Le Magazine n°4 jan/fév/mar 2012
Le Magazine n°4 jan/fév/mar 2012
  • Prix facial : 4,90 €

  • Parution : n°4 de jan/fév/mar 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 67,2 Mo

  • Dans ce numéro : DSK/Anne Sinclair... la rupture.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Culture 96 - Le Magazine Les expressions et locutions françaises déroutent, amusent, surprennent... ou divisent. Nos éminents historiens de la langue ne sont pas toujours d'accord sur leurs origines. Pourquoi diton.. "Être un ours mal léché" Fuir la société, être grossier, mal élevé. rexpression avec sa signification actuelle, dale du XVIIl'siècle. Au XVIl'siècle, elle désignait un homme au physique ou un comportement grossier, puisqu'il était connu à l'époque que le bébé ours, né informe, était façonné par sa mère qui le léchait abondamment. El l'ours étant un animal solitaire, celui qui fuit la société l'est aussi. « Il avait vécu dans le monde ; il avait des talents, quelque savoir, de la douceur, de la politesse ; il savait la musique, et comme j'étais de chambrée avec lui, nous nous étions liés de préférence au mi lieu des ours ma/léchés qui nous entouraient. » Jean Jacques Rousseau les confessions.•... "Entrer en lice" Le mot « lice n provient du francique « ffslja » qui signifiait « barrièren. Au Moyen-âge, les lices étaient des palissades construites en bois qui entouraient les maisons-fortes et les châteaux. Ce nom a ensuite servi à désigner les délimitations de terrains destinés à des tournois ou autres exercices de plein-air. Les chevaliers, lors de leurs joutes, entraient donc en lice, c'est-à-dire sur le terrain de combat. Les derniers à se présenter dans cet espace étaient ceux qui « restaient en licen, ceux qui continuaient leur parcours dans la compétition. Aujourd'hui cette expression s'emploie toujours dans le domaine sportif mais aussi en politique pour figurer que deux candidats sont prêts à s'affronter. u La sardine qui a bouché le port de Marseille" l est la sardine qui a bouché le port de Marseille » est ( (C une expression populaire française qui signifie que l'his toi re est estimée comme une exagération, une histoire à dormir debout. En fait. l'expression est basée sur une histoire vraie mais dont une coquille typographique en a fait une farce. En 1779, le vi comte de Barras, officier qui avait été capturé par les Britanniques en 1778, est libéré. En vertu d'un accord d'échanges de prisonniers, il est rapatrié sur une frégate de la Marine du roi Louis XVI. Le ba teau sur lequel il embarqua avait pour nom la « Sartine » - avec un « t ». Pour assurer sa sauvegarde et son retour tranquille vers la France, il naviguait sous un pavillon de sauvegarde qui devait le protéger de toute attaque des navires de la marine britannique qui reconnaissaient l'ordre de le laisser passer. Le navire put ainsi arriver sans encombre après dix mois de navigation au large du port de Marseille. Or. au dernier moment. le navire se présenta le 1" mai 1780 avec une inversion du code et la « Sartine » fut prise en chasse par un navire britannique qui tira contre elle deux salves de canon. La frégate française finit par couler dans le chenal de l'entrée du Vieux-Port de Marseille ce qui empêcha pendant un cer tain temps l'accès et la sortie à tous autres navires.• Q'... uA pied d'œuvre" uelle est l'origine de cette expression ? Nous allons vous surprendre. la réponse passe par la distinction du masculin et du féminin. le mot neutre singulier latin opus avait comme pluriel opera. En bas latin, ce dernier terme avait été pris pour un féminin singulier. li est à l'origine du mot français œuvre, lequel est naturellement féminin : une œuvre d'art, de bonnes œuvres... Il est néanmoins deux emplois d'œuvre au masculin en français. le premier, quoique ancien et alchimique, « le grand œuvre JJ, n'a pas nos faveurs. Il s'emploie pour désigner la production complète d'un écrivain ou d'un compositeur. Ainsi, à côté des œuvres complètes de Voltaire, on aurait par exemple, l'œuvre complète de Gabriel Fau ré... Ça nous paraît très affecté. Beaucoup plus naturel, et remontant au XV'siècle, l'emploi d'œuvre au masculin en architecture : le gros œuvre désigne l'ensemble des travaux comprenant les fondations, les murs, la toiture. Et pour un architecte, hors d'œuvre ne signifie pas assiette de crudités ou de charcuterie mais hors bâtiment. Par exemple un escalier qui fait saillie à l'extérieur des murs est hors d'œuvre. Si sa cage est à l'intérieur, il est dans l'œuvre. D'où l'expression à pied d'œuvre, qui signifie « à l'endroit même où l'on bâtit 11, « à portée des matériaux », à pied d'œuvre... Cette expression courante a pris le sens de « être sur les lieux où l'on doit agirn, par exemple : le bataillon est à pied d'œuvre. Plus récemment, elle a pris la signification « être prêt à agir n : je commence la rédaction d'un ouvrage, je suis à pied d'œuvre. Eh bien, vous aussi, chers lecteurs, vous voilà à pied d'œuvre pour employer aisément cette expression.•
... "Vendre son âme au diable" Faire quelque chose d'impardonnable par intérêt. Compromettre son salut, sa liberté ou sa dignité par intérêt. Se renier pour obtenir satisfaction. L'expressionll donner son âme au diable JJ (XIX'siècle), d'abord connue sous la formell vendre son âme au diable JJ (XVIl'siècle), fait référence aux croyances médiévales lorsque tout ce qui paraissait extraordinaire était attribué à l'œuvre du Malin. Au MoyenÂge, la religion, très importante et régissant la vie quotidienne des personnes, répandait volontiers un message terrifiant sur la puissance de Dieu et du diable, attribuant à ce dernier tous les actes et les faits négatifs, curieux, horsnormes, inconnus de notre culture, ou païens. À cette époque, on pensait en outre qu'il était possible de faire un pacte avec le diable afin d'obtenir des pouvoirs ou des privilèges terrestres extraordinaires ; ce pacte consistait à signer de son sang un acte dans lequel on reconnaissait se damner éternellement en échange des privilèges convoités (on abandonnait donc son âme à Méphistophélès, se condamnant à l'enfer postmortem pour profiter d'une vie terrestre améliorée). C'est ainsi qu'à cette époque, les voyants, astrologues, magiciens, sorciers, gitans, thérapeutes divers et variés, et bien d'autres encore, ont été pourchassés, enfermés, torturés et trucidés au nom de Dieu et de LA seule croyance divine acceptable. Actuellement l'expression « vendre son âme au diable » ne signifie plus, évidemment, que l'on signe un pacte avec Satan, mais elle s'applique aux personnes qui n'hésitent pas à renier leur propre sang, leur dignité, leurs biens ou leur liberté en échange de choses convoitées, même si elles ne peuvent être, parfois, que temporaires ou dérisoires.• D'où vient le mot•. Briquet" ous co naissons tous la célèbre chanson N enfantine du XVIIl'siècle. Au clair de la lune. on y parle d'une voisine qui « bat le briquet » : Au clair de la lune. Pierrot répondit : Je n'ai pas de plume. je suis dans mon lit. Va chez/a voisine. je crois qu'elle y est Car dans sa cuisine. on bat le briquet. À l'heure des briquets jetables. on ne comprend pas ce que la voisine. dans sa cuisine. peut bien faire avec son briquet. ni surtout. pourquoi elle le bat ! Reprenons les choses d'un peu plus haut. Le mot brique. qui provient du néerlandais. signifie un morceau. Pensons à l'all em and brechen. à l'angl ais to break. qui signifient briser... Un briquet. c'est donc « un petit morceau ». D'où les sens dérivés : briquet désigne un chien de chasse de petite taille ; il désigne aussi un sabre court. un sa bre briquet. Mais l'emploi le plus connu. sans doute. est celui de morceau de pain. de tartine. et spécialement. le casse-croûte du mineur. Émile Zola écrit dans Germinal : « C'était le briquet la double tartine emportée chaque matin à la fosse ». Briquet s'est em ployé pour désigner la petite pièce d'acier avec laquelle on frotte vigoureusemet un sil ex pour en tirer des étincelles et allu mer un feu. D'où l'expression « battre le briquet ». Au Québec. on disait aussi un batte-feu. Cet objet quasiment oublié aujourd'hui a pourtant été le principal moyen d'allumage du feu durant la plus grande partie de notre histoire. En France. on a battu le briquet jusqu'à la guerre de 1914-1918 ; les poi lus de la guerre en portaient sur eux. On disait aussi fusil (pierre à fusil). mais le mot s'est spécial isé pour l'arme à feu. Le mot a suivi l'évolution des tec hniques. La méthode ancienne. acier contre silex. a été rem pl acée par un appareil formé d'une pierre (une pierre à briquet) et d'une mèche infla mmable. puis par des appare ils plus modern es : briquet à essence. briquet à gaz. briquet électro nique. Ce briquet. on ne le bat pl us.comme dans la chanson.. Au fait. que signifie-telle. la chanson 7 Eh bien. si la voisine bat le briquet. c'est qu'elle va faire du feu ; on peut donc cou rir chez elle pour s'y réchauffer ! •. Bijou" f est l'histoire d'un mot provincial C monté à Paris et qui réussit... Jusqu'à la fin du XV'siècle. un objet précieux servant à l'ornement se disait un joyau. Ce terme. sans doute dérivé de jeu. désignait cet objet de valeur que l'on achète chez un joaillier. Parallèlement, le terme breton biz, le doigt. avait formé un dérivé, bizou. anneau pour le doigt. C'est sans doute l'origine du français bijou. Il apparaît à la fin du XV'siècle, et si nous osons dire. il fait fortune. Tout le montre. Il devient tout d'abord, le terme courant. normal pour désigner un objet servant à la parure. et précieux par sa matière ou par son travail : bijou ancien. bijou de fantaisie, mettre ses bijoux... Il acquiert ensuite des dérivés : bijoutier. formé au XVIl'siècle malgré l'opposition des puristes qui préfèrent joaillier. Le bijoutier tient une bijouterie. Il a enfin de nombreux autres emplois qu'il désigne un objet ou un lieu élégant :



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