglais. Une certaine nonchalance rend le geste élégant Pal invente le concept, le sujet, prend ses pinceaux et Werner Hornung, informaticien et publicitaire, ouvre son ordinateur, un Mac, dont il se sert pour ajouter aux créations de l’artiste, des couleurs, des nuances et des effets numériques, ce qu’il appelle : « la peinture digitale ». même quand il marche d’un pas élastique et sportif. L’œil est vif et les propos divertissants et chaleureux expriment un sens inné du bonheur. Il ne porte pas de montres tapageuses. Il ne roule pas en Rolls. Quand il a commencé à gagner de l’argent en mettant ses dons de « créatif » au service de la publicité, il n’est jamais tombé dans le piège médiatique des miroirs aux alouettes. De quels défauts Nicolas a-t-il hérité de vous ? J’ai beaucoup plus de défauts que de qualités. Lesquels ? J’adore les jolies femmes. Apparemment mon fils aussi. Je connais beaucoup de séducteurs comme vous. Mais ils ne se marient pas à chaque fois. Les femmes veulent toujours se marier. Quand j’aime, je ne résiste pas. Quelles qualités avez-vous transmises à Nicolas ? Une certaine pugnacité. Mais lui est un bosseur infernal. Je serais plutôt dilettante. Nicolas a toujours beaucoup travaillé. Quand on allait se coucher avec « Dadue » (Andrée Sarkozy), Nicolas se relevait la nuit pour continuer à faire ses devoirs sans nous le dire. Il s’est forgé une mémoire extraordinaire. Quand il était ministre du Budget, j’assistais aux séances de nuit à l’Assemblée. D’abord ça m’intéressait et je ne voulais pas qu’il soit seul. On lui posait 300 questions. Il répondait sans aucune une note. Nicolas est hors du commun. Ce que vous n’aviez pas discerné quand il était petit. Mais les difficultés du départ donnent des atouts pour le futur. Trop de facilités est un désavantage. C’est le seul de mes fils qui a redoublé. Il est devenu un hyper doué. Que lui avez-vous apporté en dehors de la vie, ce qui est considérable ? A cette époque-là, je n’avais pas beaucoup de temps pour m’occuper de mes enfants. J’étais trop jeune pour être un père exemplaire et assidu. Aujourd’hui, mes enfants commencent à comprendre mes absences. Quand ils ont divorcé, ils ont eu, eux aussi, des problèmes avec leurs enfants. Est-ce que le nom de Sarkozy est aujourd’hui plus difficile à porter qu’il ne l’était avant l’élection de Nicolas ? Cela vous facilite les choses ou cela vous les complique ? Les deux ! Je n’aurais jamais eu 4 expositions en un an si mon fils n’avait pas été Président de la République. Un peintre normal attend trois ans pour avoir une exposition. Je travaille avec Werner depuis trois ans. Après avoir réalisé une quinzaine de toiles, nous avons demandé l’avis d’un critique d’art pour savoir si ça en valait la peine. Pierre Cornette de Saint-Cyr est venu chez moi et nous a dit : « Vous êtes fantastiques. Vous avez inventé la peinture du XXI e siècle ». Et depuis, on a eu des critiques espagnols, américains, hollandais. Donc cela a été utile. Sauf que vous n’avez jamais exposé à Paris. Je voulais d’abord faire mes preuves à l’étranger avant de venir en France. Je ne voulais pas que Nicolas soit tourné en ridicule si son père échouait. Un jour, je lui ai demandé si ça le gênait que je recommence à peindre. Il m’avait répondu : « Papa, pas du tout, je suis ravi. Tu es courageux à 77 ans de te remettre au boulot et je t’admire beaucoup. » Un seul compliment, mais qui est allé droit au cœur de Pal, effaçant à jamais, plus que les jugements flagorneurs ou critiques, les rancunes, les remords, les regrets, les zones d’ombre. Père et fils sont des hommes qui ne regardent pas dans le rétroviseur. L’un a 55 ans, l’autre 81. Ils ont l’avenir devant eux. Michel Clerc



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Le Magazine numéro 4 sep/oct/nov 2009 Page 1Le Magazine numéro 4 sep/oct/nov 2009 Page 2-3Le Magazine numéro 4 sep/oct/nov 2009 Page 4-5Le Magazine numéro 4 sep/oct/nov 2009 Page 6-7Le Magazine numéro 4 sep/oct/nov 2009 Page 8-9Le Magazine numéro 4 sep/oct/nov 2009 Page 10-11Le Magazine numéro 4 sep/oct/nov 2009 Page 12-13Le Magazine numéro 4 sep/oct/nov 2009 Page 14-15Le Magazine numéro 4 sep/oct/nov 2009 Page 16-17Le Magazine numéro 4 sep/oct/nov 2009 Page 18-19Le Magazine numéro 4 sep/oct/nov 2009 Page 20-21Le Magazine numéro 4 sep/oct/nov 2009 Page 22-23Le Magazine numéro 4 sep/oct/nov 2009 Page 24-25Le Magazine numéro 4 sep/oct/nov 2009 Page 26-27Le Magazine numéro 4 sep/oct/nov 2009 Page 28-29Le Magazine numéro 4 sep/oct/nov 2009 Page 30-31Le Magazine numéro 4 sep/oct/nov 2009 Page 32-33Le Magazine numéro 4 sep/oct/nov 2009 Page 34-35Le Magazine numéro 4 sep/oct/nov 2009 Page 36-37Le Magazine numéro 4 sep/oct/nov 2009 Page 38-39Le Magazine numéro 4 sep/oct/nov 2009 Page 40-41Le Magazine numéro 4 sep/oct/nov 2009 Page 42-43Le Magazine numéro 4 sep/oct/nov 2009 Page 44-45Le Magazine numéro 4 sep/oct/nov 2009 Page 46-47Le Magazine numéro 4 sep/oct/nov 2009 Page 48-49Le Magazine numéro 4 sep/oct/nov 2009 Page 50-51Le Magazine numéro 4 sep/oct/nov 2009 Page 52-53Le Magazine numéro 4 sep/oct/nov 2009 Page 54-55Le Magazine numéro 4 sep/oct/nov 2009 Page 56-57Le Magazine numéro 4 sep/oct/nov 2009 Page 58-59Le Magazine numéro 4 sep/oct/nov 2009 Page 60-61Le Magazine numéro 4 sep/oct/nov 2009 Page 62-63Le Magazine numéro 4 sep/oct/nov 2009 Page 64-65Le Magazine numéro 4 sep/oct/nov 2009 Page 66-67Le Magazine numéro 4 sep/oct/nov 2009 Page 68-69Le Magazine numéro 4 sep/oct/nov 2009 Page 70-71Le Magazine numéro 4 sep/oct/nov 2009 Page 72-73Le Magazine numéro 4 sep/oct/nov 2009 Page 74-75Le Magazine numéro 4 sep/oct/nov 2009 Page 76-77Le Magazine numéro 4 sep/oct/nov 2009 Page 78-79Le Magazine numéro 4 sep/oct/nov 2009 Page 80-81Le Magazine numéro 4 sep/oct/nov 2009 Page 82-83Le Magazine numéro 4 sep/oct/nov 2009 Page 84